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ÉLÉPHANTINE
puisent leur intérêt dans la position géographique du lieu où elles ont été faites, et dans le rôle qu'on veut attribuer à Eléphantine pour l'arrangement des dynasties égyptiennes. On sait en effet, qu'additionnées bout à bout, les années de règne des trente-et-une dynasties de Manéthon nous font reculer dans le passé à des limites sans proportion avec ce que les annales des autres peuples nous ont appris. On sait encore que, pour amoindrir ou annuler ce résultat, on a prétendu que certaines des dynasties données par Manéthon comme successives, étaient collatérales ou contemporaines; la Ve, par exemple, devenait contemporaine de la VIe, la XIe confinait à la VIP, la XIII0 et la XIVe se confondaient avec la XIIe, de telle sorte qu'en définitive ce n'est plus trente-et-une dynasties qu'il faudrait introduire dans le Canon des Rois, ni quatre ou cinq mille ans qu'il faudrait compter pour leur durée. Mais comment les monuments s'arrangent-ils de cet ingénieux système ? Si la Ve dynastie régnait à Eléphantine en même temps que la VIe régnait à Memphis, il ne faut pas que des monuments de la VIe se rencontrent à Eléphantine, ni que Memphis nous donne des monuments de la Ve. Or, le tombeau d'Ounas, un des derniers rois de la Ve dynastie, est précisément à Memphis; d'un autre côté, les monuments de de la VIe dynastie se trouvent à San, qui est près de la Méditerranée, à Memphis, à Abydos, à Qasr-es-Sayad, à El-Kab, aussi bien qu'à Eléphantine qui est près de la Cataracte. La découverte à Eléphantine de petits objets marqués au nom des rois de la Ve et de la VIe dynastie, n'est donc point indifférente. Ces rois se rencontrent au Nord et au Sud de l'Egypte. Sous leur règne, il n'y avait par conséquent pas de dynasties collatérales ou contemporaines.
Les ruines qu'on voyait à Eléphantine au temps de l'occupation française sont les suivantes :
1° La colline de décombres formée par les débris de la ville antique. Elle est située au Sud de l'île. Déjà, au commencement de ce siècle, les indigènes y ramassaient des cornalines, des agates, des médailles, des lampes, des amulettes, qu'ils trouvaient en fouillant le sol et qu'ils offraient aux voyageurs. Des ostraka couverts d'inscriptions grecques s'y rencontraient aussi.
2° Les deux montants d'une porte monumentale cle granit. Cette porte précède un temple démoli dont des blocs, dispersés çà et là, attestent l'existence. Elle date du règne d'Alexandre II.
3° Le joli petit édifice que la Commission française a appelé le Temple
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ÉLÉPHANTINE
du Sud. Quelques blocs, au milieu desquels gît une statue d'Osiris en granit, regardent la porte d'entrée. Ce monument est du règne d'Aménophis IIL La statue porte sur le dos du siège une inscription très fruste au commencement de laquelle on déchiffre la bannière cle Ménephtah.
4° Un autre édifice moins bien conservé, est situé vers le Nord, du côté du village principal de l'île. La Commission l'a nommé le Temple du Nord.
5° Enfin la muraille élevée formant un quai qui contourne l'île du côté du Sud-Est. Elle est bâtie en grosses pierres de grès couvertes quelquefois d'inscriptions hiéroglyphiques, restes d'édifices détruits. Au Nord de la muraille, est un nilomètre de construction plus ancienne, que la Commission française a déblayé, copié, mesuré et publié.
La butte de décombres est dans l'état où l'ont vue les auteurs du grand ouvrage de la Commission d'Egypte. La porte d'Alexandre est encore debout. Parmi les mêmes blocs, gît encore la statue d'Osiris. Mais en 1822, le Temple du Sud, le Temple du Nord, les étages supérieurs du nilomètre, une partie du quai bâti sur le Nil, ont été démolis de fond en comble par le gouverneur d'Assouan, et les matériaux transportés de l'autre côté du fleuve pour construire des bâtiments publics dans cette ville.
Planche 78: — Notre planche 78 est une vue d'Eléphantine, prise d'Assouan.
La montagne du fond est surmontée d'un santon qu'on appelle Koubbelel-Aouah. A mi-côte est le couvent copte abandonné nommé Oummo-Galali. Un autre santon est au bas de la montagne, il s'appelle Cheikh-Nigmeh.
Notre vue laisse voir au premier plan une construction à arcades très ruinée, qui semble empiéter sur le fleuve du côté d'Assouan. On y a employé comme matériaux des inscriptions hiéroglyphiques provenant d'autres édifices, des inscriptions grecques également rapportées du dehors, des briques rouges romaines, tout cela dans un appareil négligé qui est tout au plus digne des Arabes. Si l'on fait en canot le tour de cette construction, et surtout si l'on étudie avec un peu d'attention le mur du quai qui la termine vers le Sud, on ne tarde pas à reconnaître, particulièrement aux restes d'une tour circulaire semblable à celle d'Edfou et d'Ombos, que le soi-disant quai dont la planche 78 présente une vue, est l'amorce d'une construction circulaire qui allait se souder à une autre amorce située vers le Sud, le tout formant le nilomètre d'Assouan.
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SEHEL
Planche 79
Séhel est une petite île située au delà d'Elophantine, et confondue dans la quantité innombrable d'autres petites îles que forme lo fleuve après franchi la Cataracte.
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Planche 79. — L'aspect de l'île de Séhel est parfaitement rendu par notre planche 79. Bien qu'on y trouve çà et là quelques parcelles de terrains cultivables, l'île n'est à proprement parler qu'un amas de blocs de granit entassés les uns par dessus les autres, restes et témoins de quoique convulsion géologique dont la date échappe nécessairement à l'histoire.
Au temps des Pharaons, l'île de Séhel était la frontière la plus méridionale de l'Egypte. C'est à l'île de Séhel qu'on quittait l'Egypte quand on arrivait du Nord, de même que c'est à l'île de Béghé qu'on quittait la Nubie quand on arrivait du Sud. Le territoire intermédiaire devait être neutre.
L'île de Séhel était sous la protection des dieux de la Cataracte qui sont Chnouphis, la déesse Sati et la déesse Anoukis^
Les proscynèmes gravés sur les rochers de l'île de Séhel, soit par les voyageurs qui quittaient l'Egypte pour se diriger vers le Sud, soit par les voyageurs qui arrivaient de la Nubie et du Soudan pour se diriger vers
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