‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 141 sur 159 · RES, COMMERCE, ETC · texte numérisé non relu

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agricoles qui le régissent; le savoir loi bit bote, à la vérité, mais encore une fois l'on est en général trop préoccupé de celte circonstance et l'on ne tient pas assez compte des deux autres.

On accorde en général aux flamands d'avoir découvert et mis en pratique la loi de l'alternat sur laquelle sont fondés les assolemens en usage dans la culture perfectionnée; le breton de l'Armorique serait en droit de réclamer pour lui l'honneur d'au principe analogue, savoir : la production simultanée de plusieurs récoltes dans le même champ ; ce principe est à la vérité connu des théoriciens t mais dans aucun canton agricole , du moins que je sache, il n'a été mis en pratique aussi largement que dans le Léon. C'est ainsi , par exemple, que le même champ est ensemencé en panais avec des touffes de féverolles en lignes très-espacées, alternant avec des choux cavaliers. Depuis peu les cultivateurs de Trèfles et de Goulven ont adopté l'usage de mêler une poignée de carottes natives dans leur graine de panais; l'extraction de ces carottes peut avoir lieu lors du second sarclage des panais, et laisser l'espace libre à ces dernières racines. On pourrait leur donner on autre exemple bon et facile à suivre; ce serait d'ajouter encore à ce mélange une pincée de graines de grosse laitue pour la nourriture de leurs cochons. Il est inutile de dire que les récoltes qu'on obtient parce procédé étant plus volumineuses que lorsqu'on ne cultive qu'une sorte de plante, la terre en est d'autant plus effritée; mais le but de l'agriculture est précisément de retirer beaucoup du sol et de lui rendre en proportion; en d'autres termes, d'établir le mouvement le plus rapide de production et de restauration. En Flandre, on attend, pour la plantation des choux cavaliers, que le grain soit récolté; en Bretagne, au contraire, on plante les choux dans le grain même; à la vérité , ils ne font qu'y végéter jusqu'à la récolle , mais quand le grain est eulevé du champ , on leur donne un binage à la charrue ; alors leur croissance est aussi rapide que vigoureuse , et l'on peut déjà en cueillir les feuilles au milieu de l'été.

Grâce à sa judicieuse culture et à la douceur de son climat , le fermier du Léon nourrit ses chevaux et son bétail au vert pendant toute l'année. Voici particulièrement le régime alimentaire des chevaux: dès que le trèfle est bon à couper, c'est-à-dire bien avant qu'il soit en fleur, du moins pour la première coupe, on lésait consommerai vert; chaque malin

l'on coup* la provision de la journée et l'on s'ar- I range pour qu'il soit donné a tu animant dans tonte m fraîcheur et sans être érhaufé. Il n'en résulte ni dévniement, ni atonie, ni incommodité d'aucune sorte, le trèfle qtii est a la seconde année il»» s» carrière bisannuelle donne, suivant l'année, *a troisième ou «a quatrième coupe vers la mi-septembre; alors on a recours au trèfle d'élouhle, r>s|-a-dirr à relui de l'année même qui , après l'euleieiueiit du grain , rrolt rapidement. J'ai vu parfois relie ressource durer jusqu'à Noël ; « n Ion» cas, elle doit atteindre le* premier» jour* de décembre. A partir de re moment les chevaux M>nl nourrie de panai» qu'on lire également au fur e( a mesure «lu besoin ; relalimcnlccssedélrcsainpourlavuc des chevaux du moment ou la raciue pou w de nouvelle» feuilles, i est-à-dire ver» la mi-mars , ou au rumiuenreiuenl d'avril. Crst alors qu'on nourrit le* chevaux avec > de* punes lige» d'ajonc bro\ é , auxquelles on m^le . I <piand on le peul , de l'herbe des prairie* am»*m I qui , dan» les bons fonds , r*l souvent a*sei haute pour èlre coupée dès la mi-février. Ainsi se trouve résolu par k cultivateur breton , objet de tant de dédains , le grand problème qui a fort occupé nos savans agronomes et auqurl ils paraissent avoir perdu leur lalin , savoir : de nourrir au vert et d'un aliment sain, le bétail et le» chevaux pendant toute l'aunée ; c'est à l'ajonc qu'on doit de remplir I intervalle scabreux de la mi-mars a la (lu d'avril. le même régime que nous avons décrit pour les cbevaut a aussi lieu pour les bêles a corne» , sauf qu on donne aux vaches le* rai nies et 1rs herbes de valeur iuléi icure ; le trèfle et les panai» ne leur reviennent que si l'on en a en surabondance pour les chevaux; mais il es! pour celles-ci d autres rrv sources, tels que choux cavaliers , turncps , poiuom de terre, pâturage , elr.

Le Uirneps ou navel se semé sur les étoubles et sans une suffisante préparation ; cependant qnaud U est favorisé par ta saison , il donne une récolte dérobée qui o est pas sans importance. Plusieurs cultivateurs instruits, notamment M. Kelix , ont introduil dans leurs environs la culture de la betterave : il est a désirer qu'elle s'étende au moins comme plante fourragère. I n jour viendra peutêtre on les essais d 'établissement pour en extraire h sucre seront couronnes de plus de sucres i|ue par le passe. La culture du col/a comme plante obifere prend également une certaine extension dans le département , par les soins et l'exemple des

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mêmes agronomes. C'est surtout dan* les cantons maritimes , où le cultivateur est a même d'ajouter des engrais du dehors à rein produits par l'exploitation , que le cultivateur est bien placé pour se livrer il la culture des graines oléagineuse» qui prennent au sol beaucoup de surs nutritifs et ne lui en rendent aucun.

la seule plante employée généralement pour former des prairies artificielles csl le trèfle de Hollande; je doute qu'on trouve un sol cl un climat qui lui soient mieux appropriés que le sol et le climat de l Armorique , aussi y est-il lrès-ré|iandti. Il est plus rare dans la (lornouaille; mais vu le srsteme suivi dans ce dernier caillou, ou la cultuce arable alterne avec le pâturage, et la facilité avec laquelle son sol se couvre spontanément d excellentes graminées, on v sent moins l'importance de» prairies artificielle* de trèfle. Im trouve de la luzerne a Cite de llatz et dans quelques autres terrains riverains de la mer, ou le Mil se compose 011 |wrlie de carbonate de chaux d'origine coquilliere.

Ij jachère est inconnue dans l'srmorique. aussi bien que la méthode de faire alterner la culture arable avec le pâturage ; la, grâce aux engrais de mer cl à la facilité des débouchés , l'on n'a recours a aucun de ces deux moyens île restauration du sol; mais chaque ferme a pourtant sa franchise, ou appelle ainsi un espace libre qu ou ne cultive jamais et qu'on abandonne au parcours des chevaux et da bétail, (l'est certainement un mauvais emploi du terrain , a moins que celui-ci ne soit «l'une qualité trev-iuférieure; toutefois on ne saurait sivn„er, dans un pay s d'élevé, à tenir les chevaux mm plus que les vaches confinés pendant toute l'année a la cre» lie. |y pacage des animaux est encore une de ces pratiques inhérentes aux mtrurs agricoles du p.iy s et qu on doit songer à améliorer n a supprimer.

I ne circonstance assez singulière de la culture de r\rmivriqne, C est que les semailles de céréale» s'y fassent dans un ordie inverse île ce qui a lieu dans les hauts pavs; ainsi on sème l'avoine en octobre el novembre; le froment en nov*iobre , décembre . janv 1er et même février ; le seigle , dans les terres sablonneux , en jvnvier, février et mars ; enfin l'orge , qui est presque toujours la variété carrée ronnuesousle nom d'esrnurr;t>on , en mars rf avril. U semaille haine de l'avoine lient à ta variété qnon cultive, et qui est uue avoine d huer grise et fort pesante. 1* froment se sème plus larJ

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que dans l'intérieur, vraisemblablement parce que les hivers étant plus doux sur les bords de la mer, In plante pousserait trop en feuilles; la même raison a lieu pour le seigle, et à un plus haut degré encore, du moins à ce qu'il m'a paru , car ayant voulu semer ce grain en octobre, comme cela se pratique aux environs de Paris, j'ai obtenu des épis de douze pouces de longueur , mais presque vide de grain. Quant à l'escourgeon, j'en ai reporté lasemaille en automne, et j'en ai obtenu de bonnes récoltes, mais non meilleures que celles provenant d'une semaillc prinlannièrc; de sorte que j'ai repris en tout la coutume du pays démontrée bonne par l'expérience.

La supériorité de la culture de l Armorique sur celle de l'intérieur tient évidemment à la faculté qu'a le cultivateur riverain de la mer de se procurer du goémon pour engrais et du sable calcaire pour amender ses terres granitiques. Le goémon est de deux sortes, savoir : 1° le goémon d épave; c'est celui que l'action des marées et des tempêtes détache du fond et jette sur la plage: celui-là appartient au premier occit-anl, soit qu'il ait son domicile dans la commune dont dé|>end la grève , soit qu'il y soit étranger; 2* le goéuiou de coupe : ce dernicrest celui qu'on récolte au printemps sur les roches qui bordent la cote et qui découvrent aux époques des grandes marées équinoxiales. Le droit de le récoller est le privilège exclusif des communes dont les roches avoisinent le territoire. L'ordonnance d'août 1681, qui a fixé la législation sur cette matière, prescrit que tes paroisses couperont les goémons et varechs gui croissent sur les rochers situes à l'endroit de leurs territoires respectifs, et non ailleurs; elle fixe de plus les époques de cette coupe et diverses formalités à remplir qui sout aujourd'hui remplacées par d'autres. Mais le droit est resté inviolablemenl le même, et la raison que lui assigne Valin , commentateur de I ordonnance qui l'a Imidé, est pleine de justesse et d'équité : ces/, dit-il, pour dédommager les riverains du tort que. les vents de mer brulans et corrosifs font souvent éprouver à leurs récoltes.

Les maires des communes riveraines déterminent l'époque à laquelle commence la coupe ; c'est ordinairement à une des marées de février; celle où elle doit li h ir est, dans presque toutes les communes, reculée trop loin; il en résulte, quand elle a lieu en mai et juin, la perte d'une grande quantité de Irai de poisson. Dansquelques localités, les

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roches sont partagées entre tous les ayant-droit , dans la proportion de l'importance de leurs cultures respectives; dans d'autres, la coupe est abanbonnée au pillage, sans ordre ni police, ce qui a pour effet de diminuer la production des années suivantes, attendu que chacun, guidé par son intérêt du moment, arrache les plantes au lieu de les couper.

C'est un spectacle des plus curieux qne celui des scènesanimées de la coupe du goémon. Avant même que la mer se soit tout-à-fait retirée, et quand la grève est encore couverte de plusieurs pieds d'eau, la foule impatiente de profiter des courts instants que doit lui laisser la marée basse, hommes, femmes, enfans , attelages , tous sont déjà en inarche vers les âpres rochers dont les longues algues imbimées cl pendantes , comme la chevelure d'un cadavre de naufragé, leur donnent un aspect de désolation. Déjà le tumultueux cortège, guidé par ceux à qui leur vieille expérience el la su périorité de leur génie ont mérité de lui servir de pilotes, se dessine en teintes noirâtres sur le fluide resplandissant de calme et de lumière. Mais enfin le dangereux chenal est franchi, et il ne reste plus qu'à escalader ces masses éternelles, aux formes fantastiques et bizarres : là s'élève un roc qu'on avait pris de loin pour une antique cathédrale; ici c'en est un autre en forme de portique; plus loin c'est une ville en ruines ou des monceaux d'armures brisées.

Mais les contemplateurs de ces imposans tableaux sont rares parmi nos coupeurs de goémon ; tout ce qui les occupe est de récolter avec toute l'activité dont ils sont susceptibles les précieuses plantes marines qui doivent féconder leur terre. Elles suit aussitôt chargées sur les voilures qui les transportent sur le rivage un peu au-dessus de la laisse de haute mer, et qui, à peine déchargées, reviennent au galop pour être chargées de nouveau , jusqu'à ce qu'une première lame venant déferler sur les angles du rescif avertisse nos travailleurs qu'il e*t temps de battre en retraite. Aussitôt bêtes et gens de déguerpir à toutes jambes, et malheur au savant qui, persuadé que la ligne droite est le plus court chemin pour aller d'un point à un autre, s'aviserait de vouloir appliquer ici sa théorie ! il pourrait se trouver arrêté dans sa course par quelque chenal où la mer se serait déjà précipitée, et il ne lui faudrait pas commettre beaucoup d'erreurs pareilles pour se voir cerné de tous côtés par les eaux sur un terrain detiinéàêlre bientôt envahi par elles.

A£RITt LITRE . MlSlFACTt

Mai* quand une roc)* à goémon est inabordable I nulreuietit qu'en bateau, on seulement quand « Ile est trop éloignée du rivage pour qu'on puisse en cMraire le goémon au moyen des rharrrtles, on le I mer en d route , aliu d» le faire arriver a terre de la même manière qu'on frit *o* agrr le* trams de bois ! Mir les fleuves. Tour cela faire . îles <pie Ip goémon 1 e>l coupé, on le ramasse en grand las qu'on lie forleineul par de* cordes, e( quelqui Toi-», pour rendre 1 Ij (Ironie |.lus flottante, ou y lo-c mie barrique » i.le. ; Ifc* que la mer arme, la lourde d.-* travailleur* ■ vulgaires se rembarque comme elle est «mue. et laisse à la garde de Dieu le héron unique ipii s'est dévoué a conduire la drotue au mage . Iiouueur soin eut amhiiionné par au amouretu qui espère par cette prouesse loucher le r<i nr de celle qu'il | aune. Il faut avoir vu , pour pouvoir »Vn faire une idée, celte singulière flottille armer a la cote portée par I I marée montante. t'.oiiiii»e le» dromes Mien «pi "a»\e/ légères pour |>ouvoir flotter ne les ni cependant pas as*. / pour être aperçues a la surface «le le au, il s'ensuit r|up le nauloniiier seul appâtait dehout mit les flot», armé de sa longue perche cl j dans I altitude d un triomphateur romani. Il est j triste d'avoir a ajouter qu il n'est pas vin» eiemple que drome et conducteur soient roulés par la lame au fond de l'air, me.

la* varech s'emploie frais. ou tout-a-fait desséi hé, à la manière du loin , procédé qui a |K>i»r objet de le conserver d'une saison sur I autre; mais {auuis «ut lie lui fait siil.ir la feriiieuUli »n putride, attendu que l'augmentation de qnalilé qu il acquerrait par ce mnv en ne saurait compenser l'énorme perle . de volume qui en résulterait. 1-e goémon est un | entrais fugace, nuis qui coin u ni particulièrement I aui céréales et u a point , comme le* »lcrcoralioiis ; animales, I tucoiiv. ment de rendre le Irouieitl gris, ni de le disposer a verser.

Ku général on ruteud fort bien la préparaliou de» entrai;» dau» le Finistère. la-s fumier» d'élalde ne mmj( pas , comme dans les hauts j-avs, jetés en vrac dan* une espèce de trou, ou ils se trouvent la plupart du temps baignés dam I eau. ce qui es! un procède défectueu* ; on le* entas* sur un terrain plat et en cubes réguliers dont les bords sont si soigneusement tondus, le* arêtes si avivée», que cette masse n a rien de dégoùlaut à voir, et, ce qui est plu* précieux encore, la fermentation s'y oj»ere d'une manière parfaite. Il est à regretter toutefois j qu'on n y connaisse pas l'usage des Iimts ou eu- I

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grais liquides; il* conviendraient dans. e* (erre* sa- MoiMieus.-* des hordsde mer. surtout dans le» dunes calcaires. Fin fait d engrais liquides, il eslvraiseiu- Idable que si I on adoptait dans le Finistère l'u*agc de> citerne* à fermenter, à l'instar de la Flandre, ou s en trouverait bien , surtout si l'on ajoutait à la masse des urines nue é^ale qiuulilé d'eau de mer. Onaarqui» la preuve qiielY.m le mcrputréllée e*t par cil. -m. me un puissant cuirai» dau* les sable*, cl il est iii' oiueval.le quel d gi é de putréfaction ct lleeaii est >ih, - ptilil'- d .u «piérir. I>« ja M. 1 roebu, de Ik-île-lle-en-Mer ,a publié, il v a une vingtaine d'année*, qu il av.nl noiluiue il 'h omet ter se* ta* de fumier avec de I .au de m-r, et que celle pratique augmentait leur qualité ; ans a retiv qui s'opposeiit ctitorv a ce qu'où a, li ant hisse |e sel de tout impôt.

Iji culture du diantre es| presque nulle dan* le Finistère, bieu qu il y ait un grand nombre de localité* ou >j réussite ne serait pas douteuse, et malgré le débouché assuré du port de lîre*|. Fai manche , celle du lui se fait sur une a«sr/ grande échelle, niais elle rs| loin d A avoir le de^ré de perfection qu'elle a dans le drpartem< ut du Nord. Le millet, qui Corme une de* rn lies.e* du M n t iluo. n'est pas cultivé «Lan* le l uustere; repeudaiil M. liottsseaii l a essavé dans se* sahles, et il v a donné une abondaule rcodle. Comme le blé noir douue des récolle» fort variable* dan* notre d< part' ment, depuis un certain nombre d aimées, il m iait a désirer qu'on lui substituai le niillcl qui, àlavénlé, u a pas la même pr<qn ulé de préparer la terre pour le froment, nuis qui néanmoiiiv petit être compté au n.iiuKre des récolle* nettov aille* , eu raison de* s.ir< I iges soignes qu il e\i^e.

On a pu jn^er, par tout ce qui précède, jusqu'à quel point sont Coudé* le* reproches qu'on a adressés a satiété aut cultivateur* lias- bretons d'élre ignorait* de* principe de leur art. et entêté* dans b-ur* pratiques routinières. !• F.n fait il institution*, agricole., le Finistère n est en arrière d'aucun pav*dc I i.ur«q>e, et en possède une entra autre*, le dotiuine rongéable, qui rsi évidemment un progrès, eu égard an bail a ferme. S* F.otailde pratique», la enllure du trèfle et de la pomme de terre > *onl de date plu* ancienne que dans plusieurs departeroens 1res- lier* de brun connaissance* agricole*. .1- \jrfHilaml e*l un procédé de lalKturage bieu supérieur au travail de* meilleure» t lurrue*, et donne a la terre sa plu» haute valeur iulniteeque |>o»ible. 4* U culuirr da panais, dout

AGRICrLTl'RE , MAIUJKACTTÏIES , COMMERCE , ETC.

Arthur Yoong ne parlait qu'avec une sorte de véaération, et qu'il osait à peine conseiller aux cultivateurs vulgaires, est d'un usage général dans le Finistère. 5a Enfin les chevaux et 1rs bêles bovines sont nourris au vert toute l'année , comme les auteurs agronomiques ne cessent de le conseiller , sans indiquer pour cela un procédé praticable.

Au nombre des procédés d'économie domestique en usage dans le Finistère, je n'en citerai qu'un , parce que je ne l'ai rencontré nulle part ailleurs, et que je ne l'ai même jamais vu décrit dans aucun livre d'agriculture ; c'est la manière dont on traite le lait pour en obtenir la crème. Presque partout , en France, on se borne, pour séparer la partie butireuse des deux autres, de laisser le lait à un état parfait de repos, dans un milieu tempéré; la crème alors monte à la surface du liquide , et on l'enlève avec une cuillère. En Basse-Bretagne , on procède différemment : dès que le lait est tiré , on le met dans des vases de terre appelés podez et construits dans la forme même que conseille la saine théorie, c'està-dire étroits du fond , évasés par le haut , et d'une médiocre profondeur ; alors on le met en levain en y introduisant une cuillerée d'autre lait déjà à l'étal que nous allons décrire, cet état le voici :

Au bout d'un jour ou deux, suivant la température de la saison, toute la masse du lait se coagule, mais non de la même manière que si l'on avait employé la pressure. Dans ce dernier cas, l'effet du ferment est de coaguler la partie caséeuse seulemen(,ou les parties caséeuses et butireuses,qtiand le lait n'a pas été écrémé, mais en séparant du

caillé la partie séreuse; or c'est le contraire qui a lien dans le procédé breton ; le sérum et \tcaseum restent combinés ensemble, et c'est la crème qui est en total ilé expulsée de la coagulation et qui vieBt se former en couche à la surface du caillé.

Ce procédé a cela d'avantageux qne toute la crème est expulsée du lait jusqu'à la dernière molécule, et l'est bien plus rapidement que par le procédé des hauts pays, d'où il résulte à la fois augmentation de quantité et de qualité. Le caillé ainsi obtenu , composé des parties caséeuses et séreuses, est d'un très-grand usage dans le régime alimentaire des paysans bretons. On peut encore faire d'excellent fromage avec le lait caillé que nous venons de décrire, et qu'on nomme en breton : leas trink, et en français gros lait. Mais la fabrication d'aucune espèce de fromage n'est d'un usage vulgaire en Bretagne, il n'y a même pas de mot celtique pour exprimer la chose.

A présent , si l'on me demande comment on obtiendrait le résultat que je viens de décrire si l'on venait à manquer de levain , ou bien par quel procédé on a dû l'obtenir dans le principe, j'avouerai que je suis à cet égard dans un certain embarras. J'ai éprouvé que le lait caillé spontanément est un mauvais ferment qui agit en partie à la manière de la pressure, c'est-à-dire laissant échapper du im/m; cependant il est probable qu'à la suite de plusieurs emplois des levains produits successivement, on à la suite d'une coagulation spontanée, la coagulation change de nature, devient meilleure , et le caillé plus propre à servir de ferment.

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