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Verus-Sosandre et T Olympias ont
consacré ce monument à Aurétie leur fille , en souvenir de toutes ses vertus, le i^ juin de Tan* 77.
i64 VOYAGE
Je reviens à la ferme où nous avions reçu une hospitalité généreuse par ies agens du Bey de Serrés ; elle est entourée d'an grand mur solidement construit, dont les portes se ferment tous les soirs. Ces précautions sont indispensables » à cause du danger imminent dont le voisinage de la mer menace souvent rétablissement. On a déjà vu ce que peuvent entreprendre les forbans qui infestent ies golfes de la Chalcidique. Les métairies sont plus exposées aux attaques de, ces voleurs » que les villages ies plus voisins des bords de la mer : ceux-ci étant plus grands, sont plus en mesure de se défendre ; ils fournissent des provisions aux voleurs qui les paient, et qui souvent y trouvent un asile ; tandis que les métairies ne peuvent opposer de résistance que par leurs murailles , et par le nombre des employés et des valets qui y sont attachés.
Uenceinte de la ferme du Bey de Serrés est très-étendue : les produits des récoltes et plus de vingt paysans y sont logés avec leurs familles. Si Ion ajoute à ces édifices le logement destiné au propriétaire et à sa suite, on aura aisément Tidée de la grande étendue de cette ferme.
Quoique la maison soit très-vaste, nous n'y trouvâmes que la grande salle qui fût meublée ; il y avait un seul sopha sur lequel les trois officiers passaient les journées , traitaient les affaires, et mangeaient ensemble. Nous fûmes fort heureux de partager ce siège et d'être admis au repas. Nous étions parmi des militaires ; ils nous traitaient franchement et à leur manière : l'accueil que j'avais reçu aux mines n'avait rien eu de semblable. La soirée fut bientôt passée. Après le café et les pipes , une conversation s'établit sur les affaires de Serrés , et sur le séjour que j'y avais fait sous les deux gouvememens d'Ismaïl-Bey et de son fils. On vanta les succès militaires du père et la magnificence de son successeur. Je fis porter rnon lit sur le sopha
des officiers I et nous nous endormîmes tous à la file ies uns des autres.
Dès que le jour fiit venu , je pris congé de mes hôtes , et je me trouvai bientôt sur la route des plaines qu habitèrent jadis les Bottiéens, sortis de l'ancienne Bottiée, dont j ai déjà fait mention. Je navals quune lieue à parcourir pour me rendre aux portes de l'ancienne ville de Cassandrie, que je connaissais déjà. Ca4^andrie est aujourd'hui un pauvre village de trente ou quarante familles 9 et dont quelques-unes des maisons s'appuient sur d'anciennes tours qui formaient dans l'antiquité les remparts de la ville : Cassandre donna le nom de Cassandrie à cette ville , qui s'appelait auparavant Potidée ; elle devint ensuite romaine. J'y avais trouvé diffèrentes médailles de la Macédoine* dont quelques-unes de la ville même et de l'époque où elle était devenue colonie romaine. Rien n'y appelait plus ma curiosité.
Je suivis le haut de la plaine » où je trouvai sur mes pas deux métairies très -rapprochées » qui appartiennent à des couvens du mont Athos. Plus bas nous traversâmes le village de Portaria, pays très -peuplé, et dont le territoire est très -productif. Toute cette plaine est renommée pour ses belles cultures. Nous nous arrêtâmes dans un village dont le cimetière» orné de différentes antiquités , annonce qu'il y a eu dans les environs quelque ville importante. Nous passâmes la nuit dans ce village, et nous rentrâmes le lendemain à Salonique.