‹ Voyage dans la Haute-ÉgypteChapitre 13 sur 49 · SB · texte numérisé non relu

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THÈBES - MÉDINET-ABOU. 43

dépendances. Les textes les appellent tantôt • ^ Q Khetem « un château, une place fermée», tantôt 3]^Q^ Maktol (l'hébreu Migdol qui a le même sens), «une tour», tantôt • «jq; Tema , qui s'applique à une vdle proprement dite; ils les nomment surtout J • a\° Bekhemm, Bekhen, qui, cl après le Papyrus Anastasi III, traduit par M. Chabas, comprenait la forteresse elle-même, des temples, des champs destinés à l'entretien du culte, etc.

Or la vue pittoresque de ces forteresses, telle que nous la trouvons sur les murailles des temples de Karnak, de Louqsor, du Ramesséum, rappelle tellement le Pavillon de Médinet-Abou, ses fenêtres carrées, ses créneaux, ses tours en retraite l'une sur l'autre, ses soubassements en pente, qu'il n'y a pas de doute à avoir.

Avec son pavillon qui est une forteresse, avec son temple dont nous allons donner la description, avec l'immense camp retranché qui ne peut être qu'une dépendance de la forteresse, avec les champs qui l'environnent, Médinet-Abou tout entier, ou plutôt Médinet-Abou dans la partie construite par Ramsès III, est donc un Bekhen. C'est un monument commémoratif des conquêtes de Ramsès III, une sorte d'arc triomphal, à la fois temple, palais, poste fortifié, tel que nous on retrouverions encore à la limite de l'Egypte, du côté de l'Isthme, si quelque chose des monuments qui s'élevaient en cette partie de l'Egypte était venu jusqu'à nous (1).

Planche 51. — Le bas des deux tours latérales du Pavillon, dans la partie qui touche le soubassement en pente (ce que notre planche 51 rend visible), est orné de tableaux qui sont un résumé, non seulement des grands tableaux décoratifs placés sur les murs principaux do l'édifice, mais aussi de tous les tableaux qui décorent l'intérieur du Temple. Des deux côtés on a représenté des personnages agenouillés, les bras liés derrière le dos et la corde au cou. Il s'agit évidemment de captifs. Au Sud ( point b du plan) sont les captifs du Midi, Éthiopiens, Libyens. Au Nord (point u du plan) sont les captifs des « îles de la mer» et de l'Asie occidentale. Notre planche 51 reproduit la série des captifs du Nord.

(1) Si, au lieu d'avoir été un Behlien, Médinet-Abou avait été appelé un Tema, nom que nous savons déjà (ci-dessus page 37) avoir pu être prononcé Teba, le nom de Méclineh-Tabou n'aurait pas d'autre origine. Le nom de Thèbes pourrait lui-même dériver de là. Il suffirait d'admettre cpi'en disant Teba pour la ville, les contemporains d'Homère aient donné au tout le nom de la partie. L'immensité exceptionnelle de l'enceinte de Birket-Abou, et l'importance stratégique de la forteresse voisine, autoriseraient cet usage. La forteresse bâtie par Saïd-Paclia à la pointe méridionale du Delta, a donné son nom au village voisin de Qalat-Saïdieh.

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Que cette série des captifs du Nord compte parmi les documents les plus précieux pour l'ethnographie que l'Egypte nous ait légués, c'est ce qui n'a pas besoin d'être démontré. Ces personnages violemment agenouillés sont, en effet, soit des portraits, soit le type le plus général de la race à laquelle ils appartiennent. >

Le bas-relief compte sept personnages rangés à la fde. Le septième étant masqué par un mur, notre planche n'en comprend que six. Ils sont

nommés dans cet ordre :

1° Le vil chef de Khéta emprisonné vivant. Les Khétas sont bien connus. Quel que soit leur correspondant biblique, que nous n'avons pas à rechercher ici, ils étaient, sous Ramsès II, un peuple puissant qui forma contre l'Egypte une ligue dans laquelle entrèrent les chefs d'Alep, d'Arad, de la Mysie, de la Mœonie, de la Syrie et de la Dardanie. Vaincus par Ramsès II, nous les voyons reparaître sous Ramsès III parmi les ennemis que ce prince

eut à combattre.

Le texte dit « un prisonnier vivant ». Il y a donc lieu de croire que le personnage agenouillé est le chef des Khétas lui-même et que sa tête est un portrait, On remarquera cependant que les hommes de cette nation, sculptés sur les autres monuments, ont ce même profil, avec un peu moins d'embonpoint peut-être. Go qu'on peut conclure de cette observation, c'est que « le vil chef» ici représenté offrait, dans sa physionomie, le type général de la race à laquelle il appartenait.

2° Le vil chef d'Amaor. Il s'agit ici des Amorrhéens ou des Amorites personnifiés par leur chef. Selon M. Ghabas, l'identification à'Amaor et des Amorites est très probable, « en tant qu'il s'agit du plus ancien site occupé par ce peuple, c'est-à-dire, de la rive occidentale de la Mer Morte et du Jourdain vers son embouchure » .

3° Le grand des ennemis de T'ekkariou. Les peuples ainsi nommés sont les Teucriens.

4° Le Schardana de la mer. La partie du mur extérieur d'Abydos qui a servi de sujet à notre planche 31, nous a déjà fait connaître ces ancêtres des Sardes. Le type général de la tête du personnage qui représente les Schardana, n'est pas le type général de la tête des soldats de cette nation que nous avons trouvés à Abydos. On en conclura que nous avons peutêtre affaire ici au roi lui-même de ce pays, et que la tête est un portrait.

5° Le grand des ennemis de Scha M. Brugsch-Bey propose de

lire 3±j±il^5h le nom incomplet que fournit le tableau de Médinet-Abou. et

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do faire ainsi entrer les Schasu, c'est-à-dire les Arabes voisins de la frontière orientale de l'Egypte, dans la confédération des penples qne Ramsès dnt combattre. Il me semble qu'on restituerait mieux

MÎkSÈHlk^ Schakalscha, et que les Sicules prendraient plus naturellement leur place dans notre liste entre les Sardiniens d'an côté et les Toscans ou Étrusques de l'autre

6° Le Tuirscha de la mer. M. de Rongé remarque très justement que Tuirscte, Turischa représente le plus exactement possible la forme ancienne du nom italique des Etrusques : Tursa, Turscha, etc., contenue dans la version osque des tables eugubines, et devenue Tuscus et Etruscus.

T Le grand des ennemis de Pa . . . La pierre est cassée en cet endroit Peut-être faut-il lire ^TÙ}Mi P<**ta. Dans les Palestas on avait voulu voir les Philistins. M. Ghabas a montré qu'il s'agit des Pélasges.

Les sept personnages agenouillés qui occupent le soubassement de l'autre tour du Pavillon, au point marqué b sur notre plan, ne sont pas moins intéressants à étudier. Le tableau les range dans cet ordre :

1° Le chef de Kousch la méprisable. Sous les Ramsès, les Kouschitos ou Éthiopiens, ont joué au Sud de l'Egypte le rôle que les Khétas jouaient au Nord. Ils étaient le centre et le lien principal des ligues contre lesquelles l'Egypte eut si longtemps à lutter. Le costume du chef de Kousch est celui que les artistes égyptiens ont souvent donné aux peuples du Sud, qu'ils fussent nègres ou simplement noirs. Une sorte de petite calotte demisphérique, surmontée d'une haute plume, couvre leur tête. Ils sont vêtus d'une longue robe ouverte par devant et traversée par une écharpo. Le trait caractéristique du costume est, avec la plume, l'espèce de grand collet à franges découpées qui couvre les épaules et la poitrine.

2° Détruit. Tout fait supposer que le personnage agenouillé qui occupait le deuxième rang est un éthiopien ou un noir, comme ceux du premier et du troisième.

3° Le personnage est seul visible; le nom propre a disparu. Le costume est au complet et identique à celui du « chef de Kousch la méprisable ».

4° Le chef de Libou. Les Libous sont les Loubim do la Bible, les Libyens des écrivains classiques. Ils sont un de ces peuples à peau blanche, qui habitait à l'Ouest de l'Egypte, et que les textes comprennent sous la dénomination générale de Tahennou et de Tamahou. Pourquoi les textes do toutes les époques les font-ils figurer dans les listes à la suite de Kousch, qui est l'Ethiopie, et môme de Poun, qui est le pays des Somâlis? C'est là une question à laquelle, jusqu'à présent, il est difficile de répondre. Quoi qu'il en

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soit, « le chef de Liban » est introduit ici dans le costume que les Égyptiens ont donné aux peuples libyques, et dont le trait principal est la coiffure, augmentée d'une longue tresse qui pend sur l'oreille.

5° Le chef de Tourosès. Il porte le costume du chef do Kousch (n" 1). Le nom de ce peuple nous est d'ailleurs inconnu.

6° Le chef de Maschaouasch. Il a la tresse des peuples libyques, les cheveux longs et aplatis sur la tête. Une sorte-do cordelette, terminée par un gland, est pendue à son cou. Les Maschaouasch sont les peuples les plus connus du grand rameau des Tahennou. M. Brugsch les a comparés aux Mo*»*, nom donné par Hérodote aux Libyens laboureurs. Sous Ménephtah (XIXe dynastie), il y avait des Maschaouasch dans l'armée égyptienne et dans l'armée de Maschaouasch que Ménephtah combattait. Los Maschaouasch deviennent sous Ramsès III (XXe dynastie) des adversaires redoutables de l'Egypte, puisque, dans une seule bataille, on en tua plus do douze mille. Subitement, sous les Scheschonk (XXIIe dynastie), ils apparaissent comme les gardes-du-corps du roi. Les Maschaouasch ont donc ou la même fortune que les Schardanas qui, sous Ramsès II, comptaient leurs soldats dans les deux armées, et qui devinrent plus tard une milice à la solde du Pharaon.

7° Le chef de Taraoua. Son costume, un peu différent des autres, le rapproche des Éthiopiens. Ce nom ne figure dans aucune liste et il serait difficile de dire à quelle peuplade du Sud on peut rappliquer.

Telles sont les précieuses et rares représentations qui couvrent le bas des deux tours latérales du Pavillon de Médinet-Abou. Pour se rendre bien compte de leur objet et do leur signification, il faut se rappeler que le Pavillon précède et annonce Médinet-Abou, et que les listes dos peuples précèdent et annoncent le Pavillon. Le caractère des deux documents que nous venons de faire connaître se révèle donc. A priori, les doux listes se présentent comme un tableau résumé des guerres dont les épisodes divers vont se développer dans l'intérieur du temple, et des peuples ennemis de l'Egypte que nous allons y rencontrer.

Planche 52. — Le Temple est séparé du Pavillon par une cour qui a 80 mètres de longueur.

Karnak, Louqsor, le Ramesséum, remportent comme dimensions sur le Temple de Médinet-Abou. Mais Médinet-Abou l'emporte sur tous ses voisins par la richesse des documents historiques qu'il fournit.

Le Temple peut se diviser on trois parties, marquées par les lettres M, 0, P, sur le plan.

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La première partie, à laquelle se rapporte la planche 52 de notre recueil comprend lo pylône L et la cour M. Quelques mots d'explication trouveront ici leur place.

Pylône L. Le Temple est précédé d'un pylône dont l'aspect grandiose est malheureusement amoindri par les décombres accumulés à sa base.

Gomme toujours, le pylône est couvert sur toutes ses faces de grands tableaux dont les figures sont profondément gravées dans la pierre. Nous examinerons successivement la face antérieure et la face postérieure.

Face antérieure du pylône. Massif du Nord (c du plan). Deux sujets principaux. Ammon-Armachis présente la Khopesch au roi qui frappe de sa main un groupe nombreux cle prisonniers de toutes les parties de la terre. Second sujet : Ammon présente la Khopesch à Ramsès qui frappe de sa main deux prisonniers que les cartouches dont leurs images sont accompagnées révèlent comme des habitants de Poun. Le texte de trente-trois lignes qui suit commence par une date de l'an 11 du règne. Bien qu'un roi des Maschaouasch, Kapour, y soit nommé, ce texte semble plus une œuvre poétique destinée à vanter d'une manière générale les exploits de Ramsès, qu'une composition inspirée par une campagne ou une victoire précise. On on jugera par un passage que j'emprunte à l'excellente traduction cle M. Ghabas : « Les ennemis ont été enveloppés par la flamme; leurs os ont été calcinés dans leurs chairs ; ils marchaient sur la terre comme s'ils eussent marché sur le lieu du supplice; leurs forces militaires furent massacrées sur place; on leur ravit leurs boucliers pour jamais; ils tombèrent d'un seul coup. Leurs chefs qui marchaient devant eux furent liés comme des oiseaux devant l'épervier qui s'élance de sa cachette au milieu clés bois . . . Kapour, qui était venu pour recevoir l'hommage, semblable à un homme aveuglé par la peur, jota ses armes à terre ; ainsi fit son armée; il poussa un cri jusqu'au ciel en suppliant ; son fils arrêta son pied et sa main. Mais voilà que se leva près cle lui le dieu (le roi) qui connaissait ses plus secrètes pensées. Sa Majesté tomba sur leur tête comme une montagne de granit; il les écrasa et mélangea la terre cle leur sang qui coulait comme de l'eau. On massacra leur armée ...» etc., etc.

Massif du Sud (d du plan). Composition analogue. Ramsès frappe des barbares en présence d' Ammon qui lui présente la Khopesch. Les barbares que frappe le roi sur l'autre massif appartiennent aux pays du Sud; ils appartiennent ici aux pays du Nord. La stèle a quarante-sept lignes do texte et débute par une date cle l'an 12, cpii n'est que la date cle la rédaction

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de l'espèce de composition littéraire qu'elle contient. Au registre supérieur, c'est Phtah-Totunen qui donne la Khopesch au roi. Le texte es1 d'ailleurs encore moins précis que celui de la stèle de l'an 11. Le dieu adresse au roi un discours où Ramsès est proclamé le plus grand des conquérants; aux dernières lignes, le roi répond par un discours où Pthah-Totunen est proclamé le plus grand des dieux.

Il s'ensuit que toute la façade antérieure du premier pylône de Médinct- Abou n'est qu'une sorte de titre officiel du monument qu'elle signale do loin à l'attention. Les dates qu'on y trouve no sont pas données comme les dates de telle ou telle campagne déterminée (bien qu'elles puissent y avoir rapport), mais plutôt comme les dates do la composition littéraire dont les deux stèles nous conservent le texte. On voit que nous ne sommes qu'à l'entrée du Temple.

Face postérieure du pylône. La flatterie officielle a moins cours. Nous no sortons pas des dates qui viennent d'être mentionnées. Mais on y rattache des faits et non des phrases. Ramsès III a battu les Maschaouasch et les Libyens. Il a fait prisonnier un général, cinq officiers supérieurs, douze cent cinq Maschaouasch, etc. Deux mille cent soixante et quinze Maschaouasch ont été tués sur place. « Ces peuples, qui s'étaient alliés contre l'Egypte et qui s'étaient mis en marche frémissant d'impatience, vinrent comme à un égorgeoir, et tombèrent sous la griffe du roi comme des rats . . . ».

Cour M. La cour M présente une anomalie inexpliquée. La symétrie y est absolument rompue par les grosses colonnes fasciculées, qui se trouvent d'un côté, et les piliers carrés auxquels sont adossés des colosses de Ramsès, qui se trouvent de l'autre. Le fond de la cour est occupé par la façade du deuxième pylône.

Trois points sont à étudier dans la cour M. Go sont :

1° Le mur du Nord, (e du plan.) Los tableaux placés à la partie supérieure du mur n'offrent qu'un intérêt religieux. L'histoire reprend ses droits avec les tableaux placés à la partie inférieure.

Le roi, armé de l'arc et du carquois, présente à la triade de Thèbes dix captifs enchaînés appartenant aux nations libyques et asiatiques.

Le roi est sur son char. Il entre dans Thèbes précédé d'au Ires captifs. Des fonctionnaires égyptiens viennent à sa rencontre et lui prodiguent des marques de respect et d'admiration. Le lion privé du roi court à côté du char de son maître. Des fonctionnaires du palais élèvent de longs flabellum au dessus du groupe royal.

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Une forteresse est à droite. Elle est défendue par des soldats asiatiques. Sur le sommet de l'une des tours., un soldat montre la cassolette fumante qui indique la défaite de l'ennemi. Le roi est descendu de son char et criblé de ses flèches les Asiatiques. Derrière lui., son char vide. Les chevaux sont maintenus par dos écuyers.

La suite de ces précieuses représentations est malheureusement cachée sous les décombres. On remarquera qu'aucune date n'est donnée.

2° La façade du deuxième pylône, massif dît Nord (/"du plan). Elle est couverte tout entière par une grande inscription en colonnes verticales. Le récit débute par une date de l'an 8.

Cette date de l'an 8 est le point culminant de l'histoire de Ramsès III.

Ramsès III eut alors à combattre des ennemis venus à la fois par terre et par mer. Les Pélasges et les Teucrions avaient organisé une vaste coalition contre l'Egypte. Tandis qu'une armée composée des Pélasges, des Teucrions, des Dauniens, des Sicules, des Oscos, s'avançait sur l'Egypte par la Syrie, entraînant avec elle « Khéta, Kati, Karkamasch, Aradou, Aras », jusqu'au pays des Amorites, une seconde armée composée d'Étrusques, do Sardes et d'autres peuplades italo-grecques, prenait la mer et tentait de pénétrer sur le territoire égyptien par les embouchures du Nil. Ramsès III triompha cle ces adversaires, et la longue inscription gravée sur la face antérieure du deuxième pylône consacre le souvenir de ses victoires.

3° La façade du deuxième pylône, massif du Sud (g du plan). Ramsès III se présente devant Ammon et Mont. Il amène trois groupes de prisonniers enchaînés. C'est un de ces groupes qui a été choisi comme sujet de notre planche 52.

Le groupe dn registre supérieur appartient mix^^^^^^j^l^j Schakalscha ou Sicules, le groupe du registre intermédiaire appartient aux c:=i,m'll e VJkïsâffi Dacmaouna ou Dauniens, le groupe du registre inférieur, qui est celui dont nous avons la reproduction sous les yeux, aux e'^T^'MsâsSi Poulosta ou Pélasges. Les Poulosta disent.: accorde le souffle à nos narines, ô roi fils cl' Ammon.

On remarquera sur le bas-relief original que les Sicules, les Dauniens et les Pélasges conduits par Ramsès devant Ammon portent le môme costume caractérisé par une coiffure écrasée et par des caleçons agrémentés de broderies et de cordelettes à glands. C'est cette même coiffure écrasée que le chef des Teucriens porte sur le bas-relief du Pavillon qui fait le sujet de la planche 51, et qu'autre part nous retrouverons sur la tête des Osées. Cette

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identité de costume révèle, entre tons les peuples îtalo-grecs qui viennent d'être nommés, une parenté dont il est bon de prendre non, Encore ane fois les services que rend le Temple de Médinet-Àbou à l'ethnographie sonl inappréciables. Rappelons-nous que nous ne sommes qu'à cent ans du siège de Troie, et que les petits-fils de quelques-uns de ces « vils chefs » dont les murs du temple nous ont gardé le portrait, ont pu être contemporains d'Ulysse, d'Ajax, de Dioméde, de Paris, qu'Hérodote appelle précisément « un Teucrien ».

Planche 53. — La deuxième partie du Temple de Médinet-Abou comprend la cour 0, ses quatre côtés, ses colonnes et ses piliers. La planche 53 la représente dans notre recueil.

La cour 0 forme un ensemble auquel rien ne peut être comparé en Egypte, et quand on l'étudié, on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, de la grandeur de l'architecture, ou de la variété et de l'importance de la décoration. Des fûts de colonnes en grès mal dégrossis jonchent le milieu de la cour, à côté de trois ou quatre autres de ces colonnes encore debout. C'est un souvenir de l'époque ou Médinet-Abou était une ville copte qui avait fait son église de la magnifique cour dans laquelle nous nous trouvons.

Sur le côté Sud de la cour ( h du plan ) est une longue inscription de soixante et quinze lignes verticales qui explique et résume la décoration tout entière. Nous ne sommes plus cette fois en l'an 12, en l'an il, ou en l'an 8 du règne, mais en l'an 5. Des Libyens, des Maschaouasch, compris sous la dénomination de Tamahou, établis sur les frontières occidentales du Delta, s'étaient révoltés. Ramsès marcha contre eux et en fit un massacre épouvantable.

C'est à cette guerre que se rapportent tous les tableaux qui décorent les murailles de la cour 0.

Ces tableaux ont été partagés en trois séries qui répondent à la division topographique des murs en trois parties.

lre Série. Moitié' droite du mur de VEst et mur du Suit. Scènes de batailles. Le roi galope sur son char à travers les ennemis qui fuient éperdus. Des officiers amènent au vainqueur les prisonniers. On compte les morts. Le roi descend de son char et harangue ses troupes.

2me Série. Mur de l'Ouest. Scènes religieuses sur toute la longueur des registres principaux. Le roi rend grâces aux dieux de Thèbes . etc. Au registre inférieur, défilé des fils et des filles de Ramsès III. Le Temple de

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Médinet-Abou présente cette particularité que le nom de la reine et le des princes et princesses ont été primitivement laissés partout en blanc Sous Ramsès III, on avait sculpté au côté gauche de la porte dix-huit figures de princes, au côté droit treize figures de princes et quatorze figures de princesses. C'est sous Ramsès IV (Ma-ma), qu'on a rempli les noms de vingt princes, laissant en blanc les noms des onze autres et ceux des princesses qui, probablement, n'ont jamais existé.

D'an autre côté, il est visible, au style de la sculpture, que certains noms de princes ont été remaniés, que quelques-uns d'entre eux, sous Ramsès IV, avaient été déjà rois; que d'autres ne le devinrent que depuis.

Toute cette série forme un document très précieux pour l'histoire de la XXe dynastie, et il serait à désirer qu'une bonne copie puisse en être prise et publiée avec toute la précision qu'exige l'importance du but à atteindre. Les figures sont du temps de Ramsès III; les légendes sont du temps de Ramsès IV; ce point de vue, qui n'a pas été aperçu jusqu'à présent, constitue la règle critique qui doit présider à l'étude du document dont nous nous occupons.

3me Série. Mur du Nord et moitié gauche du mur de l'Est. Grandes scènes religieuses. Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire la description qu'en a donnée Ghampollion :

« Ramsès, dit Ghampollion {Lettres écrites d'Egypte, page 344 de la lre édition), sort de son palais, porté dans un naos, espèce de châsse richement décorée, soutenue par douze oëris ou chefs militaires, la tète ornée de plumes d'autruche. Le monarque, décoré de toutes les marques de sa royale puissance, est assis sur un trône élégant que des images d'or de la justice et de la vérité couvrent de leurs ailes; le sphinx, emblème de la sagesse unie à la force, et le lion, symbole du courage, sont debout près du trône, qu'ils semblent protéger. Des officiers agitent autour du naos les flabellum et les éventails ordinaires; déjeunes enfants de la caste sacerdotale marchent auprès du roi, portant son sceptre, l'étui de son arc et ses autres

insignes.

« Neuf princes de la famille royale , de hauts fonctionnaires de la caste sacerdotale et des chefs militaires suivent le naos à pied, rangés sur deux lignes; des guerriers portent les socles et les gradins du naos; la marche est fermée par un peloton de soldats. Des groupes tout aussi variés précèdent le Pharaon : un corps de musique où l'on remarque la flûte, la trompette, le tambour et des choristes, forme la tête du cortège; viennent ensuite les

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