CHAPITRE X
Traduction d’un manuscrit où se trouve décrite la mort de Mungo Park.
(La traduction de ce manuscrit, écrit en arabç corrompu, a été faite par M. Salamé, interprète du roi d’Angleterre pour les langues orientales. M. Jackson et sir William Ouseley l’ont aussi traduit. On verra dans les notes en quoi leurs versions diffèrent de celle de M. Salamé).
« Au nom de Dieu, clément et miséricordieux. *
« Cette déclaration vient de la ville appelée Yaud (i) dans le pays deKossa (3). Nous certifions ce qui suit. Nous ne vîmes jamais la rivière nommée Koudd (3) et n’en entendîmes jamais parler ; mais
(x) Sir William Ouseley lit ytiur ou yanur- M. Jackson, Iaouta.
(2) M. Jackson lit housa; sir William, housa ou haousa Cette dernière prononciation est celle des Mores; mais les Nègres- prononcent invariablement haussa.
(3) Il est singulier que le Quolla soit appelé ici Koudd ou Koada ; je présume que la mauvaise écriture ou l’ignorance
nous nous assîmes pour entendre le rapport de quelques personnes qui disaient (i) : « Nous vîmes un vaisseau comme nous n'en avions jamais vu; le roi d’Yaud lui avait envoyé toutes sortes *de provisions avec des vaches et des moutons. Il y avait dans ce vaisseau deux hommes et une femme, deux esclaves mâles et deux femmes esclaves (2). Les deux hommes étaient de la race appelée Nassri ( Chrétiens). Le roi d’Yaud les invita à venir chez lui; mais ils refusèrent
de l’écrivain a fait substituer ici la lettre D à la lettre L. J’ai * entendu des Nègres donner le noru de Toppodo à une ville du Bornou que les Mores nommaient Toppollo.
(1) Les mots qui disaient sont ajoutés à l’original par M. Salamé , qui prétend que tel est le sens du texte. M. Jackson , an contraire, passe ces mots et lie la phrase à celle qui suit. Par ce moyen , celui qui parle n’est plus le narrateur d’un fait qui lui a été raconté, mais un témoin oculaire. 11 est vrai qu’il se trouve alors dans la narration une sorte de contradiction , puisqu’après avoir dit ; Nous ne vîmes jamais la rivière nommée Koudd,etc., le même individu dit ensuite, suivant la version de M. Jackson ; Nous vîmes un vaisseau, etc.; mais il concilie cette contradiction, en observant que celui qui écrit peut avoir vu le vaisseau passer à Iaoura, et n’avoir appris que par ouï-dire la catastrophe arrivée plus loin à Bousa où la rivière peut prendre le nom de Koudd, les rivières d’Afrique changeant souvent de nom dans chaque pays qu’elles traversent.
(3) Les mots arabes rendus par M. Salamé par et deux femmes esclaves sont traduits par M. Jackson par ceux-ci : Et ils les lièrent. Il ne conçoit pas comment on peut y trouver deux femmes esclaves. Cependant sir William Onseley donne à ces mots le même sens que M. Salamé.
de sortir du vaisseau , et ils avancèrent dans le pays du roi de Bassa (1), qui est plus puissant que le roi d’Yaud. Tandis qu’ils étaient assis dans le vaisseau, qu’ils gagnaient une position en doublant le cap de Koudd, et qu’ils formaient des liaisons avec le peuple du roi de Bassa, le vaisseau toucha sur une pointe de rocher qui le brisa (a). Et les hommes et les femmes de Bassa se réunirent avec des armes de toute espèce, et le vaisseau ne put trouver moyen de se détacher du rocher. Et l’homme qui était dans le vaisseau tua sa femme, jeta toute la cargaison dans l’eau (S), et; ils s’y jetèrent ensuite eux-mêmes par peur. Ensuite on en retira un de l’eau, et la nouvelle en arriva dans la ville deKandji, pays du roi de Ouaoui. Et le roi de Ouaoui l’ayant appris, il le fitenterrer dans sa terre. Nous .ne vîmes pas l’autre, peut-être il est
(1) M. Jackson lit Bousa, et sir William Besa.
(a) Au lieu des mots qui le brisa, M- Jackson traduit, où il resta attaché.
(3) Cette phrase est au singulier dans les trois traductions, ce qui jette une sorte de confusion sur la suite qui est au pluriel. Le fait dont il s’agit ne paraît guère probable, et je n’en ai jamais entendu parler dans les relations verbales que j’ai recueillies à Coumassie. Au surplus, s’il est véritable, on doit l’attribuer an lieutenant Martyn plutôt qu’à M. Park, si l’on réfléchit à la différence de leurs caractères et au trait que rapporté Amadi Fatoumaulu premier : celui-ci voulait le tuer, parce qu’il l’empêchait de continuer à tirer sur les sujets du roi Gotoïdjege.
au fond de l’eau (i). » Dieu connaît la vérité (2). Ceci sort de la boucüe du schérif Abrabain.
(1) M- Jackson traduit ainsi cette phrase : Quant à t autre , nous ne le vîmes pas dans l’eau.
(2) M. Jackson traduit ainsi cette phrase : Dieu sait que