DISTRICT DE QEIMPEHLE EN
Avant b révolution , la ville de Quimperlé était des plu» tranquilles , des plus heureuses de la France. Après une île bruyante , agitée ; après de longs voyages en Chine, au Bengale, aux Manilles; quand les nerfs étaient desséchés par les c haleurs de riudouslan , de l'Amérique ou de l'Afrique, que de navigateurs se retiraient à Quimperlé ! Le sang s'y purifiait an milieu des bois , des forêts , des bosquets qui l'entourent ; les chagrins étaient dissipés par une société douce , aimable ; un médiocre revenu y faisait vivre dans l'aisance, la rhavNe , la pèche , la chère la plus délicate et le rept* h* p lus parfait , faisaient passer des jours heureux à l'homme assea sage pour préférer a I éclaf , su mouvement des grandes villes , le calme d'une vie paisible, l'air pur rte- hoU et des rivières, et les plaisirs de la nature ; on s'y réfugiait mfm comme en Tooraine. C'était un port paisible et sor à la suite des tempêtes et des naufrages de
Cette ville fut établie comme Quimper , comme Lvon , au confluent de deux rivières. Leur* noms , loin d'avoir la rudesse qu'on prèle à la langue des bretons, le disputent dans le» ehauts poétiques an noms les plus harmonieux de la Grèce et de la Lydie. L une est t'Ktlé , I autre /'/«>/*; l une court avec lenteur au milieu des prairies , sur un lit de sable d'argent ; l'autre se précipite au milien de» rochers. C'est le tranquille Arar et le Rhône fou- Kueux , s'il est permis de comparer de grand» fleuves a de» ruisseaux. L'Isole et l'Kllé »'uni«<nt . se mêlent aux eaux de In mer . forment le port «le i , et descendeut jusqu'au Pouldu. Le»
rivages, tour à tour rians, déserts, sauvages, offrent a ceux qui les parcourent les aspects les plus variés : c'est le joli bois de l'abbaye, ce sont le» haute» terrasses deQueblin, d'épais bo»quets de noivliers, b forêt et le vieux château deCarnoet; c'estlabbaye de St. -Maurice , si reculée , si déserte , où l'art et l'industrie surent , au milieu de taillis, de sables, de rochers , créer de grands jardins chargés de fruits et de légumes ; ce sont d'après rodier» noir* et couvert* de landes , ou l'on ne pouvait eutanter que des idées mébncolique* ; c'est l'Océan, enfin. J'ai descendu vingt fois IT-llé , toujours avec des lensalions nouvelles. Sur les lacs que j'ai parcourus, dans les rivières au cours desquelles j'aimai toujours à m 'abandonner , j'ai sans doute éprouv é des émotions plus vives , mais jaunis de plus douces , de plus sentimentales , de plu» heureuses. Si le dieu du repos, si le dieu de b paix s'étaient choisi une retraite , elle eut été sur les bords de l'Ulé. A u milieu même des fureurs et des convuUions dernières , ses rivages heureux n'ont point été souillés par des assassinats révolutionnaires ; et si quelque étranger tenta de soulever l'esprit du peuple , d'attaquer sa morale et d'écarter sa bonté naturelle . il ne lit que de vains efforts ; pas un indiudu ne Tut privé de sa liberté sur les dénonciations de b snriélé popubire; elle plaida pour Ch... du U... I . pour les U -\ , injustement mis en arrestation.
Les notes envujée» aux comité» de Mireté g«w-
DISTRICT DE QElMPEJtLK M 1 79f.
raie el «I»; salut public , par le comité de surveillance , portaient un caractère de modération qui le compromit un moment. Les ]>ères el mères d'émigrés même reçurent tous les soulagemens que purent leur accorder la justice el l'humanité ; la plupart d'entre eux jouirent de leurs maisons , de leurs jardins , et des bords frais de leurs rivières. Je sens qu'aigris par le malheur , ne connaissant que leur propre infortune, ils se plaignirent amèrement des duretés qu'ils essuièrenl : il est réel pourtant que dans le Finistère , que dans le reste de la France , il n'est pas une commune où leur traileiueut ail été plus doux. Je n'excuse point ici quelques individus coupables de vociférations , d'insultes , de désordres ; mais , je le répète , ils ont eu fort peu d'influence ; el quand il fut permis d'user de représailles, d'incarcérer et de poursuivre des êtres immoraux renversés par le 9 thermidor , pas un d'eux ne fui attaqué, poursuivi, recherché ; on sut leur pardouncr avec celle générosité, cette modération qui caractérisa dans tous les temps les liabitiius de Quim|>erlé. D'autres bouleversemens, peut-être , succéderont à ceux qui viennent de cesser; des factieux, des furieux, essaieront longtemps de renverser ia France , d'y troubler le gouvernement ; puisse l'expérience et la raison maintenir la paix dans cette petite commune ! elle démontrera qu'un bon esprit , que l'union , que la fraternité, ont uue force indestructible.
En 808, Charlcmagnefll marcher uneannée contre les bretons armoricains. Il campa sur les bords de l'Ellé.— Il était encore dans son camp lorsque Maliminoc, abbé de landevennec, vint le saluer.
Il est mention deQuimperlé dans une chronique intitulée : Chronicon Kent/ferligense in Britannià ah anno M2 ad antvtm 1280. Antérieurement à l'année 842 , il existait des pouls nécessaires pour la communication du pays des venèles et de la Cornouaille.
Plusieurs historiens disent que l'endroit occupé par la ville de Quimperlé l'était jadis par un hois druidique. On cite comme un collège de druides l'église souterraine de l'abbaye de Sainte-Croix. On parle d'un ancien monastère fondé par un des rois bretons de Cambrie, nommé Guilhiem; il avait quitté sa ronronne pour se retirer à Quimperlé , ou se voit encore son tombeau ?\).
I»*pi «•»!«• Ortubirc «le 1 iU>,iyc. elle fui eu cfftt fondée j.Jt hl.-Cuilbuiu, ku
Cliarlemagne ayant livré quatre batailles en Bretagne, disait : s'il me dut donner la cinquième, il ne me restera plus de soldats. ( Matlh. invité Hen-
ricilV).
Le pape Grégoire , pour épouvanter les florentins , les menaçait des bretons qu'il avait à sa solde.
J'ai vu sur un calice de vermeil , porté de l'abbaye de Sainl-Morice à Quimperlé , cette inscription sur la tête d'un ange :
Si tu es Chiislus , die. nobis.
Quimperlé se nomma d'abord Avantot (2). En 1029, Alain Caignard et Orscand, évéques de Cornouaille , rétablirent, en faveur de l'ordre de Saint-Benoist , le couvent de Sainte-Croix. Alain Caignard mourut dans cette commue en 1058 ; il fut inhumé dans le cliapilre du monastère qu'il avait établi.
Le confluent de l'Isole et d'Ellé avait été, dès 568 , consacré par Gucreck , comte de Vannes. Alain Caignard fit présent à ses moines des Iles de Guédel , de ilelle-lsle , et de terres considérables (3). J'ai vu briser, avec regret, la statue de ce fondateur, couservée jusqu'au moment où la révolution établit des salpêtreries dans presque
des arts (4).
(?) M. de Fréiuinville dit .4Wr«r.
(3j Va procès célèbre eut lien * propos de cette donation d'Aloin Caignard ; voici quelle en fut l'occasion :
Alsin, dac de Bretngoe , av„t donné Belle-Iale k r.bbsye de Redon; mais , quelques années aprrs, il avait été forcé , parjostice cl reconnaissance, de rendre Celle propriétés AUin C.iguard , qm la donna à l'abbaye da Quiaperlé , dont il était fondateur. An bout de 36 ans , les abbea da Redon réclamèrent , «a disant qu'on les avait cliussca violemment de Relie Isle , qu'on avait toc de leurs gens , et qoe ce bien leur *ppartrnjil. Le légat fut appelc à juger co procès ; mais l'abbé de Redon, qni craignsii son jugement, gagna le doc, qui envoya des hommes d..i mes ponr rliosser de Relle-lsle 1rs geo» de l abbsy. de Qnimperlé et la livrer an feu. de Redon. Aussitôt qoe le legs! counul celte conduite, il fit suspendre de ses fonctions Hervé , abbé de Redon. La pape , tonte la noblesse , prirent part à cette sflsire , qui fat nv le point de taire mettre le due lie ru interdit. Enfin Cornu rendit Relle-Isle à 1 sbbase de Quimperlé ; mais l'abbé de Redon aima mieux rester prive de sa charge et de I usage des aacremens qu« dr
nrrgir d'un prêtre et de cette volonté de fer qni , à celle cpoqoi , anur.i au rlrrgé une si formidable puissance.
(.1) Sou i»u.l.r*u »e soyaitdansla clupcllc sonlenaioe ; .1 « i.iit orné dr m stjluc ru cuivtc éuuiUc. Ce monumrut fui dcuuit lors de la révolution.
ne qnapuui; ts J?9(.
\ la (In <1u tivi/ième siècle, U duchesse Blanche 61 venir des dominicains à Quimperlé : c'est le vfoDd établissement de cet ordre en Bretagne ; 1e prvitiier salait fait à Dinao. On travaillait alors a placer partout ces furieux slupides qui devaient seoir le plan de la monarchie universelle, conçu par les pontife romains , et l'inquisition, qui , par miracle , ne put germer sur le sol de la France (1 }.
Le comte de Moiilfort mourut eu 1345 , et fut enterré sous le grand aulcl des Jacobins. Ou lisait, il y a peu de temps, son épitaphe audessus de la rlmtelle de Saint-Hvacinlbc :
l-t>Hf* ttrmtf jaim frrrn Monlfiyrttlti mfrrt
Vt tritomti f atfraf , tmnui ai ùmd* ctrpmt
Juml ut>tr* prim Miorf , nu ntltrtii tnai. I jor on twro rem /rrfmr, wu iju* tkcvt kit CamymfU, ad mrdium msjorn coiioaU mrm.
En 1342, après la levée du siège de Hennebon , par Charles de Mois, tauis dl£spagne entra dans b rivière de Quimpc rlé , snivi d'une flotte eonsid Arable; il débarqua près de six mille hommes , qui furent détruits par Gauthier de Mauny. Utiiis d'Espagne, avec trois cents hommes , qu'il pat à |ieine rassembler , se réfugia dans M Vilaine.
En 1373, Quimperlé fut ranonné, fut pris par Olivier de Cliason. Jean de Ros , écuyer anglais qui commandait dans cette tille, y reçut la mort.
Ortie cité, gardée par le dur de Mrrarur, fut attaquée par les troupes du roi, en 1500. On en fit sauteries portes ;) la ville et l'abbaye furent pillées; ses murailles furent démolies. Les matériaux qu'on en lira servirent à la construction des quais .2'.
Jea n-Jacqurs l Iric Engtier, originaire de St.- Call, en Sukse, vint s'y lixer en I7S3- Il y commença le bel établissement d'une tanne, ie que le citoyen Uillclte conduit avec tant de succès. Celle
Itdac, t\m ètmt c<j^tni*ot ton patent , mut U «en « (jataprrlc.
Ca i J »i . ta éum J«*D III paklia , dan» oo patlnacnl km a (,Hj.œp«aé , tm eotMtitutioa* »ur U* rr«r«.l» et I» partagea o«t «rorrai, â^rc celle» 4* Jean II H i knut II, a co*.
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i , mm la demande de L <«•»-
belle manu facture , située sur lu partie la plus élevée de la ville , oectip • la pente d une montagne. Elle a rendu les plu» grands services à nos troupes dans lesmomens de pénurie qu'elles éprouvèrent dans l'an III ; elle continue ses fournitures, et in<rite du gouvernement toute espèce de secours et d'encouragement.
U tannerie du citoyen J.... n'est pas aussi considérable , mais elle est établie depuis fort peu de temps.
I ne multitude de tanneurs se sont placés sur 1rs rives «les deux rivière, si commodément situées pour leurs Ira vaut.