CHAPITRE XII
Georges qui subissait le même tourment auprès de lui , étonné qu’une plainte pût sortir de la grande âme de son frère, se retourna et lui dit : « Tu cries comine une femme , Kantzatonis. » Puis il mourut sans pousser un soupir.
Les pâtres d’aujourd’hui ne vivent plus au milieu de pareils événements et de telles circonstances, mais, au moment donné, des Kantzatonis surgiraient encore de leur sein. Du reste, leur genre de vie est resté le même; leur race est restée une race à part. Le peuple des campagnes les regarde comme étant plus ou moins sorciers et comme possédant des secrets magiques. Ces hommes , vivant sans cesse dans les déserts , au milieu des rochers ou des pâturages inhabités, n’écoutant d’autre voix que celle des vents et des forêts, dormant sous une tente diaphane ou sous le ciel bleu et considérant, pendant leurs insomnies, le cours splendide et majestueux des astres, ces hommes, dis-je, semblent aux autres en communication plus directe avec la nature, n’ayant d’autre occupation que de s’entretenir avec elle, de l’interroger, de surprendre quelques-uns de ses secrets , de s’emparer de quelques lambeaux de sa mystérieuse puissance et de ces opérations inconnues dont la Providence n’a pas voulu permettre la connaissance aux humains.