MONNAIES PRIMITIVES D'ATHÈNES
QUI n'ont jamais été , publiées*.
Première classe.
N.« I. Chouette à gauche dans un cercle en relief.
Revers;.. Carré profond . divisé^en ileux lignes :^ .;.; ,:
diagonales^ , y^ grandeur 4-
N.'a. Osselet entouré du même cercle.
Bf. Carré mieux formé que le précédent.... iR gr. 3-
L osselet est d'autant plus curieux sur les monnaies, d'Athènes , que le jeu auquel il était employé y était très-usité. On se servait dans ce jeu d'os de mouton, ou d'une imitation qu'on en faisait en bronze. J'ai possédé une de ces imitations en cristal.
N/»3. Triquêtre. ;
K. Carré creux divisé en deux lignes diagonales ^ gf • 4*
N.o 4. Roue fortifiée par six rayons , deux la traver-
sent et un seul est perpendiculaire,
%#jCarré de mên\e forme. ....... .^# . .,. . i5R,gr.
N.«5. Roue à quatre x;^yQns dont le.s extrémités
sont fortifiées par deux petites traverses qui les
soutiennent, à droite, et i £^c^,. .„
Bf. Même carré .;. . iR gr.
N.0 6. Autre^mÉfeis grand. . . ... vj.>;.v^;. . . . . .v A gr.
ti6 VOYAGE
N.o 7. Cheval nu debout marchant à droite.
Bf. Même carré -^ g**- 5 •
N.08. Masque scénique tirant la langue.
Bf. Même carré, divisé en losange, formant quatre triangles profonds dans 1 un desquels est une tête de tigre vue de face ^ gr* 5 •
N.* 9. Partie inférieure d'un cheval nu marchant à
gauche.
Bf. Même carré sans accessoire et ^ g^^- 3 •
Roue simple.
Bf . Même carré A g**- ï •
Masque scénique.
Bf. Même carré ^ gr« i •
Stconde cUss$,
N.« Il
Tête de Minerve, casque avec aigrette et ayant les cheveux bouclés sur le front , à gauche.
Bf. A0E. Chouette tournée à gauche, dans
Taire arrondie une branche de laurier.. ^ g^ • ^-
N." » 3. Tête de Minerve avec les cheveux ainsi bouclés.
Bf, A0E. Même revers ^ ^ ff* i •
N.« i4- Même tête ainsi bouclée.
tt . A®E. Au milieu de trois croissans ^ g^** ^ -
Nv» 15. Tête de MinerVe panachée et laurée, et dont le profil annonce une époque très^prochaîne de la primitive.
Bf. Chouette dans un carrré creux ^ g''- ^•
»• 16, Masque scénique tirant la langue.
B[. Tête de tigre de face dans un carré creux. JSi gr. 6.
DANS LA MACÉDOINE. izy
Cette dernière monnaie « qui conametice Tépoque où la mon* naie r<eçut une empreinte dans le carré , est une nouvelle preuve que celle du n."" 8 est incontestablement d*Athènes.
La médaille du n.'' p est une nouvelle preuve que celle du n."" 7 est incontestablement d'Athènes. Les pièces de diverses graiideurs, contenues dans le dépôt» et qui portent la roue, s y trouvaient en très-grand nombre, tandis que les autres y étaient presque uniques. Jai cru pouvoir tirer de là cette conséquence, que ces dernières étaient les plus récentes, lorsque le dépôt a été fuit. Qiiiant aux autKs, excepté celles qui présentent le masque scénique, il serait difficile de les classer dans un ordre chronologique, en prenant pour base ie plus ou le moins de perfection du travail, ou de régularité des lignes diagonales qui divisent le carré« Ce quil importe d'observer pour se convaincre que ces nuédailles ont toutes été frappées à Athènes, c'est Tinteation du monétaire de ne pas y varier la forme du carré toujours divisé par deux lignes diagonales. Il faut aussi ne pas perdre de vue que le dépôt est {provenu d'Athènes. M. Eauvel a siouvent découvert des pièces qui représentent «ne roue , et plusieurs fois de celles où ie tigre est représenté de £àcf dans un carré. Ce consul pense que celles-ci sont d'Athènes , *mais que les premières qui ont la roue pour type, sont de Thèbes. Je réponds à cela que Thèbes ne marqua ^mais ses monnaies primitives par un carré divisé en deux lignes croisées en iosOTge, tandis qu'Athènes, pour mieux conserver le crédijt des siennes, employa constamment ce genre de camé qu'elle avait d'abord adoptée
On poiitcr^t m'objecter que le carré creux des monnaies primitives en général, changea souvent de ibrroe; c'est ce qu'on voit sur les monnaies d'Égine et de Céos , sur joelles de Thèbes et d'autres ^pays. j^lais cette oJKJection ne porterait que sur des
coins très-anciens. Égine» en effet, dans les premiers temps de lart, manifesta une sorte d'inconstance, quant à la forme des revers de ses monnaies; mais on voit aussi qu'elle se fixa ensuite à une méthode unique , et Céos en eût fait de même , si Athènes lui en eût laissé le temps. Ces raisons, qui sont prouvées par des faits , donnent lieu de croire qu'Athènes peut avoir eu aussi ses variations monétaires , quoiqu'on ne l'ait pas encore reconnu , ou qu elle fit frapper des monnaies beaucoup plus tard quÉgine, Céos et Thèbes.
M. Mionnet , en accordant à Athènes la plupart des médailles que j'ai cédées au cabinet, doute que les n."* j^, 17 et i8 , de son propre catalogue imprimé ( tom. 2 , pag. 3 et suiv. ), soient de cette ville , et il préfère Gortine de Crète , à cause du bœuf représenté sur la face et du polype que porte le revers. Je serais volontiers de son avis, si la ville de Gortine, parmi le grand nombre de médailles qu'elle nous a laissées , avait une seule fois marqué le polype sur une de ses monnaies ou d'argent ou de . bronze. Mais comme on n'y rencontre jamais ce poisson , et qu'il peut appartenir à toutes les villes maritimes , je ne vois pas pourquoi on lé refuserait à Athènes, comme on accorde la sèche à Céos, quoique, sur les monnaies de cette île, elle ne soit accompagnée d'aucune légende.
D'autres raisons me font douter que ces monnaies dont parle M. Mionnet soient de Gortine. Cette ville faisait toujours représenter uu taureau sur les siennes , et on rie voit qu'une tête de bœuf sur les n.° 16; 17 et 18 du catalogue ^de cet antiquaire, provenant de mon dépôt. D'ailleurs est-il bien certain qu'Athènes n'ait jamais fait représenter un bœuf 6u une vache sur sa monnaie î Je crois trouver ce dernier signe sur une de celles que le même auteur attribue à ApoUonie d'IUyrie (tom. 2, p. 28, n."* 2). Ordinairement sur les médailles d'ApoUonie, la vache
allaite son veau; Sur celles que décrit M. Mîonnet, le veau est tourné veçs la droite , et debout. On pourrait à la rigueur passer sur cette circonstance sans qu elle infirmât l'opinion de 1 auteur, mais si nous faisons attention au revers , nous voyons qu'il est tout-à-fait semblable à celui des monnaies d'Athènes , tandis qu'aucune médaille d'Apollonie, d'aucune forme, ne nous montre un seul carré creux.
Toutes les monnaies primitives enfin citées ci-dessus présentent des types analogues à l'histoire héroïque d'Athènes ou à des découvertes dont les Athéniens étaient glorieux. Par le bœuf, ils rappelaient Thésée ; par la roue et par le cheval , ils ont eu en vue leur roi Erichtonius qui fut l'inventeur des chars, et qui le premier assujettit des chevaux au joug de l'attelage ; par le masque , ils faisaient entendre que l'art dramatique était né chez eux, et par le tigre , ils faisaient allusion au culte de Bacchus dont le tigre est le compagnon et à qui ils consacrèrent le premier théâtre qui ait existé dans la Grèce.
Il paraît qu'antérieurement à toute autre allégorie , les Athéniens exprimaient sur leurs monnaies le culte qu'ils rendaient à Minerve, par la représentation de la chouette. C'est ce que semble prouver la médaille n.^ i de mon catalogue , la plus ancienne, à mon avis, de la première péripde. Les autres symboles furent l'expression d'un honneur qu'ils décernèrent à leurs anciens bienfaiteurs et à leurs dieux. L'image de Minerve prévalut après la bataille de Salamine , lorsqu'on se persuada que cette déesse avait sauvé la ville et protégé les armées de la Grèce.
Si maintenant on compare à ces monnaies primitives d'Athènes les monnaies de Néopolîs , on sera facilement convaincu que celles-ci en sont une imitation, et de 'là on pourra conclure que Néopoiis était , comme je le pense , une colonie d'Athènes.