D£S ARABES
1,ES Arabes , avant Mahomet , n'étaient jmis entièrement sans iittérstiire : on ne parie que de ceux du Hedjàz ou Arabie Pétrée et de la Mésopotamie. Tous ' renseignement nous manquent sur 1 état de culture de f Arabie Heureuse ; nous savons seulement queies Hémyarites^ habitans du midi de l'Arabie, avaient une écriture qui a disparu vers le temps de Mahomet > et qui nous est inconnue. Quant aux Arabes du milieu et du nord de la péninsule , il parait que l'écriture fut introdnîle chez eux tout au plus un siècle avant MahomQt. Toutefois nous possédons plusieurs compositions po^ques antérieures d'un demi-siècle , plus ou moins , à ce législateur^ qui^ jointes aux traditions et au style de l'Alcomn, pnouvent que U langue était fixée, que les règles de la grammaire , de h prosodie » du mètre et de la rime , avaient été déterminées , et par copaéquent qu'ii existait une littérature. Si l'on est autorisé à croire que la langue grecque avait été cultivée et avait eu des poètes avant Homère , on peut aussi assurer que les poète» fameux Amnolkals , Lebid, Amrou ben-Kelthoum, &c. , n'avaient pas été les pre- ^ miers ii polir la langue^ à l'enrichir, à la fléoMr auiQ règles de la poésie. Quant aux sciences, soit philoipphiques, soit physiques, soit mathématiques > riei^
ne donne lieu de crohre' que les Arabes les eussent cultivées, lis pouvaient connaître le ciel pour se guider xians leurs déserts, avoir observé des phéno* mènes et les mœurs des animaux qui vivaient avec eux 9 connaître la vertu de quelques remèdes ; l'astoo* iogie , la divination, la magie, les sortilèges , pouvaient avoir profité de ces observations pour former une sorte de théorie systématique : mais il. n'y avait pas» de sciences proprement dites.
Toute culture des sciences ne naquit donc thez les Arabes qu'après Tislamisme , par une suite de» conquêtes des Musulmans , et de leur contact avec le» Perses , les Syriens et les Grecs. Leur poésie ne dut rien aux étrangers ; mais tout^ les sciences , jusqu'à la thépiogie et la- jurisprudence , ne furént^ chez les Musulmans, que le résultat de leur méianj^^e avec le» peuples conquis. Peut-étie la médecine fut-elle la porte par laquelle commença à s'insinuer chee les Arabes la philosophie des Grecs avec toutes les sciences .rationnelles. L'astrologie servit aussi ^ selon: toute apparence, à introduire chez eux l'astronomié ,* et , à s«i suite , toutes les sciences mathématiques. Dè& la fin du II/ siècle de l'h^iire, toutes les sciences flcrô^ saient à la cour et sous la protection des califes; et la philosophie grecque^ mêlée k la théologie des mages y et peut -être aux subtilités fwkïques, avait divisé les Musulmans en uue. multitude de sectes, et armé.
griicé aux divisions politiques , les sectateiirs deMaho» ' met les uns contre les autres. Ainsi , si les lumières produisirent chez les Arabes une amélioration dans la civilisation^ elles y firent naître aussi bien des vi<ies et des fléaux qui leur étaient inconnus.
La culture des sciences pénétra par-tout o& le mahomëtisme s'étendit , et se conserva dans les états qui se formèrent successivement dans cette vaste* monarchie y et qui n'avaient avec le souverain de Bagdad que des relations de pure déférence. Elle se conserva aussi dans les contrées qui , comme l'Égypte , étaient entièrement séparées du califat de Bagdad , et ^ jusqu'au