‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 41 sur 159 · DISTRICT DE BREST V* 17 M · texte numérisé non relu

DISTRICT DE BREST V* 17 M

tunique' sans plis jusqu'à la ceintnre ; elle descend jusque sur les pieds qu'elle enveloppe. On ne peut décider si l'homme est nu ; ses pieds posent sur 4in chien. Un ceinturon indique un chevalier; il est placé fort bas pour la pudeur.

» Au milieu de la cour où ces sculptures sont déposées , il existait une croix curieuse dont on voit encore les débris. Le bloc qui supportait l'arbre est d'un seul morceau ; il a trois pieds carrés ; ses quatre faces sont couvertes de bas-reliefs. Li face principale offre l'image de J. C. couché sur les genoux de sa mère; une des Maries supporte la téte de son mallre ; la Magdclaine tient un vase de parfum. Le corps de S. C. a quatre pieds de développement; son altitude est simple et bonne. Ce tableau, en général , a plus de dessin, de mouvement , de proportion , que les mille et mille morceaux de ce genre qu'on trouve partout en Bretagne. Sur la fcee opposée , le sculpteur a représenté l'adoration des rois. \jt troisième basrelief présente un homme à genoux , tenant les clous de la passion. Le quatrième , un vieillard à genoux , vêtu d'un large pantalon , d'une courle tunique , couvert du bardocuculus ; c'est le costume de nos pères. Il tient en main la couronne d'épines.

» Sans doute on ne comparera pas cet ouvrage aux chefs-d'œuvre de l'antiquité ; mais pour travailler une matière aussi dure que ce granit, chargé de quartz , pour donner un relief d'un pied à ses figures , pour placer un sujet à quatre personnages dans un espace de trois pieds , pour mettre quelque expression dans les tètes, du mouvement dans les draperies, de la souplesse dans les altitudes, il fallait un talent qu'on ne soupçonnerait pas au v anciens artistes de la. Bretagne. L ne histoire de Part , dans ce pays voisin de la France , mais toujours séparé d'elle par la politique des rois el des parlemens, offrirait des détails, des observations pl us curieuses qn 'on ne Pi magine, j'en a i la cert i t mie.

» L'arbre inséré dans ce bloc, d'un seul morceau , avait douze pieds de hauteur. Il était surmonté d'une espèce de meule de la même matière. F.llc a quatre pieds de diamètre , sept pouces d'épaisseur. l>es saints et J. C.. en croix étaient posés sur cette base-(l).

(i) L'égliaedciCordetierieM tout* fait deconeerte , de» aalioticro y travaillent, l-e «ocle sculpté dool parle Cambry rii«te

> L'église paroissiale deSaiiit-MalhieD conserve

encore de beaux vitraux. On y remarque deux arcades très-hardies. » (2)

Il est peu de ville qui , depui* la révolution , n ait perfectionné ses plans , ses quais , ses promenades publiqnes ; Quimper n'a pas eu cet avantage. Il est presque impossible d'embellir l'ancienne partie de la cité ; les augmentations qu'elle recevra se porteront sans doute dans le voisinage des quais , sur ce qu'on appelait la Terre au Duc (3). On ne peut se dispenser , en attendant, d'élargir la rue Obscure ; on la traverse en allant à Brest , en revenant de cette ville; le plus habile cocher a de la peine à la passer : les accidens y sont communs (4).

L'ingénieur Détaille , homme plein de mérite , de zèle , d'amour pour le bien public , a présenté tous les plans d'utilité générale et d'agrément pour la ville qu'il habite , pour l'arrondissement qu'il surveille; les sommes médiocres qu'il a reçues du gouvernement , employées avec intelligence , avec économie, sont bien loin de suffire aux dépenses nécessaires ; les hommes, les maçons, d'ailleurs , sont devenus si rares , leur solde est si considérable , qu'il ne peut pas garnir les ateliers. Attendons tout du temps et de la paix.

Ici , comme partout , les corps administratifs ont négligé de se pourvoir d'édifices , de terrains qu'on leur eût accordés pour établir des hôpitaux , des casernes , des places nécessaires. Quand on fut pr il à vendre Kerlot , le citoyen Détaille réclama les terrains indiqués dans le plan général de la ville , comme destinés à son embellissement, aux constructions projetées depuis long-temps. On

M vaille pierre tombale »««. cnruuw. La propriété de M. I r lluttard i rnferme au«i Ir cloitre du couvent , j moitié detrait, mai» qui prétenlc encore ont de» pin* belle» ruine» du déport rroen t.

(a) Catalogne,

L relite de Samt-Mathieu date de la fin do quinzième aiècle. 1 .Ile est actuellement dan» uo grand état de délabrement.

(J) Le» ri»irre» le Sleyr et lOdet , dit M. de KréaaintilVe , renferment le terram appelé Terre an Duc. Céuil le lira «oo- »acré anlrcfui» aux «cte» de la haute loxeraioeté de» du.» de Bretagne ; leai» officier» de jndicalare el de kn liage y Aidaient el y exerçaient leur» fonction» an nom du lurrrain. Lei j % duralr» étaient bâtir» en cet endroit ; el »ur la nlart

fourche» d* ju»tice.

(i) La rue obscure . aujourd'hui roe Royale , e»t eon»tniite ! à oe-if et élargie.

w strict or or: "Pin n 17^1.

If,

u'ml aneon égard a se* observations : 1.t vente s'effectua, l-a nation sera ilan* la nécessité de dédnm-

rr qu'on eut évité avec un peu de prévoyance (I ).

Sur une partie de l'enclos non vendu des l'rsnlines. on veut former une place, que traverseraient □mes, celle* de Ponl-IAbW, de t , de Ixxronan. Cette place deviendrait mi marché nécessaire ; au milieu s'élèverait une fontaine publique ; ses eaux seraient fournies par h source de Sainl-Jfcteph; dans un des angles, on établirait un lavoir. Pour que la place cnmmuniqnit avec les quais , ou ouvrirait une rue sur les terres de krrlot ''2,.

Ia citoyen Détaille a proposé de eonstrnire nn abreuvoir prés du pont de la Révolution . d'établir un navssage sur la rive orientale tle la rivière : il isolerait le bâtiment où sont réunis les corps constitués; le public en approcherait avec plus de facilité et sans le long détour qu'il est forcé de faire, quand il s'y rend par le pont du Parc 3.;. > Le tribunal criminel n'a pas T pour ses assises , un local particulier , commode ; il occupe moeneu-

uiM uieni une peuie eguse près au pont sainie-v jh llienne. l'oint de prison criminelle . point de maison d'arrêt , point de bibliothèque a Quimper. On pourrait placer ces établissement indispensables dan» Mot des corp* constitués ; la bibliothèque occuperait la partie qui s'approche le plus de la promenade du Pinity , où le lecteur potin? il rafraîchir sa lète fatiguée sous un ombrage épais , dans un air purifié par le mouvement des eaui , sur un terrain uni , sablé , foulé par les plus jolie» femmes ( 4).

Le quai de l'ouest a besoin d'être reconstruit r*»).

Il serait nécessaire de faire curer le lit de la rivière, au confluent surtout du Stejr et île l'Odet

Tous te» pavé» de la commune sont à refaire ,

(») <>» a (ormr un* plac* mu Iravloa d«a t'nnlinn , «w p» >'j t pomt rtakli «V toaUia*», U «OU «W (JuMnpn

<ir 'mm at «V« pntok.

(V) L rtweutow «I U paaaag. propotr. «-ni

(4) H y * ud fort Uaa udraoal MiakiaM . QuImv. La

Muot J« j ortie « «i U ■aian» d'arrtt toai La

LiSWiIm^m »<* lnaa Usa* rt place* a U tiht-

I r, .jtui, k>dI ru bon .Ut.

rem de I» rue .lu Cuêodel snrtont . on l'i.n ne peut marclier la nuit sans risquer d< se casser la ïambe. C'est dans celte nie malpropre , obscur? , infecte, étroite, mal percée, t]w sout placées les boiiclieries '!}.

Peu de mois se passent à Quimper sans que quelque particulier ne tombe dans la rivière et ne s'y noie. Ces funestes accidens devraient avoir déterminé !a v ille à Taire placer des garde-fous sur tous les quais.

Ixs vieilles et les enfans supposent que le diable, sous ta forme d'un gros chien noir , vous précipite dans l'abîme , et que le hasard seul ne peut déterminer des accidens si souvent répétés. 1rs quais sont impraticables pendant plus d'un tiers de l'année; il est essentiel de les paver fX).

«Loc-Maria faisait , dit-on, partie jadis d'une ville dont l'existence n'est conservée que dans le souvenir, par quelques chartes* par les noms des nies qui n'existent plus, et par quelques maisons é| tarses sur le rivage de 1 Odet. il y avait un couvent à ]xk- Maria ; la prieure avait la croix d'or ; sa place était recherchée. La fortune du couvent n'était que tir:, à 6 nulle livres de renies; on en dépensait ta moitié pour soutenir les droits honorifiques de la maison. Les |wpiers de ce prieuré sont des liasses de procès. • 9)

Au milieu de la promenade plantée «tans le prolongement du cliamp-de-bataille, a Quimper, il existait encore , en 94 , une chapelle curieuse, appelée le Pinity.

ceux du Guéodel , mais ils n'ont pas moins d'éclat , • de richesse et d'élégance. Les ornemens , espèces de filigranes , caprices d'architecture , araliesqucs légères , sout aussi d'un foml blanc relevé d or. La

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[:) Tool rrt Jjo» 1* I '*) I «-« qu>u ■>» fini point ^•rlqor» panle-foo» partirt».

on |<rul «joolrt; In anau :

L* prMm* «V la» Mafia urtait , tu uSt , xni la m* • akkaya oV Sa-MaU coortmfiiutii <pw l'o* naaii^ur i

r|nK]Dr* diOrrc»»» , rt proairal <pM IrttrtaN hrt rrprt» a pliuantrt <<>••. La ruaJ.poutl rt os.

U «ait , le golkt |iir miaam pu a ofitnv Om pavt ileor cr«u« <f»a r«a pattjrt 4* ('(La* «V LocJKaru apparticaBral «u

DISTRICT DE QUMPEn rx 1794.

vie de la vierge fait le sujet des divers tableaux qu'où y voit. Je remarquai surtout la vérité , le dessin, le caractère delà tètedun homme de moyen âge , qui parle au grand prêtre des juifs sortant du temple ; ce précieux morceau doit être consen t1. Le bleu , le pourpre de ces vitraux, sont admirables.

» Sous une voûte dont on a condamné les ouvertures, où l'on dépose des poudres, des cartouclies , on voit un eccc ho/no «le six pieds , accompagné de deux bourreaux et de deux pages. Dans les niches latérales on a placé deux prêtres juifs. Ces statues , en bols peint et doré , plus proportionnées , moins barbares , moins courtes «pie les autres statues des églises bretonnes, devaient imposer aux bous h.ihilans des campagnes.

» Les écoliers, auxquels ou avait persuadé qu'un des bourreaux de J. C. était Judas , l'insultaient , le couvraient de boue, lui jetaient des pierres tous les jnurs de composition. Celui qui parvenait à le frapper se croyait sûr d'être empereur. • (1)

A l'extrémité de la promenade du Pinity , près de l'ancien ue ville de Loc-Maria , plus vieille, dit-on, que Ouimper , et qui n'est à présent qu'un village, on voit une manufacture de toute espèce de faïence , de poterie, dont les travaux n'ont pas entièrement (ï,m: depuis la révolution ; ou devrait l'encourager et la soutenir. Depuis l'interruption du commerce elle fournit au Finistère la grosse poterie dont , .sans elle , il eût été forcé de M passer. Ses travaux autrefois étaient plus recherchés , quoiqu'elle Remployât que de mauvais modèles , si j'en juge par d'anciens moules et par quelques pièces non vendues et cassées que j'ai vus dans le magasin. i> gouvernement devrait faire passer dans toutes les manufactures de la république des modèles de ces beaux vases apportés d'Italie par Denon.

C'est par ces soins que les arts se perfectionnent. I n vase régulier, parfait, élégant , comme ceux de \ olterre et d \re//o , ne coûte pas plus au manu livre qui l'exécute que ces pots lourds , uniformes et grossiers des manufactures de Fraiire.

C'est en copiant l'Ftrurie que les Iteliers de Wedgvvood mettent à contribution toute la terre, et que la gaucherie des artistes anglais disparaît sous des formes , empruntées à la vérité , mais préférables aux caprices des autres peuples de I I an ope.

En suivant les contours variés de la rivière à la-

(l) Catalogue.

L'égliac du Puuty a cl* démolie.

quelle les eaux delà mer se mêlent , vous avez sons les yeux quelques paysages sauvages , quelques jolies maisous de campagne , et les montagnes dépouillées qui vous coiiduiscul jusqu'à la rade de Bcnodet , par un espace de trois lieues.

I es li ilimens de trois nuls tonneaux remontent jusqu'à Quimpcr ; ceux de cinq à six cents ne peuvent se rendre qu'à l'anse de Ijuroz , à deux lieues de Renodet ('2/. Sur celle anse on pourrait établir une excellente briquer ie; deux espèces de terre qu'on y trouve, quand elles sont mélangées, donnent des briques parfaites. On en a fait l'essai. Cet établissement , entre Brest et I .orient , serait avantageusement situé.

Des frégates peuvent se mettre en sûreté dans la rade de Benodel. Files n'y viennent que dans les cas forcés. La passe est bonne ; mais, quand on est contraint de louvoyer , on en redoute les bas-fond*.

La compagnie des Indes eut, dit-on, le projet d'y faire un port.

Sur toute cette côte, depuis le Port-Liberté (3) jusqu'à Brest, on fait une pèche très-considérable de sardines , de congres, de juliennes. I* congre se pêche à la ligne ainsi que le merlus. I-i sardine se prend dans des filets Tort grands; ils tiennent à l'arrière du canot, tendus par des plombs, soutenus pardu liège. On attire ce poisson avec delarogue; c'est du frai ou des œufs brisés du stocknso délayés dans de l'eau de mer. Ou tire la sardine des lilets avec une espèce de raquette. On compte ordinairementeinq hommes dans chaque bateau. Lessardines , disent les pr< lu urs, ont un roi , nomu é le Maigre, qui, quand il trouve un banc de ses sujets, les mange tous, formassent-ils un monceau supérieur aux plus grosses montagnes. Des qu'on le voit s'élancer hors de l'eau, la pêche est terminée, les bateaux rentrent. On ignore s'il existe réellement ioi .mimai si redouté des sardines qu'elles se départent à son approche , ou si ce poisson n'est produit que par l'imagiualion des pêcheurs ; jamais cet animal dévoraleur ne s'est trouvé dans leurs filets (4).

On pêche dans ces mers des harengs , des mata) H ne monte a Quimpcr que dn narirc* de aoo tonneaux , cl l'anae de Lanroa u'f*t c|o'à une lit tir de Qaimper. Çi) Nom donné, pendant U rrTolutiun , an Ptirt-Lomis. (4) L'rxialrare du Maigre e»t nn de en conte» de péril cur» •i nombreux aur noa cotea , mai* qui n'aurait paa du tinter un (Joute dan* l'esprit de Catnbry.

quereatrr. k trente-six lieue* dans le sud-omst <1« IVtimarc'b, il existe, «lit-on, un grand banc de iD Tnf , qu'on a négligé pour Terre-Neuve '1 ).

On vante avec raison l'excellente poissonnerie de Omniper. La rivière produit des saumons, des truites, des mulets , des anguilles. Concarneau et Itouarnenez lui portent des poissons de toute espère : soles, turbots, rougets, ctc.,ele. Tout ce qui peut garnir une taMe bonne , recherchée , s'y trouve m ahondasc* ; c'était un pays de chanoine. Les denrées n'y sont pas aussi chères que dans les villes voisines de Brest et de tarirai, gouffres où tout va s'engloutir, surtout «Uns les temps «le «lésordrcs où les approv isionnemcns mal «lirigt's laissent porter sur le Finistère et sur le Morbihan la charge de les alimenter.

I* beau bâtiment de I évêché sert à présent «l'auberge; on y reçoit des étraugers dans «le* appartenons vastes, propres, bien éclairés, meublé* avec rerherrhe.

Ijts tabagies de la Bretagne , de la France entière, •tonnent du prix à ces maison* r«»imnodes.

L'hôpital militaire de Quimpcr e*t bien tenu , dans une position avantageuse , sur un t«Ttre élevé qui «lomine la ville ; on y jouit du meilleur air , d'une belle vue ; le jardin est assez vaste, assez bien ripnsé pour qu'«m y cultive des plantes médicinale», exotiques, etc. ■"!)

m Les grotesques ligures qu'on aperçoit sur les plus anciens édifices de Quimpcr ont un cararléi e d originalité , «le plaisanterie, «le gaieté, qui ne le cède à rien de ce que j'ai vu de plus bizarre. C'est un malheureux qui souffre, et <I«m»I la risible grimace est à moitié cachée par un mouchoir ; cVM un lounleau qui sollicite un juge, qui lui répond eu lui montrant sa bourse : c'est un monstre a letc «le pongo, pres«iue aussi longue qne v»n oirps décharné, qui pose sur nn bouclier ; un cordelier a figure béuigne,é|en«lant «les mains bénit<"> sur la trie «les passant. On y voit l'ange «le Tobie , U folie , un séparant en doux un lion dont il déchire i , et reganlant d'un air l.'roce un bnrguerrier qui le menace d une amsue ; re

(i C* hiur cn«<c , ri il r»i rtitjin f i no I i reir'>-nr Vey«j i cet rgird TUri en jrd.

<■») LV.f.i«tl dont put* k, C.mkrr r»« vimtrMDl l"h«»nrtl n mtl.u.r» 4t Ouiwprf ; cV>l os janoa tmiuir*. ««« rJiCr* Ml twU »ur aa hui dr cr« pirrrrt qn» In Wt. ri' tpprllnU pv-i i tJ c»« l.en »itur, »n» ,|io»n<|«F

matamore armé porte un de ces éluils insolens et menteurs que nos pères étalaient , en Tonne de priape , au défaut de la cuirasse et des ruissarts.

> Ces maisons ' voyez cellede l'ancienne auberge du Lion-dOr, prés «lu pont de Sainle-Catlierine , et relie qui forme l'angle de la place Saiut-Corentiii et de la rue Obscure; vous feront juger de la solidité de cet ancien genre de bâtisse. Vous y verrez la beauté, la grandeur, l'incorruptibilité des chênes employés par vos ancêtres. Ils servent d'escaliers, de frises, de traverses, de cliapileauxel de colonnes. Après trois ou quatre cents ans de service, ils sont respectés par les insectes , inattaquables par l'acier, compactes comme le bois de fer. Quels caprices dans les ornemens! Des gueules de dragons, des têtes d'anges ou de lions servent de base à des montans guillochés; des ornemens sans formes définies remplacent les chapiteaux. Si Walpole, qui, près de Tuitnam , près de la demeure de l'ope, a fait bâtir une maison gothique «lont toutes les parties sont prises des plus vieux monumeus , ou copiées des plus vieilles ruines, avait vu les façades dont je virus de parler, et le jubé et les balustrades du (îuéodet , il en eût , àgrands frais . acquis la propriété, pour enrichir sa demeure bizarre.

• J'ai vu Poulquiuan ; c'est un « bateau dont on voit enc«>re quel«|ues pans, quelques t«»urs entassées dans les tùtimens modernes ; ce «|u'on en peut apercev.«irest très-ancien.

• On prête rctle demeure au roi Gralon; c'est reculer s<in existence jusqu'au quatrirmetiu cinquième siècle. Il est placé sur unecollineélevée, d'où l'on »oit une partie «le Quimper et les détours de la rivière.

• 1rs dessins de I jniron , campagne «les anciens évêqu«^, étaient du fameux ta VVlrc. N% formes sont grantles et belles ; une vaste balustrade forme un fer a cheval avancé sur un grand bassin de H Met. A quelque augle que vous vous portiez , »ou> avez un nouveau coup d'tril, des eaux tranquilles , des montagnes satnages ou l>i<*n hoisûrs , des valions dont l«s divers coteaux sç croisent eti s 'élevant à l'horizon.

• La maison est garnie «le tourelles; les allées , les buis qui l'entourent, la plus belle orang«*rie deux orangers entre autres plu* iVauv qu'aucun «le n u\ qu'on entretient a \ ersailles , , de riches espaliers , etc. , embelILvseirt cet heureux séjimr.

» J'ouLluis de tous parler de la Mlc église du collr^e. La façade en est simple; elle est formée «k quatre piètres d'ordre tox .m , Miru»»nlés de pi-

blSTRICT DE 01 IMPER El 1791

Ijslres d'ordre ioniqnc L'intérieur «h- ce temple , de la plus ^r^ir»!^ simplicité , n'a do remarquable que ses «unicités, d'un grand style, et la voûte principale eu pierres de taille, ouverte dans la partie la plus élevée ( connue le Panthéon), formée de ferries réguliers dont la coupe plait à l'œil en prouvant le talent de rarehilecle<pii la combina." ( I j Le collège est un bâtiment vaste , très-propre aux e\en iccs de la jeunesse ; il appartint aux jésuites jusqu'au moment de leur destruction. Il était tenu par un principal et sept professeurs ; on ne pourrait l'employer aujourd'hui sans réparations. 11 est cruel devoir ce vaste emplacement abandonné , de trouver dans toutes les places publiques , dans tous lescarrefours, cette multitude d'enfaus, sans guide, passant l'âge île la mémoire , les plus beaux momens de la vie, dans un abandon presque total. Otielton! quelles attitudes! quels juremeus ! I.curs mœurs se corrompent ; les préjugés s'aucrent dans leur esprit. Attendons la paix pour régler le commerce, pour exercer une sage police, pour faire •refleurir les arts ; mais que laissant tout autre soin , sa famille, ses prétentions, sa fortune, tout honnête homme instruit s'adonne à l'éducation d'une jeunesse intéressante, perdue, si l'on ne vient a son secours (2).

Il n'y a point à Quiinper de maître d'hydrographie. Le citoyen Tilly y montre les mathématiques avec succès. On n'y trouve ni maître d'escrime, ui muitrededau.se, ni maître de musique. Je ne sais si, dansec moment, oiiy pourrailapprendrcaliie^;.

Des enlans nés avec des dispositions pour la peinture y trouveraient pourtant un des meilleurs maîtres de la France. Us hommes de sa force ne donnent point les premières leçons.

Valentiu , né dans la Bretagne , après avoir lini

( i ) Camionne.

U .:..ll.-K^ do Qaimpcr en un bel cd.hce , > don»

U i iputalioa , t'outniv ciiiLltMCratut J nis.li m linn , ol pre-iquc ouUeretncul pfrdifcr. La t-b.iprlle' du L-ul)ti,rt* e>t i/h.inmnlc , L.IOUK II- dit CjihIji-j , mm.\ . c'yùi iimiiumnit <•■>! nul ,nUcicr\<\ , L moiuK iu couvre )<•«. pierrii, i'l !e« ilu'i'ijH'M» di'» .n.rtlf «.ml t.dieul,',, !-<■ puicra» du barbouilleur j meure pai>.- ].ji

lij i,>iiiiii["i if huiji] at- pj» inuiiiIiTUDt il'- iin>jriii d'iu»irin riou p.mi l. v l. iir. v ,-1 le, >™ii«j. L'étude de- art» y <-»r (du» dillieile. I n j.;..lr^cni .Vl.% .f ie.irr.t j.lrie . qui el.iif :iu!n ! ,„> j Audirrni- , -m il m ..il d<' l".;i> ei ti»iuL>i > m i li «e* ,i >■'•- ^.|irie .. » ï-ii:.-.jm i , •<■• , ui-d». . * u . i Je i l • 'il ' . •> «il il j

l. ; • |.t J .IiiI.IR

ses études à Home, revint à Paris , s'y fit connaître.

De retour dans sa patrie , il a pris le parti de donner des leçons publiques, line soixantaine d'élevés assistent à ses séances , qu'il a cessées , faute de bois pendant l'hiver. — Chargé d'une mission relative aux arts, je vis cet artiste habile et sans fortune.

\alenlin a servi la révolution de son épée , de sa plume et «le son pinceau ; quelques chansons grivoises ont répandu parmi le peuple des idées patriotiques sans se porter a des fureurs.

Il fait ainsi parler un volontaire du Finistère, sur l'air Et y ha çà vlà qu'est donc Oàvlc :

Pour f..... a bai loin le» panlioj

De la et de l'Allemagne,

El te» autre» mangeur» de «ainlj ,

Lea ir.ld.il» du >irc ,

Il ne nuii» faut d'autre instrument Que de bunne paille de gland. ( ("S. )

L u soldat disait :

Le roi d'CliyprCct d'Jénualem Ftut à présent graiiier ta botte;,

Car j lui f non requiem

Tour dormir aicc m.» marmotte* :

Puif oou» irons dan» ses el.its

Les ramoner du b^nit en ban. ( )

Les principaux ouvrages de \ alenlin sont :

1" \y Mai Ivre de Saiut-Llienne , exposé dans le

sal le Lebrun, eu 170»). Il appartenait at'évètpie

de Sainl-r.rieuc , Renaud de llelcise. Il est à présent à Paris.

2".lean 11, dur deP.retagne, donnant aux P.éné- .lictinsun diplôme qui leur permit de hàlir la belle ahhave de Prières. Il était dans celle abbaye, départcineiit du Moi bilutu.

:i» Trois plafonds pour M. l>argcnlon,auxOrmcs. Ils représentent le Printemps, la Paix, Jupiter enlevant t.aiiymede. Les personnages ont huit pieds de longueur.

i - 1 ne r.xti ème-Onetion , à Sainl-lbieuc. Ou en vit l'estpiisse au salon, en ]?U.

.V Lue Annonciation, le baptême de J. ('., plusieurs Saints, à Prières.

l ne Saiule-tienewévc , |)otir le marquis de

Tenteniac, à Helon.

î - Sainl-Ieaudaiis le.b'set t , apparleuantan comte

de Severac . pi es de N aime».

M > Deux tableaux ;i Moi Lux, 1 F iiiaiit-.l.'>it» mit un globe, et UDOli\fdiK'c 'l'une .iiie i!n

msriucr de qi imper ci 1794.

%• l'nf multitude d'étude* et de dessins ; Aman ■èica crail, d'après Michel- \n^c : |>n | in- toute la (luffrllc Nixtiur. — Li Justice , de Kaphacl , aux ayons; Luc* portant m>u pere , «lu mime

, d'après le Dominicain , I» Car- I rte, dessiné* à la gravure.

Des étude* «Mtoniques , dont il veut Taire un

10» Il a remis au représentant Tréhouard , pour I .«flnr j la convention , la Philosophie versant sur l'an* la lumière ipii pénètre dans les départcmeii».

1 1 • Il achevé nu fort k-au dessin : la Justice coudait la France au temple do l'immortalité, malgré Ternie, l'enfer et le» tempêtes.

12" 11 csquixait il y a quelque* Mit tu* M)et atstt neuf : la France montre U Liberté à des na- Umh éMfsées , au î musulmans, au \ chinois, aux tartan», qui copient la table des droiU de l'homme.

J'oubliais sa grande composition qu'il doit exélUtrr pour le départemeaL — C'est une belle allégorie : l'Innocence evpire immolée sur les marches «le I autel de la Liliertr ; l'Liivie Lut suer ses ser|>cu» »ur s.-srr-st. s inanimé», <pi un génie louroiiue .1 . lodr»; la Muv de l'histoire trace, sur v> tablette», l«" uoin de» membre» du département qui périrent santé couteau du trihuiul révolutionnaire, à Brest.

\ aleutin , sans fortune , languit et végète à Quùuper.

Lan secours de la médecine sont administrés dau» crtle commune par de*, hommes de mérite.

I. hospice uni contient une centaine île lits; .m ) reçoit les eufaus trouvés (I).

I ne parti-- de ces homme», .ni^i rrcommamla-

■ j ir I. ai h >ertiis i|ue |ur leur» taleus, que par leur Mwlqae intrépidité ( je parle de ces inforluii. s membres .lu .|. j».u t.'iu. iit qui, a la honte de iliumanité, périrent sur l'éclufaudj, éUient de Onimper; presque tous s'éuieiil tonné» dans cette Mlle. — f}u'on le» suive depuis |e> premier» jours de la révolution, qu'on parcoure leurs registre» ,

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qu'on liv leurs arrêtes, qu'on juge le» moiiu qu'ils ont commandés , l'esprit qu'ils ont n;pandu , on les verra toujours les plus fermes appuis de l'unité républicaine. Inébranlables dans leurs prin- • ipi-s de patriotisme rt de philosophie, aussj prompts .i concevoir un grand plan >|ii a \ < \< > uter . il» s-miI tombé* tous le rouleau, parce qu'il était imiNt*sihle de les écarter du sculier de l'honneur, de la justice et de l'humanité. Si le Finistère , entouré de rhouans et de Hottes anglaises, n'a point encore lai»»é souiller son territoire, il le doit a l'impulsion de son ancien département, aux priuripe* qu'il a répandus, .i sou esprit , qui vit encore.

Quel homme avait la sérénité , le calme de Ker-* garinu ; plus de lèle, plus de dévouement que ce

malheureux Moulin?

(Quelle force, quel slvlerheïleprocurenr-général

nrichrt! Avait-on plus de talent, plus d'amabilité, plus de simplicité; s'exprimait-on avec plu» d'énergie que cet infortuné Monan , couronné par l'académie française, orateur, musicien, poète, administrateur éclairé?

Unel homme fut plus respecté , pins aimé que Delroal ? Au moment du supplice, sa voix Ht palir ses bonrreanx.

Mais une aussi sèche analv se ne sufllt pas .nt\ mânes de res hommes généreux : c'est dan» le» pages de l'histoire qu'où doit apprendre a le» aimer , a les admirer , a le» pleurer.

(Ju imper est situé par les six degrés vingt — ( t minute» vingt et une secondes de longitude , rl par les quarante-huit degrés vingt miuulesde latitude. La* pays est rempli de montagnes. Celles que l'on nomme 1rs Montagne». Noire» sont le* plu» ron»idérables ; elles forment un rideau de la longueur •le trente-cinq lieues ; les montagnes d'Ares ont neuf lieues de longueur.

Ouimprr contient neuf mille cinq cents habita n». Le voisinage de la mer est varié, délicieux. La*» environs offrent des montagnes , des lande» . de» terres incultes et îles bois a>»cz . tendus.

Les anglais, venus au secours du comte de Montfort , assiégèrent cette v ille sans pouvoir la prendre ; elle était bien défendue par *e» fortiuraliaaa (t).

(Juimper ne se rendit qu après la vu loue de

Dans le» troubles de la Ligne, tranquille jusqu a

(,) O foi m ■*-*-»-*-• **kk «h Cj» *» IXst^.épra.

b»W(M . IO.I.U* V—P"- Lr.rtwc cl le .lMp.ll. «|l»-

150 DISTRICT DE Ql

la mort de Henri III , Quiinpcr prit le parti du duc de Mmœur ; en 15% , elle élait soumise au roi (1).

En 1634, l'ignorance, la superstition et l'idolâtrie exerçaient encore leur empire à Quimper. Les femmes qui avaient leur mari en mer allaient balayer la chapelle la plus voisine et eu jetaient la poussière en l'air , dans l'espérance que cette cérémonie procurerait uu vent favorable à leur retour. On fouettait , ou jetait daos l'eau les saints qui n'accordaient pas les demandes qu'on leur faisait. Les uns mettaient dans leurs champs un trépied ou un couteau fourebu , pour garautir le bétail des loups et autres bêles féroces ; les autres avaient 'feoin de vider l'eau de tous les vases d'une maison où quelqu'un venait de mourir , de peur que l'âme du défunt n'allât s'y noyer ; ils mettaient aussi des .sièges auprès des feux de joie de la Saint-Jean , pour que leurs parens morts pussent se chauffer à leur aise. La veille de la même fêle , ou permel-

gnirent do ce que ces fortifications envahissaient île» terrains qui leur appartenaient, et !.. d«c fa. obligé de 1» faite deitiolir. Le pouvoir du clergé était alora saperirar à toutes In autorités. Gut de Thouars, qui avait été oblige d'aliatlre ses loiiilicatioiu, ne pat empêcher U construction de halle» que Icvèque de Qu.aipcr faisait bâtir dans celte ville. Cependant , Pierre de Dreux lit eulourrr Quimper de murailles , malgré les plaintes du clergé. Ce sont rc.v murailles , llaliqucrs ils tour», et qui donoaieat eulrre dstii U ville par six portes ' que l'un voit encore aujourd'hui en jjTande partie.

Dans le quimicme siècle encore , le dur n'avait il autre» droit, i Qnimper que la «oit.* do lj ta.lle , de l'amende du «a» repaodu, de l'amende du larcin, de celle» du duel et des

Celui-ci était le juge des hahitaus ; ou K uait audience, dins sa maison.

l'.a i 3 4 4 . ^ Jiai'h'» de Rlmt emport j Quimper d'a.v*jut ( api es un combat de six heure». Il avait attaque Ij ville du vole que baignait la mer. File détail ce jour-là monter des six heures «lu malin , iiijîh , par miracle , elle dêr.m^ea *oti heure f pour laisser à de Blois le temps de donner I jujui. Ij ville fut prise ei le massacre fut horrible. Le dnc lit cesser le carnaf« , asserubLi dans la cathédrale tout Icclerjr ,et ordonna à scssoIJats de respecter le» Liras de 1 énti;e. Les morts furent jcUs dans d iroir.ri.sr» foi»e» , »ons la toor appelée Tmr ,l« < Wri , et jusqu'en 17S9 Ir < Wgr s* I rodait chaque atiru-r , le jour d) » rnotïs.àrrl .11.I101I , n otant des prières pour h » .ioics de ceux qui avaient péri .lan» « elle occasion. Celte procession » Appelait lu jmrnsion tr.[>uiws.

(1) I-i ville de Ouniiper iul pnve par le marreh.-il J' Vumont , comniaml'iut en Iiri'ta~fie pour le roi Henri IV . après ■lût 1 •ç-.-u.tttai rt.-ouiiVv- !u>u! h.< ligi.cuu.

IPKR Kl 1794.

tait , en plusieurs endroits de la Basse-Bretagne , au peuple, de danser une partie delà nuit dans les chapelles. — On se mettait à genoux devant la nouvelle lune, et l'on disait un Pater et un Jve à son intention. — Au premier de l'an , on faisait une espèce de sacrillce aux fontaines publiques, par plusieurs morceaux de pain couverts de beurre que chacun y offrait. Dans certaines paroisses , on portait, le même jour, aux fontaines, autant de morceaux de pain qu'il y avait d'individus dans une famille , et par l'arrangement qu'ils conservaient en surnageant , on prétendait connaître ceux qui devaient mourir dans l'année.

Après avoir décrit la ville de Quimper , parlé de ses établissemcns , de son esprit, passons à l'examen du district dont elle est le chef-lieu.

Lesadministraleursdu département du Finistère, le tribunal criminel , le tribunal civil, y résident.

Il y a doiue lieues de la pointe de Peuinarc'h à Tourch , neuf lieues de Trevignon à Plogounec. Ce sont les principaux diamètres du district.

L'esprit public est bon en général. Domith* cependant par la superstition , le peuple est gai , les mœurs sont pures; on n'a jamais pu le conduire aux excès dont tant de contrées se sont rendues coupables à l'époque du terrorisme.

\jp climat de ce pays est pluvieux. Le terrain est stérile eu général , couvert de landes ; la moitié des terres ipii pourraient être cultivées sont négligées. On n'y voit pas une forêt, mais le pays est assez bien boisé. Ou tire un grand parti des taillis d'Elliant cl de Pleuve n ; le chine , le hêtre , le peuplier, le châtaignier surtout, sont les arbres qu'on y rein.irqiie.

Ls cidres ne suffisent pas a la consommation de* habitat)* (;J).

On cultive beaucoup de blés noirs dans le district en général.

Pont-l'Abbé Tournil beaucoup de légumes , Pcnnian' h île? suj>crhes moissons de froment.

I.c commerce des bestiaux élait très-considérable autrefois ; les normands y venaient acheter des chevaux ; on entretenait un haras il I jnsalnt.

Le gibier est assez commun dans cet arrondissement ; 011 se plaint îles loups et «les sangliers qui le ravagent ; un y voit beaucoup d'hermines.

(1 : l e» pav»aus du district île (luimper n'exportent point «le « iiiie , niais celui qu'ils rvioIU'Ut sutlll à leur cousoiii-

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