‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 19 sur 159 · DISTRICT DE U · texte numérisé non relu

DISTRICT DE U

privilégiés, ils servent sur leur table de la vache salée, du lard et de la soupe de graisse.

Ici , comme dans tous les environs , le maître de la maison met le premierla main au plat; les hommes le suivent , en observant l'ordre que prescrit l'état ou l'âge ; la maîtresse de la maison , ses filles , ses amies, ne s'approchent qu'après que ledernier valet de labourage s'est emparé de la portion qui lui convient.

Un contraste frappant pour l'observateur est celui qui règne entre la simplicité , le silence , la manière d'être des habitons de Pontusval, du Corréjou, de toute la Bretagne, et la langtiequ'ils parlent. Dans toutes les parties du monde , on a perdu le sens des mots corrompus qu'on prononce ; ils ont ici leur pureté, leur originalité primitive et poétique, l'as une expression dont le sens ne se trouve dans les monosyllabes qui la composent ; tout s'explique , tout vit, tout s'anime pour eux. La qualité di*tinctive qui fit nommer uu champ , une maison , une famille, se trouve conservée, après des siècles, parla décomposition facile de ce nom. Penhoat signifie téte de bois ; pen mart?'A,lètedecheval \arc'hand, argent ; ar mor, sur la mer; ar goët , sur forêt ; œtqétt , aile d'oiseau ; les noms du Corréjou , carrec-croum, la roche vantée, carrée -c oui m, la roche du pigeon ; la grève de Gnissény , coat nos, bois de nuit, donnent des idées précises. Que ne diraient-ils pas , que n'inspireraient-ils pas au poète qui les emploierait ! Il est barbare de négliger , d'anéantir la langue des bretons , des celtes, la plus vieille médaille de l'ancien monde. Déterrez Le Brigant , que l'ignorance a dédaigné ; tirez-le de l'affreuse misère où le gouvernement des rois l'abandonna; qu'il n'emporte pas au tombeau les richesses dont il est dépositaire ; et quand il serait vrai que ses aperçus fussent des chimères , que ses rapprochemens fusseut l'effet d'un ingénieux charlatanisme, leur bizarrerie , leur sublimité devraient les faire conserver : le dédain est presque toujours l'effet de la sottise.

Je reviens à Ijesneven. L'épouse du citoyen I.egall, agent du district, à Lesneven, dont la vie se passe à secourir les malheureux . m'a donné la recelte d'un remède contre la morsure des chiens enragés. Si j'en crois la voix publique, elle a produit d'étonnantes guérisons.

L'on prendra :

Une poignée de feuilles de Sabine; Idem de rue; Idem de sange ; Idem de valérienne ; Idem de pimprenelle; Idem de lierre terrestre; Idem de menthe sauvage on des prés.

Une poignée de feuilles et racines

De marguerite sauvage; De corne de cerf; De camomille.

Une poignée de racines de polypode de chêne.

Une ou deux gousses d'ail.

Une poignée de gros sel.

Trois douzaines d'écaillés d*huttres pulvérisées.

Le tout , bien pilé dans un mortier , se met dans un pot de terre; on verse dessus une chopine de vin blanc, qu'on laisse infuser au moins pendant douze heures. Quand on preud le remède, on en exprime le jus, que l'on passe; on le prend à jeun, pendant trois jours consécutifs. La dose est d'environ une derai-chopine. Dès qu'on l'a bue, on fait beaucoup d'exercice, pendant environ une heure; puis on change, on se lève, on mange, et l'on peut vaquer à ses occupations le reste de la journée. On aura soin de ne pas user de laitage, ni d'aucun mets où il entre du lait, pendant ces jours, ni même pendant les trois jours suivans. On ne se fera pas non plus saigner pendant l'année. L'excès du vin estaussi pernicieux pendant le même intervalle de temps. Pour la guérison de la plaie, on emploie le marc des simples , et pas autre chose. On la fait rouvrir au premier pansement , s'il est nécessaire.

On la panse tous les jours, jusqu'à parfaite guérison.

\ota. 1" Ou sent bien que , pour le» eufaus , on

la dose, et en «ela ou a égard a leur ige ft à leur lempr-rainraenL

i* Pour la bestiaux, c'est la mémo dose; ils gUahiutenl aussi bi«n que les hommes ; on a seub>

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La commune de ï^uescat. dans le dMriei de Usneven , produit des grains de toute espèce , eu abondance.

Oelle de rjtMer est au«i rirhe ; ou y trouve

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Knire Sibiril et Clrder est le rbiteaa de Kerouséré (T< ; c'est un assemblage de grosses tours liées parties bitimens qui Tonnent les courtines. I^tmer baiKne les grands boUde chêne qui sont autour de re rhàteau. 1rs rrènraiit . les marhieoulis , les meurtrières, y sont encore dans le meilleur élat. Ij*> murs ont dii à quinze pieds d'épaisseur. On y voit une salle énorme , une cheminée grande comme une salle. On sent que ce chiteau mavsir, près de la mer, garni de bois, offre d'iiilèrev»ait* aspects et des sites Irès-tarié* : la mer, l'Ile «le Bas, Sl.-

1 rm Irailrmrai , ditral in aalaan. n plaairan aelrca airdrcint dr I raaca n d Allrm*£ue qui oai repeie cet riprr»rarn , rsl iaUtlIitilraarBi pecarnr. Si , au rualiatra , l'an

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C* ctUiaaa data da .16o , aua. b drraot dr I rddtca fat pmqar loulnaral rrr<>u»iroil «m lafia da 16* wrrlr. la dil Canferj , b Taiwan dr Krr»tj»rrc rapparia aa 1

y cvjaBaaaaMbila rl aaaarl i rl»irni j 1 mil »<»o l>aaa»i*rrtr. Ir lirur d» QaaUual, rl I* tapitaïaa tVrraadraaa , >'ru>i prrparr a

du Juf dr M rt < «rur t *wjt ajrltrr b air^r dnaal KrrouM-rr. Lra artfarun da Faoarl , d* Cara* , da Km» pool , da *rrW. -> Oirurdrn. da SVanara da Uaaqarl , dr Maar, de traawar , da Krrfa» , ar joigaàrral m lai , a»n« qua Ua

draon. Ir cfcatraa MM m» anaaéara ; radia In awrara rap» inlrrral. Il fat coavaam qa'ili aiariiratral vrr n aa^a» Mwm . aMU In boiuivr» da» . ..mnmnr. raolrrral b Irailr ; d* uu»- Mcrrrra) Krraadraoa . qni 1 rlail poansal drçroc poar tonir;

laa graidarioaiain Iqparan para larral k aulm rot «luira.

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poaaraaaoa da krr*'u»«£* ( rt obtaaf da roi 15 aailif a» a» p»»ar rrpaaaa b rlUlvaa , qat aaail rl* dcanralrl*. La rkàlaMa da r a «tr tfaaafuraia aaaaqaa anap» ra cx.llr»r. .1 aat babat* . tl rppaitwal a M da I

DISTRICT OE LESJET»:* F* 1794.

Pol et s«s clochers , les rochers noirs avancés dans

1rs eaux, ie> rniDriiissrni , 1rs \<int'iii. » ous a»rz lu, dans nos romans, la description des ermitages, on de ces elialeaux écartés qui préparent aux aventures d'amour, de guerre ou de religion ? Dans celui que je décris, vous en trouverez un modèle. Il soutint un siège du temps de la Ligue; le duc de Merccrur s'y renferma.

Goulven est le pays le plus fôcond et le mieux cultivé du district. Even passe pour le fondateur de Goulven.

Plonnéveater est couvert de terres de labour et

de prairies.

La commune de Plouguerneau, que baigne la

rivière de VracTi , ou d'Aber-VracTt , est une des plus utiles du district. Cette rivière forme, a son embouchure, un petit port de mer. C'est là qu'était située, dit-on, l'opulente ville deTolente, réduite en cendres en 875.

Ploudaniel et ses dépendances offrent de gras pâturages , des terres très-fertiles : c'est un pays très-plat, coupé de quelques landes.

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