LE LEONARD
• L'été , quand il y a des pardons, jVprouie
• un véritable chagrin en voyant comment les filles
• de Tréguier sont costumées. Hles ont des den- » telles autour de courtes coiffes , et le tout leur
• entortille le tisage comme un torchon.
• Si les hommes de Léon n'allaient pas dans
• le pays de Tréguier acheter du Al , «ou» pourrir/
• garder tos filles à la maison à ne rien faire,
• ou bien les envoyer danser. Mais les léonnards
• sont des garçons qui aiment le fil blanc.
LE TRfcfcORROl*.
• Quand niera*' les lêonnanls ne tiendraient pas . en Tréguier pour acheter notre III , nous a^ons . de* marchands qni I achèteraient et qui iraient
le tendre ensuite , car U est fort , toupie ;
est comme de l'é-
> Je le vois , mon mignon , lu n'as aucun bon • sens ; jamais ta n'auras une femme de l'évêché de » l-éofl. Prends une fille de Tréguier , qui te fera des crêpes et du lait aigre.
• Puisque lu paries de crêpes , sache que l'on
• voit souvent dans nos marchés des marc hands
• de fil du l^éon qui sautent sur nos crêpes quand
• ils peuvent en trouver , et qui encore , après eu
• avoir mangé, se lècbent les pouces. •
Cependant , quelles que soient les nuances qui différencient les léonnards , les kernéwotes et les Irégorrois , on peut dire que le* mêmes superstitions, les mêmes préjugés, les mêmes usages leur sont communs. Cambry a déjà décrit une ^runde partie de ces mœurs curieuses, et nous ne répéterons pas ici ce qu'il a dit. Nous nous contenterons d'appuyer sur quelques importantes qu'il a passées sous silence < plètement décrites.
Nous avons déjà dit plus haut que le culte druidique s'était perpétué dans le Finistère eu se teignant de christianisme. Ainsi la plupart des pierres druidiques qni couvrent nuire sol sont restées pour les babitans de la contrée un objet de terreur et d'adoration. Cellcs-e i , si l'on en croit les récit* répétés aux foyers de nos fermes, sont des pierres que U Vierge a portées là dans son tablier, ou bien des bornes que des saints ont plantées en commémoration de leur passage ; celles-là sont des piliers auxquels on a autrefois attaché DeUébulb , ou bien des rocs lancés par le diable dans un accès de colère. Quant aui dolmens , tous sont La demeure des CouriLs ou Poulpiquets , espèce de petits nains noir» qui
le soir su clair de lune, et qni forcent les voyageurs égarés a danser avec eux jusqu'à ce qu'ils ne les aient fait tomber morts de fatigue. Mille contes bizarres et r barmans sont répétés sur ces petits hommes noirs qni hantent les landes de Crosou , les campagne" de r»o>pordcn et le» bob de Luiueu.
En voici quelques- un*.
Il y a loog-temp* de cela , fa* Poulpiquct* s'étaient emparé de fa vallée de God. I*> que le soleil était lombé à Iborfcou , et que les cornes