AGRICCLTCRE , MANUFACTURES , COMMERCE, ETC
L'association nous semble en effet le seul mode
notre sein si nous n'avions l'espoir fondé de voir bientôt la civilisation entrer dans les voies fécondes de l'association.
friebement des landes. Or nous n'entendons pas par là l'association des hommes à argent en vue d'exploiter les hommes d'industrie et de travail , mais bien l'association de tous les agens médiats et immédiats de la culture, en raison de leur rapport en capital , en talent , en travail. C'est alors seulement que la société exploitante renfermant dans son seiu tous les élémens nécessaires au succès , et recevant une direction unitaire et non susceptible d'interruption , toutes les difficultés que nous avons signalées disparaîtront. Mais ce n'est pas encore ici le lieu de définir ce système dont la théorie a déjà reçu plus d'une confirmation pratique , particulièrement à la colonie agricole de Worles , en Belgique , sur les bruyères situées entre Bréda et Anvers. D'après le rapport consciencieux de M. Huerns de Pommeuse , dans lequel il y a un haut enseignement à puiser, les colons libres et emménages par familles tirent, année commune, de ces terres naguère incultes et de nulle valeur, un produit brut de 18 florins par arpent, tandis que la colonie formée de vagabonds et de repris de justice , soumise à une direction unitaire, obtient de la même étendue une valeur égale à 78 florins. Remarquons que le résultat obtenu par les ménages abandonnés à l'incohérenre n'est plus considérable que celui que le terrain rendait à ses anciens possesseurs que parce que ces colons eux-mêmes , bien que libres, reçoivent pour certains travaux une direction commune, ce qui est un commencement d'association.
Les bénédictins du moyen âge , dont tout ami «le l'agriculture ne doit prononcer le nom qu'avec respect, ont défriché la majeure partie de la France, desséché les marais immenses dont elle était coupée, donné un encaissement aux eaux vagabondes, assaini l'air et les lieux , enfin adouci un climat froid et rigoureux ; et l'industrie privée qui leur a succédé , aidée d'une administration qui sue sang et eau pour pousser aux améliorations , est impuissante en présence de 500,000 hectares de marais qui restent à dessécher, et de plusieurs centaines de lieues carrées de landes et de bruyères encore incultes ! Elle n'a su que dénuder les montagnes, faire disparaître les sources, rendre les fleuves torrentiels, détériorer la climaturedu pays! Tels sont d'une part les effets d'une administration unitaire du système agricole , et d'autre part les
iCRM t ITIRf , MAJCrAI
funestes effets de l'iocoliéreace qu'on décore des noms de liberté individuelle et de droit de propriété !
Cependant on pourra nous contester le principe auquel nous attribuons exclusivement à loal autre la puissance d'opérer le défrichement des lande» , en nous faisant observer que des espaces immenses ont été défrichés en Amérique sans moines ni colonies agricoles. Nous pouvons répondre à cela qoe lorsque l'oppression qui poursuit d ordinaire les partis vaincus eut chassé d'Angleterre dans les forêts d'Amérique des masses d'hommes de tous 1rs parti» tour à tour, ces colons, qui d'ailleurs s expatriaient non sans moyens matériels d exécution , se placèrent volontairement entre la nécessité de défricher le sol ou de mourir de faim. Uur travail pouvait être plus ou moins fructueux sans que la ruine de leur entrepris* s'en suivit, attendu que leurs produits n'avaient point de concurrence a craindre sur les marchés de la part d anciens établisseroens; ces produits étaient censés, dam tous les cas, équivaloir au travail qu'ils avaient coûté, avantage suffisant pour assurer les prrmiers pas de la colonisation. D'ailleurs ne sait-on pas tout ce que l'homme supporte volontiers de privations et de fatigues pour échapper à un ordre social injuste ou oppresseur a son égard ? Mais veut-on savoir comment ces défrichemens se sont étendus dans l'intérieur de la manière presque miraculeuse que chacun connaît'.' il faut lire, dans le s ov âge de M. de La Rochefuueauld-Liaocourt, le fait providentiel qui , en l'absence du lien sociétaire , est venurombiner les forces individuelle?,. Le premier colon qui ose s avancer loin des clablUsemciis formé» est uu de ces hommes pauvre» nuis hardis . aventureux, et habiles i manier la hache , connus sous le nom de pionniers. Celui-ci se balil au milieu des boisuuemauvatseliutle 'a toghvmf , coupe autour d'elle les arbres à hauteur de ceinture d homme, laboure superfk n'Ilntient la terre dans leurs intervalles, et se contente d'obtenir de cette grovsiére préparation quelques récoltes telles qu'elles. Mais il M larde pas a se dégoûter de sou établissement : l'on sait que cette inconstance est la compagne naturelle de l'esprit av rutureux , incapable d'ailleurs d'améliorer davantage ce qu'il a su ébaucher; il cède sa terre à un cultivateur de profession , mais de la classe lu plus gênée. Celui-ci toutefois a uu inohilDT de culture, mauvais à la vérité, mais «•nflu il est dans k cas de se balir udc maison ,
ri'RKS, CnHUKACl; , rrc. 1RJ
d'enlever les souches d'arbres qui défiguraient le terrain, enfin d'y établir une culture misérable mais systématique. Cependant , des qu'il a amené par ses méthodes le terrain à un état moyen de bonne culture , il se présente quelque riche spéculateur de la Pensylvanie auquel le pauvre hère s'estime d autant plus heureux de céder sa propriété qu'au moyen du bénéfice qu'il réalise il peut se porter de nouveau en avant et avec plus de ressources, mais toujours à la suite de l'intrépide bûcheron. Xoilà donc, même en Amérique, pour Isirachever un défrichement, le concours nécessaire de tmis caractères d boinmet distincts : l'initiateur, le continuateur et le finisseur, tir ou conçoit que de pareilles moeurs se soient établies dans ce pays neuf, ou par des circonstances physiques et politiques éminemment favorables il s'opère depuis plus d un siècle un véritable débordement de population; c'en est assez toutefois pour prouver l'impuivsance des individus isolé» et la puissance dont est doué le lieu sociétaire, bien supérieur à ces combinaisons imparfaites. I)
Nous terminerons cette partie négative du sujet des d.-frirhemeus de lande par une dernière considération qu'il est important de méditer, attendu qu'elle forme une des principales données du problème ; c'est que la terre de lande et de brus ère n'est point à proprement parler une terre à grain, c'est une terre à jardin. Deux graines farineuses seules y prospèrent , ce sont le millet et le sarrasin; le seigle et l'avoine v viennent passablement ; le froment n'y est pas absolument rebelle a nue bonne culture; l'orge y est déplacée, à moins d'a- | mendemens calcaires ; toutefois la pleine réussite
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188 AGRICULTURE , MAIfOFJt
même de ces diverses céréales ne saurait inârmer notre observation. On fait de même produire des plantes potagères aux glaises tenaces du pays Charlrain , sans qu'elles en soient pour cela moins spécialement terres à blé. Lors donc, comme c'est le cas obligé d'une entreprise privée, que les principales rentrées de fonds à attendre du défrichement doivent résulter de la vente des céréales, le nouvel établissement agricole est dans le cas d'une fabrique qui , outre qu'à son début elle aurait à concourir avec des établissement déjà formés , serait dans la nécessitéde tisser du drap, par exemple, avec un métier à tisser de la toile.
Qu'on rapproche ces différentes circonstances particulières aux terres de lande et de bruyère : d'une part , 1* elles sont beaucoup mieux adaptées à la culture des plantes potagères , y compris bien entendu la pomme de terre, qu'à celle des céréales ; 2- elles exigent de nombreux sarclages, du moins l>endant un certain nombre d'années après le défrichement , et ce en raison de la grande facilité avec laquelle le sol s'infecte des plantes adventices qui en étaient naguère en possession , notamment la fougère , la plus persistante de toutes ; 3° enfin ' là où l'on n'est pas en position d'arroser le terrain au moyen de travaux d'art, il est essentiel, pour en tirer tout le parti possible, de le faire avec l'arrosoir à main ou l'écoperche flamande , du moins pondant les grandes sécheresses. D'un autre côté , • •les premiers travaux d'un défrichement, toujours pénibles et même fastidieux, sont fréquemment l'écueil de la patience de celui qui les entreprend , à moins qu'ils ne soient animés par le grand nombre et la gaieté des travailleurs, et que le travail ne soit facilité par les grands instrumens aratoires ; 2« le produit d'une pareille opération étant nécessairement ajourné , il faut que l'entreprise puisse disposer d'un capital suffisant pour couvrir toutes les dépenses d'atelier jusqu'au moment des premières reiitrées, ce qui est rarement le cas du petit cultivateur ; 3* une mesure essentielle et trop négligée consiste à créer des abris multipliés au moyen de rideaox d'arbres dont l'effet est de carder les vents et de garantir le sol de l'inconvénient des grands biles ; 4° enfin quand on dispose d'un cours d'eau, la première opération à faire est de l'appliquer aux irrigations. Dans la plupart des autres cas , il est tout au moins nécessaire d'égoulter le terrain par des tracés de canaux et de rigoles, les flaques d'eau retenues dans les fonds bas, ou simplement par le
tcres, commerce, rrc.
gissement trop horizontal du terrain , étant trèsfréquentes dans les landes et bruyères.
On voit par ce qui précède que d'une part les terrains de lande exigent pour être mis en valeur les travaux ordinaires de la petite culture, et d'autre part les moyens de la grande; mais ce n'est pas encore là toute la difficulté : si ces terrains sont particulièrement consacrés à la culture potagère , que faire de cette masse de produits horticoles dans une entreprise régie par spéculation privée? Si l'on répond : la faire consommer par les productions même, l'entrepreneur à qui, dans ce système, tout se rapporte, regardera ce moyen comme une dérision , car de compter sur les marchés des villes éloignées et déjà approvisionnées, il n'y a pas lieu d'y songer. Il n'y a qu'un moyen de solution qui réponde à toutes les données de ce problème d'économie publique, c'est la fondation de colonies agricoles par voie d'association , c'est-à-dire suivant un système où le dividende social serait réparti , non plus seulement entre les entrepreneurs industriels , ni même entre ceux-ci conjointement avec les bailleurs de fonds , mais où les ayant-droit à ce dividende seraient les trois catégories réunies, d'après une règle proportionnelle , des bailleurs de fonds, des hommes de talent dirigeant , et des travailleurs. Sans prendre parti pour aucun des modes d'association proposés par diverses écoles, savoir celui mis en pratique avec peu de succès par M. Robert Owen , à New-l^anark , en récosse , suite principe de l'égalité; le régime militaire des colonies forcées de Wortel , en Belgique ; enfin la théorie produite par M. Fourrier dans son traité d'association domestique et agricole , et fondée sur le libre essor des vocatious et l'harmonisation calculéede tontes les inégalités sociales existant de fait, toujours est-il certain que la loi d'association existe et que le devoir desgouvernemens est de la chercher. Cette loi qui dort encore dans le sein de l'éternel régulateur, à moins qu'elle ne se soit déjà révélée au génie, doit résoudre la question sociale et faire disparaître le paupérisme , si non elle n'est pas la loi. Lorsque des espaces immenses restent perdus pour la richesse publique faute d'être sollicités , et que des millions d'hommes meurent de faim faute d'emploi , u 'est-il pas permis d'espérer qu'on pourra combiner ces deux valeurs sociales néga- • tives et en faire sortir à la fois l'extinction du paupérisme et la disparition de cette tache que présentent les landes sur le territoire français.
ETC
Les lais de mer qne présentent sur plusieurs poiot» les côte» de la Manche dînèrent en gênerai, mus les rapports d'origine et d'aspect physique . •ie ceux bien plus étendus situés dans le golfe de Gascogne , particulièrement de ces vastes allérissemens formes par les eaux de la taire depuis l'embouchure de ce fleuve jusqu'à Maraiis, phénomène rjue reproduisent avec plus ou moins d'intensité plusieurs cours d'eau inférieurs. Les fleuve* qui descendent des pays montagneux et se rendent à la mer en traversant de vastes contrées ont du de tout temps charrier, a leurs époque» de grandes crues, une certaine masse de parties terreuse» ; mais ou conçoit combien cette dégradation naturelle, qu'une végétation très-puissante teudail incessamment à ré|»rer , a du être augmentée par le déboisement indiscret des montagnes. Celles-ci désormais, dépouillées des épaisses fbrèi* qui en maintenaient le sol, en régularisant l'écoulement des eaux pluviales vers les contrées inférieures , n'ont plus rien qui empêche ces eaux de se précipiter lorreutiellement dans le lit des nvirres, en enlraluaut avec elles autant de terre qu elles ont pu en délaver, t'est à celte cause, qui a d'autres effets plus funestes encore, que nous •levons attribuer la formation prodigieusement rapide de ces alluvions que l'on a indiquées à partir du règne de Henri IV jusqu'à nos jours, et auxquelles nous devons les deux cantons agricoles connu» sous les uoms de Marais de la cote occidentale et Marais méridional de la Vendée, triste contrée ou la constitution de l'homme est constamment dégradée par les fièvres intermittentes, et ou h-s fruits de la terre sont achetés au prix de la santé, le premier des biens. Sur ces cotes ou la nier marne fort peu , comparativement à celles de la Manche, l'end igueinent d'un terrain mur pour cette opération ne présente ni chance fatale , ni difficulté ; on n'espère de résultats avantageux qne des plage» asset élevées pour qu il y croisse déjà spontanément nne graminée dont on fait on loin passable , même avant le dessèchement.
Les circonstances naturelles qui donnent lie* à I
la formation d'an lais de mer sur les côtes de la Manche sont en général très-différentes de celles qne je viens de décrire : ici un terrain tm-accidenté donne naturellement lieu à nn rivage hérissé d'anfracluosilés profondes, d'où il s'ensuit que les anses et les criques y sont très multipliées. Il arrive quelquefois, comme à IWber-ltenolt, qui n'est pas un lais de mer, que le terrain lui-même cerne l'anse au point de n'y laisser qu'un étroit goulet ; mais plus communément on rencontre des enfoncemens de mer qui seraient , en raison de la largeur de l'entrée, d'un endiguemenl très-dispendieux , si la nature ne les avait déjà en partie cernés par une ligne de dunes plus élevée» que la mer. (> phénomène se répète trois fois dans la seule anse de (toulven : 1* le lais de mer de Trèfles, actuellement endigué et protégé naturellement, sur un espace de près d'une lieue, par les dunes; la mer n'avait accès dans le bassin que par l'ouverture actuellement barrée par la digue ; 2le hassiu du Kernic , qui serait sans doute endigué à cette beure, si l'administration n'avait craint selon nous avec raison que le port du kernic ne vint à se combler par les dunes , attendu que le mouvement de va et vient des marées qui entrent dans le bassin ne s'op|M>*eraii plus dès lors à leur formation; 1-lepeliilalsde mer de Plouuét.iir-Trei, de forme trr>-év a»ée, mais cerné sur une |artie de sa longueur par une dune. Nous reviendrons sur la formation de ce> dune» et la nature de la tern* dont elles se coalisent.
Les accidens de rivage que nous avons décrit» connue il. muant naissance à des anse* et à des crique» ne forment pa» pour cela des lais de mer. l a terrain ne doit être compris dans cette catégorie qu'autant qu'il est d'un niveau assez élevé ponr être pin» long-temps à sec que submergé ; plus ce niveau s'élève et moindres sout les chances d'insuccè» , tandis que les produits futurs en sont pins immédiats et plus assuré,, la plupart des lais de mer actuels ont été dans leur origine des anse» et des criques profondes ; mais c'est à peina si les alluvions otil |<iuv tua rOlc île quelque itnpor-
MO
ACK1CDLTCBE, MA.SOTACTERE3 , COMMERCE, ETC.
tance dans l'élévation de leur niveau ; celle-ci est due en majeure partie à une cause bien autrement active sur les côtes de la Manche ; savoir : formation, à une certaine profondeur dans la mer, de masses immenses de plusieurs espèces de coquillages de la grosseur d'une tôle d'épingle. Ce sont ces coquilles brisées par le poids de leur masse et par le mouvement de la mer , que les marées poussent au rivage, où les vents s'en emparent dans certaines situations pour en former des dunes. Tant que ce sable n'est pas assez élevé pour cesser d'être submergé périodiquement, il ne se mamelonné pas , comme cela a lien dans les dunes , mais il est tenu au contraire parfaitement plat, effet ordinaire de l'agitation des eaux. Un peu marécageux , vu son peu de pente, il y croit spontanément plusieurs plantes semi-aquatiques que la première inondation d'eau de mer dit périr. L'humus qui résulte de cette destruction s'accumule et se môle aussi à un peu d'alluvion , ce qui finit par former un fonds susceptible d'une grande richesse quand la superlicie n'en est pas écobuée à outrance par les riverains qui s'en servent pour fumer et amender leurs propres terres.
Telle est l'origine évidente de la plupart des lais de mer situés sur la côte septentrionale du Finistère ; on y rencontre cependant des terres siliceuses et des argiles froides, mais ce n'en sont que les parties les plus éloignées de la mer, et leur formation est vraisemblablement due à la dégradation d'une partie de rivage , tandis que la prédominance du carbonate calcaire dans leur majeure portion justifie suffisamment mon opinion sur leur origine , car, sauf quelques carrières de marbre rares et profondes, la Basse-Bretagne ne possède d'autre terrain calcaire que celui d'origine coqulll ière que je viens de décrire. Quand le sable coquillier est pur ou peu mélangé d'autres terres, il est d'une culture fort délicate et qui demande une expérience particulière. Les habitans de Plounéour-Trez et de Guissény sont ceux qui l'entendent le mieux. Du reste, il est moins propre que le sable siliceux des dunes de Bordeaux à la culture des pins et des autres arbres en général ; mais convenablement traité , il convient à plusieurs espèces de céréales, au trèfle , aux panais et carottes, aux pommes de terre, etc. La meilleure méthode pour tirer promptement parti de ce sol, le fixer et le préparer a entrer en assolement régulier, est de l'ensemencer en trèfle blanc rampant ( trifoUum
repens), en minette (medicago lupuïma) , on en trèfle fraise (trifoliumft-agiferum). M. Rousseau a environ cent journaux de ces diverses sortes de prairies artificielles dans des sables coquilliers purs. La présence du sel marin , après nn certain laps de temps ou un certain degré , est loin de nuire au sable calcaire ; au contraire , celui qui en est un peu imprégné est le seul susceptible de recevoir les cultures que je viens de dire. La circonstance la plus heureuse qui puisse arriver à un entrepreneur d'endiguement de lais de mer est d'avoir à sa portée et à sa disposition des tourbières ; la tourbe est en effet le plus puissant amendement des sables calcaires.
Quelque désirable qu'il soit pour la société qu'on parvienne à rendre à l'agriculture tant de terrains perdus pour elle et susceptibles d'augmenter la masse des subsistances , ce serait tendre un piège à l'intérêt particulier que de ne pas lui signaler les inconvéniens attachés à ces sortes d'opérations : 1° les travaux d'art à faire pour endiguer des bassins de la nature de ceux que noo» avons décrits sont plus difficiles et plus scabreux que ceux auxquels on a recours sur la côte de la Vendée ; 3* la composition du sol des lais de mer du Finistère n'étant pas homogène pour tous , ni pour les diverses parties du même lais de mer, on ne peut apprécier que conjecturalement le degré de fertilité dont est susceptible celui qu'on entreprend de rendre à l'agriculture, surtout s'il a été fréquemment dépouillé de sa couche ; 3» un sol placé dans de pareilles circonstances et différant par sa constitution de celui sur lequel opère l'agriculteur vulgaire du pays, il faut de toute nécessité qne l'entrepreneur du dessèchement s'astreigne à faire par lui-même , et à ses risques et périls, les opérations initiales que réclame la mise en valeur , car ce n'est guère que lorsque le terrain aura fourni ses preuves de fécondité qu'il trouvera des locataires parmi les fermiers riverains ; 4° si le fonds exige par sa nature ou les circonstances environnantes des méthodes de culture différentes de celtes en usage dans le pays, ce sera pour lui une cause de dépréciation; ô* si, pour ne pas dépendre de la population agricole du pays, l'entrepreneur entend faire valoir sa terre par luimême, en lui supposant même toutes les connaissances agricoles requises en pareil cas, qu'il sache bien qu'il ne trouvera dans la population riveraine aucun agent capable de le seconder dans les
m.nu.1 iti ri: , *v\r> acti nrs. to>iMi!u r. hc,
emplois si. liai terne* que le sysleiiif èt
d eipénence en agriculture sentira que r est la une charge d Alla*. Nous n'avons rien <lil des habitudes dévastatrice* d'écolma^r , de vainc fiilure et autres
po-.s*-v»eurs appareils .cl qu'il s 'a^il de faire cesser, un risque de toutes li>> haines de son vnisinai;c ; plus , 1rs {in'liDliDiis des nos ci des autres qui , parce qu'ils ojil lon^-U'oips joui suis tmi.Mr rl fait pvul - cire quelques ai [es p[iss<ssi»iro« , se croient réellement prupi iélaircs de quelque partie I sn?s, éerixail au sujet de relies <Ip Itordeaut les
rl n'v mêlant à ier;rVil !
•lu moins sur lesrtilrs de la Manche , far les dune* <|Ui s'étendent de ta pointe de Frointsiline Ml Saldesd Ololinc . «1 celles si fameuse de i Cordeaux
(^uoi « | !■ ' & I en soit tic la nature du va lie, différente mitant li-s localités , lis dune* <pii en sont les produis suivent partout à peu près In même marche. Mie est telle qu il n'y a pas eurme cinquante ans que M. l>réiiioi)Lier, ingénieur des pouls el chaiis-
•lu lais , cic. . ctr. . e(r. t'est tine i <- r i [ j I »J«> nier île difficulté, a fra.Kl.ir. Mais ciilir. .|iini i eM parvenu j résoi.ilre toutes ces dirliculiés, quand m> a créé un fonds d'une valeur tulrij. si-que non douteuse, a-l-o.i |iour cela ohl.-nu U» résultat qu'o« doit naturellement di-irer 1» \.m, assurément, rar fr n'e>l pa.stotqours j une valeur intrinsèque qu'on a <i miser, mais a une valeur vénale: or je ne sache pas jusqu a pré>ctil que le rljiflrc ■!■* seule des ter* raiijs dans la catégorie ni queMiuli soit jamais dans la proportion ordinaire av.r Je produit elTer-
jilus sinistres pn dit li<>ii>. D'après son calcul , la grande et opulente ville de l>op|eau\ devait, à une époque qu'il précisait , tire eri^loulie muis cent [lieds de solde. Fort heureusement le mente écrivain a (muvédans sot. jîénie les mi>\cns darrder la tm lie de ce redoutai Jelléau.el son dî^t.e successeur, M. (ioury, actuellement ma nieur en rl.ef du Finistère T a complété *c> lra>aui et perfer lionne ses no tliorii^.
S'il est d'un frand intérêt puldie de conquérir a I apiculture de* UmW et d« lais de mer qui ne
uf de la lerre; r est encore la une illusion qu'il | sont qu<" des terrains (Krdus pour elle . lit. double
ta. il perdre, du i.is dans les pays on ce genre intérêt s.tll.oïieà la [nation et a la
d op. ration est encore jw» répandu et compris.
L-> lais de mer de moi mi. nus sur la cote vjk tctilrioualc do liJiistcre sot.t ■ 1 celui de tiijis-» sét.y, endigué, 'Ji H » hectares; relui de ki'Houan, m. il endigué, 3li lifctar»^ : :t- celui de llouueour- ! tu, non endigué, 'H> hectare ; i celui de I ré- (\t*\ , ^' r<iin^ri> Iki p Lu no *oliliiiitif m m? sn^ili^xtis du niu-au de la mer, ttn. déclares en culture ; V lek.'-siiidu Keri.ic, l.cclarcs il y aeiniroii *~i |jCi'U>r cv fiinnaiit la partie sup<;rie.ire de ce la.sdr IJ.'T ciiil i uuc par M . ( .l.arli^s I el^rd \ t>* le l'alml* liras. ruVléder. non fud.^ué, W UetMrrs; 1 le la. s de iiii r de Itos. i>(| , dont la partie supérieure
a été endiguée par M, r«t.»|HT Ihmois; j et. i>;.i»irr dunes de Santec ; nul doute qu'on ne dut s emla conte lia me. Il y en a cm me nu pies de kvrni- presser de lui fajrr la ei me ex%iou de ces terrain», zoré , Juin j'ai ouWo' |e ii.mi . qu>- |e »r,)is être rn ,.J. tenant de lui loule garantie contre \e rrli»ur iU,urz-y<-u! ou J'or(-\.„/, ,( qui i^-ui a>. ,r Sil (|„ n^tl ,,», ,>„ a lieu dm redouter.
lan dunes de Satrtee, qui cm mit un rspacr d riniroii 'HW In-eurw. sont t«irdè>* j>ar un ruis- <pii rmile un pran.1 «nlume d eau et qui s*-
d,> ce, coll.ue, voWi.euM s,,,,,, i u ce ssan le. me 1 1 J< i'i *t d 'eil£ ! ou 1 1 r le> lern> eu 1 1 i* •'.<* , les maisons et lllèine le» l«oiv la-* Seules dune» de Quelque iiii|xirla.ire siluét*» dans le tinislr rt
| pense tous les ans M* M ir a leur livalum, W a^ad. i eu I.hJ s . mises en .td|udicaliou ; niais M. lin on de ker.iudcc . dont quelques portions de terrain
revend 1.(01 la proprielédr res terrai us |N>rd. 14 , rt mil op|H>sitmn a la veine. lrUcop|NKU.»«i non fonde» en druil a Mil), pour fa in' alandi»m>rr le pr»ijet d'a- Uéoatiou. \o|oiinHjui, >U
tenons dr \oir ,i quelle caiis* naturelle il diit-oit en.ployrr <rs œ*c hine^pour of fat.l allr.borr la fonoali. m du >aUk qui . ainsi 1 ripalioi»*. \*s diinfn à* IHwnhlmr/raitl , moi»» l'aton* dit, rn romblaot In »os« rt In I taïaut» rl moins louraMOtres
AGRICElTtRE, MAIHjFACTEHES , COMMERCE, ETC.
tec, seraient d'une culture plus facile; elles appartiennent aux héritiers de M. Pluchon , qui les obtint par voie de concession et qui éprouva, ainsi que ses successeurs, les plus grandes difficultés pour s'en mettre «n possession , par suite de l'irritation et de la résistance des cultivateurs riverains.
Ce que -nous avons dit des lais de mer s'applique
à plus forte raison aux dunes. Leur mise enxiitore, considérée comme spéculation privée , ne peut qu'être onéreuse à celui qui s'y livrera ; mais la société ne peut-elle donc rien pour faire cesser cette singulière antinomie d'après laquelle plus une entreprise a de grandeur et d'utilité publique, moins elle proûte à son auteur ?
ni. -
Le seul marais considérable qu'on rencontre dans le Finistère est celni du mont Saint-Michel , situé sur les communes de Braspartz , Berrien et Loquefrct, arrondissement de Chàteaulin. M. Silguy, lorsqu'il était ingénieur de l'arrondissement, a dressé le plan de ce marais, qu'il a trouvé contenir 2,000 hectares de superficie, c'est-à-dire ? de lieue carrée. Cependant M. Polerlet ne lui attribue, dans le tableau des marais du royaume annexé à son code des dessècbemens, qu'une contenance de 740 hectares ; mais il est probable que ce chiffre se rapporte uniquement à la fraction du marais réclamée par l'état , et sur laquelle le domaine a fait acte de propriété en 1812, en la mettant en vente , et sans doute M. Poterlet aura été induit dans cette grave erreur par le fait d'un malentendu de la part de ses correspondais. Le fonds de ce marais est en partie tourbeux , en partie glaiseux. La tourbe en est peu exploitée, vu l'abondance du bois dans le pays environnant. La majeure partie de celle qu'on en extrait est carbonisée sur place pour être livrée aux forgerons, qui l'emploient en guise de houille ou de charbon de
Sans contredit , il serait possible de conquérir le maraisdomont St-Michel à l'agriculture, en achetant les 740 hectares qui appartiennent à l'état et en obtenant la concession du reste, au terme de la loi du 16 septembre 1807. On sait en effet que, dans la législation française , qui remonte en matière de marais à ïédit de llenri IV, de 1Ô99, il ne saurait y avoirsur des terrains de celte nature de droit absolu de propriété ; c'est-à-dire que si le propriétaire d'un marais ne peut pas ou ne veut pas le dessécher, il est toujours dan» le cas, aux
termes de la loi précitée, et sauf indemnité, d'être évincé au profit de celui qui prend envers l'état l'obligation d'en opérer le dessèchement. Ce principe à tout jamais consacré en France satisfait à la fois à la logique et à l'équité; en effet, peut-on concevoir le droit de propriété comme étant autre chose qu'une institution fondée dans un but d'utilité générale ? Or donc, si le détenteur d'un instrument de production ne peut ou ne veut pas s'en servir, il importe à la société qu'il sorte de ses mains ; mais en même temps ce détenteur ne peut en être dépossédé que moyennant une juste et même une généreuse indemnité. Il est faciaux qu'un principe de droit aussi rationnel n'ait pas été également appliqué aux landes, bruyères et autres fonds susceptibles d'amélioration ; car on sait combien , par l'effet du morcellement des propriétés, il est difficile de réunir une étendue vaste et compacte de ces sortes de terrains, et combien l'ignorance, le caprice particulier, le désir cupide de faire payer cher une convenance, et mille autres circonstances locales, opposent d'entraves à ce qu'il se forme une grande exploitation agricole dans les landes. Au surplus, l'application du principe en question est tellement entravée de formalités administratives et neutralisée par l'inertie de la bureaucratie, qu'il est presque illusoire, même en matière de marais, à moins d'une grande influence personnelle ou de celle que possèdent les riches compagnie;) entre les mains desquelles les entreprises de dessèchement deviennent dès lors un monopole.
Toutefois, il est probable que la raison principale pour laquelle le marais du mont Saint-Michel mis en vente, du moins eu partie, en 1812, «si
«cmcriTTRC , re»lé sans acheteur, c'est que 1rs *péculalcurs de onl eu iw; d'intelligence pour romqn'il ne leur suffirait pas d'opérer le desserhcmcnt du ««il |nmr rentrer dan* leur* avance*. r| que la grande difficulté a vaincre, après avoir apuile" un vasle terrain cultivable au\ immense* espaces également cultivables et pourtant inrulle* •liint If pas* m- romp«i«e , consistait a y implanter •i n «> «terne agricole. J'ignore jusqu'à «jiiel point reui qui poursuivent aujourd'hui celle ronce**ion «onl fondés à opérer de résoudre la difficulté que je signale et qui du reste n'e«l pas |o«olutde, t«»u- (ours est-il qu'abstraction faite de quelques rir- • oictancrs agricoles particulières aux marais, tant <lan» le tem positif que dans le sens négatif, nou« retombons apre« Ir dessèchement de relui du mont Sainl-Miriicl , dans lr« terme* «le la question relative ans dcfrichemen* de bnde». II n'en «erail pa« de même d un marais qui «erail situé dan« un canton plus avancé en agriculture : par exemple , celui de I jngorel , a moitié chemin entre I jmlerneau et Lrsnevrn. contenant environ M%) hectare*, et dont la submersion e*t due a la rhau**«V du moulin de l'ont névez, serait sous ce rapport plu* Ijvorablemcnt placé. En résumé, les marais de peu .1 i lfiiiliif ne «mit rare* dan* le hm»lcie : et si l'on considère comme telles le» landes noyées pendant l'hiver ou du moins coupée» de grande* (laques d'eau , on peut même dire qu'ils tort mus commun* ; nuis il n'y a pas lieu d'espérer, si ce n . »t .1 I anle <!.-* «iecle», que ces terrains «oient conquis à la richesse publique, du moins dan* l étal actuel de* institution* et de* imrur* agri< ol« » du pays et «ans le secourt d'un uouvrau procédé industriel.
vujrrtcrnrtj , toMMrnrr
nis mni«.»ii«>vs
M l'avais à redevenir jeune et .pie jf v,.uli fonder ma fortune »ur une spéculation agricole dans le Finistère, la branche a laquelle je me livrerais serait les entreprise» d'irrigation. Uans un |... v»donl le terrain est trts-arcidcnlé rt ou les cour* d eau ««ml multiplié*, il e*l une foule de situation* qui «e prêtent a cette amélioration , dont il est |H>s«ible de calculer a l'avance le coût et le» ré- «ullal». Voici du moin* une opération p agrinde el qui ne *e complique d'aucune l»..htique r n effet, la valeur d'une prairie étant une fois bien constatée trouvera facilement «le» . .l'île» à l'exploiter et des
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ETC. V'J rier la valeur. quelles qne soient
prompt* a en tf d'ailleurs les mrxnrs et les rapacités industrielle* de la po|.ul.ilioii du pav». N lopposé il.-» d«-fi ich< meus de landes, qui ne peuvent entrer en rours régulier de culture si l'on ne débute par leur f«>urmr de» engrais tiré* du dehors, le» arrosemen* augmentent la ma**e des engrais de l'etploitation «an* en exiger d'elle aucun , si ce n"e«l l'eau ; tandis que le» prairies artillcirlles dont nous savon* cependant apprécier tout le mérite exigent de* frais de semence et de culture . et manquent quelquefois quand la saison leur a été défavorable. Les prairie» arrosées sont d'un produit assuré , «an* autres frais de main d'eruvre que le s«»in d j b cher l'eau pendant les moi* d'hiver , el l'cntMien des rigoles d'arro*emeiit et d'égonttetnent.
Je me souviens qu'au priiil«'iti|»* île 1K tl, vos a geanl a cheval sur la roule de Rresl a (Juimpcr. j'eus occasion, en couchant .m Faon, il v rem i.tin M. Pretel , jeune , h<»rl«»ger à lire*! et propriétaire d'une ferme dan* le voisinage de celte pelile ville. Il me pnqio*.i de me il. 'ranger tant »oil peu de ma route el «le I accompagner a cette ferme, .1. »i rant, disait-il, que je lui donnasse quelques avis sur les améliorations dont elle était susceptible. ( omiiif je ne sui* pas de cru» qui pensent qu'on («•lit .1 un c«mp .le baguette .danger le svslemr de culture usité dans un pav», je n'eu» garde de m Vlevcr contre quelques-une» des pratiques de ton fermier, bien qu elles appartinssent à une civili- «alioo agricole un peu en arrière de celle de la Flandre ; mais en traversant une va«le lande située sur une déclivité a**ei «emible, je rencontrai un ruisseau d un assez beau volume d'eau, puis plu* loin un autre , pui* un autre encore. Nous remontantes presque ju«qu'aut sources de ce» rui««eaux.
b bnde. th- il «e trouve par que la ferme de M Prével. qui lui rapporte 600 fr. dt 40 hectares de bnde»
converties en riches prairie»; c'est-à-dire qu'au moven d une «lépense de S a 6,000 fr. , ce propriétaire pourrait <m tupler le revenu «le *a ferme. Mai* 00 trouver rntgénteor agrinde qui se chargerait avec garantie d une |>areille enlreprise ? Telle fut l'objection de M. l'révH , tHIe sera celle .I on. foule «le pn.pririjire» dans le même cas qne lui. la pratique des irrigations n'est pourtant pa* étrangère au rimOerr ; mat* «bn* les cas le» plu» ure» elle e»l imparfaite et ueinbfttÉt^M
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des espaces très-bornés, tandis qu'elle devrait avoir l'exactitude mathématique et que , par l'emploi successif de la même eau, ou doit, quaod le terrain s'y prèle , arroser des espaces considérables. Je pense donc qu'un des plus grands services que l'administration puisse rendre à l'agriculturedudépartetnent serait de faire venir des pays renommés pour l'intelligence des arrosemens un irrigateur de profession, possédant en môme temps la pratique du terrement , c'est-à-dire du déplacement des terres par le moyen des eaux , en vue de donner au terrain une surface plane et le degré de déclivité favorable à l'opération-
Entre autres avantages résultant des irrigations, on sait que les mois les plus difficiles à passer pour le fermier qui est dans l'usage de nourrir ses chevaux et son bétail au vert pendant toute l'année, et c'est le cas le plus général dans le Finistère, ce sont mars et avril ; or, comme les hivers sont fort doux dans cette partie de la péninsule armorique , il en résulte que la végétation des prairies arrosées y est très-précoce ; les cultivateurs qui en possèdent de pareilles en coupent l'herbe souvent dès les premiers jours de février et la mêlent aux tiges d'ajonc Ç ulex europœus ) qu'ils pilent pour la nourriture de leurs chevaux et de leur bétail , pratique excellente ; il est seulement fâcheux qu'on n'ait pas encore songé à inventer une machine rustique propre à piler l'ajonc et qui dispense le cultivateur du travail fatigant que ce pilement nécessite.
Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que l'intérêt général est en droit d'attirer dans un piège l'intérêt privé ; c'est pourquoi , raisonnant toujours dans l'hypothèse de l'organisation actuelle de l'industrie , nous avons dù mettre nos
, , ETC
lecteurs en garde contre l'enjouement qui s'est attaché long-temps aux défrichemens des landes et qui semble aujourd'hui s'être porté snr les dessècbemens de marais et les endiguemens Je lais de mer. Nous ne dirons pas, comme nous l'avons quelquefois eutendu dire à deshommes de sens qui connaissaient la ebausse-trape : eh ! laissez faire ; qu'importe la ruine d'un individu ? c'est toujours de l'argent versé dans le pays. Mais s'agit-il à présent d'opérations d'arrosement , nous ne pouvons qu'y encourager les propriétaires dont ie terrain se prêle à ce genre d'amélioration, et les industriels qui, après en avoir foit une étude approfondie, voudraient faire de celte pratique leur profession et traiteraient à cet effet avec les propriétaires. Ils peuvent être assurés d'y faire de beaux béuétlces, pour peu qu'ils sachent conduire leur affaire avec activité et intelligence; el tandis que les autres opérations agricoles réclament nn période plus on moins long pour amener an résultat utile, celle-ci n'emploie ordinairement que deux ans, sauf dans le cas de terrement : les bons effets sont alors nécessairement différés de plusieurs années , attendu que ie sol de la prairie est formé de terre nouvelle non encore imprégnée du carbone qu'elle doit puiser dans l'atmosphère.
Enfin il n'est pas dit qu'on ne puisse appliquer les arrosemens qu'à la culture des prairies ; celle du lin ne s'en trouverait pas mal , mais c'est surtout à l'épeautrc qu'ils conviendraient. Or comme
dément , et dans lequel l'eau est toujours en mouvement , de pareils arrosemens opérés même en été ne pourraient avoir, eu égard à la salubrité publique, les inconvéniens des rivières du Piémont.
« Labourage et pâturage , a dit Sully , sont les » deux mamelles de l'état. » Cette célèbre sentence est non-seulement vraie en économie publique, mais elle a le mérite de résumer assez nettement la question agricole dont la solution glt en effet en grande partie dans l'équipondération des cultures céréales et de l'entretien du bétail. Cependant
comme la civilisation procède du simple au composé, il est arrivé que les deux mamelles de l'étal, qui sont aussi celles de l'exploitation rurale , au lieu de se développer également et d'arriver à produire un système harmonieux, ont été, dans les premiers âges des sociétés , et suivant les diverses contrées, l'une dédaignée et admise en quelque
M.HMCLlCRe, ■ iHCFACTIRM. rnsiMinOC, »TC
r-sw>niielkuieri1 de la: ainsi il eM l>ten reconnu a fpU> heure f|iie k caractère d'origine pastorale e*l
sorte par néressiié, hitdis <pie l'autre éïail traitée a»er mire ir*s*i»e pcédi l<vtion, »■/ i ire rrrsà. hr exe/npk, les T"î a»aienl su|>i I influence île* m*mr% cl de*, lois romaine* adaptèrent h culture tir^ilienite, on le kl>oiira£e a la prédominance, lindis que le« peuples germaniques placent en juvniieie n^iic , f ■ ^ 1 1 ^ leur ••eorioiuie aj,rw-"™> ir pâturage .-I 1rs rémlic* fourragères. , lei suivre «V prè* depuis quelque temps; lamhsqBc
\jc premier de ces tkm ».i skmes, on tant qiinn I certains canton* agricole* de France qui jotiÏMeiil
l'agriculture que ne l'esl la ri>ili%alii>n céréale, ("'est potirifimi r Angleterre. 1'Kr.osse:, la Belgique M la h laiiikc française (Mil pu portera un haut de gre rtion kur économie agricole, rtl Vllcmapne
M-li;rai' enlusifdor»e rtn- *«trnis. s'ad»ple spèViakmeat .1 mie organisjiion politique reposant sur lis grande* a^lnrnéralioiis d'ti»uuiif> , Miil milita irr* , .*oit iniluoirirN ; l';igrit tifture \ a pour oli). | rv.nili.-l ik fournir au\ l>c*nin% des armée* . • m des » il les m.iiMi^ri lirons, une grande
tir uenriVs :i 1 1 lllr ri 1 .1 1 l"t*«i MIM rpUHies lie >alii>l) et dr transport, e| rc a\er b plu* grande t'rormtnic dr lirai et de consommation *Tir place que fiirr se peut, le <eroi»d caractère ik rii ili<.iliori .^r.<<deap|«iriifiiiàoi>c sncii'té inoins prém-c npéc d>' la puissance eollerliie que du bonheur itidititlnef; ksol \ tslriploilé moins eiM lie rirtrirhcsv's échan^-aMe* ijuf de la eotiMtmi»ati<m iimm-dialc •lu producteur. Celte dernière forme «Je wci.*lé es) a la i île d« potmue d'un grand priuri|»ed'[iriité; fil»' ne possède que de fa i Ides rno>riis d 'action e\- | léi icure ; la riiihsalion n'y |>en| taire que îles progi lents ; mais d on juin- roté elle «m cvi-mple d,-* , cuisantes douleur* prit ors ri .les fréquentes rom- i mohoiLs pnlihqiirsqiii iliSnknl la premirir. J Liulr- I luis, qu'on ut' suppose pas <(Ue nou > ^f»oti> ici pro-
d'iili^ liawle ré^iulaliOD^ la
de temps
erremeiïs romains . fi«nl do effiiru infrurlaein |» «.'mi .iffranrhir . el erpehdant ni k «avoir , ni kieapitaut. ni l'espril d>Dtrepri.«r de ce* pa> < pour } t<*a\ee raison IVilenOon qu'il» nnt dunmV j knr^prairirsarlinrklks.rl a la q u rl k le* grands |»étiétirrs produits leiiiporaireilietil par la *prfciiblion de* uiérino> n om pas peu roiilnime; Ji»is retle re\syurce œ saurait iirr de longue du ré* t» iU persislei.l <\n& l'aLsokmepI tnruual ; en lui» cas elk nr saiiratl étpnulmr 9 une l«*e frajiehrinenl pastorale, connue i>n la irouve Iwik lai le dan» les
uisiere.
MiliiiK-tioiis de iliir qu'un km pnm tj/e |>eu1 rer»»oir un autais-- application , e| c'e^ en eû>| rr
lelllrnl défit lue 11 ses el lr*nsiloi<vs. Kll ellél , si le m ur M" serre iliMiK'iiri'iisenv ni u la »ue d une pol'idsn e lirot.ik detnaiiiianl a ^ramls rri« du (tain
|ui i)iif l<pie f»rrft'i tn'imcmait de i industrie et s< p-taiil d.uis IViiieuie, d un autre rôle Taure est
kd m«ïde r l'une à I autre phiMeur* repolies réréales sans Je> coiubiner a^e<- lçs* ultufe> aniclioraulrs. lorvju à l'evpiralion <k mi» pe'Knk 0>
en l'<iu palura^e, el de* l«r> >e rouvre de piaule» de pt u dr * jlrur. Nuis k 1 lililatde la lUs^-lif rUt^lK k Mil s eiiherbe. il ist »rai, spoitlane meut ; mais re svrail un pn.j;r,-> fa* ik J opérer. wirUnH po ,i\ ai i| s«mi ik ne pa> épuisi-r l'bunius. que de semer dans (a dernière r ét oile de trrvak , *ni niit-ux eu
saisie de défont quatiiloii considère un fwuple lor- ' cure de s^rrj»m , du trèfle Idaue niiiqsatil auquel
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• I auoWil lexisUin-r .kl 'hum me; < rs| i|U. rien ije <e i\u\ est Miiiple u"e>t dijjiic de uol/e svuipalhie:
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{tui n'a riilervdu milk foi* M |urle«r» dagrieitflttrv fn'rnrrr*or Ip* iRmB»eoiemdelaiaeriere. et
1% AGRICULTURE , MAHCFACI
de termes que de donner ce nom à la conversion du sol arable en pâture. La jachère proprement dite et telle qu'elle s'exécute en Beauce, en Brie et dans les autres cantons d'usernent romain , consiste dans trois ou quatre labours à la charrue qu'on donne au sol, en l'exemptant de récolte pendant la dernière année de l'assolement triennal, ou de tout autre. Il est évident que celte pratique a pour objet d'aérer, ou, pour parler plus exactement, de carboner le sol, de l'ameublir et de le nettoyer; or elle atteint son but , quoique les susdits savans n'aient pas craint d'affirmer le contraire; en effet, elle équivaut à une demi application de fumier. Je n'ignore pas qu'on peut la supprimer avec avantage, mais je sais aussi que cette amélioration ne peut être entreprise avec succès qu'au moyen d'un capital d'exploitation supérieur à celui de l'ancien système.
Et ce que je dis ici de cette amélioration , je le dis égalementdetouteautre. En effet, aucun progrès n'est possible en économie rurale sans une augmentation du capital consacré à la culture; c'est un principe dont les censeurs agronomiques font trop souvent abstraction, et je voudrais qu'on s'en souvint en ce qui concerne l'agriculture bretonne ; au surplus, c'est une observation que je me propose de développer en son lieu.
Nous venons de dire, et tout observateur judicieux en demeurera convaincu , que la civilisation agricole du Finistère se rattache à la catégorie des mœurs germaines; chacun sait en outre quela Basse- Bretagne est à peu près sans exception livrée à la petite culture rurale; mais ceci est un fait qui pourrait être accidentel et indépendant des mœurs de la population ; ce qu'il s'agit de découvrir , c'est si le caractère du cultivateur le porte à étendre ses moyens d'action ou à les concentrer ; s'il est porté à celte avidité de superficie qui à un certain degré produit l'insuffisance relative du capital d'exploitation, ou si, s'inquiétant peu de l'espace qu'une excessive concentration de ses forces laisse improductive, son ambition tend à donner, au moyen d'une culture profonde et soignée , à un terrain exigu , toute la valeur intrinsèque dont il est susceptible. Or j'affirme, après douze ans d'observation soutenue , que le bas-breton est par caractère exclusivement voué à la petite culture; il n'est pas possédé de cet esprit d'entreprise qui dans d'autres pays dépasse souvent les moyens d'exécution; au contraire, circonspect à l'excès, il ose rarement tout ce qu il :