‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 43 sur 159 · turbon-de-terre,quelquefoismélédequaru · texte numérisé non relu

turbon-de-terre,quelquefoismélédequaru

7. Granit très-micacé, sans feldspath , Tort dur et peu cassant

Ce dernier rocher fait loufcvo" I*" nmrdu Mon, et est le plus intimement uni au charbon , evrepié la terre végétale. Ces couches se répètent à chaque veine de charbon. Il v en a trois bien remarquables : la première a sept à huit pouces d'épaisseur; la seconde est divisée dans la terre noire sléatiteuse , elle a douze pieds de large ; la troisième , qui est encaissée dans un rocher très-dur , n'a que dent pieds île large , et produit dans quelques parties six powvs de charbon pur et massif.

La direction des veioesest toujours du levant au

(») C* mouiuut al te a» mt «U.ttr* fat lb-lpiul Josl

DISTRICT DE Qr IMPER VA I79L

couchant ; lotir inclinaison fait soupçonner qu'elles se réunissent à une certaine profondeur.

lin général, celle mine ne tloime que peu île sucres , mais quelques espérances (1).

l>e commerce du district consiste eu Idés , en miel , en cire , en sardine, en poisson. Un pourrait y nourrir lvcaucotip d'abeilles.

Il y a îles moulons noirs à l'enmarc'li , à Plometir , à Saint-Jean.

1rs chanvres (pi on cultive suflisent à peine à la consommation. Ijc lin réussit sur la cote. On y désire des graines de r,n>sie et «lu sarrasin de Sibérie, qui redoutent moitié les gelées.

Les chemins de traverses sonl tous à réparer (2\

Les grandes roules sont en assez bon étal.

1rs pouls * jt l' 1 1 --si indispensable de rétablir 50Q1 ceux de Rosporden , de Pont-l'Abbé , de Cluyon , qui sert à la communication avec Carhaix (S). Ici, comme à Chateaulin , on demande la route nouvelle qui conduirait à Morlaix par Hrasparls (4).

Il me reste à faire connaître Pont-l'Abbé . lVnmarc'li, Concarncaii . les lies de (ilénans; tous ces lieux sont roui pris dans l'arrondissement du district de Quimper.

La roule de Quimper à Pont-l'Abbé est en assez bon étal fclle n'offre rien de remarquable.

La mer remonte jusqu'à Pont-l'Abbé. F.n face du pont de celte commune est un cbàteaii flanqué de deux tourelles ; une de ces tours est détruite , la municipalité occupe l'autre : ce vaste bâtiment est construit de grandes pierres de taille. Avant l'invention du canon , il eût été fort difficile de le réduire. Il passa de la maison de Rouan à celle de Richelieu. Ln Duquenelec , propriétaire de Pontl'Abbé, fut une des victimes de la Sainl-Rarthelcmy. Les seigneurs de celle baronnic possédaient de 10 a 50,000 livres de rentes. Ils percevaient cinquante sous surcliaque mariage; chaque nouveau domicilié dans leurs terres leur devait une pareille somme. Les plus anciens litres trouvés dans les archives du

(i) Celte mine , abandonnée, puis reprise , semble devoir donner quelques résultats. Voir la trrunde partir de l'outrage.

(*) Ces chemins se réparent pen à peu , mais sont encore loin d'élre en bon état.

(1) Ces ponts sont réparéa.

(0 Celle ronle , toujours demandée, toujours promise , toujours annoncée, n'est point encore commencée, quoiqu'elle toit indispensable et que des Couds aient élé volés par la conseil général.

château ne remontent qu'à treize cents Ces seigneurs, quand ils envoyaient un sergent avertir d'apporter leurs renies , avaient un droit qu'on nommait viande à garçon ; les métayers étaient obligés île nourrir ce messager d'autant de viande qu'il pouvait en manger; il ne lui était pas permis d'en emporter (6).

Ln grand voyer, vassal de Pont-l'Abbé, portail . dans les ii wps les pins reculés, nue baguette blanche a la main . quand il assistai! a des jiigemens, ou quand il conduisait des prisonniers. Cette baguette, dont Icsjugesd'l.spagne, d' \ngle terre, sont encore armés, éla il dans les (.ailles «1 partout l'emblème de la force qui punil el «le la doui eur qui ■ loi t présider aux jiigeiiieus.

Les seigneurs de Pout-Chaleau et de Pont-l'Abbé se prétendaient barons des états île Rrctagne.

1j partie de Pont-l'Abbé qui précède le pont, du côté de Quimper, n'est pas la plus considérable, elle ne paraît qu'un village; au-dessus du château règne uu monticule habité, une place assez grande, qui lui donne l'air d'une petite ville.

Le couvent des Carmes, placé sur les bords de la mer ou de la rivière, est un bâtiment assez vaste, dont l'euclos est considérable; un particulier l'occupe, après l'avoir acquis de l'étal (6). On a trouvé dans celte maison cinq tableaux médiocres, et seize à dix-sept cents volumes , qu'on a fait parvenir à Quimper. On vantait une ruse de l'église , d'un travail délicat. Ln architecte verrait avec plaisir les voûtes surbaissées des caves et des cuisines du château de Pont-l-abbé.

Le pelil hôpital de cette commune ne contient

(5) Le seigneur de Pont-l'Abbé te déclara pour Monlfort. maii l'année suivante le même seigneur ae rendit an roi de France, cn lui demandant pardon de n'avoir point pria part pour de Nois.

Sont Ir régue de Pierre U , les «rigueurs de Pont-l'Abbé et de Coïtiucn te disputent 1a préséance aux étala généraux ; le duc décida qu'ils l'anrairnt alternativement.

Ln i5oi , le roi de France fut obligé d'enjoindre an seigneur de Pont-l'Abbé de ne plus s'inscrire scignrur du duchide Bretagne , et de ne plus porter les armes dr ce dnchr.

En 1 58 1 . Pont-l'Abbé fut pria par les troupes du roi , et échappa ainsi an duc dr Mercanr.

(6) Le consent dea Carmes fut fondé J Pont-l'Abbé en i î S a» par Hervé , seigneur du lieu. On peut y voir un magnifique cloître gothique qui est œaiulenu dans un paifait état de conservation par le propriétaire.

D1STOICT OC OUMrUl tn ll^i.

que douze à vingt liU ; avant la révolution il avait Ï.WIU livres de menus (1).

Otte ville , plus commerçante autrefois qu à présent , n'a pas de magasin public qui puisse servir au commerce.

I j prison est dans le plus mauvais état. Elle n'a

«mit facile de lui procurer tous ces avantages. On a le projet de faire un quai sur la plage de Ponll'Abbé, cl d'établir une route directe entre Pontcarte d'*)gée , elle fut même commencée par ordre «lu duc d'Aiguillon..- (* chemin établirait une tminication entre les plus riclies ean- Ouii0|>er et de PonMxois commerce principal de Ponl-l'Ahhé se faisait en Catalogne, a Otte, à Yiules, à Imrdeauv ; des barques de vingt jusqu'à cent cinquante tonneaux » portaient des sardines , des congres, des merlus , des juliennes, de* raies sèches ; on a vu jusqu'à cent »iogt bâti mens dans le port de celle petit** \ilb*.

Ses ent irons sont d'une incroyable fécum! il-'»; c'est un pays de pro mission. Outre le froment

coup d'orge, de bit1 noir et d'avoine. On pourrait y soigner de Ires-bellcs [trairiez qu'on néglige. Ou dere pa>s; les fruils de toute estrtlrrvnmun.w.rrriM^neche-s abricoLs, figues, etc.; U-s jardins corneru de cboui, d'oignons, de huriroU, d'asperges, d« turbin* , d'artichauts, de panais, sont tn-s-uombmii i\. Pour obtenir ces riches production* , il ne but qu'effleurer la terre. 1rs fruits et les légumes de ce canton devancent d'un mois la maturité de reu\ du canton de Ouimpcr, qui n'est «Mo igné que de trois licfJes; on sent que les cultivateurs y vivr-nl avec plus d'aisance. \* maire de Pont-1 Abbé m'a dit atnir mesure, dans 1rs campagnes, des artit hauts dr «ingt et un potiers de circonférence, et des cl

••(«• lu f*mom , m Uroie , foMéiM , mi rowt# qvi totnmnu^aa aire Pi>a*C««l*. Il y a aa qmm , aB*i> Hun

étrangers ont peine à concevoir cette différente entre es productions de terrains qui se touchent ;

qui bordent nos rivages.

L'air de ces contrée-, est très-vif, très-sain ; on y voit peu de maladies ; les vents y sont forcés et

En 1787 et 1788 . on élevait tn-aucoup d'abeilles

dans ces cantons ; des voleurs en enlevèrent quelques ruches. I n préjugé lait croire que quand on , les autres oepensseni , on en ned'après ce proverbe breton :

IScus

•ha

vaHerc'lt al laïr.

( Votai de bonheur apre* le voleur ).

Il serait à souhaiter qu'on rétablit cette branche de commerce.

On entretient des mouton* I Penmare'h , Ploet Beutec.

\a rareté des bob, presque tons employés par

les pa\*an* à ne brûler que de* tourbes, des genêts, de la bouse de vache, des landes , quelques mottes et de* goémons sur le rivage.

Llle Tudy , Penmare'h , Guiilhm , fournissent beaucoup d hommes a la maislrance des vaisseaui de l'état, beaucoup de pilotes entiers. It serait nécessaire d'entretenir à l'ont-l' Abbé uu bon maître d'hydrographie :»;.

Il y a dans cette commune un chirurgien tresolimé. U** paysans des akuloiirs sont gais, soumis, et de merurs douces. Sur la côte, on pille toujours les naufragés . mau oa les arrache à la mort.

Dans les campagnes , au» mariages , le pins âgé des hommes dil publiquement des prières après le rejias. On a pour les vieillards le plus profond respect. tTiuud tous biMei a la santé de qitelqu un , il mal qu'il boive dans votre verre et que vous buviez dans le sien : refuser de se soumettre à cet usage serait une insulte Ires-grave Le plus grand nomlire des épnus n'approchent de leurs femmes que trois jours après la noce. l'intérêt seul fait les mariages. Les tailleurs en sont communément les entremetteurs, sous letton de Baxvalan; ces Barra la n, pour réussir dans leurs demande» , portent un bat rouge et l'autre bleu , et rentrent s'ils voient une pie, animal de mauvais augure On conserve l'usage des courses de chevaui le jour des noces. La soûle est proscrite depuis que plus de

IM

DISTRICT DE QtIMPER ES 1794.

lioinnirs . en la poursuivant , se noyèrent dans l'étang de Ponl-l'Abbé.

Les anciennes superstitions se maintiennent dans les campagnes; on y fait beaucoup de contes de fées et de sorciers ; on fait tourner le tamis pour retrouver les choses perdues. Quand on porte un enfant au baptême, on lui met du pain noir au cou pour éloigner les sorts qu'on voudrait lui jeter, t ue femme ne Mtulfre pas «|u on lui passe son ent.mt par-dessus la tal< le : m, dans ce passage, un mauvais \ent venait a le frapper . il ne pourrait en guérir de la vie. iVrsoune ne s'assied sur la table. Les bonnes gens noient qu'une tempête ne peut cesser que quand les coq* impur- et les cadavres ont été vomis sur la rote. Ils croient que deux corbeaux président à chaque maison, elqu ils prédisent la vie et la mort.

IvC premier novembre, on fait encore, dan- quelques cantons reculés, il es . un repas pour les morts.

Ils croient que quand un grand personnage . île grands criminels cessent de vivre , l'air, la terre et les mers sont ébranlés.

J'ai décrit bien des usages anciens , des pratiques singulières. — .le les multiplierais encore si je me permettais une incursion dans les < ioles-du -Nord et dans le Wnrbihan. t h\ y retrouverait la coutume des samnites, qui ravissaient la femme qu'ils voulaient épouser. — On y verrait le garcon-d'honneur , le jonr du r.-.ariage , le dos tonrné . tenir respectueusement une chandelle, et ne quitter la scène qu'à l'instant où la flamme atteint ses doigts. <>n > verrait le village du mari disputer au village de la mariée la possession de- deu\ époux: une lutte s'engage, les vainqueurs obtiennent un nouveau ménage et le conduisent en triomphe chez eux.

Au moment où la nouvelle mariée , à Carnac , sort de l'église , on lui présente une énorme branche de laurier , chargée de pommes , ornée de iM'aux rubans; a l'extrémité «le la branche est un fjfeeau lié par une faveur, auquel elle donne la liberté. — Pour lui rappeler ses devoirs , on lui fait présent d'une quenouille qu'elle est obligée de hier.

Je n'ai point parlé de la lutte, exercice dan- le quel les bretons IVmporlent sur tonus les nations . du monde... : du bâton, «lont ils se servent avec une telle adresse qu'il est impossible de les loin lier avec un sabre, une épée.avec des pierres qu'on leur lance avec force: rte leurs coureurs infatigables

l es lutles étaient données par dr grands sei-

gneurs , ou par de riches fermiers qui préparaient, qui voulaient fouler une aire à battre le grain. Dans la dernière circonstance . voici ce qui se pratiquait. On faisait avec cérémonie le l«»ur de l'aire , précédé par la musette et le hautbois, inslrumens principaux du pays. Le maitre «Je la maison marchait suivi de ses amis ; o-tix-ci montraient , a l'extrémité d'un bâton , les présens qui devaient diminuer le- Irais de la fêle : «bs femmes portant •lu lait , du beurre et des moulons, terminaient la marche. Ions le- pré-seus étaient livrés à l'arcuilri- ( lin de la tète ; ou se mettait à table, ou le cidre, le vin . des viandes de toute nature , étaieul prodigués aux convives.... On foulait l'aire eu dansant , en marquant du pied la mesure , en pressant le sol avec plus de force que dans les danses journalières,... Ou se préparait à la lutte; bs prix, taureaux , moulons . rubans, chapeaux , étaient offert», à la cupidité des spectateurs....

Le maitre de la maison donnait alors aux hommes les plus marqu iiis de l'assemblée . des loue! à l'aide desquels la lice étail bientôt formée ; un lutteur -ai-is-ail le taureau par la corne, lui faisait faire le tour du champ de bataille ; on le frappait légèrement sur l'épaule quand on voulait lui disputer le prix....

I^s comballans s'approchent , se louchent la main , en se jurant franchise, loyauté . en attestant qu'ils n'emploieront aucun charme pour se procurer la victoire... Ils sont en chemise , en caleçon , pieds nus , se menacent , se latent , s'examinent ; ils se - ii-issent avec force. — Il faut que le saut soit franc, que le vaincu tombe à plat sur le dos. \ ingt fois un «les combattais touche la terre f se laisse tomber sur le côté , sur l'estomac ; on se repose , on se relève, on recommence; enfin le plus faible succombe; on s'élance, on enlève, on porte le vainqueur : le prix qu'il a bien mérité lui est aussitôt délivré ; son village orgueilleux le ramène en triomphe....

Il est quelquefois obligé de livrer un secoml combat , el garde ou perd le prix du premier avantage (!)•

(i) Dan» on toyape T><? •« conoetable de Richement, de- , tenu doc de KreUgoe , «il .1 Toor,. i U prier* do roi Ch «rie. Vit. il «e lil suivre donc gnode e»roite. Il lit tenir , dit Taillandier, jowio'. de, InOror, de IXiue-nretagtie , nonr le» mener à Tour» et en donner la diTrrli»**«ient i la ronr de Hauct. Il parait nne le, lotte» étaieol fort à la

msTmirr de

». le «im-wl , le Colin-Maillard , le* i, la main rhau<li* , une multitude de

i ferait une liste înternunahle, i Ions les coins de la Bretagne .

Mi le furent a la mur de France, à Trianon , à 1 runlilly et rfcei le* peuples bf. plus vieux. Les r t.u- r.f ti. illis par I.- vigueur Dèsacconl- ••! les coûte* des Centimes se trouvent presque ici dans leur originalité presniere.

l-i Un la-ne revendique , sur rua Mere-I»ye et mi r Pérault , les contes de la Barbe-Bleue, du < hat- Utté, du inar.piisder^rabM, H même le I V-tlll'oueeL... Mais je m'arrête rotin pour ne pas ré- ♦olter, par Uni de prétention» et davantage*, I ■ ■ r ; i n il «les nations jalouses.

Je m'abstiens de montrer iri tons les rapports qui lient les su|>ers(ilious artuellesde ces contrées avec les superstition* de tous les peuples de la terre; I li 'iiuiie le moins instruit fera lotis rrsrnppnx li. ■eus , qu'où aurait tort de dédaigner.

I . tamlMiurin , le hautbois, la musette, sont les in«.trumrns du pays (I). L'hospitalité ^exerce a l'mil-l M»!»»1 dans toutes leslialiitations. Ir*>m<rur*, b bonne foi s'allèrent. 1rs rem mes, depuis quelque temps, b/iivenl beaucoup de viu el «le rat?. 1rs tun peu libertins sont plu» propres, »i*rnt . sont plus civilises que dans le reste de la Cornouaille el que dans le pays de Vannes.

l-es habitans de l'Ile Tudy , dans la ri» ière de l'oul-l'Abbe , existent dans un pays qui ne leur offre aucune espèce de production; ils ne viveut que de polvsons. Ils sont grands , ne l'allient qu'entre eux. IN ont communément l'u-il Ideu . les soumis et les rlievrux noirs. 1rs femmes, au milieu oV lliiver, sont dans l'eau jusqu'à la moiliédn corps pour ramasser des huîtres , des chevrette*, des moules. Trois heures avant le jour , dans les temps les plus froids, mouillées, sans feu , elles attendent llieure du marche sous b halle de Pont-l'\hbé. tous les peuples isoles, les pécheurs de

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