‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 85 sur 159 · MŒURS , USAGES, SCPERSTITIOSS, ETC · texte numérisé non relu

MŒURS , USAGES, SCPERSTITIOSS, ETC

à litote voix le vent creator. Le silence régnait dans le lit clos.

L'hymne finie , le battant Tut rouvert et les marië$ reparurent. Line soupe au lait leur fut apportée ; mais au premier mouvement des époux |H>ur en manger , ce furent des éclats de rire a ébranler la maison , car , selon l'usage , les cuillers qui leur avaient été données étaient percées et ne pouvaient rien retenir. Par un ralinemenl de malice , les croûtons étaient réunis en chapelets par un fil iuvisil.l.< . et Ton oepouyait en saisir nn sans que tous les autres suivissent. Cette cérémonie grotesque fut longue comme on peut croire, enfin on se retira Ou avait semé delà paille, le long îles tables sous les tentes du repas; hommes, léinnies, vieillards, en fans s'y étendirent, et bientôt le sommeil lourd et tourmenté qui suit l'orgie descendit sur cette foule fatiguée de plaisirs- ,

Le lendemain on mangea les restes de la veille, puis tonte la famille se rendit à l'église pour écouter le service funèbre célébré en l'intention des ^ ^yao^^tis cl t ^ ^1 & li ^ *

Datas beaucoup de cantons du Finistère , un repas est offert aux préires delà paroisse la veille du Jour où les fiancés reçoivent la bénédiction nup- Uak.

I* mariage est pour nos paysans bretons ce qu'il est partout pour le prolétaire , une association de souffrances et d'amertumes. Cependant la situation de la femme est encore empirée en Bretagne par l'espèce de dédain qu'inspire son sexe. Dès le lendemain du mariage l'homme prend son rôle de maître et la femme sa place d'esclave. Le tutoiement cesse lors même qu'il eût existé auparavant entre les deux amans. L'épouse ne prend point place à la table commune avec son mari; elle mange à part avec les autn-s femmes de la maison , et après avoir servi d'abord les hommes , qui prennent leurs repas tous ensemble, sans distinction du maître et du valet. Dans cette circonstance , l'aristocratie du sexe fait passer le dernier garçon de charrue avant la maltresse de la ferme. Remarquez pourtant qu'il y a dans tout cela plus de forme et d'habitude que de réalité. Pour être dédaignée , obligée à une position humble et abaissée, la femme bretonne n'en acquiert pas moins fort souvent une souveraine influence sur son mari ; mais cette influence elle l'exerce de bas en haut , comme une usurpation et non

comme un droit. Son pouvoir rappelle celui de ces servantes maîtresses qui régnent dans les ménages de vieux garçons. C'est une violation des usages fondés sur la ténacité des volontés féminines , l'attrait du sexe , ou seulement sur la tranquille indifférence du maître. Au reste, la faiblesse

plus grands sujets de plaisanterie pour les bretons. Toutes leurs épigrammes , toutes leurs chansons satyriques tournent pour de ce ridicule, ce que le mari trompé est pour nous, un inépuisable canevas pour les vaudevilles et les plaisanteries.

Les cérémonies qni environnent les agonies dans le Finistère sont touchantes et religieuses. Dès que quelqu'un tombe gravement malade dans une maison , on va allumer un cierge , eu seulement nne chandelle si la famille est pauvre , devant l'autel de la vierge ou du saint du canton, s'il a quelque réputation. En même temps les secours humains en usage sont employés. On mit au malade une soupe à l'oignon que l'on • du pain blanc; on lui prépare vin blanc dans lequel on fait infuser du poivre et de la cannelle; quelquefois , plus sage , on se contente de tisane de parelle ou de cbten-deut. Si le malade refuse ces remèdes , principalement le pain blanc , sou état est regardé comme dangereux , et le prêtre est averti ; alors commencent toutes les cérémonies de l'agonie, sans que Ton en épargne une seule au moribond. Le prêtre, avec cette foi aveugle des hommes îgnorans et pieux , lui fait les sermons les plus terribles sur l'éternité dans laquelle il va entrer. Il le conjure de pleurer ses fautes et de songer à paraître devant Dieu. Ces exhortations trouvent généralement le malade tendre et résigné ; il pleure doucement ses erreurs , satisfait à tous les devoirs de la religion et se décide à mourir sans trop regretter la vie. Cette résignation est du reste le caractère le plus marqué du breton ; c'est sa vertu spéciale, c'est un manteau inattaquable dans lequel il a l'habitude d envelopper sa misère et d'étouffer ses soupirs. Dès que son agonie commence , des cierges sont allumés; au pied du lit du mourant le prêtre répète tout haut les prières , et la famille y répond à genoux. Après la mort, le cadavre est renfermé dans la châsse et exposé à la porte arec une assielie pleine d'eau bénite et un

rameau «I* bais. Le* passan* se découvrant à relie vu*. , font le signe «te la croix et secouent sur le rercueil le buis trempé «l'eau consacrée. A l'heure de l'enterrement , loute la famille se reunit pour «litre le convoi du défunt jusqu'au eimelirTe. Le* » , lesenfan» , l'épouse survivante , « tle lugubre cérémonie.

tombante ri vélues de noir el de, bleu. Pour peu la famille du mort ne soit pas réduite à la , elle place uni r sa tombe , et sortir de la messe , elle vient y prier pour le repos de son amc.

Mais jusqu'à présent nous n'avons cherché à faire connaître le paysan du Kiimlére .pic dans le* grande* ri m instances de sa vi/> ; il n'est pas moins intéressant dans son intérieur et dans la vulgarité de sa vie intérieure.

\jt plupart de nns paysans vivenl dans de» fermes isolés et n'ont entre eut que de* rapports éloignés. On rencontre bien dan* nos campagne* des lunicaux et des villages, mais ils dp sont composes que de trois ou quatre Les bourgs de quelque importance sont rares et ne sutil du reste guère habités que par des ouvriers ou des commerça»*, espère de citadins grossiers qui suivent déjà de moins près les tradilions Armoricaines. I<es véritables mœurs bretonnes ne se trouvent que datis les métairies isolées qui sèment notre vaste département. Ces mélairies sont des maisons d'une seule pièee au r ei -de- r haussée et généralement rouvertes en chaume ou en genêt Lue trfsétroile croisée fermée par un volet de bois au milieu duquel apparaissent deux petits carreaux

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*ruiPL»ptrs ■ ueui yeui , tiuune ; hnm ui rriMiitriri avec Lt porte qui est toujours ouverte, tout re 0,11e l'on trouve de jour el d'air à l'intérieur. \jt première chose qui frappe dan» une ferme

composé de terre mal battue. Les meubles de chêne noircis par le temps et la fumée cotisaient en lit* clos, en bahuts destinés à ramasser les

<lc**ein pour que l'on aperçoive le linffc el les jupe* de la ptntirrtm disposés avec use symétrie et un art tout particulier*. Il y i en outre prés du

. rSACKS, SCPER8T1TI0VS , ETC. 101

le lail , le beurre et les crêpe* I ne meule de pain bis est posée sur cet le table, envelopper

d'un linge blanc et recouverte d'un panier d'osier ou de paille. Au plancher sont suspendus des quartiers de pore fumé et des tourtes de saia-doui. Ile* deux côtés de l'immense foyer sont disposés

on aperçoit habituellement quelr aratoires , puis dans un coin près des barattes , de la bttie y quelques las d'herbes, de pommes de lerre ou de

on voit encoreparfoi» les vaches et les moulons habiter le même cor ps-de- logis que le» fermiers .

que par une cbire-vuir à

ont des éubles séparées adossées au piguon «le la maison principale. Ces élables sont basses, humilies et n'ont aucune ouverture. L'aire à

la maison ; a son eitrémilé se trouve une grange ouverte el à luit de r baume , sous laquelle se déposent les charrettes , les herses et les charrue».

la grange et la maison. Les étantes n'onl puinl leur sortie sur l'aire, mais sur une cour particulière couverte d'un lit d'ajonc , de genêts et de paille de blé noir. Ce cloaque infect reçoit ton* les écoulemens des ménageries , et l'on n'y avance que sur une litière mouvante dans laquelle on enfonce jusqu'à (a cheville. lu tas soigneusement

et la loge d'un chien faine et hargneux , toujours à la chaîne , complète»! de ce coté l'aspect de la ferme bn-lonne. Ait-dessous d'un de* pignons

cultive des choux , des oignons el quelques groseiller* rabougris. Un y trouve habituellement deux ou Irois pommiers sauvages , ou un poirier non greffé qui étend au loin ses branches chargées de (cos-fxrr) mauvaises poire» ; des prunelliers el des gmigonniers ( pruniers sama^es forment la clôture de ce jardin rustique, à l extrémité dW|ueNpparai*seot quelques

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