BIOGR
des savansel des artistes, des personnes dignes d'entourer les princes : c'est à ce litre que Nicolas Ozannc eut l'honneur d'être admis près de Mgr. le duc de Bourgogne. Accompagnant son altesse royale dans les promenades qu'elle faisait sur le canal, et conduisant la gondole montée par ce prince, Ozannc saisissait ces innmens heureux pour lui donner des leçons pratiques sur la manière de diriger les vaisseaux sur mer par les moyens de la boussole; il faisait alors l'application de la théorie qu'il lui avait démontrée.
Attaché, en 1702, au bureau des ingénieursgéographes de la guerre, Ozannc se démit de cette place après six anuées d'exercice.
Appelé, en 1769, à l'éducation des princes, pour leur euseigner les élémens de la construction et de la manœuvre des vaisseaux, il étendit celle élude sur la lactique navale, les faits de la marine française, depuis le commencement du règne de Louis XIV jusqu'à la guerre qui a procuré l'indépendance aux États-Unis d'Améi ique ; la connaissance des ports, d'après des plans, des vues et des descriptions; cl cnlin à l'histoire navale de la France et de ses arsenaux. Dans cette nouvelle carrière, entièrement consacrée à l'étude de la marine, la confiance dont ses augustes élevés honoraient ses talens lui donna souvent l'occasion de servir ce département.
Après cinquante années de travaux, Ozanne obtint, en 1789, la permission de quitter le service. Les sciences et les arts , qu'il avait professés avec succès, el qu'il continua d'exercer , vinrent embellir sa retraite. La société de quelques amis el les tendres soins de sa famille y portèrent uu nouveau charme et l'aidèrent à arriver au terme d'une carrière longue et honorable. Il est mort à Paris.
Son profond savoir l'avait rendu un des hommes les plus inléressansà entendre sur l'art de la navigation. Parfaitement versé dans l'histoire de la marine , sa conversation , intarrissablc sur ce sujet , était toujours très-instructive. Il avait préparé un grand travail sur les galères des anciens.
Les dessins d'Orannc offrent, en général , des productions exécutées avec facilité. Son adresse à profiter des masses de fumée produites par l'artillerie, dans les batailles navales, a souvent concouru à rendre très-piquans d'effet les combats qu il a représentés. On a toujours cité avec éloges ' ses vues de ports : la vérité et la scrupuleuse exactitude, qui en font le principal mérite, y sont
APHIE.
portées à un si hant degré qu'il a acquis, dans ce genre, une réputation difficile à atteindre.
On connaît près de trois cents planches à Peauforte de la main de ce nu lire. On distingue, dans ce nombre, le Traite de la Marine militaire, ouvrage dédié à M. de Choiseul, en 1762 : dans ce recueil , de ;V) planches in-8« , sonl représentés le» vaisseaux qui servent à la guerre et les manœuvres qui ont le plus de rapport aux combats ainsi qu'à l'attaque et à la défense des ports. Les marins connaissent tous plusieurs ouvrages ultérieurement publiés, où la plupart de ces sujets, tels que ceux qui développent le gréement des vaisseaux par figures progressives, se trouvent répétés : le Dictionnaire de Falconiicl, publié à tandres, .-n 1780, est de ce nombre. La plupart des autres planches forment des cahiers de principes de paysages maritimes , vues de ports , vaisseaux évoluans, manœuvres de guerre, et des vignettes pour le Traité de Construction, de Tactique navale, de MM. Duhamel du Monceau et Bigot de Morogues.
Dans le nombre considérable de morceaux graves d'après lui, on trouve le recueil , in-f », des Campagnes de Dugtiay-Trouin , ouvrage exécuté par Jeanne-Françoise Ozannc , l'une de ses sœurs , et Le Gouaz, son beau-frère; les nouvelles vues perspectives des ports de France; soixante planches, par Le Gouaz, des vues de Saint-Domingue, gravées, sous la direction de M. Ponce, pour l'ouvrage de M. Morcau de Saint-Mery sur cette colonie ; et les planches du recueil des combats et expéditions maritimes, ou exemples des progrès de la tactique et de l'art de construire des vaisseaux dans les deux derniers siècles, gravées par Dequevauvillcr.
Le nombre des élèves d'Ozanne, si l'on y comprenait tous les officiers de la marine qui ont reçu ses leçons, serait sans doute très-considérable: mais nous ne citerons ici que quelques-uns de ses élèves dont il existe des ouvrages gravés. On distingue , dans ce nombre, ses deux sœurs, Jeanne- Françoise Ozanne, Marie-Jeanne Ozanne, Pierre Ozanne, son frère, et Le Gouaz, sou beau-frère.
OZANNE ( Pierre), né à Brest, le 3 décembre 1737 , fut reçu sous-ingénieur-cooslructeur de la marine, eu 1778. Il avait, à cette époque, vingt-un ans de service, comme professeur de dessin des gardes du pavillon, et comme marin. Il fut fait ingénieur, en 1788, après ses deux campagnes sous le comte d'Estaing et sous M. de Pnységur.
!:io<.n vrnii .
A la révolnlion , il fut envoy é à Toulon , en qualité Je chef d jdmiui-tmiuii, et, eu lïîlK, il allj ùl'aris r.i.ù>hr-asanlé, altérée par une lésion trop constante au travail. Il lit graver, dans cette occasion , une partie de »e» proue- cl poupes.
Il obtint, en 1H0I, le Itwd de capitaine de vaisseau, reçut sa retraite le 27 janvier 1SII . et finit paisiblement ses jours » Brc-l, le 10 février
Dc»sinatrur h.ibile, il a lais-.* cinq cahiers d'étude* de vaisseaux , dé»ignés sous le lilre de Cithiiis .4 y D, (\ et plusieurs vue» marines, dont IWculion est du plus grand caractère : telles sont le» vue» du vai—eau YOrirnt. de l'/ù r/ïiV , de V.iciif, etc. F.lles se di-lii guent. en général, par une louche libre et vivante: le pa»»ag. •» d«» ombre* aux lumières y e*l ménagé avec art. et tous les mouvement des vai»-caux bien exprimé* : le jeu «1rs voiles, battues des veut», est toujours d'un eflet pittoresque : personne, sur ce point, n'a mieux imité la nature.
O/anne excellait , en outre, dans l'art de la ronstrurlion de* vai»»eaux. On file aver éloge va corvcllc la Diligente, qui fut construite en l'an \ , et dont il avait établi le* formes sur relies du pois-nn connu sous le nom de Maquereau. Cette concile fui expédiée pour le- colonies, et se rendil en -ei/e jour- a la Dominique, ou l'<in citait, dans le même temps , comme nne rho*c extraordinaire . l'arrivée d'une frégate à la Martinique, dans l'espace de fingt-trois jour*, la*s autres traver-ée» de la Diligente ont été à peu près au-si promptes , tant sa marebe était grande, particulièrement an plus près du vent et vent largue.
Deux autres corvettes ont été construites depuis •or les mêmes plans, mais elles sont restées bien loin des formes agréables de la Diligente , qui fait eocore l'admiration des connaisseurs.
ROCHON ( Alexis- Marie de), astrouoroe et voyageur , naquit au château de Brest . 1711 I ). Il fut, dés son enfance, destiné à l'étal ecclésiastique , et pourvu d'un bénéllce de I "»,<H>0 francs de menu. 8a passion pour les science- et le» voyage» l'empêcha de prendre le» ordres et de poursuivre une carrière dans laquelle ses premiers pas le
]mi M. Miocm de
firent connaître, même parmi les uvans, sous le nom de l'abbé Rochon.
Fort jeune encore , il était membre de l'académie de marine et correspondant de celle de- sciences.
Nommé, de- I7M», astronome de la marine, il fit , en celle qualité, un voyage en \rri«|ne pour y déterminer dill'éren- point» de longitude , et facilita, par d ingénieuses découvertes, les opérations de ce genre qui n'avaient point encore acquis le degré de perfection au<|ucl il a contribué à les faire parvenir.
Il s'eiultarqua ensuite pour l'Ile de France, et de là passa à Madagascar, d'où il rapporta des cristaux de roche dans lesquels il avait reconnu la propreté de la double rélmcii et qu'il employa ,
depuis. ala con»trurtion de divers inslrumens d'uplique, et principalement à celle du Micromètre qu'il avait inventé.
Ku 1 7ti!>. il -'embarqua avec le capitaine (.renier; il» étainit chargé- d'riplotrr l'Archipel des Indes, et de déterminer la position îles lie- et des écueib de la mer qui sépare l'Ile de France de la côte de Corotnandel.
l.es savantes observation» de Rochon donnèrent au Bailli de Suflren la liardie»-e de suivre, à contn' moiif f<»/i, une route directe pour >e rendre, en I7HI , ihns les mers de I Inde , ou , de son aveu, la promptitude de -on arrivée décida le *uco>- de cette immortelle campagne , dans laquelle l'habile astronome eut la gloire d'accélérer nos triomphes, et de tracer au H rot, que montait de Sulîren, la route de la victoire.
Reçu, en 1771, a l'académie des sciences, il partit de nouveau avec le capitaine de Kerguelen , pour aller à la recherche des Terres australe*. Il fut dr» lor- regardé comme ra-tronome navigateur qui avait rendu le plus de service à la manne, dans un teiu|»» ou le» instrumeus étaient encore imparfaits, et ou l'application de la physique céleste à la navigation était |m>u roiiuue.
\ vm retour, il fut -uc»<» m veinent créé conservateur du cabinet d astronomie du roi, à Ij Muette; chargé d examiner le- pnyt» Je navigation intérieure de la Bretagne; nommé membre de l'académie de Saint réier-Umrg ; astronome- opticien de la manne; inspecteur de- machine» «enaul a la fabrication de* espèce- monnavéc»; commissairegénéral des monnaies , etc.
A la révolution, il perdit tous ses emploi- , qui n'étaient pour lui qu'un faible dédommageaient
2lG BIOGRAPHIE,
des sacrifices qu'il avait faits au progrès des sciences, lise retira à Brest, où ses services , sa bienfaisance et ses vertus lui acquirent l'estime de ses concitoyens.
Rochon fut de l'institut dès son organisation. Il fut nommé" directeur de l'observatoire de Brest, membre de la légion-d'honueur , et revint se Hier à Paris, où, dans un âge avancé, il s'occupait, avec ime rare activité, des travaux imporlaiisau milieu desquels la mort vint (e surprendre, le 5 avril 1817. Il emporta les justes regrets de sa famille et de ses nombreux amis.
Il a laissé des Opuscules mathématiques; Brest , Malassis, 1768, iu-8°; — un Recueil de Mémoires sur la Mécanique et la Physique; Paris, Barrois, 1783, in-8*. ; — un foyage a Madagascar et aux Indes orientales, en 1766 — 1771 ; Paris, Prault, 1791, i vol. in-8»; nouvelles éditions, 1793 et 1803, 3 vol. in-8 ; — uu Aperçu des avantages qui peuv ent résulter de la conversion du métal des cloches en monnaye moulée pour faciliter rechange des petits assignats ; 1791 , iu-8°. ; — Compte rendu des expériences qui ont été faites sur (a monnaye eouke et moulée en métal de cloches pour ten ir de suite au Mémoire intitule : Aperçu , etc. ; 1791 , in-8° ; — Essai sur tes monnayes anciennes et modernes ; 1792, in-8"; — nouvelle édition de la Relation d'un l oyage a la mer du Sud, en 1771 et \172,parle Capitaine Mariou, e.rl aile du foyage du Capitaine Surville , dans/es mimes parages , en 1769 et 1770; Paris, Barrois, an Mil ( 1800), iu-8»; — Projet d un Canal de navigation intérieure entre le port de Brest cl la Loire, à Ma/des; à Paris, Prault , an XI (1803), in-4°, etc.
LA TOUR D'AUVERGNE (Théophile-Malo Corkkt de), premier grenadier des armées françaises, né à Carbaix, le 23 décembre 1743. (1)
Il sortait d'une bram lie bâtarde de la maison de Bouillon. Le duc de ce nom autorisa M. Corret, père du premier grenadier, a prendre le nom de U Tour d'Auvergne, illustré déjà tant de fois et principalement par Tu renne.
Théophile Corret de La Tour d'Auvergne entra dans les mousquetaires eu 1767. Kn 1782, il était capitaine des grenadiers, et assista au siège de
(.) El aoo te»S
lit ditU.
Mahon, comme aide-de-camp du duc de Cri lion ; il y fit preuve de la plus grande bravoure, et uu officier espagnol étant tombé blessé au pied des remparts, et ayant été abandonné par ses soldais, La Tour d'Auvergne s'élança au milieu des balles, le chargea sur ses épaules et le rapporta au camp. Le roi d Espagne , pour récompenser cette belle action , lui envoya la décoration et une pension de deux mille écus ; le capitaine breton accepta la croix , mais refusa la pen>ion.
Ses études militaires, auxquelles il se livrait avec ardeur , ne l'empêchaient pas de faire également des recherches d'antiquités; le premier ouvrage qu'il publia fut son l-.ssai historique sur ta ville de Carhuix. Agé d'environ cinquante ans, eu 1793 , il en comptait 45 de service dont 33 effectils. Il adopta les idées révolutionnaires, et fut envoyé à l'armée des Pyrénées, où on lui proposa des grades supérieurs qu'il refusa constamment, se contentant de son titre de capitaine. Cependant sa réputation était telle qu'il était admis dans les conseils des généraux où son avis prévalait fréquemment, et qu'on lui confia le commandement de toutes les compagnies de grenadiers formant une colonne de huit mille hommes et connue sous le nom de Cotoime infernale; ce fut à ce corps que l'on dut presque constamment les succès qu» l'on obtint.
Ijt Tour d'Auvergne se livrait à l'étude jusque dans le camp, et <m le voyait fréquemment son épée d'une main et un livre de I autre. En combattant , il avait coutume de teuir, sous son bras gauche, son chapeau et sou manteau que le plomb criblait sans le toucher; aussi les grenadiers avaientils coutume de dire que leur capitaine avait le don de charmer les haltes.
Lue fois la paiv conclue avec l'Espague, La Tour d'Auvergne fut cantonné à Rayonne, où il publia la première édition de ses Origines Gauloises, celtes des plus anciens peuples de f 'Europe, puisées dans leur vraie source, ouvrage prodigieux de science et d'imagination.
Ayant obtenu un congé, ta Tour d'Auvergne s'embarqua pour la Bretagne, mais il fut pris par les anglais. On voulut , dans la traversée, le forcer à quitter sa cocarde tricolore; il la saisit et la perça de son épée en la poussant jusqu'à la garde, et présenta la poiutc à ceux qui voulaient lui faire subir cet aiïront.
A son retour en France, il apprit qu'on l avait
|j>é de» radie» de l'armée. N.in» »e plaindre cl »au* i, ,J..iii« r, il v mira j l'a»s> , clic/ son ami M. l'auliaii. cl r< prit s« > • : ;'!«•> d "antiquaire. Il préparait uièiiif <!• |J sou D'.eHonimire polv^'otte t ouvrage géant dan» lo.p.. 1 il i ouipai ut fr» langue» au critique. lorsqu'il apprit que son ami I-e Urigaud, de l'ontrieux. < Ui.ro philologue , était »ur le point de voir |i.irlir pour l armée son dernier fils vin» pouvoir le remplacer. Li Tour d \uver gne in* balance pas un moment, il se preseule au lieu et place «lu j, une I* l'.rigaud, cl rejoint l.n tu- . «1 ■. Alpes comme simple soldai. \pres lu |s bru nui iv, llouaparte, qui savait a|imnr h-s hoium -, voulut l appHer au corps législatif. — Je »e pas luire le» lois, tnais je sais les défendre, dit Ij Tour d Auvergne; envoje/-iooi aux arunVv
Il passa ni effet , en 1 Six», a laninc du I11iiim.ii il renil sol» brevet de premier ^ < limiter de fruitée; il accepta Ictilre, mai» r. -fusa Us app.unleincns alla» lié» a ce nouveau grade, m- < onteniaut du pain et du lil du soldai. Ce fui en roiuh.iU.uit , le 2S juin sur les hauteurs en avant de
Neubourg. a la Ule dos grenadier* du 4G' r. giiuoui, qu'il loin!).» frappé d'un coup de Uuce au ciiur. L'armée lit élever son mouumciA au lieu même ou il a». (il reçu la mort.
Il sciait difficile de dire ce que l'on doil admirer le plu* dans cet Kparninondas breton, de sa bravoure, de son désinléiv» ■ -ment ou de sa >i uiifc- Au fort de la révolution, alors que les troupes manquaient de tout , un dépiil1 vaulail moi crédit à l-a lourd Auvergne, et lui oHrait sa proleclioii.
— Puisque v ou» des m piiis-aut , lui dit le modeste capitaine, demande/ pour moi a la république....
- Quoi, un régiment? — Non, une paire de sou lie m.
Ij Tour d'Auvergne réussit à obtenir pour le prince de Rouillon, son (virent, la restitution des bu ris qui luiavan ut é!é confisqué». > oulant reconnaître uu tel service, et sachant que C.orret était pauvre, le prince lui lit passer I a* le de d<>naliun de la belle terre de Vu amiU'iil-Mir-l ure, qui rapportait dix mille franc» de rente; nuis |j Tour d'Nuvergne renv.»va le contrat avec ces simples mois ; --Je vous remercii'. M ne possédait eepend.ml, pour loiilc foi tune . que mm francs de rente! Mais il avait coutume de dire : - C ol beaucoup pour un grenadier sons les arme» , rl assez un philosophe dans sa le'imte. /
*-»n v nt enivre, .> < '.ai ii ,,\ . L iujloii ou naquit
BiocRvriur. 217
I.j Tour d'Auvergne. M. Riflard, ex-préfet du 1 1nislere, y a fait placer une inscription contre laquelle M. de l'rémiiiv ille s'indigne comine ne com t'ii.int point un str.'c hipulu'u,- ni surfont
au mo'iume.tt <liw It nx. Iv^i.ind crime île celle inscription e-l d' [. - com tu eu « es terni' s
T/u»fJ.iU'~Ma/ii («ritt ilil 'four J Au ht^iw, premier (ïremni't r tir future , esl ne <hm\ re\'e intlifo ; , te J ; -A < .v/i 171.1.
COKMC-IH t.lILNM. Charles,, né a.Morlaix . le JS mai II II , est un d 's marins les plus distingués qu'ail fourni la Ureta^ne. Il ( > inrnem;a par commander les ( ui-saii« s Je x.m j.erc, et il ruina le commerce an Jais par son aud ai e et son habileté. Ku I7.WS, le mi lui au orda le cumiuaiideiiu'iit de la frér ite la /< lieiU\ avec le tilrc de lieutenaril de fré-ale; quoiqu'a ce titre il u< fil point partie du corps de la mai iue , les officier» noble» de re corpi aristocratique virent avec colère un intrus devenir leur concurrent pour uu av.uu rmciit qui devait venir les trouver sans qu'iN fussent obligés de lairt des actions de lat. M. Coruir, esrortaut le Hobiute qui >e rrudail a la Martinique, rencontra le corsaire anglais YJiçlc , de 2H canous; il le prit, quoiqu'il fut supérieur eu forces, après un combat d une demi-heure. Lai même aimée , il fore, i le passage de l lroise gardé par le vaisseau anglais I .il. iih- , ta frégate la Tttmiw et la concile le HumUer. Tou* ses oflii uts furent tu«-s ou blessé*, pendant l'a< lion, la drisse de son pavillon avant été t mipée, celui-ci tomba. |j mili aille ennemie balavait telleiTieul la dunette <|ue |.cis.,imc n'osail eu hivser un Uoiivrau ; Cornu d< s. étui lut - inéilie pour en prendre uu. Sa ili-j'jr il de dessus le pont fait croire qu 'il se rend ; le* catu.nuu r > fr aih. us lancent leurs mèches à la tuer, et les anglais p ilent uu hourra de vie loire: mais le capilaine breton réparait pre.qnaussil.il. un pavillon a la main, lui-même l'arborre; il 1 ait partir -e, pistolet» sur l'amorce de* canon» , et i rie de rceoininem . r le feu. -- 1. - s anglais se retirèrent en d -ordre, le li.i'nb'er Miinbra dans le combat, et la Tain ^e arriva à rivuioiilh le lendenuiu coulant bav d'eau et s-u» miv voiles de fortune.
( elle aelion d é, lat valut à Comie le grade dr lieutenant de vai»vau. Il fuit lur,,.1 de |*n tnr au llavre-de-Crace, aloi» bloqué j ar l'amiral Itodn. \ . avec l'./g<i//ie, rharg.v de uiiiuiIumis. Il ulluil Ira verser la flotte ennemie ; t .ii:k [ i it se* mesiir.s • it ai riva avant la jK'.. le du ;o,it ji mile u ■' la
ligne anglaise, ayant lui-mi me le pavillon anglais et poursuivant la corvette \ Agathe qui paraissait fuir devant lui. Lorsqu'il fut à la hauteur de la dernière ligne ennemie, il arborra son pavillon blanc, lâcha sa bordée et entra au Havre aux acclamations de tous les habitat».
Eu 1760, Cornic, qui commandait le vaisseau le Prol/iée, prit, après mie demi-heure de combat, le vaisseau XAjax, de64 canons; il procura ainsi la liberté" à douze officiers français, et à M. de Bussy , qui se trouvaient à bord de ce vaisseau. Dans la chambre du capitaine anglais se trouvait une caisse contenant pour 5 millions de diamans; Cornic la laissa aux intéressés dans l'armement du Prothée qui avait été mis à la mer par une compagnie de négociais.
Furieux de tant de succès, les officiers nobles insultent le jeune marin lors de son arrivée à Brest ; il se bat contre sept d'entre eux , et les blesse tous sans recevoir une seule égratignnre. L'intendant de la mariue lui, donna une garde pour sa sûreté.
La France épuisée ne pouvant pins armer, Cornic fait construire une frégate de 24 à ses frais; mais arriité à terre , il eu confie le commandement à son frère. La frégate lit côte à Timor, et tout l'équipage fut empoisonné par les naturels du pays.
l'eu après Cornic se marie à Bordeaux, et perd la jeune femme qu'il adorait dix jours après son mariage.
Il fut employé par le gouvernement, les années suivantes, à la confection de didërens projets; en 1766 et 1767, il leva le plan des eûtes, depuis Boscoff jusqu'à Perros. Il lit ensuite, à ses frais, sur les récils de la baie de Morlaix, deux tours, quatre tourelles cl plusieurs balises en fer. Il acheva une carte marine de cette baie qu'il euvoyaati ministère avec prière de la faire graver et de la vendre au profit des marins qui auraient sauvé des naufragés dans l'arrondissement de Morlaix. — On ne lui répondit pas. Dégoûté de tout , il se relira alors à Bordeaux , à l'ile Saint-Georges.
En 1770 eut lieu le fameux débordement de la Garonne. Dans ce désastre, Cornic ne pouvant trouver de matelots qui voulussent le suivre, força quatre des plus vigoureux à s'embarquer avec lui, les menaçant de leur brûler la cervelle s'ils n'obéissaient; et faisant le tour de l'île Sa i ni- Georges, il parvint à sauver les lia bilans qui s'étaient sauvés daus les arbres et sur les toiis des maisons. Ce curetage dangereux dura trois jours et trois nuits.
11 recueillit ainsi six cents personnes qu'il nourrit à ses frais pendant plusieurs jours. Le roi lui écrivit pour le féliciter sur son courage, et la ville de Bordeaux lui envova des lettres de bourgeoisie. En 1773, il fut fait chevalier de Saint-Louis. La guerre se préparait de nouveau contre l'Angleterre, il sollicita le grade de capitaine de vaisseau qui lui était si bien dû; mais il n'était pas gentilhomme! — On" l'écarta. Froissé jusqu'au fond du cœur , Cornic se retira dans sa propriété et ne demanda plus rien. En 1783 , le grade qu'il avait autrefois sollicité lui fut accordé, mais c'était une justice trop tardive.
Lorsque la révolution vint, Cornic en embrassa avec ardeur les principes; mais la terreur le força de quitter Bordeaux. Il vint s'établir à Morlaix, au bas de la rivière, où il passait ses journées dans les canots avec des jeunes gens qu'il exerçait à la mer. L'an '2 de la république, M. d'A Ibarade , qui avait servi sous les ordres de Cornic, devint ministre de la marine; il lit imprimer la carte de la baie de Morlaix, qui fut vendue au bénéfice des veuves de marins du pays, et remboursa les avances lattes par son ancien capitaine pour l'érecliou des tours, tourelles et balises dans la même baie. Cornic vieillit honoré el adoré de la population qui l'culourrait; la reconnaissance a fait donner son nom au passage qui se trouvait vis-à-vis son habitation. Il mourut à Morlaix, le 12 septembre 1809.
Voyant que l'Angleterre possédait sur la Manche une quantité de ports où elle pouvait retirer ses (loties, Cornic eût voulu faire servir Morlaix au même usage; il avait trouvé un nouveau chenal par lequel les plus grands vaisseaux pouvaient entrer dans cette baie, dans les plus basses marées d'équinoxe; il avait levé les plans de l'anse et écrit tout son projet ; mais ce curieux travail envoyé au ministère y a été perdu.
Nous avous cru devoir donner ces détails sur un homme trop peu connu et qui mériterait une célébrité que tant d'autres oui moins méritée.
MOBEAC (Viclor),néàMorlaix,cn 1763. Sou père était avocat et l'envoya faire son droit à Beunes. Son audace, sa raison et la supériorité de son intelligence, le tirent distinguer de ses condisciples; il fut nommé par eux prévôt de l'école de droit, et, à ce titre, se trouva mêlé aux troubles des parlemens qui résistaient alors à des changemeus que voulait introduire le cardinal de Bricnne. Il arrêta , les 26 et 27 jauvier 1787, une émeute qui menaçait la
KtocRviMftr.
tranquillité publique, ta gouverneur de la province avait donné de* ordres pour qu'on arrêtât Moreau , que I on surnom nuil le fjènéral du parlement , mai* on ne put y parvenir. Plu» lard, le gouverneoienl ayant suivi une impulsion libérale, et les parlement y résistant, Morrau changea de conduite et se déclara contre ceux-ci. Il commanda, en 1 789, le», réunions armées des tilles de Rennes et de Nantes ; il fut nomme' président de la confédération qui fut formée a Ponlivy. Nommé ensuite du bataillon de volontaires du Morbihan , il se rendit avec ce corps à l'armée du Nord ; ce fut le commencement de sa fortune militaire.
lorsque la nouvelle de la révolution du 10 août 1792 arriva à l'armée , Moreau et son bataillon applaudirent à la déclaration de république; plus lard, la chute de la (iironde et les excès de 93 l'aigrirent, dépendant son bataillon faisait des prodiges sous ses ordres. Piehegru , qui le protégeait, le recommanda Vivement au gouvernement, et Moreau fut nommé général en 1791. Détaché avec un corps spécial , pour agir sur la Flandre, il prit Menin , ï près , Braga, Osleude , Neupnrt , l'Ile de Cassandria et le fort de l'Ecluse. — Au moment même où il rendait ces signalés services, la li-le de son pére tombait, à Brest , sous la hache révolutionnaire; Moreau n'en continua pas moins à seoir fidèlement la république. Il Ht, avec Pirhegru , la conquête de la Hollande; il conçut aussi un plan général de défense pour le pays conquis, plan qui fut adopté. Nommé au commandement en chef de l'armée du Rhin et de la Moselle, il commença la fameuse campagne de 1796, et força le camp du général Wurmser, (Il passer le Rhin à sou armée, mit en fuite les troupes proviennes qui étaient à Kehl, attaqua l'armée aulrichiriiue, commandée par l'archiduc Charles, a Rasladl, et la chassa jusqu'à ksliugen, ou il la battit complètement. L'art hiduc gagna la forte po>ilion de Pfortiheira ; Moreau l'en délogea et se jeta au cuiir de I Allemagne. L'armée autrichienne, qui m? informait sans cesse , fut encore vaincue a C.nitstadl , àBerg, à Lsltngeu; u ville de r.onstance fut pris* d'assaut. Le 11 mai, l'archiduc Charles attaqua I armée française avec toutes 1rs forces qu'il avait pu réunir. I* combat fut horrible; enHn les français restèrent maître du champ «le bataille. Moreau , vainqueur, se porte en avant, culbutte le général LadHir, à rriedl>erg. — La, apprenant la défaite de Jourdan qui avait fait, vers RatUbonne, une
UKiXILMi: PARTIS.
diversion parallèle à la sienne , et qu'il avait l'intention de rejoindre , il fut forcé de songer à la retraite; il l'effectua avec une habileté qui l'a placé au premier rang îles généraux de cette époque si féconde en illustrations militaire*. Depuis la retraite des dix mille, rien de pareil n'arait été vu. Moreau revint, comme il était allé, de victoires en victoires. A Riberacb, il lit plusieurs bataillons autrichiens prisonniers. Voulant respectrr la neutralité de la tille , il tenta le passage de la foret noire, battit les corps que l'on y avait enroyés pour le tourner, arriva iuUct sur le Rhin, qu'il passa à I lunui^uc.
Kn 1797, Moreau se porta de nouveau sur le Haut-Rhin ; il le passa, en plein jour , en présence de l'armée autrichienne qu'il battit, et à laquelle il prit 4,01)0 hommes et vingt pièces «le canon. Il prit en quelques jours Kehl, que les ennemis n'avaient pu prendre qu'en deux mois : la paix de l.éohen vint arrêter le cours de ses succès.
Opendanl l'irhegru conspirait ; Moreau avait eu main les preuves de sa trahison , qui étaient tombées entre ses mains lors de la prise des fourgons du géuéral émigré Klinglin. Par suite de la reconnaissance qu'il gardait au conspirateur, Moreau fiarda plusieurs mois ces papiers sans les iquerau Directoire; rnfln, pourtant, le lui parut imminent , et il déclara tout. Mais cet aveu tardif donna des soupçons • || (u\ mandé à Paris ; ses explications ne parurent point satisfaire entièrement, et Moreau, froissé de tous cotés, de» manda sa retraite; H le lui lut accordée en I79K. Le gouvernement lui a} ant fait des offres , il rentra au service et fut envové eu Italie, ou il fut témoin des désastres occasion*1* par llmpérilie de S hérer. Il lll l'armée française se replier sur le Piémont, battit doute mille russes près de Ralliguano, et passa la Bonnida; mais Macdonaid , auquel il espérait se joindre, avait été battu à la Trébia; il lui fallut se retirer dans les Apennins. Sur ces entrefaites, il fut nommé à l'armée du Rhin, et Joubert vint le remplacer. De retour à Paris, Morrau prit parti pour Bonaparte contre le Directoire, et fut fort utile au général dans les journées du lKet 19 brumaire. Appelé ensuite à commander les armées du Danube et du Bhin , il pavsi ces fleuves et commença une série de victoires qui se
Moreau u'était plus qu'a 2.» lieues de > tenue, quand les autrichiens demandèrent la paix. \ son
liiOGRAPIUE.
retour à Paris , Bonaparte le complimenta beaucoup. Il lui fit présent d'une paire de pistolets en lui disant qu'il regrettait de ri awir pu , faute d'espace, y graver le nom de toutes ses victoires. Peu après , Moreau se maria , ce fut la cause de tous ses malheurs.
Sa femme et la famille de sa femme lui persuadèrent bientôt que le second rang dans l'état ne pouvait lui convenir; on l'aigrit contre Bonaparte. Enfin on<parvint à le compromettre dans une conspiration de Picbegni et de Georges Gadoudal : la conspiration fut découverte et Moreau arrêté. Nous n'entrerons pas dans les détails de ce procès célèbre ; il nous suffira de dire que lesdits actes ne prouvèrent rien de positif contre Moreau. Il parait qu'il avait eu connaissance de la conspiration , mais sans vouloir y prendre un rôle actif. Enfin, après de longs débats, Moreau fut condamné à deux années de prison. Mad. Moreau sollicita , comme une grâce, qu'il fût permis à son mari de voyager pendarft ces deux années , ce qui lui fut accordé. En conséquence Moreau se rendit à Cadix , où il s embarqua en 1803 pour les Etals-l.nis.
Mais là les suggestions de l'ambition l'avaient suivi ; entraîné par une fatalité irrésistible, il abandonna l'Amérique pour se rendre à Gotherobourg , puisa Prague où il conféraareclesempereurs d'Autriche et de Russie sur les moyens à employer pour diriger une invasion contre la France. En effet, les opérations commencèrent bientôt; mais Moreau avait le cœur ulcéré, il marchait courbé sous le poids de sa faute. — 11 eut peu de temps à lutter contre, le remords. Le 27 août 1813, dans une reconnaissance devant Dresde , un des premiers boulets partis de l'armée française vint lui fracasser le genou de la jambe droite et lui emporta le mollet de la gauche ; il fallut lui faire une double amputation à la suite de laquelle il succomba.
Il est digne de remarquer que celui qui pointa le canon qui punit si cruellement la trahison de Moreau , était un de ses compatriotes : c'était un canonnierde la marine qui vivait encore, il y a quelques années , près de Bohars.