‹ Voyage dans la Macédoine [microform]Chapitre 45 sur 66 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Voyage, par mer au^ r,uine^^e Néppqlis^ notOiliiée ^yx]o\xj^%Và ancUnne Cayala. Dissertation* pour prouyer que» celte ville- est . unç colonie d'Athènes. Comparaison des monnaies de Néopoiîs avec celles de sa métropole.

Avant d'entreprendre le voyage de la Chalcîdique , j avais à cœur de visiter les cotes méridionales de cette prpvînce , lorsquune occasion se présenta pour satisfaire, ma curiosité , dans

une circonstance où ce voyage pouvait devenir utile au service

du roi.

Il était surtout important .pour moi de reconnaître sur le$ cotes du PangéiB le port de Levter, que les Turcs nomment à présent Vi fille Cûvala, et que j'ai désigné comme étant la Néopolis des anciens. J'ai àé]k fait mention de ce port dans ma description des environs de Phîlippi. Jaî fait remarquer qu'il se trouvait très-a,vantageusement placé , et assez vaste pour recevoir les approvisionnemens nécessaires à l'armée que commandaient Brutus et Cassius , lorsqu'elle se trouvait campée aux environs de Phîlîppî, dont Ncopolis n'était distante que de quatre-vingts stades (i).

Un an après mon voyage à Cavala , à Thasos et dans les environs, le Brick h Chasseur , commandé par M. de Chànaleîlles ,

(1) Ap^ai|.tibé IV, in fin. cap. xiil.

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enseigne de vaisseau, mouHIa dans la rade de Salonique : l'objet de la m:«sion de ce commandant était de conduire sur les côtes de la Macédoine et de la Thrace M. Raccord , actuellement viceamiral en retraite. C^ dernier avait ordre de faire des observations astronomiques dans ces parages , à Tefièt de corriger les erreurs qui se trouvaient sur nos anciennes cartes , et qui malheureusement existent encore.

Pour prévenir les dangers qui peuvent résulter dans un pays turc d un travail public de géométrie et d'astronomie , je me déterminai à accompagner ces messieurs , à leur servir d'interprète» et à conduire avec moi le plus fidèle et le plus courageux des janissaires attachés au consulat.

Noua mimes à la voile vers la an d'avril , et dans deux jours nous jetâmes fancre sur la presqutlè de Cassandre , nommée Paîlène et plus anciennement Phlegra. Notre position dans ce mouillage nous mettait à f abri des vents du sud-ouest , au moyen d'une langue de terre qui s'étend au large , et qui prend le nom de pointe de Cassandre. Cette position, à l'entrée d'un grand golfe et à portée de trois autres qui en sont très-voisins , nous indiquait une ancienne habitation et un lieu propre au commerce , et nous ne tardâmes pas en effet à trouver les preuves de cette conjecture. Nous étions à portée d'un très-petit village qu'un monticule nous Cachait, et dont tes habîtans sont navigateurs et agriculteurs. L^un d'eux nous conduisît sur d'anciennes ruines, qui n'ont de remarquable que l'épaisseur de quelques murs auxquels on ne peut donner aucune dénomination. Danville a cm' que ces ruines étaient celles d^Sclon/j je crois plutôt qu'elles appartienx^nt à Menâé, qu iï place plus haut entre Sana et Sdané. Le? raisons principales qui déterminent mon opinion sont que Mendé ayant été la plus considérable des villes de la Pallène , et la phrs ancienne colonie eubéenne établie, xl^^ ^^^te pr^qu'llç , .ses

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babitahs n'aqraient pas négligé de s'emparer les premiers d une position qui mei tait leur marine à lahri des vents du large, «t Militaient leurs communications commerciales avec £ione , colonie qu ils avaient fondée auprès des bouches du Strymon. Notre séjour sur ces côtes fut marqué par un événement qui doit d'autant plus avoir place dans mon récit , qu'il contribue à faire connaître les moeurs de la soldatesque turque, tant en Asie qu en Europe. Parti comme nous quelques jours avant le Ramazan, notre janissaire, qui était très- adonné à la boisson et en même temps très^superstitieifx , s*était muni d'une assez forte quantité d'eau-de-vie pour suffire à ses habitudes , pendant le temps qui devait précÀler son carême. Pressé de jouir de sa provision , et ne voulant pas avoir la tentation de rompre son jeûne , il passa toute la nuit qui précéda le Ramazan à fumer et à boire ; mais, au lieu du sommeil auquel il devait s'attendre, nous le vîmes le matin venir sur le pont, les yeux hors de la tête, fixant les arbres qui se trouvaient sur le rivage, et disant que ces arbres étaient des pirates albanais qui étaient venus mettre à contribution les villages de la Cassandrie*

Nous primes ces folies poiu* f effet de Tivresse, d'autant plus que les matelots nous en avaient fait connaître la cause. Nous allions descendre à terre pour Êiire une visite à Taga , arrivé de Salonique depuis peu de temps ; nous l'avions rencontré la veille , et nous avions accepté une collation qu'il devait nous donner dans Je village voisin , où il logeait.

J'avais connu cet aga à Salonique. Au moment de nous em* barquer , le janissaire , armé de pied en cap , nous pria de ne pas le laissermanquer à son devoir , et , malgré son état d'ivresse « on le reçut dans l'embarcation. A peinç descendu à terre, il voulut se précipiter sur les arbres , qu'il prenait toujours pour des enne*^ mis. Je lui pariai avec assez de fermeté pcnur le calmer quelques

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momens \ etupus primes ensuite la route des champs , où ii commit d'autres extravagances.

Laga, surpris de ie voir daiis ce fâcheux état, surtout au premier joiir du Ramazan , s'empressa de l'inviter à prendre quelques heunes de repos ; mais tout fut mutile : il continua à fumer et à extravaguér avec les geiis de i'agaqui nous, donnait à déjeûner. Quand nous fûmes de retour au rivage, il ne voyait plus les Albanais; il prétendait qu'ils étaient noyés» et il répugnait à s embarquer, parce qu'il disait que. la chaloupe allait passer sur leurs cadavres; ce qui, sufvant fui, était un manque de religion. Ce Hit aved beaucoup de peine que nous le reconduisîmes à bord. Avant de nous coucher, nous le mîmes sous la surveillance des gens de quart; mais, toujours agité par sa frénésie, au monient où Ton changeait la garde, il se précipita dans la mer.

La chaloupe se trouvant près du bord , bientôt on le retira de l'eau ; on fit chauffer ies couvertures, et on lui administra tous les secours de fart : ce fut inutilement : le chirugien assura que i*ivresse lui avait causé un transport au cerveau , et que ia fraîcheur de l'eau ayant porté une plus grande masse de sang à la tète, il s'était trouvé tout-à-coup comme foudroyé.

On croirait qu'à mon retour j'eus besoin de beaucoup de formalités pour constater la nature du mal qui avait causé sa mort : îi n'en fut rien. Je fis avertir les plus proches parensdu défunt ; ils reçurent seuls ma déposition , les effets et l'argent que je leur remis; ils se consolèrent, en disant que rien n'est au-dessus àes décrets du destin : Kismetten lÀade Olmas.

Nous" poursuivîmes notre route, laissant derrière nous le golfe deCassandre qui portait autrefois ie nom de Totondique, à causé de la ville de Toroné ,; où l'on ne voit aujourd'hui que des ruines, et nous entrâmes dans celui que Ion nomine Shgitique du nom de Singus, l'une des plus anciennes villes de ia

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Chalcidique. Nous abordâmes dans une grande baie près de (aquelle DanviUe place cette ville. Nous y aperçûmes en efièt des traces de très-anciennes habitations , et nous pûmes nous convaincre que ce savant ne s'est nullement trompé , en appliquant à ces ruines le nom de Singus.

Pendant les trois jours que nous* demeurâmes dans ce port, A^ Raccord ne se borna pas à ses observations astronomiques , il dressa encore le plan de ce beau mouillage. Pendant ce travail , je me transportai plusieurs fois sur la montagne qui sépare le port de Toroné de celui de Singus , et où se trouve le village àiAgiQ'NicoIa. Les habitans ne purent me rien dire de lancienne ville de Singus ; mais ils m'assurèrent que leur propre population provenait de Toroné , détruite aujourd'hui , et dont le territoire , qui n'est qu'à une petite lièue de leur village , leur appartient encore. Nos anciens , me dirent-ils , en ont été chassés par des pirates , et se sont vus contraints de se réfugier dans la montagne où nous vivons.

Ce fut dans ce village que j'achetai deux médailles très-anciennes de Toroné. Ces médailles , que je me procurai dans deux différentes maisons, avaient été trouvées sur les ruines mêmes de la ville ancienne. Elles sont marquées d'un seul côté ou l'on voit un vase et {es Içttres T E. Certain de la provenance de ces, deux pièces , je ne pus douter qu'elles n'appartinssent à la ViHe de Toroné , que \ts habitans nomment aujourd'hui Téroné. C'est diaprés l'inspection de ces deux médailles, que M. Allier d'Hauteroche a donné à cette ville un grand médaillon , qui ensuite a pris place dans le cabinet du Roi ; mais il n'a pas remarqué que ce médaillon est sans légende, et que le vase t%t d'une autre forme que celui de mes deux médailles , ce qui parait annoncer une origine différente.

Notre troisième station fut dans le même golfe, au pied àt%

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coteaux du monastère de Xeropotami , fiiWi sec. Nous ne pûmes quitter ce parage sans visiter le monastère et son église. Uabbé ou ilgouménos » ainsi qu'on le nomme , nous reçut avec des politesses distinguées, et voulut, selon l'usage, nous donner un repas. Nous passâmes quelques heures avec lui en compagnie de divers prêtres les plus notables du monastère. Ces caloyers nous conduisirent à une église nouvellement bâtie. Ce qui nous syrprît dans ce temple, fut de voir qu'on y avait employé des colonnes d'un marbre blanc de l'ile de Ténos, presque aussi beau que celui de Paros. On nous entretint beaucoup des vexations directes et indirectes que tous les couvens de Ja presqu'île éprouvent de la part du gouvernement turc, et des emprunts que font ces couvens pour parer à ces avanies. Les religieux avouèrent cependant que la Porte ne touchait jamais aux biens ruraux et aux étabiissemens fondés dans diverses villes de 1 em* pire , qui sont d'anciens apanages de cliaque monastère.

Après avoir contourné l'Athos, nous traversâmes le golfe Strymonique, autrement dit golfe de Rendiné, nom d'une ville de la cote méridionale de la Bisaltique. Ensuite , de très-bonne heure, nous mouillâmes devant la bouche du fleuve Strymon, dont les eaux , comme je l'ai dit , coulent entre les bases de la Bisaltique et celles du Pangée.

Borné dans cette position par ces coteaux, notre oeil ne portait pas dans l'intérieur du pays , au-delà d'une lieue tout au plus. Mes compagnons de vovage souhaitant cependant voir le Strymon et le lac qu'il traverse, je les déterminai à me suivre à pied jusqu'au village de Kutchuk-Orchova , . où l'on se rappellera que j'avms dé]k fait un petit séjour. Sans perdre de temps nous gravîmes les coteaux incultes de Cerdilium. Je ne trouvai plus dans ce village le vieillard qui m'avait autrefois si bien hébergé , mais ses deux fîls nous accueillirent avec

la même cordiaiité* lis avaient déjà* aperçu le brick , 9t quand nous arrivânres chez eux , Hs témoignèrent une naïve satisfaction de notre visite ^ et parurent même flattés de recevoir <les officiers de notre marine militaire* Les cérémonies d usage furent un des témoignages de ieur satisfaction. lis se dispensèrent de manger avec nous, et voulurent nous servir.

La journée du lendemain fut employée à diverses courses, sur des points di^rens , dans i*un desquels M. Raccord employa quelques heures à faire un dessin à voi d oiseau des ruines d'Amphipoiis et de tout ce qui entoure cette ancienne ville. Après avoir remercié nos hôtes, nous retournâmes à bord piu& commodément que nous n'étions arrivés chez eux, moyennant les montures qu'ils s'empressèrent de nous procurer.

Lorsque , revenu à Paris , après fa rentrée du Roi , je me proposai d'imprimer la relation de mes divers voyages dans la Macédoine , ayant appris que le travail de M. Raccord n'avait jamais été publié , je me fïattai que ce savant astronome pourrait me faire l'amitié de m'accorder une copie de son beau dessin ; mais tout le fruit de ses courses avait été anéanti ; il me répondit : «Forcé, à la fin de 1793 » de quitter Toulon et de »> me sauver avec ma famille sur un des vaisseaux de la flotte " anglaise, avec les seuls vêtemens que je portais , j'abandon- » nai , dans cette malheureuse journée , tout ce que je possédais w et notamment le résultat de toutes les observations, plans , » croquis , journaux et autres pièces provenant de mes courses >' dans les mers chi Levant , &c. »

On a déjà vu dans mon premier volume (p. 1 3 4 ) le plan que j'avais dressé moi-même lorsque je me trouvais à Cerdi<* lîum. Je me flatte que ce croquis sera suflisant pour qu'on ne ^e méprenne plus sur la position d'Amphipoiis.

Le lendemain de cette quatrième station, nous remimes à fa

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voîle pour doubler le premier cap que ie mont Pangée présente au midi, et où commence le golfe Pîérique. Nous côtoyâmes les bords ou les contreforts du Pangée , pendant l'espace de six lieues. C'est aux premiers parages de cette côte que doit se trouver l'emplacement d'iEsime , seconde colonie des Thasîens , et il ne serait pas impossible que la petite ville d'Orphano , oà j'ai déjà dit que les courriers tartares changent de chevaux, fût bâtie sur ses ruines. Arrivés à un autre petit cap sur la même ligne, nous le doublâmes pour entrer dans la rade d'Eski^Cavala, et , nous fûmes alors en face du port de Levter, où devait avoir lieu notre cinquième station.

L'entrée de ce port est au nord-est ; nous y pénétrâmes par la seule bouche qu'il présente aux navigateurs., qui souvent y cherchent un abri contre les vents du sud et du sud -ouest. Ce passage a une largeur suffisante pour que deux bâtimens de guerre y entrent en même temps. Nous mouillâmes presque à son embouchure sur quinze brasses d'eau. Nous nous serions plus avancés , si la profondeur du fond nous pût été connue. Ce port est très-vaste ; c'est un grand ovale d'un bon quart de lieue de profondeiu". A la gauche , se trouve une presqu'île basse et inculte , sur laquelle les flots du golfe Piérique viennent se briser. Ce prolongement du terrain forme un des côtés du bassin. Sur l'isthme qui lie cette presqu'île au continent , on trouve les ruines de l'ancienne Néopolis ou celles d'un château reconstruit dans ie moyen âge. Parvenu hors de l'isthme, on rencontre un grand ruisseau très -limpide, mais trop profond pour être traversé à gué. Ce ruisseau , fort utile aux gens de mer , est aussi l'ornement du port ; les bords en sont ombragés par différentes espèces d'arbres qui s'étendent vers les dernières bases orientales du Pangée où le ruisseau prend sa source. Cette montagne se lie avec le Symbole, dont la naissance se manifeste par une riche culture*

On voit par cette description que ia nature n'a rien oublié pow la sûreté , la commodité et lomement du port de Néopoiis. Lorsqu'on y arrive , après avoir vu le Pirée d'Athènes , on trouve avec satisfaction quelque analogie entre ces deux ports. Toutefois la capacité du bassin est bien plus grande à Levter qu'à . Athènes. Un isthmet sépare la rade de Phalère d'avec le Pirée^ et forme un des côtés du port d'Athènes, Le Céphise y apporte ses eaux et en orne les avenues. Néopolis a aussi son Céphise, et de rians paysages dans ses alentours. Mais le rapport le plus remarquable qui existe entre ces deux ports est celui de leur abandon actuel. Lorsque , plein de souvenirs, le voyageur arrive, au Pirée , il est obligé de se porter sur le rivage pour y retrouver les preuves de l'ancienne magnificence athénienne : des tronçons de colonnes , des chapiteaux , des débris de tout genre , sont gisans dans le sein même des eaux. A Levter moins de richesse et une égale solitude. Quand j'arrivai la première fois à Athènes , j espérais y trouver encore quelque reste de l'ancienne activité des Athéniens dans le commerce, mais je n'y aperçus pas le moindre petit bateau , pas même celui d'un pêcheur. La masure où le douanier se tient seulement pendant le jour , était fermée. Quelques moines solitaires , cachés dans un vieux couvent , formaient la garde de ce port où le Céphise entasse des boues , comme s'il voulait n'y laisser un jour aucune trace de l'antique splendeur de l'Attique. Il n'existe plus dans ce lieu qu'une nymphe triste et. silencieuse, prosternée devant les chefs-d'œuvre qu'elle avait vu créer et pleurant ses anciens adorateurs.

Le port de Néopolis présente les mêmes contrastes. Que sont devenus ces peuples que l'amour de l'or du Pangée y attirait de toutes parts ! tout a disparu devant les révolutions qui ont dévasté l'Orient , et qui l'ont jeté dans la barbarie. £n entrant dans le port de Levter, nous ne vîmes pas le moindre signe de

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navigation , pas même une cabane ; et , si nous n'avions découvert de plusieurs côtés les marques d une assez belle culture » nous aurions cru aborder dans une terre dévastée et déserte» qui nous invitait à en prendre possession.

Peu à peu quelques Turcs se réunirent sur la plage , et comme, malgré leur costume guerrier , ils nous accueillirent bien , notre capitaine consentit à envoyer son pilote au village pour y fiiire diverses emplettes. Il n'est pas hors de vraisemblance que ce village, nommé aujourd'hui, comme je lai dit, Levter, soit l'ancienne Néopoiis , et que les ruines qui sul>sistent sur l'isthme soient celles d'une forteresse qui défendait le port et la ville.

Arrivés à Cavala^ nous y trouvâmes des lettres de Salonique , par lesquelles on nous annonçait que des pirates , sortis du mont Olympe , s'étaient emparés d'un grand bateau grec i voiles latines, et faisaient des ravages dans le golfe Termaïque. Notre commandant n'hésita pas à revenii^ sur ses pas ; mais à notre retour à Salonique , nous apprîmes que les pirates avaient brûlé leur bâtiment, en présence d'un navire marchand français bien armé , qui les avait forcés de se jeter sur la cote de 21agora.

Le brick partit de nouveau pour aller faire quelques observations autour du mont Athos, et je me séparai de mes compa* gnons de voyage , non sans éprouver le regret de n'avoir pas poussé plus loin mes observations sur les côtes.

Mais ce serait peu que d'avoir fait connaître la position de l'ancienne Néopolis : je croirais n'avoir rempli qu'une partie de ma tâche , en ce qui concerne cette ville , si je ne tentais de fixer l'époque de son établissement et de faire quelques recherches sur les peuples qui l'avaient fondée. Ses monnaies seront un de mes guides.

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