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BIOGRAPHIE

encore étudié la théologie et la langue hébraïque, il reçut l'ordre de la prêtrise par le conseil du père Cotton , confesseur de Henri IV.

De retour en Bretagne , il entreprit des missions dans le Diocèse de Léon , et commença par les Iles d'Ouessant, de Molèneetde Bat*, dont les habitons, avant lui, vivaient dans une ignorance déplorable. Son zèle le porta ensuite au promontoire de Saint-Mathieu cl dans les autres endroits de la Basse-Bretagne. Il s'arrêta vers la côte maritime de Douarnenez, où ayant continué ses saints travaux jusqu'à l'âge de 63 ans, il revint en Léon consommer son zèle pour la gloire de Dieu et pour le salut du prochain.

Le bienheureux Le Nobletz mourut au Commet le 5 mai 1654, à l'âge de 77 ans. Il fut enterré a Lochrist , où on lui a élevé , dans l'église, un assez beau tombeau en marbre noir. On montre encore au Commet la petite maison qu'il occupait et qui sert aujourd'hui d'oratoire aux pieux habilans de cette ville qui ont pour le saint ecclésiastique une vénération particulière.

Michel Le Nobletz avait écrit un Journal de ses missions, dont on lit quelques fragmens dans sa Vie, publiée en 1666. Il savait l'hébreu , le grec , le latin, le français et le breton. Il a composé des Cantiques dans ce dernier idiome.

Il existe un cantique populaire en l'honneur de la sœur de Michel Le Nobletz , qui prouve qu'elle marcha sur les pas de son frère. Ce cantique que nous avons en breton est curieux en ce qu il confirme les renseignemens historiques que I on a sur Michel Le Nobletz.

■ Dans l'évcché de Léon, il y a eu une jeune vierge » noble, sage et parfaite, dont toute la vie fut » sainte; son nom est Maharite I* Nobletz.

» Elle sortait d'une bonne lignée; son frère était » prêtre et lui. avait appris à imiter le Sauveur du » monde.

» Oh! écoutez tous, chrétiens, ta nouvelle :

■ dans l'évèché de Léon , daus la paroisse de Plou- • guerneau , Maharite est née.

» Elle est née dans le manoir de Kerodem , ma-

■ noir noble et ancien, et lieu toujours sanctifié. •

LAUNÀY, en 1692 , dominicain dont les prédications en Bretagne étaient plus dangereuses, selon l'expression de Henri IV , que les canons et les arquebuses de Mercœur. Ce fougueux ligueur fut pris par les gens du roi et conduit au sieur de Saint-Luc , lieutenant de Henri IV en Bretagne. Il

déclara la prise bonne. — Bonne selon Saint-Luc , peut-être , dit le dominicain, mais non selon Saint- Jean. 11 ne nous est rien resté de Launay.

ALBERT-LE-GRAND était de Morlaix. C'est a lui que nous devons les Fies des Saints de la Bretagne Armorique , chef-d'œuvre de naïveté et de recherches. Tout le moyen âge se trouve dans ce livre précieux, auquel certains critiques ont spirituellement reproché de manquer de philosophie. Albcrt-le-Graud raconte en effet tout ce que la tradition populaire ou la légende lui ont appris, sans observations , sans discussions , avec la foi ingénue d un enfant. C'est précisément ce laisseraller crédule qui fait le charme de son récit , et auquel on doit les mille détails sur les mœurs , les superstitions, les institutions, les étymblogies, les costumes qui abondent dans son ouvrage. Nous ne craignons pas de dire que de tous les ouvrages recherchés par les érudits et propres à éclairer sur le moyen âge , il n'en est pas un seul plus propre à faire connaître la vie intérieure et les mœurs de la Bretagne.

L'ouvrage d'AJbert-le-Grand excita une grande admiration lors de son apparition, si on en juge par ce distique latin :

Angelicom mirant opo», *cd dnaiac lector; Arjclor, nil mirum ni, ingelu» alter ont.

■ Tu t'étonnes de cet angélique ouvrage, d » lecteur, mais cesse de l'étonner, car l'auteur • lui-même était un ange! >

La première édition des Fies des Saints d'Alberl-le-Grand est de Nantes, 1637; la seconde, revue , corrigée et augmentée par messire Autret de Missirien , est de Rennes , 1659; on en imprime en ce moment une nouvelle édition , annotée par M. ;Le Graveran , curé de Brest , et M. Miorcec de KerdaneU

HAKDOL1N (Jean), jésuite, naquit à Qu imper en 1646. C'est lui qui prouva , par des dissertations prodigieuses d'érudition, que tous les ouvrages laissés par l'antiquité n'étaient que des pastiches faites par des moines du XIIIe siècle, qui avaient pris les noms d'Homère, de l'Iutarque, d'Aristote, etc. ; selon lui l'Enéide de Virgile était un poème allégorique composé par un bénédictin qui avait voulu décrire le voyage de Saint-Pierre à Rome. La Lalagê d'Horace, n'était non plus qu'un personnage symbolique et représentait l'église chrétienne. Ces paradoxes soutenus avec bonne foi , originalité et science, amusèrent beaucoup dans le

r.iniwui'inr.

temps; on y vit arw raison une monotnanie, niai*, on aurait pu y voir aussi la plus sanglante critique drs Iiixtorir lis cl des antiquaires de I épique , car il est rrrtnin ijtic la pliipurl montraient dans Irurs dissertations moins de savoir, de suite et •l'iiii,i^in.»li<>n <pi llanlouiu.

I>u reste , lr |W>rr liardouin fui nu des hommes les plu» iii.illii'iirt iu ipii v puissent ||oim<t. Nui incrédulité était pcrpcliu'll.-niriil ni lu lit- jur sa crédulité. Pvroiiiru par i .nsonnrin.nl , il rl.nl fervent chrétien par inspiration. - O mon Dieu , je v..tis aime hien , <liK.iil il sur son lit tic mort , < I >i j'ai |ht.Iii la fui humaine, j'ai du moins conservé la Lu divine.

Du conçoit que les opinions d liardouin durnil l'exposer plusieurs foi* a la eeusuie de ses supérieurs. Un le força de n'Ira» 1er son livre intitulé Alhei deU efi, dans l*><|it**l il prétendait prouver que Thomassiii, André Martin. Malehranrhe.Ouesnel, Arnaud. Ni» oie, Pascal, l»>s< arles. Svhaiii llégis, étaient des athées; malheureusement pour lui ma doute* érudit* ne s'.irniaK'iil pas même devant 1rs dérisions de I é^l se; il prélci dit ipir 1rs ouvrages de Tcrtiillieii, île lla/ile, de Saint- Augustin , d'Origéiie, elr., étaient, roiiime llorarr e| \ ir^ile, des livres aporn phrs. Malgré ce* singulières opinions, le clergé de France, qui O'iitiaisvut si prodigieuse érudilion. le chargea de pul.lirr la collei lion de» conciles. I u jour qu'il « l ui occupé de ce travail, le pere la* Rrnn . de l'oratoire, qui l'était venu voir, lui dit : Si ce que vous :iv.7 avancé dans vos livres eM vrai , vous travaille/ la a line mauvais^ artmn.rl votisallc* pulilirr un reriieil de faussetés et d'iinp- stur. s labriqué<-> aj.res coup. — ilarduiiin devint pale; il garda le silei re un instant, puis en sortanl loul-a-cnup par une explosion : — Ali! s Vrria-l-il . il n'y a que hicu cl moi qui si. liions |j force de l olqe. iiou que v..a> me faites la !

la? père liardouin avait aussi prouvé orque ne prouve-l-on pas quand on est vivant! que hien peu de médailles anciennes étaient atilhcnh.ph-* . el querelles qui l'étaient drvaieiil rlrr expliqué^ en prenant «Laque lettre gravée comme l.d'i->é d'un mol entier. — \ousave/ raison, lui .lit un antiquaire auquel il exposait son svsirme, ces lettres l ON. Oll. qui se trouvent sur l.tMiiroup «le médai I les . el qu e l'on a eu la sol t . se de t ra. I u . i e pa r ConsUintino;u,!, ohsipuit.un , signifient évident- ; (',/<, omnes numnv o/fiana bc!H'<liclinà% l>i t \i: vu PAmit.

toutes les monnaies sont sorties de la fabriqae des

bénédictins.

las ouvrages les plus curieux du pere liardouin

sont :

Psirno-Vinciius; — l'siino-lloRvnrs, sivt anitnadversiunes quitus o\lenditur Hoiutii /W«r n liil siiperi iu- genuinum, /tinter F.pisfolas cl S' rmotia ; - \uniunata sa'culi Justinijiu; — Antiqua niim'nimtla regiim francorum ; une rdiiion de Ptnr , fr \aluratistet a luui<;,-,lu lUiuphin , en \ volumes ii»-4', dont lliiel disait que le pere liardouin avait fait en cinq ans re que cinq auteurs des plus savans auraien eu peine a faire en cinquante.

AMHlK tves-Maric;, jésuite, conna le plus généraleinnil sous le nom de mut p»nr. ViDRt, naquit à t liateaulin en Iti/.K II m» rendit rélèl.re par son fïsuii sur /*• />-//«. Nilulhirr a d.l de ce livre, dans son stvle uivlbol.^ique. que I auteur s'y mollirait Mntcr finie ik la nature ci des itmu i. \* |»elil pere André s'était permis , dans son ouvrage, de louer le eia)\>itjin de. Pascal f les supérieur* sul^llluerelit au n-.lii de l'aM al celui de iVUssyu, ce qui conlraria \ ivr meut l'auteur. I>u reste, le petit pere André fit aillant de ttruil par »esla//i, ses lions mots rl ses t. nq liiueus aux dames, que par ses ouvrages, ix fut de l'aveu de» contemporains uil des liomuies les plus spintin I», el le plus lurdiiueul spirituel de son époque, loul le monde connaît de lui le madrigal de la fev« ; I -, je te fait souveraine . rite daus la grammaite franvaise c.mme un < hef ,t a tixrc ded.licniene , rl qui après tout n'est pas plus mauvais que tous les autres uia.li i^jiu de la uiéiiie - | .«jne.

IMIK.I WT (ititllaiiiue Hvk mtlie , p .uile, né a nuin-per eu ll.'N). t> fui un littérateur spirtliirl el élégant. 4 Ni lui «loti I histoire du traite de \\esi|.||jlie. ouvrage qui ne manque pas d une certaine animation. Mais re qui lit parler surtout de lui. ce furetil tes .1mu<> meni />/> ••'/«> >o/i/i u i. i sur telan&'fX des l» tt*. t « t ouvrage qui np|>t Ile le fi re de I. •nleiirlle , tt qui lii-..il un peu la moi|i!. rie philosophique , le lit exiler à I J Fl.'< he. Ou doit aussi a pou-. . ml que!. pies jm lues n inétlies a»ser j;.nes ; /,■ .\ninl 1 1> n'.i lu Ij llaje, I7.1"J \ I, t Otiaf.eit fra.frit ' ( trerlit , MM ; la /< mme dt rieur, r> 'imprimée ?\ fois en lîitl.

|H»M V(»mi I Pierre-llvaeinthe . néa OniuH peilé, le . o.t, Ire ll.îl î, entra .hiis |j ron-

ëi . j;atioo de >iui-.Maur, a I',. i.< >. Il fut choisi*

sur la demande du cardinal de Rohan , pour écrire l'histoire de cette maison princière, et ce fut en achevant ce travail , qui n'a jamais vu le jour , qu'il conçut le plan d'une histoire de Rretagnc et le proposa aux États, à Hennés, qui souscrivirent pour 300 exemplaires. Il (il paraître successivement ses trois volumes de Mémoires pour sentir de preuves à C Histoire ecclésiastique de Bretagne, puis son premier volume de Y Histoire ecclésiastique et civile du même duc/té ; le second ne Tut publié qu'après sa mort, par les soins de Dont Charles Taillandier. Les trois volumes de preuves de Dom Moricc forment , avec les fies des Saints d'Albert de Morlaix , le monument le plus complet, le plus intéressant et le mieux rédigé que possède aucun |iays sur sou histoire. Les prodigieuses recherches auxquelles le forcèrent ce travail gigantesque tuèrent Dom Moricc , qui mourut à 57 ans.

I/Al FlOHAIvD (en 1C98), poète et comédien contre lequel on fit l'épigrammc suivante :

Quaod l'affielifor Mrh» l'Al'Iirlii.id , L'jillïrhrar aflirli» le yoitt un* art.

Il a composé te Songe de Clrdamis. un Forage à Cythtre , le Voyage interrompu, Caprice romanesque, le Pouvoir de la Beauté. Son théâtre contient un grand nombre «le pièces dont plusieurs eurent un grand succès. O.i peut citer surtout comme ayant eu beaucoup de vogue, les Jeteurs déplacés.

'Nous avons parlé de Mazéas cl de Le Laé dans nos commentaires sur Cambry, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à ces notes biographiques, pages 89, 90 , 91 et 92 du f~oy,:gc.

I HÉRON (Élie-Catherine) , né à Quimprr en 171!), mort à Paris en 177G. Voltaire le rendit fameux en s'acharuant à sa poursuite avec celle mauvaise foi rancunière qui forme un des caractères du grand homme. 11 réussit à faire croire que Fréron avait clé chassé des jésuites pour vol , et sortait des galères. If fjil est que le critique breton, professeur au collège «le Louis-lc-Oand, fut forcé de renoncer à celle place parce qu'on ( ru ait vu au •pedoetc. Tel fut le crime qui lui fit quitter les jésuites, cl à propos duquel Voltaire disait : de Lo;\>la chassé pour ses fivdaines.

Tout le monde sait du reste que Fréron devint le Lcros d'une saiv re daloguée {Yiico:.sui\e, que son

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