‹ Voyage dans le royaume de GrèceChapitre 132 sur 154 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

effroi; el, tout autour de nous, la mer, comme agitée par un frissonnement intérieur, se couvrit d’une écume lumineuse semblable à celle que notre embarcation laissait dans son sillage. A ce signal, le capitaine se hâta de rappeler la barque qui nous remorquait encore, afin de l’attacber au flanc du bateau et de rembarquer ses hommes. Il était temps; car à peine ce travail était-il fini, que la mer se gonfla, nos voiles préparées se tendirent auvent, et notre navire bondit comme un chevreuil sur la crête des flots. Je ne m’attendais guère à ce brusque changement , fréquent du reste sur les eaux irritables du golfe de Lépante. Le premier soin du pilote fut de descendre dans sa cabine et d’allumer une petite lampe de cuivre, qui oscillait devant une grossière image de la Madone. Puis, fortifié par l'espoir de sa protection divine, il remonta pour diriger la manœuvre que la violence de l’orage rendait de minute en minute plus difficile. Le contraste qui existait entre la sérénité du ciel et la colère des flots augmentait l’horreur de la tempête. Le grand vent, le fracas des vagues, la beauté du spectacle m’avaient fait oublier le danger et surtout le mal presque toujours engendré par une mer orageuse. Je serais resté sur le pont la nuit entière , si les grandes lames qui s’abattaient à chaque instant ne m’eussent forcé de descendre dans la cabine du pilote et de son second, où je m’endormis bientôt complètement.

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