COMMERCE
rivant, las de leur dégoûtante tâche, calculant à fa manière de l'ouvrier que leur émolument sera toujours le même, soit qu'ils s'en acquittent plus ou moins consciencieusement , ils auront bientôt jeté la cognée après le manebe et laissé les choses snivrc leur cours ordinaire.
A-t-on entendu que les délrichemens fussent entrepris par des fermiers nantis dfun long bail , comme il y enaeu quelques exemplesen Angleterre? 1» Les baux à long terme, dont au reste nous sommes loiu d'attendre monts et merveilles , n'ont encore figuré en France que sur les litres d'agriculture; d'ailleurs ils sont incompatibles avec notre législation, d'après laquelle tout héritage est exposé a être morcelé à la mort du possesseur. On conçoit en effet combien une pareille disposition pourrait souvent apporter de lésion aux convenances des héritiers. 2° La classe des gros fermiers n'existe pas en Bretague ; il faudra donc les y attirer de la Beauce ou de la Normandie? Or nous doutons qu'il y ait grand empressement de la part de ces spéculateurs à quitter le milieu agricole dans lequel ils sont accoutumés à opérer pour venir hasarder leur capital en améliorations foncières
sur des fonds qui ne leur appartiennent pas- En dernière analyse, il est une observation qui s'applique ici à toutes les entreprises de grande culture , c'est que les élémens de ce système agricole ne se rencontrent pas dans un pays de petite culture comme l'est la Bretagne. Ici le domestique ferme, à qui aucun ouvrage essentiel n'est confié, qui ne travaille qu'à côté de son maître et sous la direction immédiate de celui-ci, ne saurait être assimilé à la classe des serviteurs agricoles de toutes spécialités qui s'est formée de temps immémorial dans les pays de grande exploitation ; ces derniers, qui ont les mœurs propres à leur destination, prennent avec le maître des engagemeos sérieux qu'ils se croiraient déshonorés de rompre avaut le terme, qui en Beauce est la Saint-Jean et la Toussaint. Nul ne se croit en droit de déserter sou poste, même momentanément et pour affaires les concernant particulièrement, sans s'être au moins fait remplacer ; enfin ils sont susceptibles d'une certaine responsabilité personnelle; tandis qu'en Bretagne le valet de ferme est un nomme absolu-
quand il lui plaît, à la minute et pour les plus légers motifs , voire même abandonnant sans le moindre souci la besogne qui lui est confiée pour
ACRirriTi ne , moi i if n n r s ,
courir à une noce , a une foire , et la négligeant sans scrupule quand I œil du mallrr ne le Miil pas. Au milieu de pareille* mu ur* agricoles , U lâche d'un chef d'exploitation «-si m |>éiiible , «à exposée a j ■« n « liler . |>.Mir |>cu que la ten*iou d esprit , le* force* ou la santé manquent à cet agent essentiel , qu'on en iroutera peu , s'ils sont sages, qui consentent a transporter leur sy*|ciur de rullurr dans rc milieu hétérogène.
l'our léser la dillu ulté que non* tenon* d indiquer, il e*t «les personne» qui proposeront comme un expédient tout simple de faire tenir de* domrv ln|ii. * .1. s pat* de grande culture ; mai* toi. i tenir une autre *ér« d'tneontéiiiens : I- le serviteur agricole estimé dan» sou pays cornent rarement à s en éloigner ; ce sertit perdre U valeur personnelle que lui donne sa bonne réputation, oa, s'il y cousent , ce ne sera qu'à on conditions esoeasi» temeut onéreuses pour celui qui le déplace; 2» le nu me bowM qui poutail être attentif a «nu dc-
toir et d'un • ar i. docile dan» un canton ou la
concurrence « n faisant |Kiur lui une ne<r**né, ne tarde pas à s'spereetoir qu'il est indispensable dan» »a noutelle condition ; de là naissent aussitôt lexigcoce et le* mautais procédés de sa part , cl I on toit atec surprise dégénérer un caractère dont on o avait eu qu'a se louer daus son pays ; 3» c'est tiuc erreur sans doute de spéculer sur le t il pris de la main d œuvre, comme nous aurou* tout a l'Iieure occasion de le prou ter; mais en appelant • le ton* no* t. eux une augmentation de *alaire pour I oinner, non» .nkiidon* que «ataleur industrielle * . iimiim au m.. m* dan* la même proportion. Mai* dan* le cas que nous venons de supposer, c'est ê dire quand le» outriet s du pays compareront leurs rhétifs gages a ceux de l'étranger, leurs prétentions seule>s'é*tseront ire*- haut, mais leur service restera le lucme. P.rtf , ce* iucouténiens et une foule d'autres que notas nous ab*tiendron* d éoumérrr, t 1-1* qu'où m a t.-ul au**i Lien de » ru tenu
aux éksnejH iaeUgètM», c'est-à-dire «pi il n'est pas .m pouvoir d'un particulier d introduire la grande t ulturr eu Hrrtagne.
Il ne nous re*tr plus qu'à reporter uos sur Me du pats. Mais qu'une (ail le Irai tiou de la population la l'.retague ; d'ailleur» le m. -h dojH ration .(iir nous atoii* dé|a uVirtl et que non* lui . ..u*. ille-
rous de suitre, ceat-a-dire de d^frtcaor pruganj»
nu six» sjrxix.
covrstntra:, rrr. |g-,
Mtemenl en «'appuyant sur les ressources que pourra fournir latieille exploitation, ie mode, dison*-n«»u« . e*i par lui-même fort long . et il suppose dans celui qui l'entreprend deux conditions ans n'avons pas encore parlé; satoir : le et la volonté. Ou le moyen matériel fait défaut . en d'autres terme*. *i le propriétaire rural en question ne di*po*e pa* d'un capital excédant les be«oin* de «on ancienne culture, il fera sagement de s abstenir, car il aura à compter oon-seulement les fi n* du defni liem.iil . mai* a .iii^men- «er. proportionnellement à son étendue, son mobilier aratoire, se» bestiaux . «on personnel, ses luliineii* .1 exploitation . etc. ( elle condition un, t/iiri non est assez rare dans la classe des propriétaire* exploitant, qui e»t elle-même peu nlpandue en llretagne. I j seconde rondilion dont nous atuus parlé, la toionlé , résulte non-seulement de l'intérêt mais du caractère île* gens. Or, nu sait que l 'esprit d'eutrepri*ee*t loin d'être le trait distinctif du cultitatrur breton, qui aime an contraire à tous ses moyens d'action sur un petit , prim ipe de* plu* judicieux , |Miurtu qu il ne suit pas poussé à l'excès. Il est peut-être le seul de I Kurope auquel on ne saurait adresser le reproche qu'xrlhur îoung fai*ait aux fermiers de sou pays, d'entrepeeudre toujours une exploitation trop latte relativement à leur capital, reproebe que M. Mathieu de Doinlusle a reumyc de la seconde nuiu aux militaient fran. ai* .pu le méritent en grande partie dans beaucoup de prot iuees, matsqu'oo a eu tort d'appliqurrau x breton* , comme on l'a fiait en traduisant dan* leur idiome et |K»ur leur instruction Ir* petit* dial.^m-*. .lu célèbre agronome. Ce trait raraciért*lique du breton, dout il nous serait peut-être «an facile de tracer les cause» , est dans tous 1rs cas un fait dont il ne*t pa» au poutoir des académie» agricole» atec l- ur* .li*rour* . m de* rorr*ol* gém raux atec leur* prime* d'rncouragemeul . d'epp* bef I i
\u surplus, même en supposant I instruction répandue qu'elle I *M peu, e»l - il <lun , quand il s'agit de s engage toie* mmfrtt.Vs de tmuter remue* .la»* k
au *ucces f raatln «uar toutes les conditions réunie», l'opérât»* • I ■« al rationnellement et le terrain mi* en rap- |M>rt par les moyen» les meilleurs et le» plus étaw
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nomiques ; ch bien ! dans ce cas là même , noos disons avec douleur que la question de profit pécuniaire , celle enfin sur laquelle le particulier a dû compter, n'en est guère plus avancée, car il faudra que la bonté du terrain soit constatée par des siècles peut-être pour que sa valeur vénale en soit améliorée. On ne sera admis à démentir nos tristes prévisions à cet égard que lorsqu'on nous aura cité une lande défrichée et d'une fertilité démontrée qui puisse trouver des acquéreurs, voire même des fermiers, au même prix que les terres anciennement en culture et d'une valeur intrinsèque égale.
Le fait est que si le défrichement des landes , le plus utile de tous les services sociaux après les dessèchemens des marais, assurait des bénéfices împortans et immédiats à ses auteurs , ce serait une anomalie dans l'ordre civilisé. Pour s'en convaincre , qu'on classe les diverses professions dans l'ordre de leur importance politique , elles se présenteront ainsi : 1° l'agriculteur, 2° le manufacturier , 3» le négociant , 4« le banquier , 5° l'agent de change. Maintenant voulons -nous les classer dans l'ordre des bénéfices privés communément recueillis dans chacune de ces professions, nous serons obligés de les placer dans l'ordre absolument inverse. C'est pourquoi si l'agent de change et le banquier gagnent sans fatigue des millions , l'un en peu d'heures , l'autre en peu de mois , si le négociant a de nombreuses chances de réaliser une grande fortune dans le cours de sa carrière, si le manufacturier fait valoir ses fonds et son industrie avec d'honnêtes bénéfices , si le cultivateur ne fait guère que végéter , il faut , pour que la progression suive son cours décroissant , que l'ingénieur agricole, qui est au-dessus de l'agriculteur de toute la distance qu'il y a de produire le fonds à produire la récolte, il faut, dis-je, que, lorsqu'il dessèche un marais, endigue un lais de mer, plante une montagne ou défriche une lande , il soit ruiné ou y fasse du moins des pertes considérables. En résumé, le paysan qui a de l'argent comptant trouve un bénéfice plus clair à prêter à la petite semaine qu'à entreprendre des améliorations rurales , et les défriebemens de lande ont ruiné autant de particuliers que la bande noire en a enri-