I.u |our, Sainl-Guenolé , saisi d'enthousiasme
prononça , «l'une voix le roi Gralon :
« Prince , le désordre est an comble , le bras de l'éternel s élève, la mer se gonfle, la cité dis va disparaître : partons. •
Gralon , docile à la voix du saint homme , monte à cheval , s'éloigne à toute bride; sa Aile Dahut le suit en croupe.... La main de l'éternel s'abaisse; les plus hautes tours de la ville sont englouties; les flots pressent en grondant le coursier du saint roi , qui ne peut pas s'eti dégager ; une voix terrible se bit entendre : — • Prince, si tu veux te sauver , secoue le diable qui te suit en croupe. • — Si le prince obéit, et s'il noya sa fille; si b princesse, en se précipitant, se sacrifia pour son père ; si litrifer saisit Dahut pour épargner au prince le désagrément de b noyer.... Je n'en sais rien. I*s historiens du temps n'ont pas bien raconté le bit , et les commentateurs ont oublié de lecbircir.
La belle Dahut perdit la vie , se noya près du lieu qu'on nomme Poul-Dahut. Ij tempête cessa , Pair devint calme, le ciel serein; mais, depuis ce m ornent , le vaste bassin sur lequel s'étendait uue partie de b ville d is fut couvert d'eau : c'est b baie de Douarnenez.
On m'a fait voir sur b rivage , près de Ris , nn monument irréfutable de ce terrible événement. C'est nn rocher surnommé Genre , sur lequel est empreint le pied du cheval de Gralon : ainsi Jésus , en s'élevanl au riel, laissa la (rare de vin pied sur b sommet du mont Tabor ; ainsi , sur b plus hante montagne de Ceybu , qui jadis supportait le paradis terrestre , est empreint le grand pied d'Adam. Quecroirioos-nousde» temps passés sans cette espèce de mon u mens d'après lesquels nous écrivons l'histoire?
Vous serez, étonné de rencontrer ici une fable a peu près pareille à celle du roi Midas ; elle existe dans toutes les tètes . dans les plus anciennes chansons.
Le roi de Portimarc'h bisait mourir tous ses barbiers, de peur qu'ils racontassent au public qu il avait des oreilles de cheval. L'intime ami dn roi venait de le raser ; il avait furé de ne pas dire ce qu'il savait ; mais ne pouvant résister à b rage de raconter ce bit , par le conseil d un sage , il Tut le dire anx sables du rivage. Trois roseaux na usent dans le lieu ; les bardes en fflnrnt des lunettes de luuiboi» qui répétaient : Portxmarc'b ,
routine In prophètes ou U sibvlfe de Cumes , | le roi Purfannm b a des oreilles de cheval.
DISTRICT DE POTT-CROIT t* 1794.
Il s'agirait d'examiner à quel peuple appartient la priorité de celte fable. Ulysse l'appnrta-l-il dans la Bretagne en évoquant les ombres du Baz? Silène, qui voyagea partout, l'avait-il apprise en Bretagne pour la raconter en Pbrygie avec tant d'autres faits qu'il rapportait au roi Midas lui-même , qui l'avait pris dans ses filets? Je l'ignore.
Ce que je sais , laissant toute espèce de raillerie , c'est que ces contes nous transportent aux époques les plus reculées ; car, je le répète , le roi Gralon n'est pour moi que le Saturne des anciens , le nom par lequel ils renvoient à la plus haute antiquité. Il n'exista pas plus que Nu nia , Bomulus , Seth , Cham , Japhet , Osiris , Comerus Callus , Odin , Janus . Saturne , Ogygès , que tous les prétendus fondateurs des empires , qui ne sont que le temps passé personnifié (1).
Cette Bretagne est une médaille précieuse à consulter ; aucun bouleversement, aucune conquête de mémoire d'homme n'a pu changer ses idées, ses mœurset ses coutumes. Les superstitions du catholicisme n'ont pu détruire sa religion druidique, dont les époques se perdent dans la nuit des temps; qui, d'après l'aveu des grecs même, jaloux de s'attribuer toutes les origines , devancèrent toutes les religions du monde. l a langue que les bretons out conservée , leur dédain pour celle des français, n'ont pas permis dans ce pays la circulation des idées , l'introduction de la philosophie moderne. César ne fit qu'y paraître. La Bretagne secoua la première , avant l'arrivée des français , le joug de l'empire romain; elle céda sous Clovis et sous Charlemagne sans se rendre , et vainquit les autres rois , moins grands , qui tentèrent de l'asservir. Lacédémone est au pouvoir des turcs . Home est sous le joug d'un pontife, la fière (ienoauie soumise au gouvernement féodal , mai» jamais conquérant ne plaça sur son front la couronne de la Bretagne. Que, dans un autre siècle, le combat de la vanité bretonue contre la vanité française ait enfanté des haines et des divisions ; qu'on ait soldé des écrivains pour combattre l'histoire , les droits , les privilèges des bretons; que le ridicule ait plu sur «•elle nation dégradée tombant dans la décrépitude , >ous le sceptre des rois de France; qu'elle-même
(■) Nou» ne non* lomnn point c harpe, en « munir ni. un CtMDrjT i «te trUrrr toute» Ir» iilrr» biuites, rtrauprre» * la llretagne, «îu'i! rtprime dan» le courant il«r vin Ji\rr. Nom OC li roui Jonc -ut une muar<]'ic >ui ir fétêÊgtt
elle ait adopié les idées parlcsqucllcîon voulait l'avilir, je le coin >i> : mais les conquêtes des vieux l'antique science de-, druides, le commerce et les colonies des venèles , I étendue de leurs OMVMi et de leurs possessions, l'état de leur marine à l'époque où celle des romains , des phéniciens et des carthaginois n'était composée que de barques et de galères; l'Angleterre peuplée par eux, leurs victoires sur les rois de France à la léle de toutes leurs forces , les lois et la sagesse de leurgoiivcrncmciil . la vertueuse fierté de .Indiciel , l'inconcevable intrépidité de Vurfiuidus, la bataille des trente, Clisson, hu due» lin , qui rendit à la France morcelée , conquise , divisée , le lustre qu'elle eut sous les rois, etc., etc., s élèveront eu sa laveur. *
Je ne suis point originaire de la Bretagne , je ne peux m'aveugler sur ses prétentions , contre lesquelles je suis prévenu dès l'enfance, mais tout, sur l'angle reculé , sur la péninsule qu'elle occupe , me transporte à l'époque la plus éloignée que puissent atteindre les mouumens et la mémoire des hommes. Un rire peu réfléchi pourra suivre ces lignes ; le dédain qui n'étudie pas, mais qui juge ; l'amour-proprc qui , je ne sais pourquoi , mettrait un prix à disputer des cheveux blancs , des rides et la décrépitude à la Bretagne , se gendarmeront vraisemblablement contre mes assertions : j'invite cependant à réfléchir que des faits les attestent ; qu'elles sont le résultat de vingt ans d'études et de recherches sur l'histoire , sur l'origiue , sur la marche de tous les peuples.
Sur les points que je vous décris je ne vois que le tableau des ravages du temps, que des bouleversemeus dont les dates seraient connues, s'ils eussent eu lieu depuis six , sept ou dix mille ans. La mer dans toute sa fureur met des siècles à limer , à décomposer un rocher qui lui fait obstacle , et des millions de rochers autour de l'horizon que je parcours , à des distances de cinq ou sept lieues , ont élé successivement détruits par elle. L'homme , les animaux , tous les produits de la nature y sont dégradés par le temps.
Au milieu de toutes ces terres je vois des masses de granits , débris de montagnes élevées que le temps a fait disparaître.
La mer depuis long-temps possède ces contrées : ces bancs de coquillages , de pétrifications ; ces pierres calcaires, les débris d'animaux qu'on trouve jusque sur les montagnes secondaires de la Suisse,
mstkict De povr-CMrx ci 1791 l'intérieur de la Brt>
■e se trouvai point <1
Ugnr.
Ij langue roonosvILih i<|ii<* *lt*s liâihilâins*, dont IVs racines sout relies de l'étrusque , du sabin , da grec , «le l'hébreu et du cbaldéen ; ces ruines des travaux des hommes , doal les rivages sont couverts, que ta mer englouti!, découvre , laisse apercevoir , prouvent dénion-h iiuem< rit que la partie du globe dont je parle | >■ t.iit <!•->> Iiahilans, des hommes , quand l'Egypte , la Phénirie , la Grèce , (Italie , Ja Judée , tous les pays qui prétendent a la priorité d'existence , étaient ensevelis sous les eau\ de la Méditerranée.
La marche des premiers hommes dont notre histoire se souv ient , les ombriens gaulois repeuplant l'Italie ; les pélages gaulois s établissant dans les contrée* de la Grèce sortant des eaux ; ces celles gomérites arrivant dans l'Asie; Rorée, fils d'un roi celle, dominant sur les thraces , qui peuplèrent I' \>ir mineure ; Cignus , roi des ligurien» , peuple gaulois , ami de Pbaéton sur les rive* de l'Kridau , pays des venètes gaulois ; les conquêtes Aescetloseyihes ; l'Rspagne entière peuplée de celles ; toutes les hauteurs de la Thrare peuplée de gelles ou de celles, etc. , tout démontre à l'homme impartial qu'à celte époque même si reculée, ou des fables tiennent lieu d'histoire , les relies , les gaulois . tourmentés par un excès de population , versaient partout leurs colonie*.
On ne sera donc point surpris de trouver tant de ruines à la pointe de la Chèvre , daas tous les environs de la baie de Douarnenot , à Porsgat , à Portimarcti, à Tréguen, à Ris , sur l'Ile Tristan ; de voir deux lieues «le rôles à la pointe de IVomarcli rouvertes <|cs débris d'une ville presque aussi grande que Paris. Ses ruines ne m'ont à la vérité rien offert qui m apurent dans les détails une antiquité dequatre cents ans ; mais n est-il pas probabb* que les vieux monumens ont servi pour la construction de la ville nouvelle?
Par une singularité qui confirme ct>s assertions , les passages qui se croisent entre les débris portent e ncore les noms des rues qu'ils ont remplacées : on les nomme la nie des Vrgeuliers , des Orfèvres, du Port , des Sculpteurs , etc. , etc.
Je ne doute pas que des cités , des établissemens de toute espèce u'aieut exUlé sur cette cote , que le temps et la mer le» aient détruits , que la baie de iHMiarnenri ne soit une invasion de l'Océan sur les terre*. Presque tous les pécheurs . tous les culti-
vateurs, le»' légendaires , parlent d'une ville «ris dans ces contrées ; je crois son existence très-vraisemblable ; elle eût été placée près du l>ec de la Chèvre, et se fût étendue jusque snr le rivaged'An-
dans les eaux r\).
{t \ Voici un paaaapr fort rufirux dr l'Hûteirr BuaDKnle Je lu Ughf m HaitfBrftannr , par le «Uaaoïor Moir.u. Boa* rroton» mltrruaal de le rapprocher du lexte d« < „iubrj. Noo» eanpruoroo» rrOr citation »B arroad vu 4 mir't J» Fimiurrr , pur M. de trruimtittr.
■ s» U dernier, point., rmlrr Ocden rf | - mm Moreao , doat non* rapporton» ici le mrr, e*tnit • une figer* q narrer ra (orme d aag gnui cloietre de Irojt . loix» de b»ut , fa.ct . cm.1 de aillon , rù>-è-».e liai. . de Sijdb ou de Seo , duUal de U pointe d* terre de i l'octtdcBI. Crste ajaraill* . qui t
ra 1 546 pour U pln»-
• toùÏB* , pont aggrenilir IrBr Ubonraige, r*laaf m bonne
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• quil que defroac» fuatrol feule» aa» halulena d'art eater ww
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• breton mogmrr-guu El eu» entirone di relie le* ULoarror»
- fouoeaat obi trouée cl par fou j troairal de» aiars ou
• auge* de pierre» étrangère» »l de diierur» km te» , et qari-
• raieat joindre et eiaieater. ttuelqaefoca ï oa • troène ia
- jrj»rr» qoeiqon Ictlres noo luible*. < >a presaœ aa*M qoa
• l'on • Toula k*Mir ladirM o»nr»<Ue de petit» realloax tja il
• a f»lla faire apporter de U atet avec geaada diflieulle. at-
• Iradu U baalear de la coate , qui aoal kaata pernp>re« ,
• qa'ater perd , et eaoïas peal-oa craarrerer aaec «Weaals.
- Vru aaaai qar c rat oa eadrou na l'oa Irctate k trot de
- terre de belle parrr* a* Uille et la aaetlieare de tnol la
• iiiur^iilc. [>qi>iii inir ■•■araàlle 3 y aeaet maf P*** fairt
• poui ia p;u>p*ii 4» petaïUca pierre» , leadanaat d'icalla
• l^rqoel pate eaxore qa'd ao»t ioirrrompa ra pittunii* tn-
• dro.u ( ea i5t6 ) oa b Irrte eat mIU. et ea leataïqaa . I* atrra* pa%e. Ot> ea bob»* aa a air» coadauxat d* Ur- ■ ban paaqa aa nraf* d* ItoBeraaaaa . dntaat dr Cwltaii d»
- doat* à iretM leia . faKt *a*M da tatle* patœ* pperre* . et . oa prrtaad qa» ra aoal pa«a* pour armer a la «ilta d'r» ,
- qa* l'oa dict »»ot» e»»*te ou ni prr»ratea>eal U bare de . Uouaraeaea ,oitb powtl* da aVaa. Fj qai depou) «, a»t» , . par »accr*etoa da leatpa . roaqaàar pa» U atar, il » a « . oa lin» ira* ea» , Mf4«o»r **t aa Iraipa da» ta»*
• «onaatf r»C»»r»arja .Gaeaol* , Jadec. reifateai ea ea» triepa
• «a U ft<te>fae èt lut l-ia.lus, piuste rt »•«»»#» i« n-a-
ICI m: l'ov; -( r\ I7f» ;.
Dans mes recherches à Tresma laotien , au mo- Di. Mil où j'examinais «les ruines curieuses, je us un paire assis ; je l'iutcrrogeai sur le. i<|ée> «jm'oii avait dans le pays de cet antique monument , il me répéta ce qu'on m'en avait déjà dit. C'était le palais des cou ri I s ou petits hommes, espèce de sorciers malius , corrompus cl danseurs. On les rencontre au clair de la lune , sautant autour des pierres consacrées ou des monumens druidiques. S ils vous saisissent par la main , il faut suivre leurs mouvement; ils vous laissent exténués sur la place quand ils \i quittent. On seul que, dans la nuit , on appr. lu- tort rarement des lieux habités parcelle es- |i i r «le déliions : ce snnl les iliisii des vieux £.1 il loi s , si j'en crois quelques récits altentatoires à la pudeur des filles. On sait de ces courils enchanteurs , i<> is-puissans, qu'à l'arrivée des sages dans le pays ( ils nomment ainsi les apôtres du catholicisme ) , toute espèce de liaison , de communication avec ces gens impurs Tut proscrite.
- ■!.! tt-tir de» église* de Krmper et de Landevcnncc. El tr lotit " arrivé par nne juste punition de Dieu , pour le» peché» du
- peaple de ladirte ville d'Ia. -
- J'employai une journée entière , ajoale M. de Fréminville, à chercher avec la pins grande attention ai je pourrai* découvrir des drbrii de eea mur* et de cea chemina qne Marna a pa voir encore, je n'en pat retrouver U moindre trace. I-e» aatoriléa locales de* temps moderne* n'ont pas malheureusement imité le procoreur Jacques Mocam, et n'ont pa* profité de leur influence pour empêcher la destruction entière de ces ruines si intéressante* , en ce qu'elles pouvaient ■> or tout servir à constater la tradition historique relative à la ville d is.
- I n effet, quoique la description qn'en donne Moreau soit rm-diffuse , ainsi qu'on a pu en juger . si eUes est exacte , il y aurait tout lieu de croire qne cette grande muraille tjuarrèe dont il parle était nne dépendance de U ville d'Is. Il eat certain que la nature de aa maronnerie indiquait une trrs-hante ancienneté. Ce* constructions , en galet* on cailloutages noyés dan* un ciment , datent eu France d'une époque Ire s- reculée , et , d'une autre part , elle* n'ont aucun rapport avec le* maçonnerie* romaines.
- Le* chemins ferre* qui partaient d'aupréi de cette muraille, pour s* diriger ver* d'antre* ville* de* plu* ancienne* de la contrée , indiquent encore que là où était leur origine devait être aus*i nne cité importante duut il» formaient le* communication*.
- Eoiàn , ce* auget Je pierre, qne , du ternp* du chanoine historien, on trouvait encore fréquemment au même lien , riaient de* cercueil* , et précisément du genre de ceux des quatrième cl cinquième siècles . et ce fut ver* la fin de ce dernier que lea légende* placent la loLmcmun de la yile J U. .
On ne voyage ici qu'au milieu des nierv.jllev H.... Ch...., qui remplissait le* fondions de mtàn à mon passage à Douaniencz , la municipalité, que je consultai , me racontèrent une multitude défaits extraordinaires , non qu'ils les crussent , mais iu avaient la complaisance de m'indiquer lest lanières répandues dans les campagnes.
Yves Castel cherchait des lançons sur la plage ; il crut apercevoir un homme dans la même occupation ; il l'appelle , un fanal seul s approche ; il fuit , le fanal le suivait. Il se jette aux pieds d'une croix en se recommandant à Dieu ; le fanal l'évite et suit sa marche.
La moindre exhalaison inflammable peut causer celte terreur à des hommes prévenus des contes de leurs pères. On atteste qu'au moment des orages, le feu de Saint-Elme parait sur beaucoup de points du rivage , et qu'il se place quelquefois au sommet des ormeaux épars sur celte côte.
Un pécheur , au clair de la lune , voit flotter un tonneau sur la mer ; il l'atteint, le trouvcplcin di tètes de clous ; il en prend quelques-uns et le repousse. Arrivé chez lui , racontant son aventure à s.s enfans , à sa femme , aux voisins , il jette les dons sur la table , ils se changent en pièces d'or; il retourne au rivage , le tonneau ne se voyait plus. — Ne négligez pas les petits profits.
Un villageois voyait souvent un taureau blanc se mêler avec son troupeau; il s'en approche, le frappe moire villageois tombe mort. Ménagez l'animal de votre voisin s'il pénètre dans votre champ.
I n homme de Douarnenez vit une sirène Mitt sur un rocher du Ilaz ; il s'avance pour la saisir . elle se précipite dans la mer. Ua effroyable coup de vent, une tempête affreuse, jettent vingt bateaux à la côte.
Après les ardeurs du midi, frappées long-tenps des rayons du soleil , il n'est pas étonnant que les lélcs fermentent; c est un état d'ivresse et de frav eur. II.... Ch.... m'a raconté qu'à deux lieues du cap de la Chèvre , son père, en dérapant, blessa probablement le màlc de la sirène ; il entend un hurlement affreux , la mer s'élève , se courrouce. I n vent impétueux, une bourrasqueépouvantableraenace d'un nouveau déluge; un miracle put seul sauver H.... de ce danger.
II est peu de marins sur celte côte qui ne disent avoir entendu le silllcment , le cri de la su, nc. I uiol , clia les aucieus breton* , indiquait celte U-
DISTHICT M POXT-CAOIX »
mUé «If la nature par laquelle I air pressé rend un son* elle existait dans le ciel , sur la (erre , dan» les mers ; elle produisait I harmonie des sphères , le sifflement des vents , le hruit des mers sur le mage. On nomma siren cette (acuité , des mots si ( tonitus , sibitiu) et de roi , conduite , direction : euz-ren, sous le gouvernement, tout le règne; or ne/, Dieu qui conduit le monde. 5/ n'est du son prealMontre nos dents; conducteur du vent. Le* druides : par le moU/'-ren, leson. \je peuple tait la faculté qui le dirige fournir une 1 de divinité , à laquelle il appliqua la forme : femme, d'une cantatrice, habitante des airs , de la terre et des mers.
De là les sirènes des anciens , Parthenopée , LigéetK Lucosie. On les plaça près de Caprée, sur trois rocher, ih»iiiiii/-o Nrenu ..t . IiimiI.i , livrions.
M misWfms , e. 125, les fait lllles de Melpomeiie , une des mates (a modulando nomen Italiens , , et du fleuve Arhéloiis, (Ils de Thélis et de l'Océan ; re qui, dans le langage allégorique , veut dire : fille de l'air et de* eaux.
Il leur donne îles pieds d'oiseaux , d après des ■nonuine ris de la Grèce moderne et l'assertion de quelques écrivains.
Phernieum linguà sir est cantatio inde factum siremun nomen , superiora sunt virginum , inferiora passertun vel strutionum , non pisut vulgus put al.
> la ImfiM dw phtotorai , ur ugntùe cb.ol , e)t U <w mot iitrM. film obi I* itxpt d'aac »icrj» « U* paru** ••/•rmrr. i n .o.nrao . d u» .atroca. . aoa d'aa po.Mut. . ' '«■' W peu** U .ulp.tr •
Le Balh Jaana des hébreux est l'oiseau des déserts, que les grecs traduisent par le mot sirène.
Les arabes nomment les sirènes, qu'ils placent dans la mer de Grèce, filiœ amtmi, les filles de l'eau , on Dulhak.
Senius les fait filles de Calliope ( du ciel ) et •TAdsflooa {de T eau ) , K.a3dùovn>; oUimcc vocis grtrca interpretatio est.
Isale parle des sirènes habiUnles des déserts et ruines. Job s'écrie : fruler factus sum tirenttm. Les syriens les appelle ul L'yvnot ( id est otormj.
Suidas n facultates
Siren iteo canens grâce» intellect u valet . <lil Maerobe.
La sirène est la source des idées sublimes des anciens sur les muses , génies chantans dans les sphères. Elles sont les ramenés des étrusques; elles présidaient à des chants qu'on exécutait dans 1rs temples , par strophes et par anti-strophes. Par strophes, ou indiquait la marche du ciel, des étoiles ; par anti-strophes , la course des comètes ou des astres errans dans l'espace.
Platon attribuait une sirène à chaque sphère. Li ( . i n e seule, dégradée paidloaaèrt , par Hésiode, ou plutôt par les vers des Rapsodes, ne se souvenant plus des leçons des Orphée j pouvait imaginer l'aventure d'Ulysse ; et les pères de l'église . grossièrement deslructeursdes anciens, avan< m i t que les sirènes étaient de misérables courtisanes , ut leurs charmes an matelots de la Médit cr-
ies sirènes, suaves et musicte
appelait l ime, sirène; ce mol, en hébreu , signifte chanteuse.
Ayex donc des idées délicates , légères ; portei votre front dans les nues; imagine! un ») sterne sublime, et vous verrez , en (assaut par la tète du peuple et des commentateurs , ce qu'il deviendra dans la suite.
Quant au mile de U sirène , on se l'est peint sous la forme de ces hommes aatrias vaa aar les cotes de Hollande , et quelquefois, dit-on , sur les rochers df la Basse- Bretagne.
C'est l'abu-miisaina ( id est pater decorce ) des ar.il*es, poisson marin de forme humaine qu'on aperçoit au port d'Alexandrie et surlesrimdeRosette.
Gassendi, dans U vie de Piéresk, décrit uu de ces animaux vu ( in armoricano littore) dans la Basse-Bretagne.
Ce sont les tritons des anciens.
On trouve de longs détails sur U sirène dans un discours intitulé :
« Le* Sirtnes , ou discours sur leur forme ou leur figure, a monseigneur te Chancelirr. Paris , Ànisson, 1691. •
D'après ce discours, on les croit lllles de Stérope, une éas Pléiades.
On les fait sortir de la corne d'Aehélous, arrachée par Hercule. Homère n'en compte que deux :
\gl.lnp|liiM et I hrtieiope.
Des géographes placent leur séjour près de Pelore , l'un des trois promontoires de la Sicile. C'est à Sorreate , patrie du Tasse , que naquit
I eiicosie. »
Clément \lex. (I. 4.
ailes d or