‹ Voyage dans la vallée des originauxChapitre 6 sur 12 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

cluse dans un monastère. Toutes ces sylvies aiment, chantent, coquettent , pondent et couvent. C'est absolument comme chez nous.

» Mais mettez à part chez les femmes comme chez les fauvettes ces grâces légères, cette brillante vivacité, ce ramage harmonieux , ces refus plus doux que les faveurs mêmes , ces infidélités plus séduisantes encore que la constance, que d'intrigues , que de manèges , que de perfidies, et quel vacarme ! Quels caractères hargneux , colères , jaloux , querelleurs! Ici, on se bat à coups de bec , on se crève les yeux , on s'arrache les plumes ; là , on casse les œufs de sa rivale , on détruit son nid , on s'empare de ses dépouilles. Ailleurs, on séduit un époux adoré , on porte le trouble dans un ménage voisin , on enlève à sa famille un adolescent plein de candeur, et qui sait à peine manger seul. On fié-

trit la fleur de sa jeunesse. Vous pensiez trouver dans une volière un paradis d'amour et de constance , vous y trouvez un enfer de peines et de tourmens;, et lorsque je songe aux objets si doux et si cruels de mes plaisirs et de mes peines passés, je jette les yeux sur cette cage , et les fauvettes me consolent, ii

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