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THÈBES - MÉDINET-ABUU.
parents et les familiers du roi, parmi lesquels on compte plusieurs pontifes; enfin le fils aîné de Ramsès, le chef de l'armée après lui. brûle l'encens
devant la face de son père.
« Le roi arrive au Temple d'Horus, s'approche de l'autel, répand des libations et brûle l'encens; vingt-deux prêtres portent sur un riche palanquin la statue du dieu qui s'avance au milieu des flabellum, des éventails et des rameaux de fleurs. Le roi à pied, coiffé d'un simple diadème de la région inférieure, précède le dieu et suit immédiatement le taureau blanc symbole vivant d'Ammon-Horus ou d'Ammon-Ra, le mari de sa mère. Un prêtre encense l'animal sacré; la reine épouse de Ramsès se montre vers le haut du tableau comme spectatrice do la pompe religieuse, et tandis que l'un des pontifes lit à haute voix l'invocation prescrite, lorsque la figure du dieu franchit le seuil de son temple, dix-neuf prêtres s'avancent portant les diverses enseignes sacrées, les vases, les tables de proposition et tous les ustensiles du culte; sept autres prêtres ouvrent le cortège religieux, soutenant sur leurs épaules des statuettes; ce sont les images des rois ancêtres et prédécesseurs de Ramsès, assistant au triomphe de leur
descendant.
« Puis vient la scène des quatre oiseaux, dont nous abrégeons la description. Les quatre oiseaux sont les génies, enfants d'Osiris et protecteurs des quatre points cardinaux. Le grand-prêtre leur donne la volée afin qu'ils aillent annoncer au Midi, au Nord, à l'Occident et à l'Orient, qu'à l'exemple du dieu Horus, Ramsès vient de mettre sur sa tête la couronne, emblème de la domination sur les régions supérieures et inférieures. » La dernière partie du bas-relief, dit Ghampollion, « représente le roi, coiffé du Pschent, remerciant le dieu dans son temple. Le monarque, précédé de tout le corps sacerdotal et de la musique sacrée, est accompagné par les officiers de sa maison. On le voit ensuite couper avec une faucille d'or une gerbe de blé. et, coiffé de son casque militaire comme à sa sortie du palais, prendre congé, par une libation, du dieu Ammon-Horus rentré dans son sanctuaire. La reine est encore témoin de ces deux dernières cérémonies ; le prêtre invoque les dieux; un hiérogrammate lit une longue prière; auprès du Pharaon sont encore le taureau blanc et les images des rois ancêtres dressées sur une même base ».
Avant de sortir du Temple, il nous reste quelques mots à dire de la troisième partie, comprise sous la lettre P de notre plan.
La décoration n'a plus ici qu'un intérêt religieux. On remarquera cepou-
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THÈBES - MÉDINET-ABOU
dant le petit groupe de chambres marquées i. D'après les sujets gravés sur les parois de ces chambres, c'est là évidemment qu'était le trésor du Temple, c'est-à-dire le lieu de dépôt des objets les plus précieux rapportés de ses campagnes par Ramsès III. Les inscriptions ne nous renseignent malheureusement pas sur la provenance de ces objets. Les moins banales sont celles qui décorent l'extérieur de la porte d'entrée. Ramsès, de proportions colossales, amène à la triade thébaine deux prisonniers à longue barbe, les bras attachés au dessus de la tête. Près du roi est une légende que je traduirais ainsi : « Le roi lui-même offre son butin à Ammon ( qui consiste) en grands chefs de tous les pays, en argent, en or, on lapislazuh, en turquoises, en toute espèce de pierreries. On ne mesure pas (la quantité) du butin offert par Sa Majesté, comme conquête de son glaive victorieux, et mis en présence de son père Ammon ». Les deux captifs sont accompagnés de cette inscription : « Paroles du chef vil et misérable des Amorites et du chef vil et misérable des Libyens : (Donne-nous) le souffle (la liberté), ô bon souverain, vainqueur très puissant, toi qui es véritablement le fils d' Ammon. Ta forme est comme sa forme (tu es semblable à lui). C'est lui qui t'a donné toute la terre, qui est assujettie sous tes sandales. Tu es comme le soleil quand il se lève, car on vit à ta manifestation. Donnenous le souffle ( la liberté ) par tes mains. Nous nous prosternerons devant tes deux diadèmes. Laisse-nous parler de tes victoires aux fils de nos fils. Terrifiés par toi, ils s'affaisseront. Nous leur dirons : le Soleil de l'Egypte est égal au Soleil qui se trouve au ciel ; c'est le roi do la Haute et de la Basse-Egypte, Ramsès III ».
Planche 54. — Nous en avons fini avec l'intérieur du Temple de Médinet-Abou. Nous franchissons une brèche pratiquée dans le mur du Nord, (chambre P), et tournant à droite, nous nous trouvons en face de la grande scène dont notre planche 54 est la copie.
Tout ce mur du Nord (j du plan) n'est qu'une suite de tableaux historiques rangés sur une ligne horizontale qui n'a pas moins de cent quarante mètres d'étendue.
Ces tableaux , malgré le très vif intérêt qu'ils présentent, ne nous font assister à aucune campagne nouvelle. On y trouvera plutôt comme un résumé et une suite d'épisodes des campagnes que les bas-reliefs sculptés à l'intérieur du temple nous ont déjà fait connaître.
L'épisode de notre planche 54 se rapporte à la campagne de l'an 8.
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