‹ Voyage dans la Haute-ÉgypteChapitre 37 sur 49 · IV VI · texte numérisé non relu

IV VI

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GEBEL-SILSILEH.

des noms de lieux de leur propre pays. De même que Tema (ou Tema-u au pluriel) est devenu &jg<« pour les Grecs, et Abut "A^oç, de même ^fot7û est devenu pour les Arabes Silsileh, avec l'apparition d'une chaîne qui naturellement n'a jamais existé. Avec Hathor-noub, nom de localité qui répond à la ville ou la Venus aurœa d'Hérodote était adorée ; les Arabes n'ont-ils pas fait Attar-en-nebi « la marque du pied du Prophète », où effectivement on montre cette marque, bien que le Prophète ne soit jamais venu à Attar-en-nebi ? Avec Tema-en-T'or « la ville de T'or ou de Sor », les Arabes n'ont-ils pas ingénieusement fait Mansourah, forçant ainsi un nom ancien à signifier « la victoire » ? On multiplierait facilement les exemples, et le nom du Caire lui-même ne serait peut-être pas à l'abri de cette

transformation.

Ce n'est du reste pas comme ville ancienne, ni comme temple, que Gebel-Silsileh se recommande au voyageur. On visite la rive droite de Gebel-Silsileh pour les carrières admirablement taillées qui s'y trouvent : on visite la rive gauche pour les grottes ou spéos creusés dans le roc qu'y ont laissés, soit les fonctionnaires de l'époque pharaonique préposés à l'exploitation des carrières, soit de simples passants qui, à leur voyage dans la Haute-Egypte, gravaient sur le roc une formule de prières à la Cataracte et au Nil. Après tout, Gebel-Silsileh n'a jamais été que le lieu d'où sont sorties les pierres de la plupart des temples de l'Egypte construits en grès, et on ne doit voir qu'un village d'ouvriers dans le petit village d'origine ancienne, situé à une centaine de mètres de la plus septentrionale des carrières de la rive droite.

Je dois ajouter qu'il n'y a pas de raison (la formule le vêridique n'étant pas nécessairement une formule funéraire) pour faire des spéos de la rive gauche des tombeaux, et pour ne pas y reconnaître de simples proscynèmes de voyageurs, taillés dans des proportions monumentales. C'est là, en effet, le caractère qu'il faut attribuer aux nombreuses chambres ménagées dans le roc qu'on aperçoit sur la face abrupte du rocher, quand on regarde vers l'Ouest. Le spéos du roi Horus au Nord, les deux spéos de Ramsès II et de Ménephtah au Sud, sont particulièrement intéressants. Ce sont ces deux derniers que montre notre planche 74. Dans l'angle à droite, apparaît la tête bizarrement formée du pilier naturel auquel les habitants du lieu disent que la fameuse chaîne était attachée.

Je terminerai cette notice sommaire en rappelant que quelques-uns des beaux textes gravés sur les parois des spéos de Gebel-Silsileh, sont

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GEBEL-SILSILEH.

des hymnes au Nil du style le plus élevé. La position géographique de Gebel-Silsileh révèle l'origine de ces oeuvres d'imagination. Sous les Pharaons, et tout au moins, autant que les inscriptions permettent d'en juger, jusque sous la XXIIe dynastie, Gebel-Silsileh était la première Cataracte que le voyageur rencontrait dans son chemin vers le Sud. Il y laissait des traces cle son passage, comme nous allons voir à Assouan, à Éléphantino, à Séhel, à Béghé, les voyageurs laisser des traces de leur passage à la Cataracte qui n'est pour nous la première, que parce que les rochers qui formaient la Cataracte de Gebel-Silsileh ont à jamais disparu.

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