CHAPITRE L
Géographie.
Les Mores mettaient tout en œuvre pour confirmer les habilans d’Aschantié dans l’idée que nous étions venus dans leur pays comme espions. Les alarmes et la jalousie que nous inspirions, ainsi que leur esprit d’intolérance , qu’un commerce préalable av^c les Européens h’avait pas adouci, leur dictaient celte conduite. Je me vis, pendant assez long -temps, obligé de réprimer ma curiosité, de crainte de donner plus de poids à leurs insinuations calomnieuses, en cherchant à me procurer des rensefgnemens sur la géographie de l’intérieur de l’Afrique. Lorsqu’enfin l’on fut désabusé sur notre compte , l’incapacité des Nègres, plutôt que leur mauvaise volonté, nous empêcha d’obteuir des informations aussi complètes que nous les aurions désirées. D’ailleurs, la brièveté de notre séjour à Couinassie ne nous permit pas de recueillir des renscignemensRien détaillés. Cependant, grâce à la justice que l’on nous rendit et à la confiance que nous parvînmes à ins-
pirer aux Mores mêmes, ceux-ci nous donnèrent des manuscrits et des cartes.
Je passerai sous silence beaucoup de détails que je ne tiens que de rapports individuels. Je me bornerai à ceux sur lesquels les Mores et les Nègres se sont trouvés d’accord , lorsqu’ils décrivaient , à l’insu les uns des autres , et souvent sans que je leur fisse aucune question, les routes qu’ils avaient parcourues. J’ai surtout eu confiance à ces détails * lorsqu’ils ont été confirmés par les réponses ingénues d’enfans amenés comme esclaves de pays différens. Il est bon de remarquer ici à ce sujet que les enfans des Nègres, ayant de bonne heure l’habitude de voyager avec leurs parens, et n’étant pas distraits par les travaux de b première éducation, observent la nature plus attentivement que ne le feraient des enfans européens du même âge ; ils n’ont pas à s’occuper d’autres choses, et c’est la seule manière dont ils puissent alléger la fatigue et l’ennui de leurs longues courses. Leurs rapports pouvaient donc servir de confirmation à ceux des Mores et des Nègres plus avancés en âge.
La difficulté d’arriver à la vérité sur la géographie de l’Afrique intérieure, est encore augmentée par la multitude de petits états qui se trouvent dans la partie occidentale de ce continent ; ils sont presque en aussi grand nombre que ceux de l’Italie moderne.
Les observations fondées sur la position du soleil pendant un voyage, sont si rares chez les Nègres et paraissent d’un intérêt si secondaire aux Mores ,
qu’après avoir perdu beaucoup de temps en vains efforts , je fus obligé de placer les différens royaumes , suivant les routes que ceux qui me parlaient avaient suivies pour venir à Couraassie. Je prenais, au reste, toutes les précautions possibles pour m’assurer que ces routes ne se croisaient pas les unes les autres, ensuite j’arrangeai les positions respectives d’après toutes les informations que je pus me procurer. J’estime chaque journée de route à quinze milles an- » glais, parce que tous les rapports et mes propres observations m’ont prouvé que c’était leur taux moyen , et je prends les deux tiers de cette quantité pour la distance en ligne droite. Ce calcul s’était trouvé juste dans notre voyage d’Annamabou à Coumassie, qui sont à 146 milles de distance; Annamabou étant situé par 5° 4' de latitude nord et i° 45 ' de longitude ouest, Coumassie par 6° 54' 5o" de latitude nord et 2° 1 1 ' de longitude ouest, d’après l’observation des éclipses des premier et second satellites de Jupiter.
Douabin n’est qu’à trois quarts de journée à l’est de Coumassie ; deux journées au-delà, est Mohou, petit territoire qui en dépend.
Deux routes conduisent de Coumassie à Accra ,
par le royanme d’Akim , dont la capitale est Bannasou, à cinq journées de Coumassie, et dont la première ville frontière vers le nord est Feia, à trois journées. La première route qui se dirige à l’est , est de quinze journées ; la seconde , plus occiden-tale, est de dix-sept journées; elle passe près du
lac Bousmaquie. Ce lac , situé à trois journées de Comnassie , a, dit on , quatre milles de longueur sur près de trois de largeur. Une trentaine de petits villages sont situés sur ses bords; leurs hubitans vivent de la pêche. On assure que l’eau de ce lac est mauvaise à boire, et donne une couleur roussâtre aux cheveux des personnes qui s’y baignent. Des hommes, distribués par relais, apportent tous les jours du poisson de ce lac pour la table du roi. On l’appelle aussi le fétiche de l'homme blanc, parce que, suivant une tradition que les Mores ont grand soin d’entretenir , les Européens doivent un jour le faire communiquer avec la mer pour subjuguer tout lè pays. En suivant cette roule , on entre dans FAkim le quatrième jour, eldansFAquapim le seizième. Isert, qui visita l’Aquapim , dit que Komruang en est la capitale; c’est maintenant Akropong qui jouit de cette prérogative. Le docteur Leyden a commis des erreurs graves dans ce qu’il dit de l'étendue de la puissance et du commerce d’Akim (i). La carte de son ouvrage, où se trouve ce pays, le place à l’est du Dahomé, au lieu d’être â l’ouest du Volta. Isert était un médecin danois ; il avait eu le bonheur de
(i) « A l’ouest d’Aquamboc se trouve le puissant royaume d’Akim , quelquefois nommé Akam, Achem et Accanie; il occupe presque tout l’intérieur de la CAte-à’Or, et lés Nègres supposent qu’il s’étend jusqu’en Barbarie. On en représente lesliabitanscomme faisant un grand commerce avec les royaumes de l’intérieur de l’Afrique, surtout avec Tonouvah, Gago et Meczara qui semble être Mourzouk, capitale du'Fezzan. »
guérir la sœur de J’aneièn roi des Aschantes. Atteinte d’une maladie qui avait résisté à tous les remèdes des sorcières de son pays , elle prit la résolution d’aller consulter les blancs à Chrisliansbourg. La cure que le docteur Isert effectua , lui ayant acquis la bienveillance de la princesse noire, il lui témoigna Je désir de faire un voyage en Aschantie ; il en obtint aussitôt la permission, et partit le 7 juin 1786. Il resta quelques jours dans l’Aquapim , et allait entrer dans l’Akiin quand il fut rappelé par le gouverneur. Une maladie dangereuse qu’il éprouva peu de temps après son retour à Gliristiansbourg, l’ayant ensuite dégoûté du pays, .il le quitta pour aller dans les Antilles.
La route de l’Assin est celle que nous suivîmes en partant d’Annamabou.
Celle d’Elmina par le OuarsA fait un angle si considérable vers l’ouest, que les Aschantes prétendent qu’elle exige plus de temps que celle de l’Assin. On arrive le premier jour à Becquoi , l’une des cinq grandes villes bâties par les Aschantes. On entre dans le Dankara le troisième jour, dans le Tufcl le quatrième, et dans le OuarsA le sixième. Le Dankara produit beaucoup d’or , mais sa population a été prodigieusement exagérée par Bosman. La routé du OuarsA a deux grands embrancbemens; l’un conduit à Apollouia, située dans le petit royaume d’Anamahea ; l’autre mène dans l’Aovin , pays qui s’étend depuis A pollonia jusqu’au fleuve d’Assinie. Ce pays a cinq journées de route de longueur sur trois de largeur. Il estgouverné par sept ou huit cabocirs
qui , comme ceux du Ouarsâ, sont indépendans les uns des autres. II peut lever cinq mille soldats. Ces deux pays sont à la merci des Ascliantes qui en exigent fréquemment un tribut en or, dont la quotité n’est pas encore fixée.
Bunlouko , capitale du royaume de Gamaii , est à onze journées au nord-nord-ouest de Coumassie. On arrive le huitième jour à Yammie , ville frontière du Gaman. La capitale , quoique moins grande queCoumassie , est, dit-on, mieuxfcâtie; l’influencé des Mores y est établie depuis long-temps. C’est , sans contredit, le pays le plus riche en or; l’on me décrivit les.puits que l’on y creuse pour les fouilles, de manière à me les faire juger Semblables à ceux que Mungo Park vit à Schrondo. Les quatre principales villes de ce royaume sont Sarem , Bandakia, Bundou et Nassea, qui est à sept journées de Buntouko.
On me parla d’un royaume puissant, nommé Babourie , qui a jusqu’à présent résisté avec succès aux Aschantes. Il est situé à l’ouest du Gaman ; l’on croit que le roi de ce dernier pays y trouvera un refuge lors de l’invasion dont il est menacé.
Le Soko , autrefois province du Gaman , est à onze journées de Coumassie; le Banda est à quatre journées plus loin, en se dirigeant un peu à l'est.' La première journée , on arrive à Tafoo. Cette ville faisait autrefois partie de Tinta; car, ainsi qu’on le verra dans le chapitre où il sera question de Tbistoire du pays, les Aschantes, dans leur émigration , soumirent plusieurs districts de Tinta, et s’empa-
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rèrent d’une bonne partie de ce royaume en décadence; il est maintenant entièrement sous leur dépendance. Si M. Dalzel (1) avait réfléchi , il aurait vu que leTafFoe, Tafoe ou Tafou de Snelgrave si ridiculement placé dans sa carte à soixante mille à l’ouest de l’embouchure du Voila , et l’Iuta dont il avait entendu parler dans le Dahomé , et qu’il avait confondu avec l’Aschantie , étaient un seul et même pays , car la syllabe in dans le mot in ta ne s’entend presque pas, ce n’est qu’un son nasal qui se prononce à peu près comme n-ta. Quant à la syllabe fou , on l’ajoute à la lin du mot ; elle signifie hommes , comme si l’on disait hommes d’Inta , ce qui a fréquemment lieu dans les langues d’Afriqire. Les Anglais font de même quand ils ajoutent le mot man, pluriel men , à la fin des mots, comme irishman ou irishmen (homme ou hommes d’Irlande) , scolcliman ou scotchmen ( homme ou hommes d’Ecosse ) , au lieu d ’irish et de scotch (Irlandais et Ecossais). On arrive à Takima dans la huitième journée. Les Fantes sont, dit-on, originaires du territoire voisin ; il est certain qu’on y parle à peu près la même langue que dans le pays qu’ils habitent aujourd’hui.
A seize journées au nord- nord-est de Côumassie , se trouve Boupie, ville frontière de l’inta , pays qu’on a confondu jusqu’ici avec l’Aschantie, mais il est plus peuplé et plus civilisé. Les Mores y jouissent
(1) Autenr de l’histoire de Dahomey. Londres, 1789, 1. vol. in-8°.
depuis long-temps d’une grande influence; presque Ions les cabocirs affectent de professer leur religion. L’Adirri , qui est le même fleuve que le Voila , ainsi que nous le prouverons bientôt, passe à quatre lieues au sud de Bgupie; il y a, dit-on , trois cent soixante pieds de largeur. Sa source est à huit journées au nord-ouest de celte ville, au pied d’une grande montagne nommée Kondoungourie , l’une des montagnes» du Kong. L’on m’a positivement et constamment assuré que celles-ci ne forment pas une chaîne, elles sont isolées et se suivent en allant du Kong à l’est.
A sept journées de Coumassie , sur la route d’Inta, est le petit royaume de Coranza. C’est probablement le Corisseno des anciennes caries; ses habilans ont, suivant la tradition , la même origine que les Aschantes; niais, d’après ce que le roi m’a dit lui-même, ils ont plus d’intelligence et de génie.
A deux journées de Boupie, on trouve Moronko, dont lesbabilans craignent tellement d’être emmenés comme esclaves par les marchands aschantes qui y passent en grand nombre, qu’ils n’ont pas de portes à leurs maisons. Ils y entrent par le toit, au moyen d’une échelle qu’ils tirent après eux. Il se fait un grand commerce entre l’Inla et l’Aschantie.
Sallagha , la ville la plus commerçante de l’Inta, est à dix-sept journées au nord-est de Coumassie. A la dixième, on passe près d’une haute montagne qui sert de limite entre l’Aschantie et le Bouroum. La capitale decepaysestGuia. Après avoir traversé l’Adirri ou le Volta , on entre dans l’Inla. Sallagha,
d’après nos calculs des distances, doit être situépar 7° 5' de latitude septentrionale, et par o° çf de longitude occidentale.
A sept journées au nord-est de Sallagtia , suivant les Mores , se trouve Yahndie , capitale du Dagoumba. Cette ville est, dit -on, beaucoup plus grande que Goumassie ; ses maisons sont mieux bâties et plus ornées. Les Aschantes , qui y avaient été , me dirent qu’ils s’étaient souvent perdus dans les rues. Le roi a été converti par les Mores qui s’y sont établis en grand nombre. Yahndie est le rendez-vous continuel d’une foule de marchands qui y vieunent de tous les pays de l’intérieur. Les chevaux et le bétail s’y trouvent en aboudance , et même les gens de la classe la. plus pauvre possèdent de nombreux troupeaux. SaTein est un nom général par lequel pn désigne le Gamin , l’Inta et le Dagoumba.
A une journée de Sallagha, en allant à Yahndie , estleLaka , rivière que l’on dit aussi large et aussi rapide que le Volta dans lequel elle se jette, audessous d’Odentie ; celle circonstance donne lieu de conjecturer que c’est l’Assouafrou , car les noms dès rivières changent fortsouvent en Afrique, chaque pays où elles passent lui en donnant un dans sa langue , ce qui augmente les difficultés de la géographie , lorsque l’on est réduit à u’avoir pour base que des renseignemens recueillis de la bouche des indigènes.
Acinq journées au nord-est d’Yahndie est le petit royaume de Gamba , lieu de la naissance de Baba , le chef des Mores de Couinassie ; à la frontière de
ce pays , finit le territoire des Ascbantes; mais leur influence, par le moyen du Dagoumba, s’étend jusqu’au Niger. A sept journées au nord d’Yngoua est le royaume de Fobie, dont la capitale porte le même nom. A cinq journées plus loin, au nord, est un royaume indépendant, nommé Chououca. A cinq journées, au nord ouest d’Yngôua, se trouve le Mo- . sie, royaume belliqueux , mais peu connu; sa capitale est Koukoupella.
A quelques journées au nord du Fobie est Ca- , lanna ; on dit que c’est une grande ville , rivale d’Yahndie pour le commerce; elle est située au pied d’une montagne riche en mines de fer, que les habitans travaillent aussi grossièrement que ceux de Jeningalla, dont parle Mungo Park. Calanna est probablement le Calanschie d’Imhammed qui cita cette ville à M. Lucas, comme une dépendance de Tounouvah ou de l’Assentai.
Je n’ai pas essayé de fixer la position du Koumsallahou, n’ayant d’autre donnée pour cela que ce que l’on m’a dit que ce pays est à une lieue de distance du Dagoumba; ses commerçans passent par le Mosie, et n’ont à traverser que le Fatchinga, rivière qui n’est pas large.
Retournons maintenant à Goumassie pour aller au nord aGinnie, ou, comme on le prononçait généralement , Genné. Cette route, pour aller à Tombouctou ouTimbouctou , est beaucoup moins fréquentée par les Mores que celle qui passe parle Dagoumba et
Houssa. Ils en donnent pour raison que les nations, an norddeCoumassie , ne sont ni si commerçantes, ni si civilisées, ni si riches, que celles-dunord-ouesl. Douze journées conduisent à Bunlouko. A sept journées de là est une rivière nommée Coumbo par le;> Nègres, et Zamma par les Mores. On dit qu’elie a un demimille de largeur, et qu’elle coule au nord. Je n’ai pu trouver aucun Aschante qui ait voyagé au-delà de cette rivière ; elle forme la limite septentrionale * de cette nation. A cinq journées au nord-est de celle rivière, est le royaume de Kong. On dit que ce pays n’est ni si riche ni si puissant que l’Aschantie. Il est 4 cePendant bien peuplé, il y a beaucoup de chevaux, tous les jours on y tue des éléphans. A sept journées * plus loin , on trouve plusieurs montagnes nommées Kounkoury. Mungo Park dit que Kong signifie montagne en Manding , langue qui se parle depuis la frontière du Bambarra jusqu’à la mer occidentale.
La langue du Kong parait être une corruption de celle du Bambarra ou du Manding.
Les. Ascjinntes appelant dounkos tous les esclaves qu’ils amènent sur les bords de la mer, on en a naturellement conclu pendant long-temps qu’il existait dans leur voisinage un grand pays portant ce nom.
Isert a écrit « que le Dounko est un pays situé au-delà de l’Aschantie. » J’appris cependant, à ma grande '
surprise, qu’il n'y a point de pays de ce nom, et que '
dounkos n’est qu’une épithète employée dans le même sens que les Romains se servaient du mot bar- bare. Les Aschàntes l’appliquent a tous les habitans
' ' v ( 27* ) de l’inlérieur qui ne sont pas de leur pays. Je l’avais déjà soupçonné, en observant que quelques-uns de ces dounkos avaient le visage couvert de diverses marques, et que: d’autres n’en avaient aucune. Peu après je remarquai qu’ils parlaient des langues différentes , et qu’ils ne s’entendaient pas entre eux. En général , les habitansdes bois, ou paysans du Dagoumba, ont trois légères entailles en long sur la pommette de la joue, trois au-dessous, et une eu large sous l’œil ; ceux d’Yahndi ont trois entailles profondes tout le long de la joue; ceux du Mosie eu ajoutent une sous l’œil; ceux du fîornou en ont sur le front, et eeux du Marrooua en ont sur tout le corps, qtîiforment des dessins variés. Dans le Fobie , à Koumsallahouet à Calanna , les classes inférieures ont la cloison du nez percée. Les entailles se font dans l’enfanee , l’on y verse des liqueurs consacrées aux fétiches, auxquelles on attribue la vertu-de fortifier le corps et de conserver la vie de l’enfimt. s.
A neuf journées au nord du Kong est le Kaybie, dont le roi , nommé Atamouroy , tua son prédécesseur Dabbira. On dit ce pays très-peuplé. La capitale , située derrière une montagne, se nomme Bésirie. Lesoly est mêle de craie ; les ânes y sont en aussi grand nombre que les chevaux. A trois journées des frontières du Kaybie, se trouve le Kayrie , pays par lequel il est fort dangereux de passer, les habitans ne vivant que de rapine, et dressant des embuscades aux voyageurs pour les piller et les faire esclaves. A cinq journées de là est le Garou, pùis-
sant royaume qui est probablement le Gago de Léon l’Africain. A vingt journées plus loin vers le nord-est est le royaume de Douvarra, dont les habitans sont peu belliqueux , mais excellens agriculteurs. Le sol est une terre rougeâtre. Dans le voisinage est un plus petit royaume nommé Filladou ou Firrasou.
A cinq journées au nord du Douvarra coule le Niger, et , dans une île à environ un mille de sa rive méridionale , se trouve la ville de Ginnie. La route du Kong à Ginnie est la seule sur laquelle je n’aie reçu aucun renseignement des Nègres , mais j’ai toute raison d’avoir confiance dans le More qui m’en a fait la description; jamais il ne s’est contredit , quoique je l’aie questionné plusieurs fois à ce sujet.
Il est bien vrai que, parmi les villes que citeMungo Park sur celte route , il ne s’en trouve aucune de celles que je viens de nommer ; mais il est pro-* bable que ceux qui voulaient mettre des obstacles à son entreprise , ne se souciaient pas de satisfaire sa curiosité , et le trompaient (1). Dans la route qu’il « . ^
(1). Le court, séjour de Mungo Park à Silla ne lui a pas permis de vérifier jusqu’à quel point les habitans de cette ville se seraient contredits les uns les antres dans leurs relations de Tombouctou, quand même il aurait assez bien compris leur langue pour les entendre aussi facilement que les habitans des bords de la Gambie.
-« On trouve, dans les voyages de Park, diverses preuves de ces rapports contradictoires des Nègres. Par exemple, dans son premier voyage, il dit que Ginnie est située sur le Niger j
trace de Ségo à Bœdou, se trouve une ville nommée Doyvassou, qui n’est qu’à quatre journées de Ségo. On m’a pourtant assuré, à plusieurs reprises, que le Douvarra est un puissant royaume. Dans la relation de son premier voyage , Mungo Park dit que le royaume deGottoest si près du Niger, que son chef, Mousie , s’y embarqua pour attaquer Ginnie. Le major Rennell a placé cette ville sur sa carte , conformément à cette assertion ; mais , dans la relation de son second voyage , Mungo Park assure qu’un mois de route au sud de Bœdou ( qu’il place à trente journées au sud de Ségo ) , à travers le royaume de Golto , mènera Je voyageur dans le pays des chrétiens qui habitent les x-ives du Ba-si- Fina. 11 dit que le Ba-Nimma prend sa source dans les montagnes de Kong , au sud de Marrabou ; mais, dans là route qu’il décrit , il ne parle pas du royaume •de Kong, qui est à un mois de distance de la mer, comme il le dit de Bœdou. Or, il est bien peu vraisemblable que si Bœdou n’eût été qu’à vingt journées de Coumassie , nons n’en eussions jamais entendu parler. Il est presque impossible que si un royaume, nommé Gotto, en eût été encore plus voisin ( ce qui devrait être , s’il fallait le traverser pour aller de Bœdou à la mer), il nous fût resté entièrement inconnu. Certainement, si le royaume de
mais, dans le second, il renonce à cette opinion sur une autorité qui lui parut plausible, celle d’un vieux Somonie, conducteur de pirogue, qui avait été sept fois à Tombouctou ( L’éditeur du voyage d’Adams en Afrique. )
Bambarra s’étend à vingt-huit journées au sud de Ségo , comine porte à le croire la route tracée à MungoPark , les Aschantes n’en parleraient pas seulement d’oui-dire, iis le connaîtraient par des rapports commerciaux ou par les suites de quelque guerre. Il est singulier que le royaume d’Aschantie, qui fut cité à M. Lucas comme très-puissant, à une distance aussi grande que l’est ce pays deMesurate» et qui doit être bien connu dans les environs de Ginnie , n’ait pas même été nommé à Mungo Park, dans cette route au sud de Silla ou Ségo jusqu’à la mer. Ce voyageur, dit que les Mores n’ont pu venir à bout de soumettre Jinbala ; je crois qu’ils s’insinuent partout, mais je n’ai jamais entendu dire qu’ils se soient établis de vive force dans un pays quelconque, ni même qu’ils composent nulle part la majeure partie de la population fi). ,
Il est bon d’observer que le Niger nJest connu
(1) M. Hutcliison m’écrit que, suivant les rapports qu’il a recueillis, il y a quarante et une journées del’Inla à Ginnie. Avant mon départ, je lui avais dit que s’il arrivait à Coumassie 'un More intelligent qui ne fût pas d’Qoussa ou de Bornou, il tlcbàt d’en obtenir une carte de l’intérieur, parce que ceux qui m’avaient donué des renseignemens étaient natifs de ces deux endroits; il m’envoya une carte dressée par un More • de Ginnie, qui confirmait, de la manière la plus satisfaisante, tous les renseignemens que l’on m’avait fournis. Les noms de tous les pays, depuis la source du Niger jusqu’à l’Égypte, y étaient écrits en arabe avec l’interprétation de M. Hutcliison j et, à quelques différences près de prononciation, ils étaient les mêmes que ceux que j’avais recueillis.
desMores que sous le nom deQuolla que les Nègres prononcent presque Quosra. De quelque pays qu’ils viennent, ils en parlent tous comme de la plus grande rivière qu’ils connaissent. C’élait le trait le plus saillant de toutes les roules qu’ils indiquent comme conduisant du Houssa , du Bornou, ou des pays intermédiaires, en Asehantie. Horneman a écrit que le Niger, dans quelques parties du Houssa , était appelé Gaora , nom dont la prononciation ressemble beaucoup à celle de Quorra. Le Niger, en sortant du lac Dibbie, me fut invariablement décrit comme se divisant en deujt grandes branches ; le Quolla, qui est la plus grande, poursuit sa course au sud-est jusqu’à sa jonction avec le Bahr el Abiad; l’autre branche coule vers Tombouctou , et bientôt après se divise encore; la plus petite branche se dirige au nord par Yahoudie, ville très-commerçante (1); la plus grande tourne à l’est , s’accroît considérablement, et entre dans le lac Caudi ou Cadi, sous le nom de Gainbarou (2). Les Mores
(1) Les Mores me dirent qu'ils y achetaient, entre autres choses, leur papier à écrire. L’un d’eux me raconta que le Jolliba se jetait dans une rivière nommée Hotaiba, après avoir passé à Yahoudie. Plusieurs me parlèrent de navires montés par des hommes blancs et arrivant en cette ville; mais ils ne purent me dire d’où ils venaient. Brahima avait entendu parler de cette ville, mais il n’y était jamais allé.
(2) Dans l’Amérique méridionale, l’Arauca el le Capanaparo, dans la province de Cumana , ont des bifurcations semblables. L’Arauca se divise en deux rivières, l’une, l’Àrauquito , se
Digitizec
donnent le nom de Joliiba à la branche qui passe près de Tombouctou ; c’est sans doute figurément pour signifier une grande eau, car uu habitant de Ginnie qui avait été souvent à Tomboucton m’a assuré que les Nègres nommaient cette brancheZah- Mer.
Les diverses preuves que j’ai trouvées sur l’existence de cette branche secondaire du Niger, nommée Gambarrou, ont produit sur mon esprit une impression qui équivaut presque à la conviction. Delille, dans sa carte d’Afrique à l’usage de Louis XV, carte qui, je le démontrerai plus tard, est plus exacte sur un certain point que les cartes les plus récentes, fait passer une branche du Niger près de Tombouctou; et, ce qui est encore plus remarquable , il la nomme Gambarou ou Niger. Ce ne fut que quelque temps après mon retour de l’Aschantie, que je découvris ce nom cité ainsi isolément dans l’ouvrage d’un européen ; or, l’on doit convenir au moins qu’un géographe recommandable comme Delille, n’a pu tracer ce bras du Niger sans une autorité quelconque, niinventerle nom de Gambarou •, il faut qu’il en ait entendu parler comme d’une très-
grande rivière pour le confondre avec le Niger.
jette dans l’Orénoque, apres avoir traversé le lac Cabullarito; l’autre, gardant le nom d’Arauca, va se joindre 'aussi au même fleuve. Le Capanaparo se jette dans l’Orénoque en deux branches; celle du nord garde son nom, celle du midi prend * celui de Mina. Voyez la carte de la partie orientale de la province de Yarinas, par M. de Hmnboldt.
Jf
La carte de Delille est celle dont les nom$ se rapprochent le plus de ceux qui m'ont été cités par les Nègres (1). On trouve la note suivante dans l’histoire des découvertes en Afrique par Murray ; « Il faut rendre tà d’Anville la justice de dire que, dans sa carte de l’Afrique centrale, insérée dans le vingt-sixième volume de l’Académie des inscriptions , il a tracé une rivière passant près de Tombouctou , coulant au sud-ouest , et se jetant dans le Niger. Les autres auteurs ne l*oi)t pas copié en cela; mais il n’en est pas moins probable que cet excellent géographe a du prendre pour base de son travtfil des informations positives. » Je puis présumer que cette rivière n’est que tracée sur la carte de d’Anville, et qu’il u’en parle pas dans le texte, sans quoi M. Murray aurait cité son autorité. On me. permettra celte conjecture , si l’on considère que j’écris dans un endroit où je manque de tous les moyens de faire des recherches et des vérifications. Or, si cette rivière n’est tracée que sur la carte, elle peut tout aussi bien être un bras sortant du Niger et coulant vers le nord-est, qu’une rivière qui se dirige au sud-est et se jette dans le Niger.
(1) Quiconque a Comparé tes cartes (l’Afrique de Delille et «Te d’Anville avec celles qui avaient été publiées jusqu’alors, ne peut douter qu’ils n’aient eu d excellens renseiguemens que le gouvernement etdes particuliers leur auront sans doute fournis.
, (Murray. T. 11, p. 3g3).
On trouve une preuve remarquable de l’exactitude de Delille dans les éclaircissemens géographiques du major Rennell sur lu
Munsro Park a décrit le Ni<îer comme se divisant en deux grandes brandies, après être sorti du lac Dibbie ; les auteurs les plus judicieux conviennent qu’il n’est nullement probable qu elles se réunissent ensuite (t). Sidi Hamet ne décrit pas l.e cours de la grande rivière qu’il représente comme éloignée d’une heure de marche d’un chameau , au sud de Tombouctou , et qu’il distingue du Niger , ou , comme il l’appelle, du Zolilib, en disant que le dernier en est à deux heures. Adams place sans hésiter La-Mar-Zarah à deux milles au sud de Tom
routé de Hornenian : « Ilornemau , dit-il, apprit qu’il y avait dans leFezzan cent un endroits habités.» Il est remarquable que c’est précisément le nombre donné par Delille dans sa carte d’Afrique, publiée en 1707, et, suivant les renseigemensdonnés à M. Beaufoy, il y eu a à peu près cent.
J’ai trouvé pour le' Gambarou une autorité encore plus ancienne et qui prouve aussi que le nom de Quolla et son affinité avec le Gambarou n’ont pas été toul-à-fait inconnus jusqu’ici.
C’est dans l’Afrique de Marmol , livre "VIII, chap. 3. « C’est une chose étrange que ce fleuve venant de si loin, car Ptolémée le fait venir du lac Quélonide et de celui de Nuba ; il n’entraîne pas tant d’eaux par cecôlé-là, et la marée ne monte pas si avant que par L’ autre bras qu’on appelle Gamber. « On serait tenté de croire que Quolla et Quélonide soûl dérivés des Chélonides de Ptolémée.
(1). « Le fait d’un grand lac comme le Dibbie, déchargeant scs eaux par deux couraus qui sortent de parties éloignées du lac et se réuuissent apres un cours séparé de cent milles de longueur, nous a toujours paru extrêmement douteux. Du moins uous croyons que la géographie du monde entier n’en fournit pas un seul exemple. » ( L’éditeur du voyage <T Adams.)
n’est pas une preuve contre son identité avec le Za- •• rali d’Adams et la rivière de Sidi Hamet qui n’est qu’à deux ou trois milles de la ville , parce que , • . donnant à celte branche un cours au nord, et Houssa étant à vingt journées au nord-est de Tombouctou , comme on le verra tout-à-l’heure , la di- ,
rection du chemin exigerait qu’on la traversât non , pas sur-le-champ , mais seulement le deuxième ou le troisième jour.
Barros , qui crut que le Sénégal était le Niger , écrivit qu’il recevait diflerens noms , et que les Caragoles ( Seravoullies) le nommaient Collé (1); sur 4
quoi, M. Murray observe avec beaucoup de raison que « ce nom peut aisément se transformer en Joli-ba, la dernière syllabe n’étant qu’un mot ajouté qui signifie une rivière. » C’est aussi ce qu’on m’a * . donné à entendre. Mais si le nom de Jolliba n’eût pas été cité sur l’autorité de Mungo Parle , je pour- . . rais demander si Collé ne peut pas encore plus aisément se transformer en Quolla , qui se rapproche même encore plus de Koulla, ce qui semble identifier Collé et Koulla avec Quolla (2). Mungo Park ,
(1) « Les Séuégurs le noihraent Sénérlec ; les Jalofs Dengueh; les Turcorons qui sont plus haut Colle, el , dans .un pays plus à l’orient, Zimbale. Au royaume de Tombut, on le nomme Yça, » ( Marmol, T. 111 , liv. 8. ) L‘e nom de Zimbale doit venir de Jimballa, pays que traverse la rivière. IL se trouve sur la route de Ségo à Tombouctou. » *
(a) Koulla, dans la langue du Mallooua, et peut-être du Kaschna , signifie enfant. L’allégorie est uu caractère des
dans son mémoire adressé à lord Camden , dit que « la rivière de Dar Koulladont parle Brown est généralement regardée comme la même que le Niger , ou du moins comme une communication avec lui. » Le nom et le cours du Quolla m’avaient déjà fait naître cette idée , avant que j’eusse connaissance de la remarque de M. Murray , qui ne m’est tombée sous les yeux qu’après mon retour de Coumassie ( 1 ) . On verra l ou t-à -l’heure d’autres preuves de l’identité du Koulla et du Niger (2).
Le Gambarou me semble être le Gir de Ptolémée (3) qu’il place dans' le centre de l’Afrique, et qui paraîtrait aussi grand que le Niger, d’après son expression , maximi sunt Gir et J\igir. La rivière de Boruou qu’on a regardée jusqu’ici comme le
langues d’Afrique- Or, la rivière qui coule au sud a peut-être été nommée Koulla, parce qu’elle n’est qu 'une branche de la grande rivière qui la forme , ainsi que le Gambarou.
(1) V oyez ce que nous dirons ci-après de la grande rivière de l’intérieur , connue sur les rives du Gabon , sous le nom de Ouole ou Ouolela.
(2) « Voici une chose qui ne s’accorde pas avec le récit de Mungo Paçk. A Ginnie , -à Sansanding , etc., ou appelle le Niger Quolla, et l’on décrit le Jolliba comme se jetant dans le Quolla à l’est de Tombouctou. » (W. Hutchison).
Les Mores m’ont toujours dit que cette rivière sort du Niger. Il est -possible que M. Hutchison ait mal compris le More de Ginnie , dont la seule autorité ne peut être opposée à celle de plusieurs témoins réunis.
(3) « Jllorum verè qui per interiorem Æthiopiam fluunt , quique fontes et ostia in continente liabent , maximi sunt Gir et Nigir. » (Lib. II, F.. 1. de maximi» fluiniuibus.)
Digiti;
( aS3 ) •
Gir , n’est pas assez considérable pour que l’expression de Ptolémée lui convienne , et les noms Gir et Nigir semblent indiquer une connexion entre eux. LeNiger peut être considéré comme terminé , quand sa plus petite branche se perd dans le Nil.
Les Mores différaient d’opinions relativement à la source du Niger ; les Nègres n’en avaient pas la moindre idée. Les uns disaient qu’elle se trouve dans le Bambouk , les autres dans le Jabova , où ils placent aussi la source d’une autre grande rivière coulant à l’ouest. Le Jabova est , dit-on , à quarante journées de Ségo , et le Bambouk à quarantertrois. Les Mores me décrivirent ensuite le Niger , comme allant du Jabova à Fohta-Gollabi , et delà en six journées à Fouta-Toura. Sans doute ils ont voulu dire Fouta-Galla et Foutalora , car leur prononciation était encore plus imparfaite que leur connaissance des noms des pays situés à l’ouest, et où ils voyageaient rarement. J’engageai séparément , et à l’insu l’un de 1 autre, deux Mores de pays et d’avis différens , à me tracer chez moi ce qu’ils appelaient une carte du Quolla , afin de conserver les différens noms dans leur propre langue. Ils ne le cédaient en connaissances qu’à un autre More dont je n’eus jamais occasion d’obtenir une carte. Il paraît que les deux roules se rejoignaient à Hasou , comme on le verra en transcrivant les noms (i).
(i) Le More de Ginnie ne paraît pas avoir si bien connu la source du Niger. Il a figuré deui montagnes, de l’une des-
Bambouk. ...... f.
10 journées jusqu’à Gadima, probablement Gadou, à un peu plus de six journées de la capitale du Bambouk, suivant le major Rennell. . .
20 à Hasou
4 à Jaotira
2 à Jamou. . .
5 à Mallaïa
2 à Schégû.
Jabova.
Hasou va.
Jaouna.
Garasou.
Mallaïou.
Ségo.
Ségo était décrit exactement et conformément, à ce qu’en dit Mungo Park. Les Mores parlèrent spontanément de la mort du roi qu’il y avait connu, ainsi que de sa grande puissance et de son caractère belliqueux.
quelles sort une grande rivière qu’il n’a pu nommer , et qui coule à l’ouest. Àu pied de l’autre est la source du Quolla. M. Butchison a écrit son nom Uietirilmilou. Entre cette source et le Mala-, dont il peint le roi comme un puissant monarque , il ne place ni villes ni royaumes. Ce pays de Mala est le Mal 3 y des cartes que je me suis procurées des Mores. Les noms de cinq lieux habités ou de cinq territoires étaient écrits entre ce pays et la source de la rivière. M. Hutchison en décrit ainsi le cours, sans indication de temps ni de dis* tance: Mala, Bambarra , Schego , Sansanding, Jenè, Mascbena, Dahlea (petit village sur le lac Dibbie), Kabarra. Il ajoute que les cannibales sont voisins du Joliba, et à trente journées de Tomboucton ; qu’ils mangent leurs prisonniers, et qu’ils jettent leurs morts dans le XoKba , après les avoir mis dans un cercueil de bois.
Les Mores mettaient une journée de Ségo à Sansanding, et trois de là à Ginnie. Ils plaçaient cette ville dans une île formée par le Niger, et la représentaient comme grande, fortifiée , et ornée de vastes édifices destinés aux prières. Je ne compris pas qu’elle fût soumise au roi de Tombouctou : elle a certainement un roi. On me dit que son nom était Malaï Smaera. De Ginnie par le lac Dibbie jusqu’à Kabarra ou Kabra , port de Tombouctou , on compte vingt journées par eau et douze par terre, par Maschena (Masina), Farrimabbie, Jimballa (le Jinbafa de Mungo Park ; les deux Mores persistèrent à assurer qu’il n’était pas dans une île du Niger, mais sur la rive septentrionale ),Taakim, Assoufou , Zeddaï, Douraï (probablement le Douiré de la carte du major Rennell) , Mataroukh et Makkasourfou , probablement le pays des Sourkas que Mungo Park mentionne comme habitant sur la rive septentrionale du fleuve entre Ginnie et Tombouctou. 11 dit aussi qu’fl y a douze journées par terre de Ginnie à Tombouctou. Cette ville, quoique grande, est, diton , inférieure à Houssa, et n’est pas comparable à Bornou. Les Mores y ont beaucoup d’influence, mais ny dominent pas. Une petite rivière , qui fait le tour de la ville , déborde dans les grandes pluies , et oblige les babitans des faubourgs à se réfugier sur une colline située au centre et où le roi demeure. C’est probablement la petite rivière qui, suivant Sidi Hamet, touche à la ville. Léon l’Africain 'dit que, lorsque le Niger déborde , ses eaux coulent par
certains cananx jusqu’à la ville. Il s’y trouve peu de fusils. Le roi en a quelques-uns à deux coups dont on ne se sert que pour les fêles, et la poudre à tirer y est presque aussi précieuse que l’or. Ces deux dernières circonstances et le nom de la rivière sont les seuls points sur lesquels les détails que me donnèrent les deux Mores, s’accordent avec la description d’Adams , qui me paraît autant au-*dessous de la vérité que celle de M. Jackson est au-dessus.
De Tomboucton à Houssa on compte vingt journées (x). Cette dernière ville est, dit-on, la plus grande au nord ou au sud du Quolla , à l’exception de Bornou. L’influence des Mores y est établie de temps immémorial. Cabi n’est paslenom duroyaume, c’est celui d’un territoire qui en dépend , et d’une ville située sur le Niger. Le Mallooua, ou Marrooua, comme les Nègres le prononcent (car il paraît qu’ils substituent invariablement un R à la lettre L des Mores; par exemple, Quorra pour Quolla , est le royaume le plus étendu après celui de Bornou.* Il est très- vraisemblable que c’est*le royaume de Melli, mal placé par Léon l’Africain, et qui, suivant ce que
(1) « Toute la conlrée d’où vient le Jfoliba pour se jeter dans le Quolla , est soumise au sultan de Malisimiel. On ne parle tant du sultan de Tombouctou qu’à cause de sa proximité du Quolla ; mais son maître , le sultan de Malisimiel, ne le regarde que comme un substitut, un gouverneur. Les quatre plus grands monarques que l’on connaisse sur les bords du Quolla sont ceux de Baharnou, de Saulamboul , de Malisimiel et deMalla.» (W. Hutcbison).
l’on dit à Cadamosto, en i455, était situé à trente journées au-delà de Tombouctou. Le major Rennell observe que nous devons naturellement le chercher à l’est de Tombouctou. » Il n’a été placé au sudest et au sud du Niger que parce qu’Edrisi met dans cette région une ville nommée Malel, quoiqu’il donne le nom de Lamlam au royaume dont elle est la capitale, ce qu’Hartman cherche à concilier, en supposant que Lamlam est une transposition de Malel, conjecture certainement bien forcée (1). Une grande ville, nommée Mahalaba, est la seule que je trouve sur la route du Dagoumba au Niger; son nom se rapproche un peu de Malel (2).
Les Mores plaçaient deux grands lacs au nord de Houssa , celui de Balahar Soudan , et celui de Girrigi Marragasi. Calculant les vingt jou rnées de Tombouctou à raison de dix-huit milles chacune, et prenant les deux tiers pour la distance en ligne droite , ce qui fait deux cent douze milles, j’ai placé Houssa par ih° 5g' de latitude septentrionale et 5° 5g' de longitude orientale. Je suis porté à croire que la ville de Houssa se trouve à l’est-nord-cst de Tombouctou, parcon-
(1) La position de Melli se trouve encore confirmée dans Dapper. « Le roi de Tombai prend* le nom d'empereur de Melli. » Ce titre semblerait avoir été transféré au roi de Houssa , lors de la décadence de Tombouctou , décadence à laquelle on doit attribuer l’agrandissement de l’autre royaume. .
(a) Le roi qui réside à Houssa est le roi de Malla. 11 a sept rois tributaires. ( W. Hutchison. )
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séqoent plus près du Gambarou qui arrose ce pays; ce qui juslifie les relations qui placent cette ville sur le Niger. Léon l'Africain avait certainement en vue le Mallooua et le Gambarou, quand il écrivait :« Melh s’étend sur un bras du Niger, à environ trois cents milles. » Puis il ajoute : « Ce royaume est très-riclie , il y a beaucoup d’artisans et de marchands. On voit dans la capitale plusieurs mosquées de prêtres et de professeurs. Les habitons sont les plus polis de tous les Nègres. » Il paraît que c’est encore de même aujourd’hui. Les Ma u rali de Ptolémée ne peuvent-ils pasêlrelesil/e//< de Léon, et le Mallo'uoaou Marrooua d’aujourd’hui? Le majorRennell semble avoir devancé cette découverte dans ses observations sur 1 assertion , de M. Park que la ville d’Houssa est à trente journées de Tombouctou , par terre , et à quarante-cinq par eau. « Il est possible, dit-il , qu’Houssa soit située sur une autre rivière que celle qui passe à Tombouctou , (leJoliba), mais qui peut s’y joindre et s’y jeter dans les environs de celte ville. » Dans la description de l’Afrique de Dapper on trouve ce passage : « Ce pays (Melli) s’étend environ cent lieues le long d’un bras du Niger.
On me parla beaucoup de Tarrabahse, pays situé à cinquante journées au nord-ouest, et rempli de lieux commerçans. Ce doit être Tripoli, que les Arabes nomment, par corruption, Tarabolis. Les Mores me donnèrent aussi une route jusquà I unis ou Tounis , mais je n’y reconnais aucun nom de la carte du major Rennell (que je ne pus me procurer
qu à mon retour), à moins qtJeSabbai ne soit Sebba', etMoukanassa Mourzouk, dansleFezzan. Il y a aussi » une autre roule parl’est; mais je ne puis entreprendre de la tracer.
De Ka barra , le Quolla continuant à couler au sudest passe par Ouzzalin , Go.igara, Koulmana, Gaou, Tokogirri (qui est peut-être leTokrur d’Edrisi et de Gatterer), Askea, Zabirma, Cahi, et arrive dans le Yaoura.que je regarde comme le Youri du major Rennell. (i)Delisleplace au sud du Niger un royaume qu d nomme Yaoura. Il)- a là un passage très-célèbre ou aboutissent un grand nombre de routes venant du nord du Quolla, el conduisant eu Aschan lie; les Mores
en parlaient toujours comme étant à l’ouest du Gaschna , et en général à vingt - ciuq journées de Tombouctou. Or, comme les Mores comptent une journée de Ségo à Sansandmg, et que Mungo Park est presque d’accord avec eux, je prendrai cette base pour calculer la distance de Tombouctou au Yaoura , et pour chercher ensuite sa situation d’après la route du Dagoumba au Gaschna, en traversant ce passage. Vingt-cinq journées de distance de Tombouctou placeraient l’Yaoura à soixante-dix milles
( .) Je n’ai pas entendu parler de Gatoiiegie, du Carmassic, ni du Gourmon d Aitiady Fatouraa. Il est clair que sa no.neu-
ç 8,!U,en ’n • Pa\.?,3Cle' Ja“”lis je n’ai eoten<lu appeler Silla, Sellie; Dibbic, Sibbte ; ni Kobru, liakbarra.
Le More de Ginuie place entre Kabarra et Çabi le royaume de Gaou. l’toléméc. parle d’une ville qu’il nomme Gêna sur
leGir.
environ au-dessus du Berrisa de la carte du major Rennel; mais il en résulterait que Id distance du Yaoura au Dagoumba serait d’environ Luit cent cinquante milles d’Angleterre; distance trop considérable pour qu’on put la parcourir en quarantedeux journées, ce qui est néanmoins le nombre le pins considérable porté sur les itinéraires du Dagomnba au Yaoura.
Je n’aurais pas la présomption de faire des calculs après le major Rennell , et |e n oserais pas me flatter de répandre un nouvel intérêt dans cette discussion , s’il ne s’agissait d’éclaircir les renseignemens que j’ai obtenus. Pour cela, il faut, àpartirdeCabi, incliner le cours du Niger au sud ( Horneman écrit qu’il coule dans cette direction depuis Iloussa), même jusqu a le joindre au Bahr Koulla. Car, plaçant le Yaoura par i5° 5or de latiutde septentrionale et 8° 5o' de latitude orientale, d’après sa distance de Tombouctou , et le Niger se trouvant reculé jusqu’au Koulla, la distance en ligne droite jusqu aYabndie, capitale du Dagoumba, sera de six cents milles d Angleterre. Or, quarante-deux journées, nombre le plus grand indiqué par ceux qui ont fait ce voyage, en les calculant à vingt milles chacune , et en en déduisant le tiers pour les détours du chemin , donnent uue distance de cinq cent soixante milles en ligne droite. C’est certainement une nouvelle preuve à ajouter à celle qui résulte de la similitude des noms de Quolla et de Koulla, pour confirmer l’identité de ces cfeux rivières. Mais la plus forte, cest que les
itinéraires des Mores et des Nègres ne donnent que quarante journées du Dagoumba au point où l’on traverse le Niger pour se rendre à Houssa. Suivant les Mores, on se dirige un peu vers l’est du nord. Or, quarante journées dirigées au nord-nord-est placent ce passage par i5° i' de latitude septentrionale et 3° 33' de longitude orientale; ce qui s’accorde très-bien avec la position de Houssa, telle qu’elle a été calculée plus haut, et ce qui prouve que le cours du Niger doit être considérablement reculé vers le sud , sans quoi il faudrait au moins deux journées de plus pour aller du Dagoumba dans l’Yaoura par la route du nord-est.
Le major Rennell dit simplement que le Niger coule probablement vers le-Ouangara. Ledyard, dans sa description de ce pays, qui est détaillée eu comparaison de celle qu’il fait des autres, ne dit pas qu’il soit sur les bords du Niger. Le major Rennell, dans ses éclaircissemens géographiques sur la route deHorneman, s’exprime ainsi : « M. d’Anville avait aussi eu 1 idée, et il s’y conforma dans sa carte d’Afrique 17,4g, peut-être d après des renscignemens positifs, que le Niger déclinait vers le sud , au-delà de Gbanaii ; en sorte que le poiift du lac de Semegonda, où il se termine, serait à trois degrés et demi de latitude au sud de Ghanah. » Il existe un royaume aussi bien qu’une rivière d eKoulla; d y a aussi un royaume nommé Quolla raba, raba n’étant probablement qu’un mot ajouté pour signifier royaume. M. Dupuis, dans ses notes sur Adams,
Dig
parle d’un nègre intelligent « qui lui fit une relation infiniment curieuse d’un peuple qu’il appelait Gallo ou Qunlloj elle lui donna l’idée qu’il était plus riche et plus avancé dans les arts, qn’âucun de ceux dont il avait entendu parler jusqu'alors. A trois journées de distance de la capitale, il y avait un grand lac ou une grande rivière qui communiquait avec le Ojied Pi il. » Les -argumens présentés dans le Quartcrty reviexv ( que je n’ai pas eu l'avantage de lire) , pour soutenir l’hypothèse de l’embouchure dû Niger dans le Congo, doivent contribuer à placée le cours du Niger pins au sud w comme je l’ai fait pour établir l’identité du Quollaavec le Koulla. La jonction du . Quolla avec le Bahe-el-Abiad ou Nil, comme les . Mores l’appellent , né peut être plus expressément décrite , conformément à toutes les relations que j’en ai reçues, que dans ces paroles de M. Horneman:
« J’ai parlé dernièrement à un homme qui avait vu M. Brown dans le Darfour j il m’a donné quelques renseignemens sur les pays qu’il a traversés. Séton lui, la communication du Niger avec le Nil n’est pas douteuse ; mais celle communication , m’a ajouté cet homme, est tfès-peu de chose avant la saison des pluies (1). » ’• * ' ’ ~ \ ' ,,
(1) Le More de Ginnie'dit à M. Hutcliison « que le Quolla était la plus grande rivière du monde, ayant environ cinq milles de largeur, un lit rempli de rochers, et des rives très-escarpées ; dans bien des endroits, les canots sont un jour à le traverser, à cause des touruaps dangereux qui s’y trouvent; ailleurs le courant est fort rapide; les maisons sont
Avant de nous occuper des routes qui sont au nord du Quolla, nous suivons son cours depuis le Yaoura, ou, d’après la description qui m’en a été laite, je pense que celle rivière doit avoir environ trois milles de largeur (1). A une journée à l’est du Yaoura (que les Nègres nomment quelquelois Yavou rie), leQuolla passe à Non (lie, qui est sans doute leNyffede Horneman et d’autres auteurs , Üelisle écrit NoufFy. A trois journées plus loin, on trouve Boussa, où Amadi Fatoumaassura, etoùon me l’a dit aussi, queMungo Park était mort. Boüssa n’est pasdans la carte du major Rennell, mais j’ai remarqué Boussa dans celle de Delisle. C’est probablement le Ber risa d’Edrisi. A douze journées de là , le Quolla passe à Atagara, après avoir arrosé Houmie ët Rakkah (2). Au sud de ce dernier pays, on en place un nommé Koufie, peut-être Kosie, contrée dont je parlerai comme ayant été visitée par un mulâtre, au-delà du Lagos. A trente journées d’Alagara, le Quolla coule
couvertes'en terrasses ou en bois, te cbaunie ne pouvant résister aux grands vents. »
(1) Le More de Girinic a placé Gangbé «Tans ujir île du Quolla , précisément au-dessous de Poussa. Ce doit être le Gongou d’Imbaranied et de Ben Ali au sud du Cascbna. M. Lucas dit « que la largeur du Niger est telle, que même dans l’ile de Gongou , où demeurent les gens qui le font passer, la voix la plus forte ne peut se faire entendre d’une rive à l’autre.
(2) Le More de Ginnie trace ainsi le cours du Quoll^ depuis le Yaoura : Boussa, Gangbé, Ouaoua,lNoufla,Qu<dla!üFa , Atagara. 11 n’y a de différence que dans, la position de ce
dans !e royaume de Quollaraba (i) qui se trouve précisément à l’endroit où le major Rennell place celui de Koulla. A six journées de là il passe à Mafîgoudou, et, treize journées plus loin , à la hauteur du lac Cadie ou Candie, que je regarde comme le Canga d’Edrisi que le major Rennell a identifié avec leFittri de Brown; car c’est là que se jette, dit-on , la seconde branche du Niger , c’estrà-dire le Gambarou; mais il est beaucoup trop au sud pour le Cauga dans la carte du major Rennell; car, d’après ce que disent les Mores, il n’est qu’à trois journées au nord du Quolla; cependant Edrisi s’exprime ainsi : « Une rivière, nommée Nile ou Nil, passé par
dernier endroit , erreur dont je suis peut-être coupable; car ce nom ue se trouvait pas dans les cartes que les Mores m’avaient tracées ; i) n’était cité que dans les renseignemens plus détaillés que j’obtins sur les pays arrosés par le Quolla,
(1) Le More de Ginnie lui donne le nom de Quolla Liffa- M. Ilutcliison, qui a un domestique natif de ce pays, le représente comme un royaume puissant, ce qui est conforme à la description que m’en a faite Je sebérif Brahima,et à l’opinion de M. Dupuis. M. Ilutcliison ajoute, sur l’autorité de Nègres et de Mores, « que c’est au roi de Qualloo Liffa qu’appartient tout le pays où se trouvent Canua, Dali et Youm Youm, où il y a des cannibales. » Horneinan parle des cannibales de l’Yem yem, à dix journées au sud de Kano , et ce qu’il en raconte se trouvera confirmé parce que je dirai sur les pays arrosés par le Gabon. L’assertion de Horneman , que le Niger coule vers le Nil d’Egypte a travers une contrée habitée par des païens , assertion citée par Mungo Park à l’appui de l’hypothèse de l’embouchure du Niger dans le Congo, a certainement rapport à ces cannibales.
Cauga. » Ce qui me porte à croire que Cauga est peut-être plus éloigné de Bornou , capitale de ce
royaume, quoiqu’il le soit moins de la frontière (quinze
journées étant la distance qu’on m’a indiquée, ainsi qu’à Brown ), c’est que les Nègres de cette ville ne connaissent pas ce lac aussi bien que les Mores; L’esquisse que j’en ai tracée a été faite d après celles des Nègres et suivant leurs descriptions. Ils représentent le lac Cadie ou Caudie, comme une étendue d’eau immense, une petite mer inondant fréquemment les contrées voisines, et quelquefois si agitée qu’elle couvre les bords de poissons et d’autres matières, ce qui annonce un lac volcanique. Les Mores l’appelaient aussi Bahr el Noa, d’après une tradition portant que les eaux du déluge s’y retirèrent et y furent absorbées. On me parla d’une très-haute montagne sitnéeà une égale distance du Caudie et du Quolla (i).
A douze journées plus loin, le Quolla reçoit la rivière Scharie qui, si elle n’est pas le Misselad , peut,
(i) « Quelquefois l’eau de ce lac est chaude, et bouillonne avec un grand bruit. Souvent elle couvre les cantons voisins. 11 '.s’y trouve un volcan dont la force est telle , qu’il rejette sur les bords une grande quantité de poissons. 11 y a plusieurs petites lies dans ce lac , dont l’étendue est telle qu’on ne peut en voir l’extrémité. Entre ce lac et le Quolla est une montagne fort élevée, du haut de laquelle on a une trèsbelle vue, et qui est à une journée de distance de chacun. Les Arabes se nourrissent de rie noir, de grains, et d’une sorte de fève douce nommée tummer. » ( W. Hutcbison. )
dans mon opinion, en être une qui prend son nom de l’Abou-Schareb placé sur la carie du major Renncll.
On dit que le Quolla passe ensuite au sud de Bagarrimie (le Bagliermie de Brown) de Kalafarradou,
(nom dont aucun n’approche davantage que le Courourfa deDelisle et le Kororfa placé, par les manuscrits de M. Beaufoy , à l’ouest de Bégarmie), de Four (Darfour , suivant Brown, signifiant le royaume de Four), et finit par côtoyer le Ouaddaï, c’est le Ouaddey de Horneman , qui le place à l’est de Begliarmieel àl’ouest du Darfour; mais tous les rapports s’accordant à le mettre à l’est du Darfour, et ce que l’on en a dit à Brown n’ayant pas eu pour but de déterminer sa position, je l'ai fixée de celle manière (i).
Le Niger et le Nil, après s’être joints au sud du Darfour, ainsi que le dit M. Horneman, continuent à couler à travers un grand pays, nommé Sounar, queM. Hutcbison écrit Souanar, et qui est incontestablement le Sennaar, et de là ils se rendent dans le £1 assar, c’est-à-dire en Egypte (2).
Mon ami, le schérif Brahima, avait, de même que
(1) Le More de Ginnie a aussi placé cette rivière à l’est du Four. M. Hutcliison en décrit ainsi le cours , d’après cct Africain : Mnssagoiidou , Scharie , le lac CUadie, Plior ( commencement des Arabes), Ouadie. M. Horneman dit: Une grande partie des liahitans du Madey sont Arabes, ainsi que leur roi. s (2) Le Caire est encore appelé , daus le langage figuré du nord, Misr, sans égal, la maîtresse du morde. Suivant le témoignage de M. Hutchison, les Mores l’assurèrent qu’on
nommait ainsi ce pays, parce que Misraïm s’y établit.
plusieurs autres Mores, fait le voyage de la Mecque et de Médine. Tous les renseignetneus qu’il m’a donnés ont été confirmés parles Nègres, ce qui ajoute encore à la confiance que m’avaient inspirée sa franchise et sa modestie. Il se montra notre véritable ami à Coumassie; c’était le seul More qui osât refuser d’assister aux sacrifices humains. Il y aurait eu un grand avantage pour la géographie de l’engager à voyager dans l’intérieur de l’Afrique; car il était en état de prendre des notes exactes, et je crois qu’ou l’y aurait déterminé à peu de frais. Les Mores parlent beaucoup du roi de Santnmboul qu’ils représentent comme un puissant monarque et formidable aux chrétiens (1).
On sera surpris que je n’aie pas entendu parler du Ouangara (2), ce qui arriva aussi à Brown , pas même lorsque, contre mon usage général, j’en eus moimême prononcé le nom. Mais, sans que j’eusse fait aucune question, on me parla beaucoup d’Qngourou. Horneman appelle le Ouangara, Oungoura ; etDelisIe, Ouangara; on le trouvera sur la route du
(1) Stamboul est le nom ordinaire que les Arabes donnent
à Constantinople : on en tire I’étythologie des mots iffToLf/.eu tokiv. ■ ^ ' .
(2) M. Hitlchison m’écrit que Ouangaara est le nom d’une . contrée qui comprend le Mosie , le Kong, et d’autres pays
voisins situés au sud , et peut-être même au nord du Niger , mais qu’Oungourou est le nom du pays qui se trouve entre le Cascbna et Bornou. On trouve Ouanghira dans la route de Mungo Park de Ségo à la càle de Guinée.
Yaoura au Bornou ou Barranou. On me dépeignit le Bornou comme situé un peu au nord-est du Yaoura , ce qui s’accorde fort bien avec la position que lui donne le major Rennell.
Retournons maintenant à Yahndie pour aller à Houssa par la route du nord. A dix-neuf journées de roule, ou trouve Matchaquôdie ; à six journées plus loin ,1e Gourouma , et, à dix autres, le Doloué, pays assujetti an Gourouma : il n’est qu’à cinq journées du Quolla , qu’on dit avoir en cet endroit deux milles de largeur. Je dois pourtant prévenir que cette roule du Dagoumba au Niger par le nord , et celle du Kong à Ginnie , étant les deux seules dont je n’aie pu m’assurer qu’en multipliant les questions, je ne les donne pas avec la même confiance que les autres. A deux journées des rives septentrionales du Quolla est le Gambadi, dont dépendent trois grandes villes : Dogondagbi, Toudonkassalie,Toumpassia, et de nombreux villages. Trois routes partent du Gamhadi. La première , au nord , conduit à Houssa en quinze journées, en passant par un territoire nommé-Zena, et en traversant le Gambarou le neuvième jour. La seconde conduit à Câlin nie, ville du royaume deMallooua, à un mois de distance du Quolla : l’on passe le Gambarou le deuxième jour. La troisième, passant par leFillanie, sans doute le. Foullan (i) de Ben Ali, qui a souvent été en guerre
(1) L’étofFe dont sont velus les habitons du Foullan, pajS situé à l’ouest du Caschna, ressemble à celle dont soûl laite»
avec leMaHooua , conduit dans ïe royaume de Kal- Faillie, qui est à quatorze journées du Quolla : on passe le Gumbara le dixième jour. Un pays nommé Barrabady est situé , dlt-on , âl’estdu Maiiooua entre ce pays et celui de Bornou.
Retournons encore dans leDagoumba, et partons-en pour le royaume de Bornou , en traversant le Yaoura. Nous avons dé|à parlé du Gamba comme étant situé à cinq journées au nord-est d’Yahndie. A deux journées dè là, se trouve une haute montagne nommée Yerim. L'on trouve ensuite une rivière qui coule au sud; les. Mores la nomment Mory; elle semble être la continuation du Karala : sur ses bords est située la ville de Gourousie. A quatre journées plus loin , on entre dans le Zougou , qui est vraisemblablement le Zégo de la carte du major Rennel : dix antres journées conduisent dans le royaume de Barugou. Delisle a placé dans les environs son royaume de Bourgou. Au nord-ouest deBaragou se trouve le Kouniba (le Kombah de la carte du major Rennel ). La position de ce royaume est assez bien déterminée , parce que ceux qui en viennent parlent du Gourouma comme en formant la limite au nord , et du Barragou comme étant le premier royauinequ’ilà traversent dans leurs voyages à la côte au-dessous de Juida. A huit journées du Barragou , se trouve Toumbia, et, à trois
les manteaux et les jupons des montagnards écossais. ( Bèn
Ali.)
( 3oo )
journées plus loin,Goudoubirrie. Une rivière, nommée le Liasa, qui se jette dans le Quolla, à ce que l’on me dit, mais qui plus probablement en sort, côtoie cette route à l’est ; on la traverse en sortant de Goudoubirrie pour entrer dans un grand royaume nommé Yariba par les Mores, et plus généralement Yarba par les Nègres. Le major Rennell trace une rivière communiquant avec le Niger près du Youri; Deli.de en a fait autant. Celle rivière de Liasa est la seule dont j’aie entendu parler qui ait quelque rapport avec celle de Sidi Hamet ; mais Ouassana était un nom inconnu. Aquallie est la ville frontière du Yariba, à une journée de Goudoubirrie, et à une autre de Boutie. Celte ville ne le cède qu’à la capitale Katanga , qui en est à quatre journées. On me parla du Yariba , comme éloigné de vingt quatre journées, en traversant le royaume d’Hio.qui en est limitrophe, d Aratakassie ou Alatakassie , que nous reconnaîtrons plus bas pour Ardra, ce qui en détermine as ez bien la position (i). Le Dahomé est , dil-on , tributaire du Yariba et du Hio. On compte sept journées du Hio au Dahomé. Les niilitairesontun pouvoirdespolique dans le royaümede Hio. Les chefs de l’armée arrêtent toujours le .nouveau roi quand il se rend au palais, et, avant de le
(i) M. Hutchison m’envoie cette route comme lui ajant été donnée par le More de Ginnie ; puis il ajoute : «Souvenezvous que le roi de Dahomé est tributaire de celui d’Yaraba , qui est dans cette partie de l’ Afrique ce que celui d’Ascbantie
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confirmer dans sa dignité, exigent qu’il leur indique lin pays qu’ils puissent envahir et livrer au pillage» Le prédécesseur du roi actuel leur avait indiqué le Dahomé. Mais, après avoir différé trois ans d’exécuteé sa promesse , il fit marcher son armée contre un état voisin situé au nord , qui fut pillé et dévasté. Lorsqu’à spn retour l’armée fut à dix lieues de la capitale , elle envoya au roi l’ordre d’abdiqueï , en punition de ce qu’il l’avait trompée : le roi s’y étant refusé , elle entra dans la ville et lui fil trancher la têtè. Un nègre d’Hio me parla des Apaccas comme d’une nation puissante , voisine de son pays , au nord ; c’est la seule fois que j’en aie entendu parler.
Le Yariba doit nécessairement être le Yarba d’Imhamme'3 , quoiqu’il le place à dix-huit ou vingt journées au nord-ouest du Gonjah; car il est vraisemblable qu’il a été inexact sur ce point, comine nous avons prouvé qu’il l’avait été, en disanlqu’Aschanlie était la capitale du Tonouvha, qui paraît être un canton ou une ville du Dagoumba. Les babitans de ce royaume ne sont pas aussi belliqueux qu’il le prétend ; ils n’ont jamais pensé à apprivoiser l’éléphant pour le réduire à la domesticité. Iriihammed dit que Calanschie est une dépendance d’Asr chanlie. Néanmoins çe nom y est entièrement inconnu ; il ajoute qué Qonjah est à quarante-six journées de la c àle, tandis qp’il n’en est éloigné que de trente- Le rnajor Renne! a raisonnablement pensé que le Yarba d Imhâmmed était le Yarra de Delisle, derrière Sierra Leone ; mais comme il n’a pas con.-
serve ce pays sur sa carte, je présume qu’il ne peut être d’une grande importance sous le rapport de la politique ou du commerce; an lieu que le Yariba , incontestablement situé à l’est du Kong, est toujours cité par les Mores et les Nègres comme un royaume très-puissant et très- fréquenté. Au reste, tous les Mores que je vis à Coumassie , ne connaissaient presque rien dès pays situés à l’ouest; ils ne parlaient que de ceux que leurs recherches sur la source du Quolla leur avaient fait connaître, .le n’en vis pas même uit seul qui eût voyagé à l’ouest ou au sud-ouest du Bambarra. . t
Revenons à la route d’Yahndie au Yaoura. A trois journées de Goudoubirrie, en allant vers le Quolla, est la grande ville de Kaiama, et, à quatre journées plus loin, après avoir passé parMahalaba ( nom qui approche le plus du Malel d’Edrisi ), est celle de Ouavoua, à trois journées du Quolla qui reçoit le Vourou, petite rivière (i). A dix journées de la rive septentrionale, en traversant le Yaoura et en côtoyant la frontière orientale du Zatnfara, se trouve la ville nommée Goubirrie par les Mores, etGoubour par les Nègres. (2). M. Beaufoy apprit que Goubour
(1) Le More de Ginnie donne ainsi cette route : du Ouama au Kiama , grand royaume , trois journées; Un désert tout auprès, du côté de l’est. Garagrougie , une journée ; Ouala , une journée ; Goudaberris , une journée.
fa) Gouber est à cent lieues de Gago, vers l’orient, et en est séparé par un désert inhabitable , à quatorze ou quinze. lieues du Niger. Cette contrée est entre de hautes montagnes , et
était au sud du Ouangara; Delisle l’écrit Goubour. De là , au Kaschna , après avoir traversé le Garabarou, il y a huit journées. Or, dix-huit journées, calculées à raison de dix-huit milles chacune, en se dirigeant au nord-est , d’après le changement de position du Yaoura, placeraient le Kaschna par i5°43' de latitude septentrionale et io° 43' de longitude orientale, au lieu de 160 de latitude et n ° de longitude. M. Lucas apprit que le Caschna était à cinq journées ou environ cent milles du Niger, ce qu’on doit vraisemblablement entendre de sa branche supérieure ou du Gambarou. Cette rivière côtoyant le Kanou et l’Oungourou, avant d’entrer dans le lac Caudie (quoique je ne puisse le prouver d’une manière satisfaisante), justifierait Edrisi d’avoir placé le Kanou et le Ouangara sur le Niger.
On compte six journées du Caschna au Davourra qui doit être le Daura de Hornemnn, quoiqu’il soit placé au nord de Kano dans le dessin du marabout. Du Davourra au Kanou il y a quatre journées. D’Anville le place à quatre-vingt-dix milles au nord-est du Caschna; et, dans le dessin dont je viens de parler, il est au milieu des terres, au nord du Niger. La seule autorité qui soit à l’appui d’Edrisi, consiste dans le rapport que l’on fit à M. Matra, à Maroc. Le More qui raconta à M. Beaufoy, que des barques suivaient le courant jusqu’à Ghini ( le Gano ou Kano du
foute pleine «le villages. Celui où le priuce tient sa cour a quelques mille maisons. (Dapper). ,
major Rennell ) , plaçait Ginnie entre ce point et Houssa; inexactitude assez grossière pour justifier nos doutes suf son autre assertion. Le Cliiui, de Léon l’Africain, est plus probablement Ginnie; cet auteur a l’air de distinguer cette navigation de celle qui se faisait pour aller à Melli à l’est (i). Du Kanou au Oungourou, en traversant les grandes villes de Madagie et d’Adagia, il y a neuf journées à pied, et sept en voyageant sur un chameau' « Est iter octo die ru m. versùs orientera. » ( Edrisi ). De l’Oungoprou au Barranou , les Mores comptent quinze journées à pied , et les Nègres neuf à cheval. On parlait du Bornou ou Barranou , comme du premier empire de l’Afrique (2); le nom du roi, suivant les Mores, était Baba Allou ; mais, suivant les Nègres, Massinnama (3). Le Caschna, ainsi que les pays intermédiaires sur la route, et beaucoup d’autres, lui
(1) La distance de Cano aux rives du Niger est conforme à tous les rapports qui m’ont été faits, et de plus appuyée sur le témoignage de Dapper. A cent soixante-dix lieues d’Agadez, et à deux cents du Niger, ou trouve ce royaume (Gouber ) , au milieu duquel est la ville de Cano , fermée de murailles de bois et de pierres, et qui a des maisons bâties de même..
(2) Les Mahométans du Sennaar comptent le bornou parmi
les quatre plus puissantes monarchies du monde. Les trois autres sont la Turquie , la Perse et l'Abyssinie: Le souverain du Bornou est plus puissant que l’empereur de Maroc. (Lucas). -,
(3) Ce royaume qu’on croit avoir été la demeure des Caramantes est une vaste province au levant de Gaugara, qui
étaient soumis. Une petite rivière , nommée Gabooa (t) par les Nègres, coule au sud, près de Bornoti; et une plus grande, nommée Zerrokou-Kéroboubie, à six journées de distance à l’est, passe près d’Aouiac. Horneman dit que le Oued-el-Gazel n’est pas une rivière, mais une vallée grande et fertile. Les nègres du Bornôu. connaissaient parfaitement Baghermie. Be.u Ali dit que la langue du Bornou a beaucoup d’analogie avec celle des nègres voisins. M. Lucas prétend qu’on ne parle pas moins de trente langues différentes dans les états. du souverain dé ce pays. . ’ ,
Maintenant retournons au fort du Cap-Corse, et cherchons les meilleures autorités pour faire la description des côtes situées entre les fleuves nommés Assinie et Lagos. .
Le Cap-Corse, nommé Igoua par les nègres igoua, est situé dans le territoire d’Affetlou. MM. Ludlain et Dawer, commissaires nommés par le. gouvernement pour faire le relevé de la .côte, en 1810 , le placent par 5.° G' de latitude septentrionale, et r.° bi' de longitude occidentale. Elmina, quelesNègres nomment Addina , est à environ sept milles à l’ouest du Cap-Corse. A douze milles àJ’ouestd’Elmina, e.sl Commenda, fort appartenant aux Anglais; les nègres
s’étend à cént soixante-dix lieues vers l’orient, et à cinquante lieues du lïiger.
(l) M. Ilutclûson a entendu parler d’une autre rivière voisine du Bornou , nommée Koumoudou Gaiguina. Le nom de Oued-el-Gazel n’a pas été prononcé devant Kii.
ao ,
appellent la -ville Âkatayki ; le fort hollandais a été détruit dans la guerre de l’indépendance améri- .caine. A neuf milles plus loin est Khama ou Asseuia, à l’embouchure du Bousempra. En remontant ce fleuve pendant six heures, on rencontre une île oû Altobra, l’un des cabocirs du Ouarsâ , qui fonr- nit les Hollandais de pirogues , se faisait bâtir une grande maison pour s’y retirer. Quatre lieues audelà , on arrive à son village. Le colonel Starrenberg remonta ce fleuve pendant trois jours dans une pirogue, et le trouva souvent embarrassé par des rochers. Enfin il fut arrêté par une grande cataracte que les nègres regardent Comme un puissant fétiche , et dont les hommes qui conduisaient sa pirogue n’osèrent approcher. A neuf millesde Khama 1 où les Hollandais ont un fort nommé Sébastien , est Soccondie , première ville du paysd’Ahanta. Le fort anglais fut détruit par les Français pendant. la guerre d’Amérique , mais il y reste un comptoir. Lefort hollandais se nomme Orange. A neuf milles plus loin est Boutrie, où les Hollandais ont un fort appartenant autrefois à la compagnie du Brandebourg. A trois milles de Boutrie est Dixeove ou Nfouma, et, entre les deux , Boussoua, capitale de l’Ahanta, qui est divisé en trois districts : Amanfou , Adoum et Poho. Le premier est à environ une journée au-delà de Boussoua et à une de FAncobra. Son cabocir est le personnage le plus important du royaume après le foi, dont le pouvoir et les moyens sont extrêmement restreints. Les deux autres ne sont
guère qu’à une demi -journée au-delà de Taccorary.
La petite rivière qui se jette dans la mer à Bonifie, prend sa source dans le district d’Adoum , où l’or se trouve, dit-on , en abondance; mais les nabitans n’osenl travailler aux mines depuis bien des années, par la crainte que leur inspirent les habituas du Ouarsâ. Il y a aussi de très-bon or dans le district d’Ainanfou ; il est ordinairement dans du quartz qil’oo broie sur des pierres placées sous un appentis à cet elFet. .
J’ai remarqué que, dans un journal périodique de l’année dernière, on appelle le roi d’Aschantie, roi d’Ahanta, d’Inta ou d’Aschantie; celte variation, dans le nom du pays , est une des preuves .nombreuses de l’idée peu exacte qu’on se formait de son monarque avant l’ambassade envoyée dans sa capitale.
A dix-huit milles de Dixcove , après avoir passé Akhogma et Accoda, où les Hollandais ont un fort " qui touche au cap des Trois-Pointes , sont les ruines de Hollandia qui appartenait autrefois à la compagnie du Brandebourg, et qu’on nommait Fort - Royal de Frédéricsbourg. A seize milles plus loin est Axicnoù se trou ve le fort Anthony appartenant auxllollan dais qui y ont placé leur vice-présidence. Les habitans d'Axim parle un dialecte de la langue ci’Afanta. A deux millesà l’ouest est l’embouchure de l’A.,C-»bra, ainsi nommé par les Portugais à cause de se> sinuosités : car son nom dans le pays est &ienna Le .colonel S ta rremberg, qui remonta ce lieuve jus-
qu’aux ruines d’Elisa Carthago situées à l’endroit où i| cesse d’être navigable pour tout autre batiment qu’une très-petite pirogue, «lit qu’il ne peut donner exactement la distance, de ce lieu à la mer ; mais il suppose qu’elle est d'environ vingt milles de Hollande, dans la direction du nord-est. Meredith parle de cinquante milles d’Angleterre ; mais il s’exprime avec autant de légèreté que d’inexactitude, en disant:. « Les Français bâtirent un fort sur la rive ■>
droite de ce fleuve, à environ cinquante milles de son embouchure-; ils y faisaient uu commerce avantageux en or , ce qui excita la jalousie des Hollandais qui ne lardèrent pas à les en chasser. Mais les Hollandais ne jouirent pas long-temps de cette acquisition ; car leur chef s’étant brouillé avec les Nègres , fut réduit à prendre le parti désespéré de faire sauter le fort. » Elisa Carthago fût bâti parle gouverneur hollandais Ruigbaven qui mourut avant l’an 1700 ainsi que le constate la pierre placée sur sa sépulture à Elmina. Les Français n’y eurent jamais qu’une petite factorerie située presque à l’embouebure du fleuve. L’officier hollandais, commandant à Elisa Carthago, y avait fait, pendant plusieurs années , un commerce lucratif, lorsque la cupidité des Nègres le réduisit à l'acte de désespoir rapporté par Bosinan , et dont les habitansse souviennent encore. Voici comme en parle le docteur Reynhaut. « Le commandant d’Elisa Carthago se voyant investi par les Nègres , avec qui il était en querelle, et reconnaissant qu’il ne pouvait leur résister plus Ipng-temps,
puisque, suivantlâ tradition, il avait été obligé de tirer coutre eux avec des boulets de minerai d’or, teignit dé vouloir traiter aveceux.il lesinvitadonc à vetjir à cet effet dans une salle du fort sous laquelle il avait placé plusieurs barils de poudre à canon; tout auprès était un enfant tenant une mèche allumée ; il lui avait donné ordre de mettre le feu aux poudres dès qu’il frapperait du pied dans la salle au-dessus. Après avoir reproché aux Nègres leur insatiable cupidité, il donna le signal , et ils périrent tous ensemble. »
En remo.ntuut l’Aocobra , et avant d’arriver à Ejisa Garthôgo, oo rencontre plusieurs villes , dont la dernière est Adoirva d’où partent trois grandes routes, l’une pour l’Aovin , l’autre pour le Daukara, et la troisième pour Asankarie, ville considérable da Ouar9â. Ce dernier pajs est gouverné par quatre cabocirs indépendans les uns des autres. Intifla., le plus riche d’entre eux , et celui dont le, pouvoir eist le plus étendu , demeure à Abbradie qui u’est qn a une petite journée d’Elmina. Nerbehin était la résidence duo autre cabocir indépendant de la famille d’Intiffa ; mais il en fol chassé par Esson Ctidjô qni en est aujourd’hui le maître. 11 se réfugia à Sauucô situé à environ une journée de la frontière du Ouarà, derrière Succondie, oùMusô, jadis son esclave, s’est élevé au rang- de cabocir; ainsi il protège actuellement son ancien maître, qui attend la mort d’Ësson Cudjô pour rentrer chez lui. La plus grande largeur du Ouarsà est estimée à soixante milles
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d’Angleterre , et sa plus grande longueur , à cent ou cent vingt.
A environ vingt-huit milles de l’Ancobra commence le royaume d'Anamahia, où estsitué le fort anglais d’Apollonia. Ce royaume a une étendue d’environ cent milles le long de la côte, mais il ne s’avance pas à plus de vingt dans les terres.
Retournant ensuite à l’est du Cap-Corse , on trouve , à quatre milles , Morie et le fort hollandais de Nassau ; à six milles de Morie , Annamabou, le meilleur fort de tout le pays; à cinqf milles de là, Cormantine, le premier fort q.ue les Anglaisaient possédé sur cette cote; ils le construisirent vers le milieu du dix-septième siècle. Les Hollandais s’en emparèrçnt ensuite; enfin, lés Aschantes l’emportèrent d’assaut et le détruisirent presque entièrement , avant d’attaquer Annamabou. Sa position commande.à tous’les environs. Tantumquerry , petit fort anglais, est à environ dix-huit milles de Cormanline. En traversant la petite rivière d’Amissa, une heure de marche conduit à Mancassin capitale du territoire de Braffô , dépendance du pays des Fantes. A huit milles plus loin , est la ville d’Apam où se trouve un fort hollandais et une petite rivière. A huit mjlles d’Apam, est Simpah ou Ouinnebah dont les habitons sont Fantes ; leur langue se nomme Affoutoq. Célte ville est dans le territoire d’Agouna. Le fort hollandais de Berracô en est à neuf milles. Les Nègres donnent à la ville le nom de Seniah. Allah d’Akim mit ce fort à contribution en mars
' ( Sir)
1811. A environ vingt-sept milles de Derracô, est Accra ou Inkran autrefois soumis au royaume d’A- ' quambou , suivant Isert. Ses habitans actuels chassèrent ceux qui l’occupaient, et les repoussèrent vesPopo. Meredilli donne une longue description d’Accra et de ses environs ; mais il ne dit pas que , suivant le récit des Nègres , les Portugais s’y établirent les premiers. Ce fut en i45a , suivant Isert. Exaspérés par les cruautés affreuses qu’ils y commettaient, les habitans prirent les armes contre eux, et massacrèrent le gouverneur avec tous ses compatriotes , sur un endroit où l’on prend encore de la terre pour en frotter les enfans nouveau-nés, en commémoration de cet événement. Accra , d’apres les observations des commissaires , est situé par 5 °. 20 ' de latitude septentrionale eto° 10' de longitude occidentale. Meredith , après avoir cité cette observation , place Accra dans son relevé de la cpte par qo 58 ' longitude orientale. A peu près à trois milles du fort anglais , se trouve le château de Christiansbourg , principal établissement des Danois.
Nous allons suivre le docteur Isert depuis Accia jusqu’au Volta, attendu qu’il fit cette roule plusieurs fois. « A deux milles de Chrisliansbourg, dit-il , on trouve Labodeï, où il y avait autrefois un fort : ce lieu est particulièrement renommé à cause de ses fétiches , qui sont en grande considération parmi les Nègres. Leur prêtre peut être regardé comme l’évêquc do pays. A quatre milles plus loin , est Tenunen, où les
Hollandais avaient un petit fort, abandonné en 1781 ;
et, à deux milles de là, en laissant Nimbô, situé à gauche dans les bois de l’intérieur, est Pony, fort hollandais qui n’est plus qu’un comptoir. Traversant alors des terres basses où, dans la saison des pluies, on a de l’eau jusqu’aux épaules, on arrive, après deux milles, au grand et au petit Pram-Pram, où les Anglais ont une loge ou urt petit fort. A deux grands milles de là, est le fort de Friedensbourg, près de'Ningo, dont les' habilans parlent une langue différente de celle de leurs voisins. Ils se donnent à eux-mêmes le nom d’Adampies. Cette nation' est nombreuse et divisée en petites républiques. La langue adampique est un mélange de celles d’Aschantie, deKerrapie, et d’Accra. » Derrière l’Adampie est la montagne de Crobo, dont les babilans, quoiqu’ils ne soient qu’au nombre de quelques centaines, ont résisté jusqu’ici aux efforts des Reliantes, en abandonnant leur village, situé au pied de la montagne, pour se réfugier sur ses parties liantes,' elle est escarpée, inaccessible, si ce n’est par un sentier fort étroit, et a plusieurs sources sur le sommet d’où ils roulent d’immenses pierres sur leurs ennemis, » D’Adampie, « continue Isert (i), » 'j’allai en un jour à Adda
(i) Dons un ouvrage moderne, on assure que le docteur Isert fit un second voyage en Afrique , sous les auspices du gouvernement danois qui T encouragé par ses rapports, voulait établir une colonie dans l’Aquopitn , et qu’il y mourut d’inquiétudes et de fatigues. Cétte assertion n’est pas exacte. Isert n’n été qu’une seule fois en Afrique ; il en partit pour les Indes occidentales, comme je l’ai déjà dit. EnGu , jamais les
qui en est à dduze milles. À moitié chemin de Ningo à Adda était le village deLaï, dont les habilans se sont retirés, les uns à Adda, les autres à Ningo. Les Anglais y avaient une loge qui est en ruiues depuis long-temps. *> •;
Du Yolta au cap Saint* Paul il y a cinq lieues par mer, suivant D’àlzel , et quinze milles par terre, d’après la carte de Dahomé et de ses environs, par Norris. Quitta, à environ douze milles, est situé dans le Kerrapay, et fait' paNie d’un état indépendant nommé- Agvouna qui s’étend le long de la côte depuis cet endroit jusqu’au Volta. Agvouna, la capitale, est située à . un demi-mille de la mer, et à quinze à peu près du Volta. Les habitans des autres villes sont obligés de venir enterrer leurs morts dans la capitale, dont le cabocir a la prééminence, mais non une autorité absolue sur tous les autres. Entre Quitta et Popo, sont plusieurs villes du Kerrapay, gouvernées par des cabocirsindépeudans lès uns des autres. A deux journées au-delà de PopO, se trouve le Tettaytokou, autre état indépendant dans le Kerrapay. Le roi y a, dit-on, un pouvoir despotique) les maisons-de la capitale sont de forme circulaire. Use trouve aussi dans l’intérieur un petit état gouverné par un cabocir nommé Quadiinagah. Le Tadou est regardé comme le plus grand royaume du Kerrapay; il est à six journées derrière Popo,
Danois n’essayèrent d'établir une colonie dans l’Aquapim. La docteur Rejnhaut m’a confirme tous ces faits.
qne les Fanles appellent Inschan , et ses habitans Ta lin ou Taum. Les nègres de ce pays sont d’un caractère plus audacieux, et plus résolu que tous leurs voisins, aussi claient-ils toujours traités le plus sévèrement sur les vaisseaux négriers. Mercdith, qui nomme ce pays Crépie, le place à l’ouest du Yolta.
Suivant une observation faite à bord du vaisseau de guerre anglais l’^r°o, Whydâli ou Joida est situé par 6° if%* de latitude septentrionale et 2°3i'de longitude orientale. Lambe compte deux cents milles de ta côte de W hydah à Abomé , Norris cent douze, Dalzel quatre-vingt-seize. D ‘après le récit que Norris ( i ) fait lui-même de son voyage , il ne marcha pas pendant plus de vingt heures; ce qni, à raison de quatre milles par heure, distance la plus considérable que les porteurs de hamacs puissent parcourir, ne donnerait que quatre-vingts milles. Un officier qui alla au Dahomé en trois jours, sans se presser, pense qu’on pourrait y envoyer une dépêche en deux jours; il croit que la distance est à peine de soixante-dix milles. Mais,supposons-la de quatre-vingts, les deux tiers, formant la distance en ligne droite, en donneraient cinquante-quatre, et Abomé se trouverait par 70 12' de latitude septentrionale. Cependant Dalzel le place par 70 5r/. Whydah étant à environ 6° a5' sur la carte que cet auteur a jointe à son ouvrage, il faudrait, pour que cette position fût exacte,
( 1 ) V oyagé au pays de Dahomé ; Londres 1 790 , in-8°. , traduit en français la même année. '
( Si* )
que la distance eft ligne droite fût de cent huit mille» d’Angleterre, tandis qu’il n’en donne que quatrevingt-seize pour la totalité du voyage, sans déduction pour les détours. Norris, qui a dessiné la carte , n’estime cette distance qu’à cent onze milles. Avec un peu de réflexion , Dalzel aurait corrigé cette erreur, et une plus grande encore qui est relative au cours du Lagos. Sa propre autorité, appuyée, de celle de plusieurs autres voyageurs, aidera à corriger cette inexactitude.. . . , ;
Un officier, au service d’Angleterre,' qui a séjourné trois ans à Lagos , et le seul résident européen qui ait survécu à cet essai, me met en ét,at de .corriger plusieurs erreurs. La barre du Pélican est plus petite qu’elle ne.le parait sur les cartes. L’île de Dou , qui est au nord-ouest et non au nord de la ville de Lagos , et où les naturels vont pratiquer leurs cérémonies superstitieuses, n’a pas plus d’un mille de circonférence ; il n’y a pas de rivière de ce nom.
La pointe de terre sur laquelle les Portugais et les Français qui ne passent jamais ,1a barre, où il y a trois brasses d’eau , transportent leurs marchandises dans des capots, a au plus trois cents pieds de largeur au lieu d’un mille. Sur la carkwle Norris, jointe au livre de Dalzel, on. fait traverser par le. Lagos le . chemin du Dahomé, près de Toré. Dans-les Routiers de la côte d’Afrique, ouvrage auquel Dalzel eut , la plus grande part, et qu’il révisa en'entier, on lit ces mots : « La rivière Lagos est non seulement l'embouchure de la rivière de ce nom qui coule à l’ûst d’Ar-
drah, etc. » La. rivière que M.Norris traversa près de Toré, qu’il représente comme assez profonde et assez Tapide, et sur iaqtielle se trouve un pont, n’est autre chose qu’un nïdrais inondé, suivant le témoignage de plusieurs' officiers anglais qui ont été dans leDahoiné. Celui dont j’ai déjà parlé m’assure que la •branche principale du Lagos Coule au nord de l’île, dans l’émiioit où est placée 1a prétendue rivière du Dou. En entrant dans cette branche, il la trouva si large , que, placé au milieu de l’eau , à dix brasses.de profondeur, il pouvait à peine apercevoir les rives de chaque côté. Le courant , qui est impétueux , entraîne des îles flottantes, et une si grande masse d’eau , dans la saison des pluies, qu’elles chassent les vaisseaux mouillés sur leurs ancres dans la rade. De- Jisle fait venir le Lagos du nord ; et l’on sait que les Français connaissent mieux que nous cette partie de la côte. Ce. que Norris appelle dans sa carte « rivière occidentale » n’est qu’une crique. Le courant d’eau qu’il appelle le Lagos, et qu’il représente comme cpulant près de Badaggri, d’Ardrah, et passant par Toré, est la rivière occidentale. Badaggri n’est qu’à cinq à sèpl milles de la côte au lieu de quinze; le fluxetle reflux iffe'se font pas sentir plus haut. Ardrah est' à vingt-cinq ou trente imites de la côte, et non à dix-huit ; Ton traverse la rivière au tiers de cette distance de la mer ; c’est ce que nous appelons Porto- Novo, où il h* y a que quelquès huttes de pêcheurs en face de l’ancrage. Les Nègres nomment Ardrah Ara-
takassie ou Alatakassié'; et le pays, Essaarn ou Le
Grand. La rivière continue à cûuler paralèllemetil 4 la mer, à trois cents pieds environ de distance ; quelquefois elle s’eo approcbe tellement, que la langue de terre qui l’en sépare est souvent couverte d’eau ; enfin, elle se jette dans le Voila, près de son embouchure. - . .
Le même officier dont j’ai parlé.m’a prouvé que la personne qui dit à l’édileur du voyage. d’Adams qu’on trouvait constamment sur. les bords du Lagos des marchands de Haussa, avant l’abolition de la traite des Nègres, était mal informé : car la poli— que du royaume de Kosie , situé sur la rive orientale de ce fleuve, à soixante milles environ .de son embouchure , a toujours été d’empêcher toute communication entre les marchands de l’intérieur et ceux de Lagos, pour assurer à ses habitues les profits immenses qu’ils retirent du métier de courtiers ou intermédiaires dans ce commerce. Les Européens qui commerçaient sur le Lagos , projetèrent une fois de forcer le passage dans des barques armées; et , à cet effet , un bâtiment de dix-huit canons passa la barre, et jeta l’ancre près de la ville de Lagos* mais ils renoncèrent à cette entreprise comme trop périlleuse. Quelque temps après', le roi de Kosie demanda qu’un' Européen vînt dans son royaume, pour satisfaire sa curiosité et celle de son peuple. Personne 11e se souciant d’y aller, on Iqi envoya un mulâtre nommé Pierre Brovyn. J’ai vu et questionné cet homme au Cap-Corse ; plusieurs hommes armés le suivirent pour lui servir d’escorte, Gn y joignit
des conducteurs de pirogueseu nombre suffisant pour se relayer et remonter promptemeut le fleuve ; ùa* navigua ainsi depuis le soir jusqu’au lendemain : alors on continua le voyage par terre. Le fleuve était encore très-large , et avait bien au-délà de quatre brasses de profondeur; car les avirons de bambou , dont les Nègres faisaient usage pour touerles pirogues quand ils se trouvaient assez près du rivage, et qui avaient celte longueur, ne touchaient pas le fond , quand on était au milieu du fleuve. Des relais de porteurs de liamacs conduisirent le mulâtre jusqu’à Kosié, où il arriva dans la soirée. Il en parlait comme d’une grande ville. D’après la description qu’il me fit des bâtimens, ils ressemblaient à ceux de Coumassie. Le roi ordonna qu’on né laissât pas entrer la foule dans la maison qu’il lui assigna, le traita fort bien, et le renvoya trois jours après. Il n’entendit parler à Kosie que de deux grands royaumes : Hio et Aouïssie.
L’officier dont j’ai parlé est convaincu, d’après les renseignemeus qu’il a recueillis des esclaves de l’inlerieur , que les marchands leur faisaient faire la plus grande partie de la route par eau. Leur rapport Tut confirmé par l’arrivée de Kosie à Lagos de pirogues achetées des marchands d’esclaves de l’intérieur. Cet officier les trouva bien supérieures à celles dont, on fait usage sür la côte : elles étaient couvertes , beaucoup plus grandes, avaient un appartement séparé pour le marchand et ses femmes , et pouvaient contenir tfne Centaine d’esclaves. Je n’ai jamais en-
tendu dire à aucun esclave qu’il eut fait par eau une partie du chemin pour venir à la côte ; mais je u’en ai vu aucun qui eût été amçné à Kosie ou à Lagos;
Le Karhala est la seule grande rivière qui paraisse pouvoir communiquer avec le Lagos, ou peut-être même le former. Il est possible qu’il se jette dans un-grand lac du royaume d’Hio. Snelgrave, d’après les renseignemeus que lui donna tin mulâtre qu’il vit à Abomé , dit que plusieurs graudes rivières qui portent leurs eaux dans le golfe de Guinée sortent du royaumé d’Hio. Le Lagos sort peut-être de ce lac. L’officier à qui je dois ces notes , place le Mahie au nord du Dahoroé et non au nord-ouest , comme dans la carte de Norris que la préface de Dalzel regarde comme assez peu exacte, pour ce qui concerne l’intérieur. Il y a environ neuf ans , le roi d’Hio fit la conquête du Mahie , et plus de vingt mille esclaves dé cette nation furent vendus à Lagos.
Les Djoos indiqués mal à propos à l’éditeur du voyage d’Adams comme étant, avec les habitans de l’Anagou et du Mahie , les principales nations quand on va vers le Niger, et les plus proches de la côte, en laissant de côté le Dahomé, sont probablement les Djabous qui habitent à environ quarante milles à l’ouest du Kosie, et non derrière le Cradou . comme le marque la carte de Norris. Ils sont renommés par les étoffes qui portent leur nom , et dont les Portugais ont fait des 'chargeniens considérables. L’Anagou ou Nagou est limitrophe du Dahomé du côté du nord-ouest.
( 3ao .)
Je ne puis finir ce chapitre sans reconnaître combien mon travail a été facilité par les recherches préalables du major Re une! I. Je dois avouer aussi que , sans les esquisses déjà tracées par quelques agens delà société africaine, et les faibles lueurs que fournissent lés auteurs anciens, je n’aurais peut-être pas osé essayer d’ajouter par ce faible tribut aux connaissances encore imparfaites que nous possédons sur l’Afrique. Quand je réfléchis aux recherches créatrices de d’Anviile, à l’érudition et à la sagacité du major Renneli, mon plus grand désir est que le public soit bien convaincu que ma déférence pour eux égale le sentiment de devoir qui m’a dirigé dans mes eftorls, . » •* •' •