‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 138 sur 159 · RES, COMMERCE , ETC · texte numérisé non relu

RES, COMMERCE , ETC

peut. Quiconque a lu les ouvrages d'Arthur Young doit se rappeler avec quelle aigreur il reprochait aux cultivateurs de son pays d'aimer à se charger d'une trop vaste exploitation rurale relativement à leur capital, reproche que M. Mathieu de Dombasle a reproduit dans ses dialogues de Benoit , et qu'il pouvait à juste titre faire entendre aux spéculateur! agricoles d'une grande partie de la France; mats certes ce fut chose peu raisonnable que de reuvoyer de la troisième main ce reproche banal au paysan du Finistère, comme l'a fait le journal VJmi du Cultivateur. Loin qu'on doive l'engager à se restreindre dans ses entreprises , il est de fait au contraire qu'il y aurait tout avantage à inculquer au cultivateur breton un peu d'esprit d'entreprise, car c'est précisément ce qui lui manque, et bien des causes extérieures qui viennent s'ajouter à celle-ci tendent à réduire l'exploitation bretonne à une exiguïté telle que ce n'est qu'au prix des plus affreuses privations que le fermier arrive à produire des valeurs vénales, et à acquitter ses charges. Je dirais, pour me servir d'une expression attribuée à Napoléon, que si les cultivateurs anglais et beaucerons ont plus de hauteur que de base, le breton a plus de base que de liauleur.

Il résulte de cette différence caractéristique, qu'en Beau ce on ne trouve pas à la vérité un pouce de terrain inculte; mais le sol n'y est cultivé qu'à la profondeur atteinte par la charrue, c'est-à-dire à huit ou dix pouces au plus; or on sait que la puissance productive du sol est en raison directe de sa profondeur. En «retape, au contraire, la terre est labourée à la bêche périodiquement, et dans le Léon elle est fréquemment défoncée simultanément à la charrue et à la bêche; c'est-à-dire que les bêcheurs se placent dans la raie de la charme et l'approfondissent d'environ quatorze ou quinze pouces , ce qui donne au sillon pour somme totale : dix-huit ou vingt pouces. Il resterait donc à décider quel système est à préférer : de celui de Beauce qui ne présente aucune lacune d'inculture et qui obtient en froment un rendement de sept à huit fois la semence seulement, ou de celui du Finistère qui laisse le tiers du territoire sous lande, mais qui obtient des terres cultivées quinze ou vingt fois, et même sur le littoral jusqu'à trente fois la semence en froment. Après cela demandons quelle est l'amélioration territoriale la plus facile à produire : sera-ce l'approfondissement du sol de Beauce , ou l'extension superficielle des cultures de Bretagne?

tGRICl 11UAE , Mi^lUCTCRM , COVIMCRCE , tir.

la réponse ne sera pas dout<-ase. Il est certain pour tout économiste qoe le labourage à la charrue , a l'exclusion absolue de U bêche, en puissance productive du sol à une a été un malheur pour l'humanité.

jV <»is porté à rroirr à )a virile que, vu certaine* rim.nsiati^s poliltqiies. la France trouve pins • r.iMPil.^ei actuel* à la eullnre superficielle, avec •Vrinomie de main dVruire, qu'à la peliic culture piiitomlc exigeant une n"inl>retisc population rnral<>;M3i« Irsamixérlnirésdu proffrés sori al verront

f Vvi^uilé ilr t exploitation s^ricole n'esl dnrif seulement le résultat fie* rirroiista lires politiques partinilieres à la Hrelapie . elle est enra- - , „,V dam sc*i.i<.H.r* et Ourmonise axiez bien ater li' rarjrtcre pastoral que nous lui avons reconnu ']>' totil cela réuni , li-v hommes n le sol reçoivent ta il «*■ ph> sioftomir d'.i^e patriarrtial a laquelle la (lopulal ioti frivole lient par nalu'lude et par instinct • hi aurait -rite a ^agiter, enefH . [\ une révolution «uriale <|ui anrail pmir effet de supprimer la pelitr r u 1 1 urr en usage dans le navs, et de la retnplarcr parla giandc? IlicnM .1 suffira* «lu» ulrl de < tiarrue et de trou rues au v pour cultiver cinquante (ht lare* déterre; la population s éloignerait dis r;iiiipj^ii«it pour aller grossir 1rs ateliers di*s fabrique», selon k- v«TU .le M. Charles Dupin, auquel je ne me piins pas, et, roitiiuc en Beauce aussi , la ré<olte ne pourrait se faire qu'au moyen des mi- ^r«j lions in [Hirjif t*4 (J (n pj\ 4 ilp petite cw\ t iitt» I jm ricoles seraient vraisemblablement

et le produit net du sol plus élevé, et « est totu re ijii cii^r l'économie politique; niai* I économie sociale, qui compte pourqiu'lque rhi.se

i calculs. l>'a.l-

, j ai dil que le breton était antipathique, sinon au propres démontré, du moins aux rémliitHHis provoquées par des théories, et nous u aurions |»as j dierrlierlon^-kmpsdaus le* faits rontcui [*»rains lui se raltar lient a noire sujet , pour juM Hier sa déliameacel égard. Par exemple, eiaminou* une

à la Ternir modèle de i avec élonnr mai I

I douteuses, en vue de combiner les iijovens d'artious de la petile culture avec ceui 'le la grande, ont rvlabii de fait lesenagr delà

accolé des chaumière» destinées a être louées à des ouvriers. Passe encore pour or moyen et une foule d'autres de dépendance indirecte dont il est dans I esprit de la civilisation actuelle d 'enlacer le pauvre tout en lui vantant sa liberté ; mais le Journalier agricole ainsi circonvenu n'a pas paru aux fondateurs de Grand-douao assez vassal de l'établissement principal , il faut de plus qu'il s'engage à ne jeûnais travailler ailleurs sans permission. Or, quand des personnes animées de senti mens vraiment libéraux se fourvoient de 1a sorte en écuuomie sociale, qu'aurait -on a attendre, |e le demande, de ces riches compagnies de spéculateurs qui n'ont en vue que de faire argent des sueurs du malheureux, si la civilisation agricole de l'avenir leur était livrée? Déjà dans les pays de grande culture , depuis l'introduction de la comptabilité agricole , les relations quasi familières qui «listaient naguère entre le chef d exploitation et le serviteur sont en partie rompues; on sait ce que vaut sur le marché le moindre morceau de pain , la moindre tasse de lait que ce dernier prélevé sur les bénéfices du maître , cl désormais ou saura le mettre dans le cas de réduire sa consommation personnelle à son minimum possible, en Icnvoyaul vivre chei lui.

En résumé, voici deux séries de termes qni me semblent assex propres a donner une idée des carrières respectifs des deux parties du territoire français que nous avons mises en regard l'une de l'autre, savoir : le Finistère d'une pari, et les cantons agricoles dont la tteaure est le type d'autre

Mcrur, «ff,™l„ iott,mn.

C*r«c<rr« rotirj.t(n<m.

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Pvlitr Inm.

A ce que nous avons dit il faut ajouter comme caractère dislinctif du cullitatenr hrrti>n son manque de propreté; ces! la un drs reprtirbes l.-s plus graves quel on puisse lui faire, une des premières amélior.itu>n« à introduire dans n<* mains agricoles. iNoo-srnlement le paysan de I' \rmorique dépense ainsi nue partir de sa > ilalilé pour faire équilibre aux lésions qui sont la suite de sa malpropreté, mais tl s'appauvrit en diminuant la laleur*^ nale de la plupart de ses produits, principalement de la laiterie. Il r a d ailleurs dans reue

Iftft ACRICrtTCRE

de propreté quelque chose de pins important qo'un axiome d'économie publique; il y a tout an principe de civilisation. La saleté détruit l'esprit d'ordre, dégrade l'homme, le prive de la plupart de ses avantages; arec elle il n'y a pins ni attrait du travail , ni dignité personnelle , ni sentiment d'émulation, ni beauté, ni santé.

Cependant comme il n'y a guère de grand mal sans une légère compensation, le paysan du Finistère, qui vit dans la privation de presque toutes les douceurs de la vie civilisée, a cela de bon qu'il supporte tous les inconvéniens de sa position avec une admirable résignation. Ainsi, par exemple, le bas-breton est le peuple le plus insoucieux de l'avenir qui soit au monde, tandis que le flamand vit dévoré de souci ; c'est une observation que M. Cordier constate dans son excellent traité de la culture flamande.

icore, c'est celui du i avec le caraetère de l'anglais sous le rapport de ce quece dernier nommerait si expressivement : the corn forts of tife. Qu'une cheminée fume, qu'une porte crie sur ses gonds, qu'une ! ait déposé par inadvertance le linge sale

M A M' F ACTf RE8 COMMERCE , ETC.

de son entant à coté dn déjeûner, qu'une poule effarouchée s'abatte sur la table ou souille les mets , le breton reste impassible à toutes ces tribulations qui lui semblent attachées inévitablement à la condition humaine; eu un mot c'est l'être le moins nerveux qui se puisse concevoir ; tandis que le plus léger vent coulis qui le menace d un rhume , le moindre froissement qui l'importune , le plus petit dérangement dans ses meubles , which gives him some trouble , met un anglais hors de lui ; tfrfs is not a com/ortaùle tife, dit-il avec humeur, et quelque léger que soit le motif qui ait dicté cette sentence , personue en Angleterre ne s'avise d'en rire. En deux mots , le matériel de la civilisation est incontestablement mieux ordonné chez l'anglais que chez le bas-breton, mais celui-ci, pour me servir d'une expression vulgaire, a bien meilleur caractère.

Ce good temper qui distingue le paysan du Finistère le suit, malgré sa lésinerie , dans des relations d'intérêt essentielles et importantes. Par exemple , il n'est pas rare de voir une ferme exploitée en consortise par plusieurs familles inégales en nombre , en apport social et en capacités personuelles, par conséquent devant concourir à la production et à la consommation dans des pro-

portions très-diverses; néanmoins ces associations informes subsistent la plupart du temps paisiblement , qooiqne en l'absence de tout moyen rationnel, ni même quasi exact de répartition des fruits sociaux. M. Rousseau possède près de Plouescat une ferme de 1,200 francs de rente, exploitée par quatre familles associées : l'une d'elles, consistant en trois individus, est intéressée pour moitié dans l'établissement; une autre, composée de dix personnes, dont six en bas âge, prélève un quart; enfin ic dernier quart est partagé par moitié entre deux familles, l'une de quatre personnes éminemment utiles, et l'autre d'une veuve avec quatre petits eufans; du reste, tout et» personuel ne forme qu'un seul ménage et vit dans la concorde et \.\ paix. Quel élément d'association agricole que des mœurs pareilles ! Cependant ne perdons pas de vue que c'est au sentiment chrétien qu'il convient d'en rapporter le mérite , ce qui toutefois de notre part ne saurait signilicr qu'une bonne règle de répartition des fruits ne tiendrait pas puissamment eu aide au principe religieux lui-même.

Du reste, la bonhomie native du .

se manifeste.

rwj.

agricole , par des actes spontanés d'association partielle et temporaire ; l'extrême isolement que produit le système de petite culture a dû nécessairement forcer les cultivateurs de recourir dans l'occasion à ces palliatifs. C'est ainsi que , dans le Jura, s'est formée, pour la fabrication du fromage de Gruyère, l'institution des fruitières , qui consiste dans l'association des petits propriétaires de vaches laitières , à l'effet de faire manutentionner leurs produits respectifs dans une seule usine et d'en répartir la valeur entre eux, le tout d'à près une règle mathématiquement exacte. Cette exactitude de calcul n'est pas le fait des mœurs bretonnes; quoiqu'il en soit , on y supplée ici tant bien que mal par des formes amiables et cordiales. Ainsi il est d'usage entre voisins de se porter secours alternativement pourbatlrc la récolte, opération qui, dans le Finistère, a toujours lieu sur une airedécouverlc et immédiatement après la moisson. On conçoit combien il importe qu'une pareille besogne sort expédiée le plus rapidement possible, et à combien d'acridens atmosphériques elle serait exposée si chaque famille battait son grain isolément. Ceux qui se rendent à cet effet chez un voisin ont grand soin de ne se présenter que vêtus de leurs habits les plos | propi cs , ou tout au moins en

SCRU.ILTIRK, MtMIV

btaMMax, ht repas qui les attend, et dont par extraordinaire le pain dr froment forme la bâte, a toujours un certain air de régal qui prouve aux .iMic.'.his voisins lira* quoii fut <ln service qu'ils viennent rendre. Il est vrai de dire pourtant que ceci a lieu a charge de retour, du moins implicitement, et que (obligé d'aujourd'hui sera I officieux ilr ilnnain, sinon il manquerait aux usages du pays. Il est encore vrai que relie manière de se secourir réciproquement et par forme de politesse est lots de produire la même somme de travail que si le tervice était explicitement du et rigoureusement exigible de part et d'autre; mais l 'ai sans doute du laire comprendre «1rs long-temps que celte manière exacte d'établir les rapports sociaux n'entre point du tout dans le caractère breton. Fort bcitrcuscmeM rien ici ne n'oblige à dire le choix queje ferait, s'il me fallait opter pour le pays entre l'exactitude mathématique et les procèdes amiables, d'autant que je conçois un ordre de rapports où l'une et l'autre qualités peuvent un jour à tenir se trouver unie». Sans contredit ers mœurs empreintes de religioseté seront difficiles à comprendre pour les cantons où l'on a la prétention de régler tout rationnellement; on s'exagérera les mécomptes qui doivent en résa lier, et l'on ignorera tout ce qui vient y faire rompensation. Je citerai à cette occasion un trait dont i'ai moi-même été témoin : un de mes voisins avait un grief sérieux contre un autre cultivateur, et ils étaient généralement regardé» dans la paroisse comme deux ennemis irréconciliables; le second était en train de battre son froment , assisté de ses amis, ainsi que je l'ai décrit, lorsque le temps changeant tout a-coup vint a menacer l'airée d'une forte ondée; en pareille occasion ceux mêmes qui ne sontpasvenus offrir leurs services pour la journée entière accourent armés de leurs fléaux , afin de sauver le grain du voisin; toutefois je ne pensais pas qu'un homme aigri par des griefs réels ou supposés fut dans le ras d'en agir de la sorte envers son ennemi : j'étais dans l'erreur, le fait rut lieu sous mes yeux. A notre première rencontre, je fis a mon voisin compliment de sa conduite généreuse; mais lui, tout étonné d'un pareil éloge :

— Est-ce que je mériterais le nom de chrétien , me dit-il, si j'avais pu agir autrement.'

Viennent après cela les philosophiques comwmpteur» du caractère d'un peuple ou de pareils traits ne sont pas rares , et qu ils nous disent si leur rationalisme est capable d eu produire autant

TLJ1U, COMMIJICE, ETC. 1»J

Plusieurs opérations de |j culture , outre le battage , s'expédient entre voisins d'après le même principe de reajvwciM mm stipulée; ce sont : le défouçage du terram a la ebarrueet a la bêche «Uns la sole des racines, I arrachement et le broiement du liu, etc.

Je viens de peindre sous son aspect le plus favorable r absence d'exactitude mathématique qui caractérise les mœurs de l'agriculture du f in. stère ; il me reste une lâche plus pénible à remplir, c'est d'exposer les Mauvais effets de cette disposition d'esprit, car c'est à elle sans doute qu'il convient d'attribuer la difficulté que l'on éprouve à faire comprendre .1 un paysan bas-br.l n quoi consiste un engagement destiné .1 lier r. . iproqu.m. m les parties contrariantes. Hieu en effet n'est plus 1 oui ni un dans ce pays que de voir les gens réclamer le bénéfice d'un contrael dont ils se soal riiipr— ni de supporter les charges ; c'est à cet égard un peuple eiifanl, presque au même degré que le sauvage qui échange son arc pour un miroir et qui , lorsque le miroir .-m . |N%, ,„, ,„. | amuse pins, s envient rede mander l'objet dont il s'est défait tout -à-l heure. Ceat particulièrement dans les rapports de doMeatiques à maîtres que ce trait d'enfance sociale a pour l'économie rurale de lâcheuses conséquences. Dans les pays de grande culture il existe des lemes fixes auquels les sers iteurs agricoles s'eagagfM , soit pour l'année, soit pour une portion d année seulement ; c'est une sorte de déshonneur pour eux de quitter ou de perdre leur place avant l'expiration de leur engagement; et si, par événement, quelque nécessité urgente les oblige à s absenter de leur poste, ils ne se croient point en droit de le taire MM en avoir prévenu le maître et s'être pou vu d un remplacement temporaire. Or rien de semblable , m même d approchant n'a lieu dans le Finistère;

le, nesliques de ferme, au lieu d ofîru fran-

cjKmenlleurasenricesàcduiquipeut les employ er, attendent avec une fierté déplacée qu'on ail tait à leur égard la démarche de les rechercher, souvent même, ce qui serait une grossière inconvetiance en Reauce,on les embauche dans la maison ou ils sont placés; il n'y a aucun terme flxe pour entrer ea place, aucun pour en sortir; bien plus lorsqu'un caprice, un grief réel ou supposé, ou tout autre motif, Uni léger soit-il, a mis un valet de ferme ou une senaule dans le cas de quitter leur place , Us k font sans aucun avis préalable, vins rempli aucune formalité, et il arrive même fort souvent

àgricciture , MAXuTAnrnES , commerce; etc.

que le maître apprend le départ du domestique en voyant l'ouvrage chômer. Il n'y a non plus nul moyen d'obtenir d'un valet de ferme qu'il s'abstienne d'aller à tous les repas de noces auxquels il sera invité, à tous les enterremens de personnes avec lesquelles il aura eu la moindre relation , à tous les pardons et foires du voisinage, etc. , etc., et cela sans qu'on soit en droit de défalquer sur ses gages la valeur du temps qu'il dérobe ainsi à son devoir nettement stipulé. On conçoit qu'une pareille la-

cune dans la civilisation agricole d'un pays est un obstacle sérieux à ce qu'il s'y forme des établivsemens d'une certaine importance.

Il serait superflu de charger de détails minutieux ce tableau des mœurs du Finistère en ce qui a rapport à l'agriculture; ce que nous avons dit doit suflirc pour en donner une idée générale; le lecteur pénétrant saura d'ailleurs recueillir dans le cours de l'ouvrage les divers traits caractéristiques qui n'auront pu trouver place ici.

Il semble vraiment, à entendre certaines gens , que la principale , j'ai presque dit l'unique cause à laquelle on doive reprocher l'état arriéré de l'industrie agricole en France , est ^ignorance et t esprit de routine du paysan. C'est surtout à l'occasion de notre Basse-Bretagne qu'il faut entendre leurs clameurs ; les termes leur manquent alors pour qualifier le sot entêtement du cultivateur dans ses vieilles et défectueuses pratiques et sa déplorable résistance aux méthodes perfectionnées qui lui sont conseillées par hscience! La mouche du coche ne se donnait pas plusdepeineetdemouvemens que ne font ces mentors agronomiques dont la ritournelle obligée consiste à expliquer gravement le fâcheux étal de choses dont ils se plaignent par l'influence que le curé exerce sur les gens de la campagne; en effet, chacun sait que le curé a le plus grand intérêt à ce que les terres de la paroisse soit mal cultivées. Du reste , il est superflu d'ajouter que nous n'attribuons pas cette critique vulgaire et surannée au petit nombre devrais agronomes dont le pays s honore, nous entendons seulement , et une fois pour toutes , en finir avec cette fausse et verbeuse science qui n'est pas encore démonétisée et contre laquelle la défiance de l'agriculteur pratique n'est que trop fondée.

Il reste au contraire bien démontré aux yeux de tout homme tant soit peu initié à la science agricole, qu'il ne suffit pas d'avoir la connaissance d'une méthode perfectionnée pour être à même d'en

faire l'application ; car le savoir dont apprécions aussi bien que qui que ce soit la haute importance, n'est poortant d'aucune application possible en l'absence du capital nécessaire pour le mettre en œuvre. Or il est de fait que plus le système de culture est transcendant, plus il exige l'emploi d'une mise de fonds considérable; la même proposition sous forme inverse a donné lieu à cet adage d'une désolante vérité : pauvre cultivateur, pauvre culture. En effet , le progrès en économie agricole consiste :

1° A obtenir sur une étendue réduite de terrain la même somme de produits qui naguère en occupait une grande relativement ;

2" A effectuer dans une moindre période de temps que par le passé, le mouvement alternatif de production des récoltes et de restauration du sol.

Nous aurions pu même nous renfermer dans celle autre locution plus concise :

L'art agricole consiste à mettre à profit t espace et le temps.

Or on met l'espace à plus grand profit en remuant le sol plus profondément, en y incorporant une plus grande dose de sucs nutritifs, en ne permettant pas que les plantes adventices en prennent possession au détriment des plantes cultivées. Faut-il dire à présent comment on utilise le temps? C'est en substituant, suivant le cas, aux jachères nues des récoltes améliorantes , soit par elles-mêmes, soit par les façons qu'elles exigent, ou aux pâturages

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Oii ni* ^njr.-iit Itop If rniri" rnlfinîro, ce*. Irni<. l'I.'mn^ ^ivii'r.>lriii\ tir Miiit «fllr.irf*». qu'.i|>(0r.H-iint i iiM'inl.t,' cl non m''|»;i, . nu-fil. I Vp^rulatil If pni». ip^ ttiiHaur, . V.i-.*- ,|ir,' l iin.'i i l .1.- l in.lll-.- I r i • ■ 1 1 x «I mi finit « nlnui ■« . r;ip,iMi% ;i lui , siii«ki ilr xuppl.cr, itu rtmiiis il»- r.iin1 surgir 1rs .t. u\ .mu i n. i;ii:.|is ({in- l'inw rv. ii ,i p.T.tii ii : r'iM-.ï- • fiii-. pnfir ii.ufs. xprirnrr.'ii tiTiii»".iin)in».ili-lrait«., 'PI'- 1,1 « -M lr i Tllln .lli'IJ r <^t n|uit:i1<lf lll.'lll int^:r^'s^<t .ni pKiilinl il.' nillui.'. l'ii.vlnn lion m- lui fait p.is |i>ii^-iriii]is fnili'. il <|tji" le-. rapiMiiv , »'iK tw porn-ni f,.es ».-f. lui «In i!Hior>. «..• t..rm.nt , t » :i<viiMitj|i'ut iulrr «r» in.iiii- m»c< I \ii.l.- «fu li'inp».; I.irnli* ■ 1 1 1 il I---I rl.itr i]ii< li'>r.ipi|.iiiv t)i' >r jiiirlrroiit poml , i-t » .i< < uiihjIi mut fit. .m' inoin> |j ou Tour

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ACRICCLTURE, MANUFACTURAS, COMMERCE, ETC.

produit brut de la culture, et le cultivateur la fraction restante. Il est clair ici que le uiatlre ayant toujours droit à une même fraction du produit brut de l'exploitation, quels que soient d'ailleurs les sacrifices faits par le métayer pour en améliorer la culture, ce dernier se trouve relativement au premier dans une position d'autant plus favorable qu'il se livre à moins d'avances à tin d'amélioration. Il doit résulter de celte divergence d'intérêts, et il en résulte en effet , dans les belles provinces où le bail à cheptel est en vigueur , Maine , Anjou , Sologne, Berri, Nivernais, Bourbonnais, etc., que l'industrie agricole ne sort pas de ses premiers et grossiers rudimens; ajoutez à cela que les relations entre propriétaire et métayer produisant l'exigence soupçonneuse de l'un et les manœuvres cauteleuses de l'autre, sout bien les plus maussades qui se puissent imaginer. Il est tels de ces cantons agricoles où le mobilier d'exploitation est fourni par le propriétaire, tant est abjecte la condition du cultivateur. J'ai vu , particulièrement en Sologne, les métayers se présenter, pour entrer en ferme, avec leur bâton à la main, sans plus! Pitié! H est à remarquer, à l'avantage du Finistère , que le bail à moitié fruit n'y a point généralement cours; on ne le rencontre que par ci par là chez quelques petits propriétaires cam|»agnards exploitant la détresse du pauvre. Nous n'aurons pas à nous en occuper davantage.

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