‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 29 sur 159 · JI · texte numérisé non relu

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portions extérieures ne rachète jamais. En eût-il coûté davantage d'embellir le premier port de l'Europe, d'en imposer aux yeux par ces grandes dispositions qui toujours augmentent la facilité des mouvenoens , le classement des objets ^a distribution des lumières? — Non. Phidias tirait d'un bloc d# marbre la statue de Jupiter, qui, dans les mains d'un maladroit, ne produit qu'une plate caricature : la matière , le travail et les frais sont les mêmes; le génie seul des deux artistes est différent Michel Ange eût fait de Brest une des merveilles du monde ; Choquet et ses prédécesseurs n'en ont lait qu'une énorme masse de pierres,; jo m'y sens étouffé, je n'y suis pas à mon aise.

C... disait avec raison : je ne vis jamais un suisse affairé. Le contraire peut être dit de tous les habita ns de Brest : je n'y vis jamais un homme sans affaire , ou du moins qui n'eût l'air d'en avoir. On se formait aux mouvemens des cercles de Paris, des promenades de Versailles, malgré soi, par le mouvement imitateur si naturel à l'homme; on en avait bientôt les manières polies, le son de voix si radouci , les grâces , l'insipide monotonie ou la douce uniformité : ici, tout mouvement est rapide, précipité ; on ne marche pas , on court , on se heurte , l'on crie; c'est habituellement la confusion d'un incendie ; la grande rue, le port, sont deux couloirs où tout Brest s'agite à toute heure. C'est là que sont tous les travaux : le curieux imbécile est entraîné comme l'homme d'affaires, comme le matelot qui craint de manquer le canot qui le conduit à bord. Il marchand, cet être apathique et tranquille, quand il sort un moment de son comptoir et de sa robe de chambre, précipite ses pas en allant à la promenade , chez son voisin , à son café , comme à Paris , quand il va chez son créancier. Non qu'il ait plus de feu, de vivacité que l'habitant de la rue Saint-Martin ou de la rue Saint-Honoré; il cède au tourbillon qui l'entraîne, qui l'étourdit. Brest offre, à celui qui l'observe, le mouvement, la rapidité, la confusion d'une fourmilière qu'un enfant vient de renverser. On dit pourtant que ses travaux sont d'une plus grande importance.

Paris fut le séjour de l'amabilité , des grâces ; le triomphe de la sociabilité, le tableau de la civili- t salion poussée à son plus haut degré de perfection. Rome est, malgré la faiblesse des artistes «lu jour, le temple des beaux -arts, de la pompe et de la magnificence; elle fut autrefois le séjour de l'intelligence, de l'esprit, de la politique. Gfncs, Turin,

mSTlUCT Dl BllKST EN 17<Vf.

\ ienne, et la M\e Vérone , sont des Tille» d'architecture; Londres, l'asile du commerce: Brest ftit le temple de l'orgueil.

Le rire-amiral D.... , pour a\oir fréquenté son jtni de collège, coupable de serrir dans linra»ferie, fut obligé de I»' poignarder dans un duel. i «tte liche obéissance a l'esprit de son corps lit le malheur de sa longue existence ; il \o\ait suis cesse cet ami, paie, mourant, le jmir, la nuit, au milieu des halaillp*» ; ft , par uni' faillie»»- c\cu- -, il attribuait a son ombre tendresse h* |'| s qu'il reçut dans les Mromliat.* qu'il l»ra. i a an a>anl «a mort, il m'a c«nté ce trait , dcsesï^ré . tremblant , fondant i'ii tonnes.

\jt M. de la M... roupa la l.'te au main' t\c Y... , qui l avait mal logé, -liviit-il, .Tn. .i^u i I lui .humai >j maison, la plus c.imniodc »> la ville. Il ne lia pos puni de celle atrocité.

I/1 jeune ('.... évitait il»» rencontrer »nn perr , capitaine de frégate, mai* intrus dans h- grand roi -ps , n'jvinl pas été garde -marine. Sur les tendres repmebes de ce père étonné. I ... lui .lit m luillm- TîjciI : *pje votilez-ruus , mon père... iont ,7<m t

an disait devant moi , en le« plaignant : — 1rs malheureux ! à la fleur de l'ige , arec une immense

fV>rttmt ! — Du I , lieutenant de vaisseau ,

s éeria : — qn'allaient-ils faire dans celle galère? Il* prétendaient aroirllé forcés parla reine d'entier dans la* marine. Qu'a de commun cette femme arec ootre étal? Si le malheur n'était encore tombé que ■ espèce;

Je regrette T

Quels désagrémens n'éprotna pas le comte d'Estaing! Se» victoires, son dévouement ne le lavèrent jamais de n'avoir pas été garde-marine.

Pauvres officiers auxiliaires, commissaires de la rn-mne, que d'humiliations , qne de dégoûts, que de mépris n'en avez-vous pas endurés . malgré votre patience, «otre soumission, *<i linoels et vos tairas bien reconnus ? Ce instruit dans les \ ovales de long cours, boni me •hJ.ii ré , fouissant d'une fortune acquise dam le Bengale , aux Indes , en Amérique ; reçu dans tous 1rs cercles de Paris, fait an style de la meilleure c.impjgnie, mangeait an bout île la table, humilié pjr ie développement d'un orgueil qu'on n'avait j.js ta déjji.i. vk- de dissimuler.

Existait-il on degré d'abaissement égal à celai qu'éprouvait un bourgeois de Brest? Il prétait, on ne lui rendait pas. \vait-il une femme, elle était insultée. Traversait-il les rue», on le couvrait de boue. Se fichait-il , on l'assommait. Se plaignait-il, il allait en prison.

L'orgueil et l'insolence se montraient à Brest dans imite leur laideur, dans toute leur sottise, dans toute leur platitude. \* Toile de politesse et ce vernis des prétendus grands de la cour ne pouvaient exister chez des hommes qui (oignaient a la dureté naturelle de leur état nne éducation peu soignée.

La subordination si nécessaire était nulle dans ce corps bizarre. Les gardes-marine , à seize ans, traitaient arec légèreté, avrc mépris, leurs chefs à cheveux blancs; ils disaient en proverbe : ptat et Mte comme un capitaine de vaiucau. L'homme qui commandait une escadre était l'objet de ta haine , du mépris des chef» qui marchaient sous ses ordres. Nul accord, nulle obéissance; eu vou'ait vaincre isolément. Vous avez vu , sous le comte de Grasse, dans mille occasions, combien cet esprit détestable était dangrrcux à la France , que de sang il a fait couler, que de vaisseaux il a conduits dans la Tamise ! Ln vain les ministres tentèrent de le détruire; ils cédaient .1 I'.is< ni'l.ml du corps, on se reliraient di^grariés. On n'imagine pas à quel degré de force et de puissance la marine était parvenue, non par un plan prémédité, suivi, comme les jésuites, mais par l'éternel séjour de ses chefs dans les bureaux , par une multitude de dames d'honneur, de femme* de cour , de femmes de < li ambre . <<l*édanl les ministres et la maison des princes, l-a résolution pouvait seule changer l'esprit de rc corps dangereux : pu isse-l-il se régénérer et se persuader que. sans subordination, saas une obéissance passée, sans étude et sans théorie, H ne paraîtra jamais sur la mer que pour baisser son pavillon, que pour servir encore de risée, que pour subir, enchaîné dans Pl)uwulb, les insultes et les honras de l'Angleterre.

Il n'est pas nécessaire de dire que ces observations générales ne portent pas snr tous 1rs individus. J'ai connu dans le corps de la marine des hommes pleins de talens. d'honneur et de génie, loin de liuM : a Pans, les R... , les C... , les M... , les B... .étaient des hommes vraiment aimables ; mais dans I. s mur» de cette ville, un brouillard k*e?ivrloppait. ti:i mauvais ^nie le*, troublait, uut u-

MSTRICT DE BBEST E* 1791

vinité les ensorcelait , comme les littérateurs d« la Dunciade. Tiirenne alors n'était pour eux qu'un officier d'infanterie; d'Aguesscau, qu'un pédant; Duguay-Trouin , qu'une exception inconcevable. Qui n'avait pas été garde-marine, était un athénien sans musique, un barbare sans initiation. Ils ressemblaient à cet enfant qui pleurait en songeant que César et Calon n'étaient pas catholiques , et que Rose, Fabert et Chevert n'étaient pas nés gentilshommes.

Si , dans toute la France, on élève un autel à l'égalité renaissante, Brest lui doit un temple orné de jaspe et de porphyre.

Brest n'offre d'usages particuliers que celui qui forçait les nomeaux mariés à se jeter dans la mer le premier jour de l'an (1). Tout homme alors savait nager. Quelle sage prévoyance dans toutes les institutions de nos pères !

Tous les trois ans, on élisait un nouveau maire, on donnait la liberté à trois oiseaux. Jadis, on délivrait trois criminels; cette coutume était répandue dans les Gaules.

Je ne sais en quelle occasion on donnait ainsi la liberté à deux ou troiscents moineauxdans l'église de Notre-Dame , à Paris (2). L'abbé d'Espagnac trouvant cette idée mesquine , voulait qu'on préférât des aigles à ces vilains petits oiseaux.

On donnait une cocagne aux matelots le premier jour de mai. Cet exercice était très-propre à leur donner l'agilité nécessaire dans leur étal (3).

L'accent du peuple à Brest est un des plus chanlans , des plus tralnans , des plus désagréables de la France. Sa conversation roule sur des naufrages , sur des voyages et des tempêtes. .

(i) Cambrv rapporte mal l'usage. Ce «'tait pa« te premier jour de l'an , nui* bien le jour de leurs nnces q»e las nouveaux mariés n ne ni obligés d'aller arracher, en plongeant, nne poignée de goémon sur le rocher qni a conservé le nom de la rotr.

(a) C'était pour le sacre de* rois de France que l'on donnait ainsi la votée k nne inaltitude de moineaux , non dana Notre-Dame de Paris, maia dans ta cathédrale de Rbrims.

(3) Les jours de grandes solennité*, on élevait snrles glacis da château nn mat suive couronne d'une vaste hune rendue prrequ'insbordablr par ses ganibea de revers tendues presque horiionrsIrroeoL Ce n'était pourtant qu'en 1rs franchissant que Von atteignait les rubans et les oranges . prix d'une agilité périlleuse , car de dangereux combats avaient lien avaut dPaHeiudr* la hune, entre reux qni ac disputaient las récompense*. ,

Le cercle de m'» idées esl infiniment plus étendu que relui des peuplades méditerranéennes. Un peut le consulter sur les détails de forme et de localité , sur ce qui peut frapper le* yeux sans nécessiter un grand travail de tête; détails qu'à tort, un bel esprit, un homme à prétention, dédaigne: iN tonnent aux objets leur véritable physionomie. Li \ie des matelots est partout la même : ils ont un grand lu-soin d'agitation et de secousses; le repos les engourdi! et I. 'iirf.nl nul: l,i w<- du |<>ur. de la minute, est la seule dont ils s'occupent; le vin, les femmes, |'eau-de-vie, le tabac, une surcession d'abondance et de misère , les entretiennent dans cet état; il est tel, que très-peu de matelots peuvent se plaire dans le calme, et que l'aisance et l'uniformité ne valent pas pour eux l'agitation et la misère : espère d'êtres bizarres, indéfinissables, à qui toutes les qualités, toutes les vertus sont familières; qui se laissent alleraux plus généreuses, aux plus nobles impressions; qui font avec indifférence les plus grandes actions des héros ;*qo'oo entraîne, qu'on précipite dans les complots, dans toute espère de désordre; qui semblent, en un mot, participer à l'inconstance des élémensqui le* ballottent.

Un matelot breton , ce premier matelot du monde , est un individu que rien n'étonne , que rien n'effraie , que rien ne fatigue : il part avec uneculotte longue , deux gilets , deux chemises et deux mouchoirs, et parcourt les climats brùlans de l'Amérique, les mers glacées delaNomége, sansqn'une plainte , un mot fasse connaître que l'inclémence des saisons affecte son tempérament et son caractère héroïque ; un coup de vent l'arrache à son hamac, à la douce chaleur qu'il éprouvait; il s'élance sur les haubans, sur les vergues glacées , au milieu des neiges, du vent et d'une grêle déchirante; c'est là que, décrivant un arc dans les airs s en obéissant au roulis du navire, il est tantôt au ciel et tantôt dans la vague , sans quitter la corde qu'il lient, l'épissure qu'il fait, le ris qu'il est il prendre. Si l'ennemi foudroie son navire , les cordages, les mâts, ses compagnons tombent autour de lui sans qu'il s'émeuve , sans qu'il quitte un instant l'occupation délicate qui demande toute l'adresse et le calme d'esprit d'un atelier. S'il meurt, c'est avec cette tranquillité que la philosophie ne peut donner, que l'habitude des dangers peut seule communiquera l'homme. Dans sa famille, il est gai, généreux, prodigue , insouciant ; il est tidèle à sa

usinier DE Ml EST E* 1794.

patrie Ce matelot t j'en ai to. cent de eette «pece , M k pto estimable et le ptas étonnant des hommes. *■'»! rieodilde«sokriA#,il«la forée a»*eta- «roHk H supporte la soif et 1.1 faim . comme je Jais le* rtf** de lou* gr ti res aux 1 1 oef «. i I cède ma I lift i reu- ! avec Une facilité trop grande, tnai> qui sont , après les privations de tout > qu 'u ne campagne délcrm me.

L arrivée des romains dans les Vailles , les rourv» des peuples du nord, anéantirent le commerce des teuetrs; les guerres intestines de la l'.n-tagne ftreal oublier jusqu'il l'art de construire ces vaisieaui doDt les liaux avaient un pied d'équarriseiounantes pour le> romain», et <|ui

pu dam le reste du u de. t rschar-

construites par les l'iolomée, par Hiéron, riaient plutôt d'énorme radeaux que de* bitunriu de sen ire.

OQtttuildaiLsIe.sprenher* teuipsdc l'histoire de •aux semblables a ceux des sali de* danois.

Trfk fut l'année navale de l'hilipi** Auguste, la conquête de l'Angleterre, pendairt du l'ape et de Jean >an>- I "être. Klle composée /|e dix-sept eenls vajsM'niu.

flotte de \a>\iv» IX , en 1 MM , .'tait de dix-huit

vingt vaisseaux sous «es ordres. Primognet , dans re combat inégal, se couvrit de gloire , coula plus

de Va loi* . en 1 119 , paraît avec ors f irre» plus nsloutables d.iu> sa guerre t.- ■ ■ 1 1 1 r l* Mouard 111 ; il av.itt emprunté b-s secours et les des espagnols et dc> génois.

\ jugea que sans nue furte marine, il s'opter aux enlreprises des anglais, Le* v aisseau \ <lr Charles N 11 p<»i b ut quatre nulle fi, sou> b's nnlre» de l'ierre de Ure/r , e descente eu Xn^lrlerrv. cl s'empareul de Sandw i< h.

Ou»rlr> Mil, pour soutenir vs droits «ur le ru} au me de Naplcs. envoie le 'Un dl irle.siis dans la MWilclTJJiév : sa tb«IU' r>l i •..iifp..«ée de galères, de galèasscs; «in v servit . dan» relie escadre, 4e feuulct* de Ter qui prinlu t>n > nl plus d Vtlel que teu\ de pierre qu'où avait employés pivqua eelle époque . U9C

L» plus gros bâtiment qu'' m eiït >n* jusqu'alors para mit din> l'année navale de louis \ll . en Itali* *

le 10 août 1513 , a U tue de Saiol-Malht«i , In

bâtiment, qui, sans y comprendre l'équipage, portail douze cents hommes rte garnison. I ne partie «les homme* se sauve ; l'intrépide breton veut mourir à son poste , mais rendre sa moi nuisible à son ennemi : il s'art roche à glais, y met le feu; les deux vaisseaux sautèrent ; plus de deux mille hommes, et IVimogucl luimême, périrent; par cet aermem r i,.

François eut des vaisseaux pour seconder son entreprise sur le Milanais.

Mais Mirbelieu, Louis XIV ei Tolberl , furont l« en'aleur* de la marine en France.

l^sevadres françaises, avant louis XIV , fiaient composées d'une multitude de bAtimens diftVrens de forint, inégaux en force, qui ne pouvaient tenir la lif;iie , marc lier d'un pascal, évoluer, romiwiiire u une manière uniforme, l-es uns ne s<? mouvaient qu'aux nmyensde leurs rames, lesaulirs par l'impressiim du veut que l'art n'avait |H)int encore appris à maîtriser.

l a roii<driirtii.ii de certains kitimens ne leur permettait que le ;ni de quelques raflons placés a leilr poupe, a bnr proue, les galères avaient !«-soin d'une nier calme pour combattre.

1rs portugais, les espagnols, a cette époque , furent forces, par leurs dérouter te> djns 1rs deux , Ifule*. d'entretenir un grand nombre de »aisv'ati\.

I es angljis , le-» Réunis , les bullainl.tis, peuple^ marins . par b ur pitsilion sur le globe , aimi plus d evperience sur nier et des v ai«s<Mii x filu* fitiis ipie la I ranre . cultivatrice, opulente de ses propres richesses . di.nl 1rs peuples «pie j'ai cités devraient n élrc que les facteurs.

Micbelo'11 . le premier, forma datis 1 1 urope une marine mil Itali e : délsirnssj la France «b-^ «-ecoiirs «pj'eîle eu«] Militait a l'étranger, et en NI une puissance maritime.

I! acheta, dabord.de diVreusprîtcvi lier*, une vingtaine de >ai»vMiix; il-.» pri^ lira dans la ] {alla m le : ce lui un premier lomU qu'il eut (;rand som d'cnti'Hejtir.

(i ; t# tfuoa • *rH*" *• C^Jtiirv . et t*«it è** co». •trait tt tmt tm ht» tU U nom ét Moclns , par «nln ér h dacfcnM lai. Tkrrrru r.! d.l qm\[ i MsfUii U r(tort,Mt

Colbcrl , qu'ii snffil de nommer pour rappeler

Iructeursde la Hollande; ses forgerons vinrent de la Suède , ses cordiers de liiga , d'Hambourg et tic Daubtick. On construisit bientôt des vaisseaux aussi

point encore atteint à sa perfection.

Le siècle de Louis XIV vit naître les firezé, les Lamci liera ve, les Valbcllc, les d'Hocquincourt , les Tourville, les Paul , et celle succession de héros qui firent respecter le pavillon français sur les ; mers des deux mondes.

On veiTa peut-être avec plaisir l'extrait d'un mémoire manuscrit sur la vieille marine d'Angleterre.

• La vingt-quatrième année du règne d'Elisabeth, la marine anglaise n'était que de treize vaisseaux de guerre appartenant à la couronne , et de cent trente-cinq navires de haut-bord appartenantà tous les sujets d'Angleterre.

» En 1600, ils n'avaient que trente-six vaisseaux de guerre et 16 ou 17 pinasses. Le plus grand vaisseau était alors de mille louueaux, et portait 3<0 matelots, 130 soldats cl 40 canons : ce qui fait voir qu'on mettait en ce temps les sabords fort éloignes, puisque présentement les vaisseaux du même port sont d'ordinaire de 60 pièces de canon. Dans le nombre des trente-six vaisseaux étaient comptées plusieurs petites frégates d'avis, de cent tonneaux , qui n'avaient que quarante ou cinquante matelots et sept ou huit soldats, et qui n'étaient percées que pour huit pièces de canon.

» Dans la huitième année du roi Jacques, les habitons de Londres firent bâtir un vaisseau de douze cents tonneaux , appelé YJccroisscment du Commerce; il se perdit dans les Indes. Le roi en (il faire un autre de quatorze cents tonneaux ; c'était le plus gros vaisseau qu'on eut encore vu sur la mer. Il fui donné au prince Henri , et fut nommé le Prince.

» En 1637 , Charles 1er fit construire an vaisseau de deux mille tonneaux, percé ponr cent canons; la batterie basse, de quarante-quatre livres de balles ; la deuxième, de trente-quatre; la troisième , de vingt-deux. Toute l'artillerie en est en fonte; il a cent trente-sept pieds de quille et quarante-sept pieds de largeur au maître bau , quarante-neuf pieds de creux, et tire 20 pieds d'eau.

• Son grand mat a cent treize pieds de long et . trente-huit pouces de diamètre; sa grande vergue,

cent cinq pieds de long et vingt-trois pouces de

diamètre Jl porte six ancres, dont la pl us grosse tsl de six mille livres , et la moindre de quatre mille trois cents. Il a quatorze ciblée et grelins , dont le plus gros de vingt-un pouces, et pèse neuf mille livres; le moindre a huit pouces, et pèse Ireizeceuts livres.

• H est monté de sept cents hommes.

» On assure que sa construction , son appareil, de., montent a neuf 4xnt vingt-deux millesix •cents livres. • (J)

(i) A cm détails, no a» croyons io •nivtnt, empraniéaà Thévenard :

Le premier taiueau de ligne que la I • f'é circule à li Roche-Bernard , rt par an simple constructeur de m rira da commerce. C'est lar ta rive gauche de la Vilaine, an-deteona de la Roche-Benurd, ou l'on roît encore des vestige* de charnier* , qu'un conlrucleur de Dieppe , nommé Morin, entreprit ce gigantesque travail. Il l'exécuta ao marché , et s'en lira, dit-on , i la satisfaction da rat.

41 n'eat peut-être pu moi intérêt de rappeler qn>n t637 un simple ouvrier exécutait un vaisseau de 76 ranons en harterie , ce chcf-d'ccuvre de l'esprit humain , cette merveille a

de tairas «oooanrnft aajoardliaj. Le* dimensions qu'a donna à cette énorme machine se rapprochent tellement de celle* d on vaisseau de 7 { de no* jon» , qu'on est étoooé de la précision de ses proportion*. Le vaiaseau construit par Morin portait , comme non* r*voa* dit, 76 canons en broute, et fnl nommé la Courait**. Voici quelle* .'taieul se* dimensions :

Sa quille. ,M pjed*.

Élancement et quête de Pet rave et de

l'étra bot , prit ensemble. . . . 35 Du mat de pavillon à l'éperon. . . j 80

Le maître ban 44

Grandmit. >.6

La jeu de* voile* contenait tune* de toile , petite

laite. 36,ooo pieds.

Le gros cible avait 14 pouce* da circonférence, 600 pied* de long , et

peeait. 4,000 livres.

U grande ancre \,ti5

L'équipage était aénn compose :

M. de Launay Bosilly, capitaine de vaisseau , avant par

ruoït. 3 00 franct.

M. Coquet, lieutenant de vaissean. . . IOO M. frérot ( d'Orléans), enseigne. . . 5o Ces trait officiers étaient nommé* par le rai , et le coœioiaiatait la complément de l'équipage , qu'il ooor-

it movenoaut une tomme qu'il recevait de 1 état. Cet équipage était ainsi composé : 1 aumônier , 1 prévôt ^ 3 capitaine* d'inné*, 9 rergeot , 6 caporaux , 6 anapeeaade*

Eo 1631 > leenrd.nal de Richelieu fil bâtir à Brest ( encore sans établisses eus pour la marine ; des magasins; il ordonna d'en creuser et le part.

Eu 1663, M. de Beaufort, amiral de France , arrive avec soixante vaisseaux de guerre dans la rade 1, pour établir la marine rojale dans ce

Ihvst est le premier jw>rt

lîl

Il fit (aire un retranchement provisoire qui dé- IraHlail la ville et Recouvrance.

On commença ^fortifications en 1680(1) ; eUea furent terminées en 1688.

Kn 16H1 , lleeouvranee , comme faubourg de FirrM , fut réuni a cette commune, la batterie royale, ainsi que la batterie du fer achevai, furent fait» en 1665; la contrescarpe eu 1756, par M. Choquet.

1> parc à boulets ne fut terminé qu'en 1749. M. Cboqiset, en 1 7;><i , rétablit le pare aux vivres

UWferie lut faite en 1751 , par le même M. I liiM|tiet.

\jp magasin au vin fut construit eu 1716.

fut incendiée en partie dans I année 17Ô9 ; eu 1761 rite était réparée.

Ij vieille boulangerie était de 1672; elle fut réduite en cendres en 1793.

l-i «Ile d'armes, placée trop près de l'eau , est de 16» (*).

l-e magasin île retour , de 167*.

(, de 1671

i. tluip««iim r^lfit», * loaadirn, S MtUnt »*l*t« , S ■"'•»« . *° "MWiw, Il boair-Oai , 3 voiinm, iuo mttrlLt» luiu certificat* a* long couv Total 6*0.

•Mmi.

»-r>»dr, i mn M p*,.^ , „,„ tpo^n* i(HbU t.».

I» phMtk. > t«U.

C«a«fr. 4 tott S <W.

1*iW éV Intipt I ( l'am*.

SUH,Uh».

L"***- IMk6 4n..

...... 5 Mil.

« l«» It po«.

(.iT^.ÉIIlMlM

rnuiiai: rauxue.

Je viens deriler | Lindu , ingénieur de la marine ; cet homme a l>eaucoup travaillé : il a construit le bagne en 17ôO et 1751 , le premier bâtiment de cette espèce, uniquement destiné pour l«* forçai*, ou l'on ail allié la propreté, la sûreté, aux principes de l'huma- Tourncfort parle du bagne de C.onstantiiioplc de* plus affreuses prisons du monde; le père llrau , de ceux de Tunis, d'Alger et de Tripoli , avec les mêmes expressions. A Marseille* à Toulon . les galériens n'ont point de bàlimens qui leur soient uniquement destinés ; ils sont très-mal logés (4).

Il n'était pas facile de déterminer la place dn bagne ; il fallait que les eaux pussent y circuler avec facilité , avec surabondance ; il (allait qu'il ne fùlpaslrèa-éloignédulieudes principaux travaux; il ne fallait pas qu'il fût placé daos l'intérieur du port. L'emplacement qui se trouvait devant les casernes, derrière la corderie ban le, à coté de l'hôpital , parut convenable à M. Choque! , qui l'employa ; on y respire un air Ires-pur , éloigné des vases el des immondices des ports.

Il était nécessaire de diviser la masse totale des forçats , pour éviter des révoltes dangereuses , et de ne pas multiplier les subdivisions, pour ne pu augmenter le nombre des surveilla os , pour n'être pas forcé de placer dans une multitude de pièces les objets de première nécessité. C'est ce qu'exécuta M. Choque! , eu coupant l'étendue du bagne par le hatiujeul du milieu. Il a 780 pieds de long, se sépare en quatre salles qui peu mit recevoir den\ nulle forçats , en quatre bandes de cinq cents bimi-

mi nenl sur les salles , et les surveillent.

Chaque salle a ses cuisines , ses latrines et ses fontaines; un mur de quatre pieds d'épaisseur le» partage de quatorze pie.]» eo quatorze pied» ; il est coupé par une porte de cinq pieds de large ; entre ces portes, les lolas ou lits de camp sont placés. Celte distribution Ires-avantageuse empêche les forçats de percer le* mur» de fore, par lesqueb il» se sool évadé» >ad.v

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