‹ Voyage dans la Macédoine [microform]Chapitre 62 sur 66 · ADDITION AUX DERNIERS CATALOGUES · texte numérisé non relu

ADDITION AUX DERNIERS CATALOGUES

Déterminé, par des motifs irrécusables, à ne point reconnaître pour monnaies d'Alexandre I^*", fils d'Amyntas I*', celles qui lui sont généralement attribuées (i), et espérant pouvoir les mieux placer, je me suis livré à une fausse conjecture, en attribuant ces monnaies à un roi des Bisaltes et des Crestoniens. L'épaisseur des pièces fabriquées parfois chez ces peuples , moins

(i) Voyez Eckhel, tome II, page 83.

habiles que les Macédoniens dans lart du monnayage, et les variations continuelles de leur gouvernement semblaient justifier cette classification; mais j'ai reconnu. finalement que les types convenaient beaucoup mieux à Alexandre II qu'aux, habitans du Bertiscus, et je me suis flatté de paraître excusable, si, en revenant sur mes pas , je cherchai^ une route nouvelle , pour me rapprocher le plus possible de la vérité.

On sait que l'histoire des rois de MacécMne est souvent imparfeîte : heureusement les médailles de ce pays oflrent quelquefois le moyen de rectifier les faits mal rapportés , ou de remplir les lacunes ; c'est sur leurs secours que je compte. On a cherché en vain des monnaies d'argent d'Alexandre II, jusqu'à présent on n'en a vu que de bronze ; mais cette circonstance ne saurait exclure la nécessité où se trouva ce prince de faire frapper de la monnaie d'argent : on doit même déjà reconnaître ce fait par la légende AAESANAPO, qui est la même sur l'une et sur l'autre des deux médailles que j'ai citées précédemment.

Sans doute le règne d'Alexandre II fiit de courte durée ; cependant ce prince eut à soutenir une guerre que lui suscita Bardyllus , roi d'IIlyrie , ancien ennemi de son père. Il dut subvenir aux frais de cette guerre et soudoyer des alliés : le jeune roi eut plus de motifs qu'il n'en fallait pour activer la fabrication des monnaies d'argent, qu'iiucun de ses ancêtres , depuis Amyntas P^ n'avait jamais négligée.

Or, ces alliés indispensables étaient les hahitans du mont Bertiscus, et ils n'étaient pas sans doute disposés à prendre les armes sans recevoir du numéraire. Il leur fallait des pièces qui pussent circuler dans leur pays comme dans la Macédoine. Des modifications dans la forme, dans le poids et les t3q)es jusqu alors en usage pour l'un et l'autre pays furent nécessitées par des convenances réciproques , et pour plaire à ces belliqueux monta-

gnards , Alexandre dut y^ inscrire en «entier son- nom » et , seion leur goût, ies rendre plus épaisses que celles qui avaient été frappées auparavant par ies aïeux de ce prince.

On sera* convaincu . qu'Alexandre II établit un nouveau système monétaire» bien que Perdiccas, son succepeur, naît pas jugé devoir le continuer, si l'on considère que Philippe, qui régna après Perdiccas , adopta bientôt la fabrication du tétradragme, monnaie nouvelle pour la Macédoine , et que ies premiers empereurs romains trouvèrent encore en circulation dans ce royaume et dans divers autres pays de l'Orient.

On voit, par la, succession des règnes que nous venons de parcourir, que ce fut plus de i 50 ans après Alexandre I*'^ que les légendes des monnaies àe% rois de Macédoine devinrent complètes , et qu'on ^ ne peut attribuer au règne postérieur d'Alexandre II la fabrication des pièces qui n avaient jamais été en usage avant lui (i).

Je dois rappeler ici l'attention sur d'autres monnaies frappées réellement dans le mont Bertiscus , savoir celle qui porte le mot MaS££a et celle qui o^e celui de BIZAATION. La première est l'objet d'un doute. Le P. Paciaudi et Exkhd ont été divisés d'opinion au sujet de la contextilre de sa légende ( 2 ). Sur tous les exemplaires que j'ai eus sous les yeux,. j*ai toujours lu MUZZEQ , et mon ami , M. de Cadalvène , qui eo a possédé plusieurs exemplaires , est du même avis que moi. La seconde

(i) L'abbé Barthélémy , et Eckhel, d'après lui, ont paru croire qu'une des deux médailles dont il est question, présentait k l^esde AAB^/^N^POT; mais cette ixnale en OT, telle qu'on la voit sur les monnaies d'ÂIexandre-Ie-Grand^ étant mieux examinée ^ il a été reconnu que c'est une soufflure qui a Induit le savant académicien en erreur. M. Mionnet, qui s'en itait aperçu avant d'avoir publié son ouvrage, n'a pas commis la même faute.

(2) Eck. Doctr., tom. II, p§ig. 73. où U cite le P, Paciaudi, Animad.philoL , pag- 75-

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