SUPERSTITIONS , ETC
teaulin r vêtus de blanc , et les bouchers de Quimper, dont le sombre vêtement est relevé par des bas d'oa rouge de sang. On voit aussi çà et là dans rassemblée le garde-champêtre avec la plaque de cuivre au bras gauche, les pilotes portant à la boutonnière l'ancre d'argent, les cloarecs
de Pont-Croix en longues lévites noires , sur le front et n'ayant conservé qu'une demicouronne de cheveux qui retombe sur leur cou par derrière ; là , ces entons que vous voyez enveloppés d'Une sorte de longue soutane boutonnée par devant , avec leur bonnet à trois pièces et une baguette blanche à la main , sont des gars de la montagne qui ont plus de deux ans et ne sont pas encore sevrés. Puis viennent leurs orines, habillés de toutes pièces et portant le bragou-bras, le grand chapeau, l'habit à larges basques ; les petites Biles, avec te jus tin garni, la jupe courte, le bas à coins et les petits souliers. Dans ce costume compliqué et grave, en tout semblable à celui de leurs pères et de leurs mères, la gaieté du premier âge s'efface pour taire place à je ne sais quel sérieux plaisant d'eefans jouant à la vie humaine. On dirait de petit* comédiens comme ceux de M. Comte habillés pour la pièce et qui se sont échappés du foyer.
Mais outre la physionomie commune à tous les pardons , chacun d'eux en a uoe particulière qui le distingue. A Saint-Jean, par exemple ( près Plougaslel ), l'un des pardons annuels est consacré à la foire des oiseaux ; tous les pâtres du pays viennent exposer en vente ceux qu'ils ont pu surprendre dans leurs lacets et leurs gluanx. Plus de deux mille cages sont là quel* quefois rangées à 4a suite l'uue de l'autre. C'est mi mélange confus desiulemeus, de roulades , de cris, de roucoulemeos , de modulations, de géraissemens, dont l'ensemble a quelque chose de si sauvage et de si harmonieux qu'on ne peu s'en faire une idée lorsqu'on ne l'a point entendu. Au pardon de Saint-Eloi , près Landerneau , on conduit les chevaux entendre la messe. A Sainte-Barbe, à Roscoff, les femmes et les tilles de matelots s'imposent des pénitences pour le salut de leurs maris et de leurs pères. Elles se rendent à la chapelle pieds nus et le cierge à la main. Quelquefois on voit des marins sauvés «In naufrage par suite d'un vœu venir l'accomplir eux-mêmes en Taisant plusieurs fois à genoux I* tour de la chapelle; d'autrefois ils rapportent
un débris de leur bâtiment, le vêtement mouillé d'eau de mer dans lequel ils se sont sauvés; ou bien ils offreot en commémoration un petit navire délicatement travaillé et gréé de tous ses cordages, qu'ils suspendent à la voûte du sanctuaire. A Lanriouaré, sur la route de Saint-Renan, les Bdèles font nu - pieds ou à genoux le du cimetière des sept mille saints. Celle tique religieuse est dn reste en usage dans un grand nombre de pardons , et il est même des mendians qui font métier de se louer à cet effet. Nous nous rappelons avoir vu fréquemment des
bandes de pauvres dégueni
les ranct
s ainsi le long
du cimetière et criant à haute voix :
— Qui a un tour d'église à frire nu-pieds ? qui a un tour d'église à faire à genoux?
Les riches paysans qui ont des vœux à accomplir s'approchent alors et marchandent un certain nombre de tours faits en leur intention; ils débattent long-temps le prix. Les mendians font valoir la longueur du chemin , la quantité de cailloux qui entourent l'église; les paysans de leur coté ne manquent pas de réponses. Enfin , après avoir marchandé sou à sou le devoir pieux à remplir, comme s'il s'agissait du marché d'un porc, les contractai tombent d'accord. Le vœu s'accomplit, et l'acheteur s'en retourne cbex lui le cœur joyeux, sûr d'avoir fait une action agréable à Dieu et d'avoir mérité des indulgences.
Les deux pèlerinages les plus célèbres du Finistère sont ceux de Saint- Jean -du -doigt et de Rumengol. Saint-Jean-du-Doigt , comme nous l'avons déjà dit , guérit les maux d'yeux; Notre-Dame de Rumengol, ou de /wterf-of, est , comme son nom l'indique, la vierge de tout
remède. Ce dernier pardon es quable par le nombre des mendians qu'il
Trois ou quatre cents de ces gens à besace s'y rendent habituellement chaque année. Le soir , quand les tentes sont repliées, que < les sont partis , et qoe l'on a ente cadences du hantbois se perdre dans les bruyères; lorsque la nuit et le silence ont repris possession de la plaine que foulait peu auparavant une multitude broyante, les mendians se réunissent par groupes auprès des feux d'ajonc qu'ils allument. Alors c'est un spectacle dont aucune parole ne peut rendre la fantastique magie que celui de ees trois eenls déguenillés assis autour de leur foyer en plein veut. On dirait
tout là
du moyen ige. Ils sur leurs longs hâtons Wancs, a leurs pieds, rnmnic <les imr> m peine qui seraient venue « asseoir un |MM autour de brasiers délaisse*. Par in -Uni un jet de flamme éclaire ces visages grimaça**, hagnidi M stupidet , marqués au coin du vice et des misères humaines; puis un.- r.if.ih- éteint |,s feux qui ram|>enl en tournoyant , et alors on n'aperçoit plus que des ombres qai t'agitent dans des ténèbres visible*. Cependant un sourd mnnuure, semblable au bruissement du vent dans les feuilles mortes, court sur celte foule étrange; de loin en loin la voix d'un estropié s'élève mélancolique et prolongée chantant un guer/ du pays ; on entend la clochette des chiens des aveugles, les ricMcmem) dm idiots , les psalmodies du vieillard répétant des prières latines , les cris de quelques meudians avinés, et an milieu de cet inexprimable mélange .|e rumeurs bi/arres, d'images liai I urinantes , de tableaux fantasmagoriques et rhaugeans , le vent de nuit qui arrive de la mer tout chargé do parfum dm berties marines commence à siffler dans les arbres du cimetière, les feux s'éteignent lentement , 0, |a lune montre son pile visage au milieu d'un ciel pailleté d'étoiles. Alors tout bruit meurt ; les trois cents meudians couchés sur la terre ont lié leurs peinrs aussi profondément que s'ils inaient dessous dans un cerrueil. La plaine irait de nouveau unie, solitaire et silencieuse , et I on n'aperçoit plus que le long chn-her de Runiengnl qui s'élance au milieu îles arbres - omme un fantôme, et la grande . r..i\ .lu ri qui pnqetie son ombre sur les pierres
•les tombeaux.
lai vie privée des bretons est pleine d'usages antiques et bi/arres. A la naissance d'un enfant , l'accouchée en» oie du pain blanc et du «in chaud • MMes les femmes grosses de son village. Les tenues mères qui allaitent viennent l'une après l'autre présenter le sein au nouveau ad : m In.u. he innocente porte bonheur. Un arrose «m langes d'eau bénite, et lorsqu'il s'éveille on ne manque jamais de tracer arec le pouce une croix sur son front. I>es le jour de la naissance, de
la I» lie ,|e froment lui est présentée, .-t
la lui fait manger avec le doigt.
|n. riant son pas de lui dire : Doue ho benigo ( Dieu
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•BUS bénisse), sinon la mère vous suivra de mauvais a-il et dira que vous êtes un jeteur de .sort. Au fond des campagnes , les nouveaux nés «.ml encore enveloppés dans des maillots par une bandelette qui les prend depuis le cou et tient leurs bras immobiles contre leur» corps, à la manière des momies égyptiennes. La nuit , ils sont déposés dans un petit berceau de bois long de deux pieds et suspendu dans le lit clos; quand ils crient , le père ou la mère se contente d'appuyer le pied sur le berceau, qui prend à l'instant un mouvement d'oscillation, et dont le balancement appaise ou plutôt étourdit l'enfant. On conçoit que dans notre Itretagne , ou les sont presque tous réduits à I état de , et ou la force corporelle est le plus beau don que l'on puisse recevoir de la nature, les garçons soient préférés aux tilles par nos cultivateurs et nos ouvriers. Vussi la naissance de ces dernières est -elle toujours regardée comme un malheur par les parens. On donne
grossière nuis énergique exprcssioU qui r.iele à elle seule toute la condition de la femme.
Le baptême se fait en grande cérémonie. In repas a lieu quelquefois a l'auberge du village, et les convives, hommes et femmes, sortent le plus souvent de table dans un eut (ouiplet d ivresse. (lu voit souvent des nourrir. -s rhargées du nouveau né retourner jius, j la demeure de r accouchée , chancelantes et avinée* , au grand etlroi des pissant. Les accidens sont pourtant fort rares : les breton* oui une sorte d Mutina qui les guide danV l'ivresse. Ce n'est put le dieu Jet buveur* qui les protège, comme le prétend le proverbe , c'est quelque chose de j.lus puissant : I habitude. . ,
Quant aux mariages , il nous reste peu de choses i eu dire après Us détails donnes par Cnanry. In tailleur, comme il l'a dit. en est souvent I entremetteur, t ependaal l interest industriels devient chaque jour L 'amélioration des voies de eoma étshli des rapports de villages à villages, et il en est résulté plus de facilité pour les unions. Il se tient aussi à l'enté, chaque année, une foire dont le but est de fournir des femme* ans |euaes feu* h marier. An jour fixé , les ftetmeres, vêtues de leurs plus beaux habits, se dirigent ver» k pool de l'enté , m si