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aucun cloute sur Texistence d une antique vîlle dans remplacement de ce village. II conserve encore aujourd'hui le relaî de la poste aux chevaux , ce qui , d'après une observation que j'ai souvent réitérée , annonce généralement une ville ancienne ; mais les habitans n'ont conservé aucun souvenir du nom primitif de leur patrie.
Je ne passai que peu de jours à Soho , qui avait plutôt à mes yeux l'aspect d'une solitude que celui d'un pays habité. Ce n'était pas sans un sentiment pénible que je voyais s'élever dans un pays si malheureux un grand édifice que Taga , riche propriétaire , faisait bâtir avec ostentation , au milieu des ruines et de la misère publique.
En partant de Soho , je ne pris pas la route de la poste, qui m'aurait conduit trop bas vers le lac de Bolbe. Je parcourus^ pendant plus dune demi-heure, les beaux vignobles exposés au midi , où j'aperçus partout de nouvelles preuves de la dépopulation dont mon hôte m'avait fait le triste tableau. Après avoir de nouveau atteint les bois, j'en sortis, pour me retrouver sur de belles terres à blé qui s'étendaient à ma gauche. Je rencontrai ensuite un village habité par des Yuruks , plutôt pasteurs que cultivateurs, mais qui sont possesseurs de beaux vignobles, et après trois heures de marche dans des terrains incultes , j'arrivai à des métairies qui dominent la plaine de Langaia, où l'on cultive le coton, et où l'on sème aussi de l'orge et du blé. Peu après, je me retrouvai sur la route qui m'avait conduit dans la Crestonie , et j'arrivai le même jour à Salonîque.
A peine rendu à mon poste, je me convainquis entièrement que le village de Soho était bâti sur les ruines de la ville de Lété. Thucydide et Plutarque , en faisant mention des Bisaltes ^ ne nomment aucune des villes que ces peuples habitaient ; mais en parcourant les notices de Léon-Ie-Sage , on voit que sous le
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règne de cet empereur , au commencement du dixième siècle , il existait un évêché dans l'étendue des montagnes de la BisaK tique f qui prenait le nom de deux villes de cette province; c'està-dire O AHTHS KAI PEN0HNAI, ce qui signifie celui dont le diocèse comprend la ville de Lété et celle de Rhentiné. Il me fut alors aisé de me convaincre , par le voisinage de Soho avec un lieu nommé aujourd'hui Rendina, que Lété avait été le lieu principal de ce diocèse, et que l'évêque y faisait sa résidence. J'appris ensuite , par le métropolite de Salonique, que cet évêché avait été supprimé ; que Soho appartient maintenant à l'arche-* véché de Serrés , et que Rhehdina est tombée en partage à l'archevêque de Salonique. Cette suppression a été suivie de beaucoup d'autres , depuis que les guerres , occasionnées par la prise de Constantinople , ont dévasté l'empire, et réduit la population de l'Asie et de l'Europe turque à un très-petit nombre de chré* tiens du rite grec.
Ces diverses observations me paraissent prouver qu'il a existé dans la Bisaltîque une ville qui portait encore le nom de Lété dans le dixième siècle; mais de plus il nous est démontré que cette ville était très -ancienne, qu'elle était libre, et qu'en cet état de liberté , elle a eu le droit de faire frapper des monnaies. Nous en avions , depuis long-temps , plusieurs dans nos cabinets , qu'on attribuait faussement àLesbos. C'est depuis peu que ceite erreur universelle a été reconnue. La légende où l'on croyait lire AESBIÛN , mieux observée , a donné AETAIÛN rétrograde , et même AETAIÛN sur les deux faces. Sur d'autres médailles presque semblables, on avait cru lire ÛPNIKIAN et on a reconnu que la véritable leçon est ÛPHZKIÛN ; mais on n'a pas découvert la signification de ce dernier mot , qu'on a présumé seulement désigner ÏOrestide ou bien Orestia, ancien nom de la ville qui , sous Hadrien , prit celui d'Hadrianopolis.
^o VOYAGE
Ces médailles de Lété et d'Oreskia avaient été rejetées jusqu'à présent parmi les incertaines. J*en ferai mention dans une dissertation qui formera le seizième et dernier chapitre de cette relation. J'y réunirai toutes les monnaies que j'attribue aux peuples qui ont possédé des mines sur le mont Pangée; mais je dois dire dès à présent que ces médailles, savoir, celfes qui portent la légende AETAJflN et celles qui présentent le mot APHSKIÛN , sont les unes et les autres de la même contrée. Les premières appartiennent à la ville de Lété» et les secondes à une ville inconnue qui portait le nom d'Oreskia, lequel signifie ^^Montagnarde, ou qui est adossée à la montagne.
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