‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 5 sur 159 · COMMERCE DE MORLAIX · texte numérisé non relu

COMMERCE DE MORLAIX

Ce qu'on va lire constatera l'état du de cette commune avant la révolution. A. la paix, à la longue, elle aura les mômes moyens, avec

• rorhe es-

(») Voici ce qu'en

. La position do château du ■ carpes , B*a de remarquable que sa masse. Il « paysages si varies da l'emboocbnre du port de Morlaix, de . U cote de Trégnier , de celle de PsHios , et de cette ssisl- • litucle de rocher»

espèce da baie.

» ht château fut cotiserait de iS«« k i55*.

• Les habitant Je Horlaix ra curent la garde jnequ en

1G60. Alors le roi s'en empsrs. Depuis cet époque, il s

• jusqu'à la révolution.

m J'ai le plan de cette forteresse. Il est impossible de l'ea-

. porta. L'ingéwienr a procrié des irreguUrités même du term rein pour placer deux bastions séances qui défendent l'sp-

- proche dci mors, d'one forme triangulaire a l'est, drmi- . iûcnlaire s l'ouest. Elle est bâtie de grands quartiers de

- grsnit. •

On peut ajouter a cotte note les détails mieins : Ce fol frère Nicolas de Troder , prieur des Jarotim» , qui, •n l5»i , engigrs 1rs morUUirns à ae mettre s l'abri des conti-

rocher du Taurtau. U c-hiteao fut bâti, eeec autorisation du roi, aux Irak des habhans , qui en confièrent la garda à Jean de Kernelec et s 3o s< rudoyés.

Dans ls capitulation de Morlaix STUC le mari chai cTAumoul , il fot spécifié que 1a garda du Taureau resterait aux bourgeois; ce qui n'empêcha paa lu maréchal d'y nonuoer

et

district de Jiontm 17!M.

toutes 1m ressources de la liberté. Les négoeians, ( de h terreur , ruinés par nm pur l'incertitude dn moit encore rien entreprendre; il* atlrnlables . la force, le pouvoir qni le* . et des bases inébranlables sur Icsils puissent »»-»tir.

productions employées dans le commerce à . , objets d'exportation cbex l'étranger ou •tans les ports île traitée, ronsi*t«*iit en grains, Nrufs. porcs, moutons , chevaux, lins, clianvrcs, beurra, niirls, cires, suifs, graisses; en toiles, Mirtout, dont voici la nature, les noms et les pro- II •

59 pouces de largeur.

fret. 25 ponces idem,

Gratienoes en demi-aunes , de il pouces 10

Toiles a carreaux de toute leur, de 2* pouces, idem.

Toiles à torchons, d'emballage, de diAVrens les.

quarts Jusqu'à cinq quarts de lé.

Toiles de balle.

Tuiles à voile.

Je rais indiquer les lieux ou l'on transporte ces <>b»eu , et quels sont les retours qu'ils produisent.

Pour V Espagne : toile», dites cm , larges et étroites; bretagnes, larges et étroites; cuirs tannés . sain-doux , suifs ; toiles rayées ou a carreaux ; cires, beurre*, et quelques fils.

• dn tfantOt» «ai roatiaorrrat jowja'ia rrga* il* Loua XPT. C m fa t |f pyjussi irai prit U clùtMa *a catnpic <U i v, Jt .

I • iubm FWtt» i'kmjoQ , rjui moulut U girde «u diunl ► UjB <i*UU*«ral U* Aefombn» et Irootnnu 1»

tU. tU t tuWrat U tr*>

■'•« . SJt«

aUfJtMtl Soobrma* fartai mlmà

na Ja

Pour le Portugal : toiles de Bretagne, larges et étroites; cuir* tannés; papiers.

Pour la Hollande et les pays du Nord : miels , cires, beurres , graisses , suifs, papiers, cuirs et toiles.

Pour les Iles de Gersey et Grencsey : \ », thé*,i

De r Espagne et du Portugal : vins , de-vie , raisins , figues , amandes , oranges et ritrous. La solde considérable en notre faveur s'acquitte en matières d'or ou d'argent.

De Rilbao : cuirs de veaux et de génisse* repassés, cuirs forts pour semelles; toiles blanches à carreaux et i voiles; papiers.

De la Hollande et des pays du Nord : fromages , planches , mâtures , aciers , (ers , goudrons , brais, chanvres, papiers (1ns, graine de lin, bières. Des Iles Gersey et Grenesejr : laines , étains, ,ormonnoyé,l

HTiTIOM A

Pour Rouen et le Nà\re : plombs des mines de Poullaouen et du IluéJgoat; cendres de tabac; fils blancs; toiles dites de Morlaix , pour l'Amérique ; toiles rousses , cornes , beurres , graines, cires, papier pour épingles.

beurres et su ils.

Pour fiantes : suifs, beurres, grawsr*; toiles dites de Morlaix , pour l'Amérique; toiles a carreaux, papiers, cires.

Pour la Rochelle et Nie d'OU'ron : beurres, suifs , graisses , plombs , et quelques toiles.

Pour Rayonne : toiles dites de Morlaix, pour l'Amérique ; toiles a carreaux , bières , suifs , graisses, cuirs tannés et en vert, sardines.

Pour Rordeaux : toiles blanches dites de Morlaix, pour l'Amérique; toiles à Oimil suifs, beurres, fils, miels, cires, doutn rains.

IMPORTATION A L DCTtlUTni.

De Rouen et /*• Uàtrr : quincailleries, verreries, faïenceries, cotons en lil et ou> rages, pierres démoulage, pierres a chaux, plitre et amidon.

De Pori- Muta : cidres, cafés, surrrs. sa»on>. morues , huiles de morues , meubles.

De Santés : sucres, cales, épiceries; i i-de-vie; noix , huiles de noix.

DISTRICT l>E MORLAIX E* 17ÎM.

lie la Rochelle et Me d Olcron : sel, caux-

ÔLpe Bayvnne : planches de sapiu, goudrons, rtV.»c, réglisse, liège, boudions, vins de Cap- Breton rt d'Xngfctte, iambons , cl fuisses d'oies.

De Boiiieaux : vins, liqueurs, eaux-de-vic, pruneau*, autres fruits secs, poteries, huiles, et autres provisions.

L'Espagne consommait toutes les crez et la majeure partie des hrctagnes. U fabrique de crez a beaucoup diminué. 11 y a cinquante ans que les envois étaient de six mille balles par au ; vingt-cinq ans qu'ils ne s'élevaient qu'à quatre mille ou quatre mille cinq cents; ils se réduisent, depuissepjaos à moins de trois mille balles.

A vaut que les pièces fussent exposées en vente , elles étaient vidées par un inspecteur et par deux négocians , nommés inspecteurs marchands ; on les changeait tous les trois mois. Ces pièces recevaient la marque de la ville; Morlaix et Landerneau étaient les seuls ports d'où elles pouvaient être exportées.

I)e sages règlemens proscrivaient tout achat fait hors du lieu désigné |K>nr les marchés ; ils défendaient a tout fabriquant d'être revendeur. Depuis douze ou quinze ans , ils font tous ce dernier trafic ; ils négligent, ils abandonnent leurs métiers au détriment de la chose publique.

On fabriquait par an de six à sept mille balles » de bretagnes , larges et étroites ; le terme moyen de leur valeur, avant la révolution, était de 1,300 francs la balle. Un quart de la marchandise s'expédiait par Morlaix, près de la moitié par Saint- Malo, le reste par Nantes ; les sept-huitièmes passaient de ces différens ports eu Espagne.

Les crez se fabriquent dans le pays de Léon ; les bretagnes, dans les envirous de Saint-Bricuc.

On fabriquait aussi des toiles à carreaux dans les communes de Saint-Tbégonec , de Guiclan, de Pleiber-Christ ; on en taisait des matelas ; elles servaient à la traite des noirs, te commerce de toiles était très-considérable. Des manufactures de toiles de toute espèce de lin , pur ou mélangé de coton , en divers lés et pour toute espèce d'usage, pourraient s'établir avec succès dans les envirous de Morlaix.

Je peux donner avec certitude le résultat que je présente. Le prix des crez « des bretagnes pouvait s'élever à onze ou dooze millions par an. Les divers articles fournis en échange, |*r l'Espagne et par le Portugal . uc montaient pas à la valeur de ciuq

ernt mille francs ; elles procuraient donc à la France un retour métallique de près de onze millions en or ou en argent. On sent combien il est important d'encourager, de rétablir une branche decommeree aussi considérable (1).

La graine de lin se tirait du Nord ; on commence avec succès à semer celle du |>ays. Dès l'année 1758, on soupçonna que les marchandsétrangers faisaient acheter, secrètement et par différens commissionnaires , toutes les graines de lin de U Bretagne pour les revendre dans le même pays. L'art, de ces marchands se réduisait à bien imiter les barils degrames étrangères , à vendre , dans le Léonnais, celles du pays de Tréguier; a Tréguier, celles de Léon (2).

Un moulin , près de Morlaix, emploie les vieilles graines de lin ; il en extrait l'huile , mais en trop petite quantité pour qu'on en fasse un objet de commerce extérieur.

La grande manufacture de tabacs fournit encore ses produits au commerce; elle employait, il y a huit ans, de sept à huit cents individus. Par un règlement qui les attachait, ceux des ouvriers dont la paie s'élevait à dix sous, la recevaient pendant la durée de leurs maladies ou de leurs infirmités. Le produit de cette manufacture, ou ***** cette du bureau général , montait alors a i,W0,<wu francs Elle n'emploie à présent qu'environ deux cents personnes. Lcbâtimeqt qu'elle occupe est immense, avantageusement placé sur les bords de la rivière , au bout du quai de Léon ; il fat construit en 1740 (3).

(t) Nom parlrron» en détail dtt coranw™i -~Jl a-"1» U «conde P.rtie de noOr camp , . IVticl. Commerce.

(,) Pr^r toute U graine «« «» «clnellc»"*» —« "l recoltr* dan» VarrondiMement. *

(î) La manufacture de "bac. de Morlaii emploie actuellement 5oo oarrirr.. FJ1. fabrique, » uW .,*oo,ooo kilogramme. cba.,ue année. Le règlement dont parie Cmbrj . «, <„ verta dcquel «u oorrier mal.de recelai. - p» . ^ .oina et des —de. , an, frai. d'an. cai». comme». .lu»«v tre par une légère relenoe , exuttit encore il y * bu.t quelque, plainte. dWrim «ni ne comprenaient p» ton. le. avantage» de ««.«- aa.oci.tion, et qui - '^J"* * £ tenue hebdomadaire , le. adminUtrateor. ont en le to oéantir celte «ccUeote intuition. La caioe commune a ett ,idée, etc. qu'elle conten-t partagé . comme dividende, entre le. onrrief». On ne pent trop . életer contre une p."' 0 mesure D.u. le. grand, ét abli-emen» , il .PP«tieut aux cbef. dr «.orali^r «t dWrer le. .ubaltrrm» V»-"» l»'* «*» ion. Icnn ordres ; n faut qu une i

iHSTiurr m *mnim ti 1794.

t>n rrçn-tlc par tonte la ri-devant Bretagne , que de* artiste* instruits , des hommes de goùi n en aient pi» élevé les fabriques. Sans augmenter la dépense dr leur roiHi'tirtioii. <>u eiil pu faire ilearbefs-d'initre denias»e* iiiiorurc* <jiii rhoqueut U tur do. »o>agenr*

il > a qiit-lque> lannei ie* djuis l.i r.nniiiuiM- 'le Moriaix, el Usinoxip dan* *es rrivinnis. b* cuirs uni rn vorlenl rorroxes. ieau\, ^'-nis*. * .1 \.nli.>*. peaux de HHitlIoii paWr> en Marie <t ou ^n*. » >oi r>i*nit presque ions ni Portugal.

Il existe dan* les pro> do .Naint-l'ol-do-Looii quelque* [MtU ru'S. On fait, a I roudoti'teiii . des pip~eidc la brique ilWz houiir qualité. < elle manufacture devrait être encouragée. I.llc m* mil pa> a^i no matières, pane quelle ne peu! employer dans *e> fourneaux que d« •* l.iude*.

Sur cinquante moulin* a f».i|nrr , établi* dans le rinislere, il } on a\;ii| quarante - c ïuq près de MurUMV. Lnirs produits se vendaient, «vaut l/IMi, iir\*ns 1S s. jusqu atmq <ni «.ix fiancé l.i rame, et Itavsak-nl ni grande partie i|an* l.i Hollande et dans k Portugal. Il n'y a pas à présent plu* de wngtnnq moulins dans I»- dislru I t .

Ijt> plus liabilc* négociai!* de Morl.itx *oiil < 011xaioous que Celle comuitiiieoffre le* ninrj* - l.n ilué* . pour toute espèce de commercr, que b* auir >•>. ports «k ta Hépnbliqiie. répondant Mixages aux Indes, dans nos Gdonic*, .m banc de I. rn - ^e^IVe. ont été lentés san* sucre* depuis !.i dernier* paix; As étaient aliandoiiué* nit-rn.- axant la révolution.

L* commerce k faisait ici par commission. Pm de négociait» l'exerçaient m leur non. Cette plarr • a ni boorv, ni Miflci* public particulirrrim ni dr4taé a sn tentes , au dépol de ne* marchandises. Lralial'ilaiiA de la campagne (Ntrlaiml leurs toiles dan» Jca *lk* de Inotel de tille; les ventes a>*ieat Heo dans vaste salon qui sera occupé par U t«Mi«U)èqiK, si toutefois ou ma trompé en

t W«n rapport* iik in/ériton : »gu ■■IhmiiiI , ri rtdcv

U f-N* {«U* rl mhuauio. ?(ou« »fiulnci< au go'iTrrarnxot c* la4 . * k>I1«ji<jo> a* toulc* lorrr» Min lOlmtBtios .

{•;«»>• •rtiMUnaral. 4m* I «rnimhiwill d» MmImi. ym Mrc^ro» ...J«>f.i jnu» ru 4 J . comme U 4n kr^, r« U aoab» i l » point auBiouc 4r|>«i> MU-HIlLlUt I-IMIÏ.

«'assurant que celle-ci ne quittera pas le grenier des Jacobins, car on prétend que lot *li nation d un homme s'oppose au plan qu'on avait arrêté.

On a tait aiiln (.m. .if groin li , |,)iinnesà Moriaix. Il y régnait une rovntr.- p-n. ralr. hllf reparaiiraii bientél, si la paix et la liberté permettaient à l artivité. aux Ubrns d<* se* habiUns de se développer sans crainte.

J'ai déjà dit que cette commune est établie sur la croupe de deux montagnes. Ijps points de vue qu'elle offre îles quais, ou de la place du Peuple, sont très-variés : c'est U riv ière qui se (wolongc et qui, coulant entre deux ran^ de maisons en bois de piem» de taille, basses, élevées, n'offre rien de de monotone à Civil ; on la suit an milieu de collines riantes; elle se perd au loin dans les bosquets; c'est le beau clocher de St.-Malhieu, se mêlant à tous les paysages formés par des jardins, des pavillons, et des aoridens d'arbres et de rochers piltoresquemeul groupés sur les hauteurs; c'est la masse de l'ancien botel de ville, U vaste promenade établie sur une voûte qui le précède; c'est l'arbre de la liberté, arbre de méditation, sous leipirl nos neveux s'arrêteront à l'ombre, et se racontant nos vertus, nos fureurs, avec un sentiment mék1 d'admiration et d'épouvante, nous béniront de leur avoir donné la liberté aux dépens de notre existence.

Les deux quais, la place dn Peuple et le proloiigrim'nt de cette place, qui conduit aux Jacobin* . sont les seules parties de la commune qu'où puisse citer; le reste est un amas coulas de baraques mal alignées, humides, obscures, de rues malpropres, assec bien pavées ce pendant, de maisons aUattties, repaire d'ordures et d'infection, qu'une bonne police ne pourrait tolérer. On trouve pourtant, au sommet des montagnes qui cernent la ville, quelques asiles du goulet de la propreté; des bvdins alignés, cultivés avec soin, dans U plus heureuse exposition.

Aucun mon u mon I ne m'a frapp»'- dans celle vilk. On ne peut ap|n'ler antique*. |i-> ruine* du < tuleau, des murs et des porte» anciennes, dont on voit encore les débris.

Les ponts sont hum entretenus. Sous la plaee de la Poissonnerie, (a voûte qui sert d'éroukuvm à la rivière souffre beaucoup, a besoin de rép.in»lion ; le devis des dépense» à Taire pour ■ rétablir esl au dé|artemetit.

Il était imposable de trouver un marché mieux

lî MSTRICT BE W»

publie . seront puais longtemps de leurtriemphé

d'un moment. , " ^

Les bahitans de Moriaix sont bons , hospitaliers, loyaux, pleins de franchise; plus grands, mais radins robustes que le reste des bretons. Les femmes y sont fort jolies , et spirituelles.

Aucun artiste , aucun avocat d'une grande célébrité , aucun poète fameux n'illustra cette commune; elle était éloignée de la cour , de Paris, du centre des lumières, et maintenue, par l'intérêt des rois, par la stupidité du parlement breton, dans cet .étal, médiocre d'ignorance, que Machiavel a désigné comme le plus favorable au règne des despotes. Tout gouvernement qui prévient le crime , qui fait respecter de bonnes lois, peut être adopté par les hommes; mais le plus détestable des gouvernemens est celui qu'on établit sur la sottise. En dernière analyse , l'ignorance est le plus grand des maux, et la source de ions les crimes. •

On m'a beaucoup vanté un charpentier nommé Queynec. La nature a tout fait pour hii. Il combine par instinct , par sentiment et sans études. Il étonne à Brest, où l'on est fait aux combinaisons du génie mécanique. C'est ainsi qu'en parcourant la Suisse, j'ai vu, dans des pays sauvages, des artistes de la nature dont les ouvrages frappent les sav ans eux-mêmes , comme le langage figuré des femmes de la halle surprend encore lestamonnoye. les Dumarsais de notre siècle. Quey née sait à |*ine le français ; il ne connaît que le breton.

Avant de passer à la description des communes du district, sur lesquelles je me permets des observations, jetons un coup d'oeil sur quelques points d'utilité générale.

Dans tout le Finistère, les chemins de traverse sont des abîmes impraticables. Dans l'hiver, les voitures s'y brisent ; des chevaux , des bœufs , des hommes y sont tous les jours estropiés. J'ai passé •les marcs où mes chevaux étaient à la nage ; j'étais dans l'eau jusqu'à la poitrine. Vous enfoncez dans des terres marneuses , d'où vous ne vous lirez qu'avec peine. Lne espèce de terre jaune offre souvent l'apparence de la dureté , de la sécheresse : c'est un abîme que l'expérience fait éviter aux animaux. Mu pratiquant des grandes routes, leduc d'Aiguillon na rendu qu'un demi-service ; toutes les traverses sont à réparer ;]mais il en est de si nécessaires au commerce, à l'agriculture , qu'il est indispensable au gouvernement de s'en occuper au plus Idl : je les indiquerai dans tous les districts.

l*» En 1794.

On a wmmeWle grand chemin qui conduirait de Quimpcre Moriaix v on passant par. Brasparts. SU était terminé , on éviterait au voyageur le long coude qu'il est obligé de suivre , soit qu'il prenne la route de Landerneau , soiHpj'il préfère celle de Carhaix. On faciliterait le commerce de loua les districts voisins avec les habitai» des montagnes rf\\rès , que cette opération enrichirait, civiliserait 1 etc. -On abrégerait de huit lieues une route très-fatigante. Les avantages qui ««raient produits par ce travail sont incalculables (1).

Les frais pour le perfectionner ne seraient pas considérables ; les matériaux nécessaires sont partout sous la main. Le directoire du district désire.rait qu'une autre route partit de cette dernière, du voisinage de Lafeuillée , traversât la commune de Locqueffret , et facilitât la communication qu'on désire avec Chàteauncufdu Faou. »

Il serait urgent de réparer le chemin de Ptougasnou , pour aider au transport des grains de cette commune, et de plusieurs autres, au chef-lieu du district. > 3&jfe

Si la route de Plougonven était mise en état de service , les bois , les fromens , le bétaiLque cette commune produit circuleraient avec facilité. Lne multitude de villages perdus dans les montagnes d'Ares pourraient employer cette route; mais il faudrait, pour qu'ils en profilassent, la prolonger jusqu'à Calac.

On désirerait encore que la communication dn Pontou au Guerlesquin fût rendue praticable. Gucrlesquin était l'entrepôt îles communes environnantes; des courtiers s'approv isionnaient, à ce marché , de beurre, de suif, de miel , de bestiaux nécessaires à leurs spéculations , à la consommation de leur pays.

Il est aisé d'ouvrir une route par Ploumilliau , qui faciliterait la communication de Saint-Michelen-Grève avec Plouégat-Moysan ; elle aiderait aux relations commerciales du Gneriesquin et du district de tannion. Dans le cas d'attaque sur la cote, ce chemin suppléerait à celui de Moriaix à Lannion ; il abrégerait de trois lieues le passage de Moriaix à Calac. Observez que Calac n'a que ce débouché ;

(1) La rrparatie* à* rr ehon.n • tic »ot«« par \r coowil HcottjI do Fiaisterv , *l on «tlrod d* jour m jour qn« U% Ira- Taux l'accoippliMrnl. Cm oo« dit plu» «il*» «nlrepr tacs qur ton p«i« mrtUT * fin d.ui» lr drparteowvt ; ma» il trratl j drwrrr tju 00 »« hàlit davaeiapr.

procure an commerce ncaucoup dn beurre, de bestiaux « de seigle ,-des laites à \oHes, du miel surtout, qu'on acquérait jadis pour la Hollande , pour le uord en général.

Tel est le travail urgent qu'il faudrait faire pour v h inerte commerce de ce district; les bénéfices , le bien qui pourraient en résulter sont infinis (I }.

Rites arrachent le cultivateur a ses travaux ; il s'y rend par habitude , souvent moins attiré par La nérrssint, par des besoins réels, que parla manie des échanges, que pour céder à sa paresse , à l'espèce de débauche, à l'itresseque ces «semblées déterminent (2). .

. I j plupart de ces foires, d'ailleurs , sont moins établies par une sage distribution que par les hasards de la féodalité. Tel canton n'en a pas assez, paire qu'il ne possédait qu'un llef subalterne ; Jtl antre en a beaucoup trop , parce qu'il dépendit d'un grand seigneur accrédité.

Je donnerais le tableau des anciennes foires , s'il pouvait être de quelque utilité ; je prélêne transcrire l étal de celles qu'après un mûr examen l'admi-

; l'étendue du

nistmibntrojt

district. ■ *

A Morttàx , une foire le 16 de chaque mois.

A Pfouésbch, trois foires , le 1 vendémiaire, 39ûiiMire. M ventôse.

A Sftml-Pol, quatre foires T le 11 I nivôse, 19 ventôse , 1 prairial.

A GùeHestfiùn f quatre foires, le miaire, Il nhose, 11 germinal, Il prairial.

A PMèer-Chritt, quatre foires , le 1 brama ire, 89 nivôse , 1 1 germinal , 29 prairial.

I pluviôse , 2) germinal , 1 messidor.

A Saint-Thègaaec , quatre foires , le 39 brumaire, Il pluviôse, I floréal , 11 messidor.

A î.anmtntr , quatre foires , le 1 frimaire, 39 phmôsr, 11 fluréal , 39 messidor.

A Taufé ; trois foires, le 1 f frimaire, 1 ventôse,

1* plupart dea roalae <luat |iarU x-> Ceekbry ont cul i, oui» obi ««rorr Worn <U rtptrattoa* importa caraxaa rirtomu dn FUmicre iool plaè ou uioim iÏjtia r* rji. *?oui tniirron' crtlr rrnportjtilr (}acMi«<o .Ira» b trcoo.lr partie Je Vommf» , a f article ÂgriemitMrt. [.) U noa.br. dt. feim «t le nhx qar d« ump de r; le»

que d on jour à

Toutes les foires ne Mortair.

Celles de vendémiaire, niffee, germinal et

Les objets de commerce qu'on y trouve sont , en général, les bestiaux , les grain* , tes toile», la graine de lin.

AMorlaix,l

plaii d'après l'époque des* Rotations. On y conduisait une grande quantité de veaux, de porcs, de vaches , de bœufs , de chevaux , de planches, etc.'; elle pouvait être un objet de 60 a 70,0093ivm. Celle do 15 et du 16 octobre consistait en bestiaux , toiles, (Ils, blés. draperies , beurres, couvertures, miel , etc. . d'environ 300,000 livres de mouvance.

Le Finistère, entouré d'eau , est pre^iuc toujours couvert de brouillards. Il y pleut beaucoup ; mais a lires! . a Morlaix . il pleut sans cesse. lafs anii«Vs de sécheresse sont mauvaises dans ces cantons; nniiiiiititt' habituelle no rend pas le climat malsain.

C'est à Brest que vécut Jean Causeur (3).

la cote du Léonmus nourrit une multitude de vieillards vigoureux. A IMougasoou , surtout , on ne connaît pas d'infirmités. On verra , par les détails que je [liiiintrai, que tout être assez vigoureux

vaux des rites de la mer, doit prolonger sac jusqu'au terme le plus reculé.

Ici IliabiUnl des campagnes ne connaît guère

(1) n rtt doolrax qnr Jean Ciaae or (il véco a Breat. Bai •od> cm, U d'j était pn». nmwil Ploaeaogoor. Il fil m

prnuiffr rnrtijnEimot] par !c5 df Micbrl \*j1i]c(i , rjm ,

dan» I* dix-arptiraae aérlr , arbre* de coorrrlir la» bretoeje A U fui ealboHqoe. Jwt Cantear eoaaacta qoalcjoe» aaaéea an errric* da létal , pou il exerça , daae ploaietw» péroiam , la profrauon da bourber. II m mari* i 40 ao» , al rat deux iille*. n aMnl le io «rril 1774. Lacté de déco» porte a rnrirom iIomi ' On loi parlait oa jour de »oo (rend âge, et le *inllir\l pronoqra cm parolea «u biner* : Dira , Jax 1 le /irre « toariM le ftmitUt tt m'omhlw lur U trrrm. etAuga boiuoo , min o* »c

«en*

epou

Sa toort n'a été précédée ataa l'apparence de la doolror.

Sa tnrbe arail tii reaplaccc | J*ux afairnt prcaqoa diapam. ,

A fige de tao an» , 3 m raaj

Il «1

1 léger poil follet : %»•

que les fièvre» cltaudes ; une transpiration supprimée le* occasionne. Le seul remède qu'il emploie est le vin chaud. Il y mêle un peu de sucre , et , dans les cas désespérés , du poivre et de l'eau-<le-vie. Si ce secrel ne lui réussit pas , il désespère du malade. Il est très-rare qu'on ait recours aux médecins. Dans les cam|»agnes , le inaréclial guérit les plaies, donne des drogues ; la joubarbe est particulièrement employée par eux dans les dissenterics. Un de leurs principaux remèdes, pour les blessures, est cette pellicule blanchâtre qui s'élève sur les «•rèpesffloiMes ( crxwtpoës rnouzee) (1); ils l'enlèvent et l'appliquent sur la plaie. Ils ont perdu les anciennes idées de leurs pères sur la verveine ; elle

indiques , pour que entièrement détruites. Ils se servent cependant de verveine pour diviser et dissiper le sang extravas*1 ; ils l'appliquent sur les contusions. Ailleurs, j'aurai l'occasion de vous parler des enchanlemens ,4a paroles , des pansera eus merveilleux qu'ils exécutent sur leurs malades , et des jongleurs de la Bretagne.

Les eaux , trop vives dans quelques communes , y causent, dit-on, des maladies scrophuleuses , principalement dans celles de Garlan , de Lanmeur et de Plouigneau.

Le froid , à Morlaix , est moindre de six à sept degrés qu'à Paris, dont il est éloigné de 108 lieues. La latitude est à peu près la même. La cluk«r n'est jamais très-vive. En ces contrées, il y a beaucoup plus de variété dans le caractère des habitans que dans la température de Pair et du climat ; ce qui démontre que les institutions civiles , les formes du gouvernement influent sur rhomineautanl au moins que sa position sur le globe. Une rivière sépare les habitans du canton de Tréguier de ceux du pays de Mon. Les premiers sont d'une gaieté , d'une légèreté, d'une vivacité d'esprit qui n'existe pas chez les autres ; ils se délassent en dansant ; les musettes, les hautbois, les tambourins les appellent d'une manière irrésistible. Les habitans du Léonnabsont

en 1794.

graves , froids , mélancoliques ; Us ne < rarement; - ^

On ne sera, pas étonné de la variété presque infinie du sol de ces contrées , quand on se rappellera leur forme montueuse et leur exposition à tous les airs de vent , à tous les aspects du ciel. On y trouve des terres de toutes couleurs , tantôt légères , tantôt assises sur un fonds d'argile , de tuf ou de rocher, tantôt sur des sables abandonnés jadis par l'Océan. Ici l'on est forcé d'amaigrir , la d'engraisser les champs; on les couvre de fumier d'animaux , de goémon ; on les mélange de gros sable. A peine la charrue peut-elle effleurer la terre sans rencontrer le roc dans quelques lieux; elle pénètre louait un rôle trop marquant dans les cérémonies ^ la p,as g^fa profondeur dans le parc voisin , et druidiques , pour que le catholicisme ne les ait pas n.a|teint pas au f0IMj oe la terre végétale. Vous parcourez souvent un grand espace sans y trouver une plaine , le moindre filet d'eau. Ailleurs , et généralement, une multitude de ruisseaux et de sources fécondent de riches prairie*, font tourner des moulins, et répandent dans l'air une humidité bienfaisante. Si les principes d'économie rurale qui se propagent dans le reste de la France s'établissaient dans la Bretagne ; si l'on pouvait arracher à leur routine les habitans de ce riche pays; s'ils oe craignaient, avec superstition, de labourer un champ qu'a négligé leur père ; si l'absurde croyance que la lande est le meilleur des engrais était détruite ; s'ils voulaient former des prairies artificielles , comme ils le pourraient faire sans frais et presque sans travail , leur pays serait le plus riche, le plus fécond de la nature. Que serait-ce, s'ils dérobaient aux invasions de la mer les immenses terrains qui bordent leurs rivages? La ci-devant Bretagne est le seul pays de la République où , par l'agriculture, on puisse faire encore une immense fortune (2).

1 1 n'existe aucune forêt dans le district de Morlaix. On s'y procure dn bois avec la plus grande difficulté. Dans les campagnes, surtout, les chauffages se font avec des genêts , des landes et des mottes de tanneries. On cultive les landes elles genêts sur les fossés comme ailleurs. On y soigne les chênes et l'ormeau. Ce n'est pas que la terre se refuse à la production des arbres , ou que les vents les empêchent de croître. Tous ces pays étaient jadis cou-

(■) Cambre bit ici coma* le sioge de U table , il • pria

mou lie, nae plante grau« nommée aillent* nomèril df F étui, et , ecientifiquemeul , Cotylédon- Àcutjlé don ( pcnonorct ).

paysan* n'ont en ridée de faire usage , pour guérir celles-ci , dr U ffUkuk tlancMtrt y»i s'rlivt mr 1rs trtptt moiùet.

(a) Il y a beaucoup demagèratic* «Un* «oui ce pa*»'K« "<= Cambre. Voees ce que non» diaona deJ'agriculture du Finistère daw la seconde partie de fourrage.

DISTRICT l>l UORLMI Cl 1794.

•le i>>is. P.rest a tout ron-^mim.- : et Paix i.tme des «nui et forêts, comme reux qui la [ , négligent «le ùin* replanter l'arbre «fa on est forcé d abattre. »»

Ceux qui traversent la Hretagne f car personne, je croi», n'y voyagea pour l'étudier ou par curio- •Jte ) B* se doutent ni de va fécondité, ni de m p.. cotation. 1rs landes immtntses qu'ils aperçoivent ne Wnr donnent que des idées de sécheresse , de misère et daridilé ; les maisons , cachées derrière des fmsés, dans des foti 1 1 1 1» <l arbres i-| de buissons, tsjajctur» dans les lieux les plus bas pour que les ra ai te rassemblent «après d'elle» et servent à la putréfaction <b-> pailles. île*. landes . d-s gen.'ïsdoiit ils (oot leurs fumiers , ne sont aperçues que des Le calcul le plus vraisemblable que je ' la population , l'a portée ( je parle des t)k S.'-M LUI individus, et la plus de la surface lui donne l.dOO ., sans y comprendre les Iles; ce qui «Je 7,240,600 journaux . le journal de irrées , et la corde de 24 pieds. ( lu présom<- .pie. sur cette immense étendue, il % a plus «le 2,fJ00,000 de journaux de terre en rapport. Que brait cette contrée , si la marine et les armées n'en- Ictaieat pas à la culture une si grande quantité de aras? Les landes occupent , en Bretagne , 3,006,000 ►—maux d'un sol susceptible d'un grand rapport.

ftaa* If district de Morlaix . les terres toxine» dr b mer sont plus productives que celles qui s'apprnchent des montagnes : ici , l'on nourrit des troupeaux ; là , l'on obtient les plus riches moissons. On ne sente que du seigle , de l'avoine et du sari ssjr un tiers de la surface de ce district ; les i, les orge» et le lin n'y peuvent partout

lune, le lroin.nl kirbii donne de 7 a » pour un ; le froment sans barbe de H a 9 , et le froment de mars de Ma 12 2 .

Le sarrasin , quand il a complètement réussi , rend dr 18 a 20 pour un.

Le seigle est la plus grande ressource du canton; mai» il craint . dans le temps de sa floraison , un

(i) Il y a rmeon ici mm ctttwv L'orf* H U n m Mwfaa partout Aam laoc*t* damri da Mariai i.

(f ) La hqnnl barla* pnxloil 9 poar 1 ; U froarni Boa) km%m ( affala liafa ) do— I t n poor 1 ; W fr <«a»rt»l Ja un ■ —a 1 — 1 m ■ g fou f . < « n* prot H» mmrt r.m 4a certain «or W Uà anar . «Wt la itMf rat trrwhaaararaa*.

brouillard trvs-froid, suivi d'une gelée iiis-forie qui l'endommage et détruit quelquefois la moitié de ses produits : re malheur s'est fait sefjtir cette année.

1 .1 nVolie d.-s lin- .1 .l.-> loins est . „.\\r .1 «. II, «les navets et îles panais, dont on nourrit 1rs beaux et forts chevaux que les normands viennent acheter, et revendent a Paris, après les avoir trau*|>ortés dans les prairies du Cotentin, etc.

I es réquisitions forcées, faites sans règle, sans mesure, ont enlevé comme partout les animaux «lu labourage ; il est à craindre que le tort fait aux campagnes ne se répare de long-temps.

Le district de Morlaix n'est pas ce qu'on appelle un pays à grande culture ; la plus fortes fertiles n'ont qu'une charrue. 1rs possessions , en certains endroits, sont tellement divisées que les propriétaires empruntent a leurs voisins plus rirhes les iiistrunieiis <lu labourage.

La charrue commence le travail ; des inst rumens, maniés à force da bras « l'achètent. < >n ne se sert roinmuiirtncnl de la herse que pour «liv iser les terres destinées au lin . au sarrasin.

Ir vigie . l'avoine et le sarrasin sont cultivés dans tous les raillons, sans égalité dans les pro|iortiofrs et dans les rapports.

Ihms les montagnes, ou dans leur voisinage, le sol est maigre et graveleux; presque partout on le laisse en jarheres . ou l'on élevé des bestiaux, \pres trois ou quatre annérs de repos . on v sem.- du Me noir, du seigle, enfin de l'avoine.

Les terrains (dus compactes et plus gras ont monts de repos ; il en est irai vint toujours en activité, mais partout on alterne b-s sruien.es

On seine beaucoup de lin, très-peu île chanvre.

mollis qu il n'en tant pour les livides ilouiestj.|ue* l'atloiit. pour tenir lieu de fourrage, ou rullive

de gros navels et du jonc marin : le pan n> ne réussit

que «Uns la montagne t

La culture des (Minimes de terre se r« |»atid dan«

toute l'étendue du district. ,

1rs prairies v sont lionnes ; il en es| .pu donnent

trois récoltes par an, «leux en vert , une en foin

Oa y néglige les prairies artificielles t m cultive du

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11 et ,! paa mil..

DISTIUCT or. MOHWlï KK 17<M.

trèfle , mais en petite quantité, la luzerne et le sainfoin sont fresque inconnus au cultivateur.

Tant de détails paraîtront minutieux, peut-être; mais des aperçus brilianset vastes donnent des idées vagues ; les détails , des idées précises.

Pans la Bretagne, l'habitation des laboureurs est à peu près partout la même; presque toujours elle est située dans nn fond, près d'un courtil. Un appentis couvert de cltauiue conserve les charmes et les inslruraeus du labourage; une aire découverte sert à battre les grains. On n'y voit point de granges ; les blés battus se déposent dans les greniers de la maison principale, ou se conservent en muions, et sont alors battus pendant l'hiver. Autour des bâtimens régnent des vengers enchanteurs, des prairies et des champs toujours entourés de fossés couverts de chênes ou de frênes , d'épines blanches, de ronces ou de genêts. On ne voit point, dans le reste du monde, de paysages plus rians, plus variés , plus pittoresques. Tous les rossés sont tapisses de violettes, de perce-neiges, de roses, de jacinthes sauvages , de mille fleurs des couleurs les plus vives, d'une incroyable variété; l'air en est parfumé, l'ail en est enchanté. Mais au milieu de ces sites délicieux vivent les individus les plus sales , les plus grossiers, les plus sauvages. Leur cahute, sans jour, est pleine de fumée; une claie légère la partage. Le maître du ménage , sa femme, ses enfans et ses peuts-enfau» occupent une de ces parties; l'autre contient les bœufs, les vaches, tous les animaux de la ferme. Les exhalaisons réciproques se communiquent librement , et je ne sais qui perd à cet échange. Ces maisons n'ont pas 30 pieds de long , sur 15 de profondeur; une seule fenêtre de dix-huit pouces de hauteur leur donne un rayon de lumière. 11 éclaire un bahut, sur lequel une énorme masse de pain de seigle est ordinairement posée sur une serviette grossière. Deux bancs , ou plutôt deux coffrets sont établis le long du bahut, qui sert de. table à manger. Des deux cotés d'une vaste cheminée sont placées de grandes armoires sans battans, à deux étage»; dont la séparation n'est formée que par quelques planches où sont les lits, dans lesquels les pères , les mères , las femmes et enfans entrent couchés y car la hauteur de ces étages n'est quelquefois que de deux pieds. Ils dormeutsur la balle d'avoine ou de seigle(l), sans matelas,

(•) L* seigle OC Jotuw poiol de bille.

sans draps (2). Beaucoup d'entre eux ne sont rouverts que d'une espèce de sac de balle ; très-peu se servent de couvertures de laine; quelques-uns en possèdent de ballin (3) : c'est une espèce d'étoffe lissue de gros fil d'étoupe. Ils emploienbaussi quelquefois des couvertures de poil. Si , parhasartf, Us ont des draps , à peine atteignent-ils les deux extrémités du lit. Le reste de leurs meubles est composé d'écuelles d'une terre commune , de quelques assiettes d'étain, d'un vaisselier, dune platine à; faire les crêpes , de chaudrons , d'une poêle et de quelques pots à lait. Je n'ai pas besoin d'avertir que cette peinture générale d'une habitation de caro- |tagne , en Bretagne, doit être soumise à quelques exceptions. J'ai vu des maisons champêtres où Unis les, meubles, où tous les ustensiles étaient d'une propreté enchanteresse , lavés , nettoyés, cirés ?mais ces maisons sont rares, et sont toujours sans air , étKites et privées de lumières. Je n'ai pas parlé du parquet; jamais il n'est carrelé, ni boisé, ni pavé; la terre inégale en sert ; on pourrait se casser la

fort

(*) L'absent» de draps est un bit i (S) Let ballin* , ii l'an ca croit U , .

té* «a ebâlean de Kerjean. Voici à qudle oc s.re de Kerjean avait «ne épouse fort belle. Se i eour , on Ini reprocha de ne l'avoir ] enaa d'être jaloux. U répondit qu'il d« pouvait l'être, tant U vertu de *a femme loi paraiaiait a l'abri de toute i On sourit , il insista. Enfin , an défi fat porté. Un de* i teart de la cour partit pour Krrjeen arec nne lettre do mari, qui ordonnait de le lien recevoir. Le jeune conrtiian n'oublie rien pour capter lea bonne* grâce* de la etulelaine. Cette il.nuc, lasse enfin de ses poursuite*, le fit tomber, nn soir, par une trappe , dans de profonde* oubliette* , où elle loi donna fora* étoupr* pour composer lr tiuu qu'elle arait ioventé , et qui n'était antre que lea hUtvu. Elle le prévint qo'U ne serait nourri qu'autant qu'il travaillerait avec courage. Le* ami* de Paris ne voyant point arriver leur compagnon , croyaient déjà à aa réimite. Pour s'en assurer, on second te 11 eut le même sort qne le pronier. Plusieurs son* être plu* heureux ; et quand le mari revint, U trouve ton* ce* petite maître* dont la femme

avait fait J'excellens ouvriers. Dr U viol le I

A» c'tuNas r«« ma SBcarAVwMt 1 u lj<l ! Ktriaa im*.

Ces détailaaont extraits d'une petite brocbvre de M.Miorcec

nwnucT i»is no«Li« ejf 179L

Ce» btMMM» «ont incorrigible». Imagina la malpeoasreté, l'odeur, l'humidité. lal>oue .pu regnetil èum l«<l«Mill «lllli 1 1 liili I leau «It- ftimiei «pi sauvent r* détend l'entrée, et «|ui presque loui;«)oMet-y la malpropreté, la gale t, héréditaire (I), el te p<reMt te cnlan»; la inalprupr. I. d i ixl |\ i<l ti> .pu ne sel.. uun:I . «fui a» te ••»■■'> t ^uuis. cfu> sortent de» 1.-.;.. des i— i r i . de» cloaque* ou l'ivresse les .n ul pi. » ij>ite»; fwtjraer-vou» ce» cheveux plaL» et long», cette

|«ai.w . .es Ilglirrs . hargéi-s "le r.UiMIJv-

, IcsmuiU gilets, le» i n lotte» l'uoriues , 1rs f»jteb«Mtfua», le» guêlro, le» sabots qui forment leur hahdlcmeal, et vous aurei l'ide* d un paysan

Ka hujn pas ce» gens sur l'apparence. Ils suur, ». nilelligms et rtn%. Il> lide; ils cakuh-nl avec justesse. I.'uuatcux ; 1rs pi. lit s. n uni abuse, (ta verra, par le» détails que le murs il.- mon nu- I, quel est l . xres de leur superstii «V rêvé» le» dominent Ik vivent au

I d.-» ombles . des démoli* . .1. s |ees . des rr-

et de» sorcier». Ils les «nient la nuit , It? tour , daa» leur sommeil , au rte de leurs fusses, «ta» le» air» et sur le* nuage». Aux mutes tru railfiti isiii.- . au\ pratique» de |j nli^iou romaine.

ikaf.Ut.l.l I. matériel de l.i l.llgloll ■lrillill.|Ue.

■l.KH il» noat oublié .|Ue le» »lci-««iiblime». L iua rendu*, si-i^ ; il les rmpw lie d être l'.'in Oui" botte |ur l.ul C4>:iime irhev.i!. rie. la gloire, |< -.conduis mr la r—i—ienl pas a ses extravagance». Hélas!

•|uHN l nidttldll sur la siirlair .le le monde, et

|f.4at4nnrul -Luis les autres. dont ou u ail |u» £*é le cerveau par de» la* be* d'extravagance ? Ce» oWrvaliou» s'appliquent au district de Mor-

>««■■»■ lifiiiétki «a i <Mt«aaar*W ■■■■■ mm» UUr loai r* mm^àn I".

mûmttntmnu p«>itrt «V **»t»l»f« dm* In U Itni battu* .).!. m oral lita fmt tarfalrtn , ••«■• mnm émt 1mm* à «e rmurr U W «fat CmmWj. PmMi «V parrfll*. rwmjè-

;0 U fat* a mtmmmmr mmUmm *Um Urta**«Miml à* mm mm* <imm» ralaa mr •*•*<-

raiariu rut m.

lait, à tes habitant, comme a rem des autres dis- IrirK du hiiistrre: a l'eireptiua cependaH de ce qui peut embellir ce tableau ; je parle de ce» jolis l.'squeLs qui couvrent, qui décorent le» chaumières. Ici tout est ras, tout e*l «ec. On rencontre quelques plantes pies des chapelles ou des foutaiues; quelques |»etil» bouquet» de bois aux environs îles iiiaiioirs principaux . épars sur une {grande siirfare. « )u Mi\l quelques maigre» taillis, de» ail. atM belles rt de» sapin». Le» fusses, qui partout sont rouverts d arlnvsel de Imi»s4iiis, ne portent ici que des landes. S'il est on pays où l'on doive aider , lonmiand. r des plantations. r'e»t relui-ei.

Je reviens au\ détail» qui rtmremenl parliruliérenh'iil le» .1. p< mLioces de Murlaii.

I . mon le varech «M fendrais priix ipal .les Cate. Jt étoirui la ■teèretertou 1 arrache à la mer. aux rvrliers. du en fait de»ajDM, ou le fait s. . hrr au soleil , ou le dèpate sur le» terre»; il »') uirlr quand ou le» lal»ouie. Vill. ur». le • ultivateur rinploie le fumier d animaux , de» herbes , de» pailles, duleuilbge, des laudes . de» ge». Ls tout, s aux

pieda, écmè» par le» xaalure». pourru par I eau

de»

lus rreux , sur

il I. s . I. lui. | ,-s

terre» lourdes sont divisées par des sald.>» tin» de la grève. yuelquefoi» nu gro» sable, nommé merir, «hargé de tJVtiri» de coquille» , »'iurorp«»redau»lc» guérrt» par la her»e et j ir la rit?rrue.

I >au» cette ooulrer , romme eu Suinve, ou répand sur le» prairies l'eau qui » 'ce ouïe d«> fumier* .

On n'est |Niiul dan» l'usage, en Urelagne, de donner du sel aux bestiaux.

Les U-aux « lievaux . le» auuuam du L'tmnai», ve nourrissent de panai», de ciiou» , de navet» , de trèfle. Uan» I hiver, on leur donne I extrémité de» lande» pilées dans de» auge» de pierre, avec de l'Iierhe el de la paille.

h-» rultivateuis mangent |>eii de viande. IVux foi» par seuiame. ils »«Tveiit. sur leur Uble, du porc el du far de blé lonr. l»aii» qiielqur» ranl.iis. il» »c miurhsM nt «le pain d orge ui« lé de seigle. Avaul la Mppmbtou du mtmmum , il» s'étaient déridera uuuiger le ni lioiu.nl. iioiirnturelrop |. gi n- pour I.-» soutenir. *

Lue te pur il U» font de» crêpe» de Wé noir. Ils uungeiil I». auioup de lait , de leurre et de bouillie; |wu de poisson . Hume sur la 10I1

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