A CH AÏ K
de Dieu et des hommes pour se résoudre à vivre dans un pareil séjour.
Nous traversâmes le torrent à cet endroit même sur un tronc d'arbre vermoulu, et nous remontâmes de l’autre côté par une rampe escarpée qui conduit dans l’intérieur du mont Cyllène, en tournoyant autour de mille blocs de rochers, les uns détachés du sol et arrêtés dans leur chute je ne sais ni pourquoi ni comment, les autres surplombant et paraissant prêts à perdre à leur tour l’équilibre et à écraser le voyageur. Après avoir suivi longtemps ce pittoresque chemin dont les fantasques lacets me ramenaient sans cesse à quelques toises au-dessus de l’endroit où je me trouvais auparavant, après avoir dépassé quelques pins au noir feuillage, je me trouvai en face d’une immense muraille élevée de six à sept cents pieds et formant un insensible demi-cercle. Au quart environ de sa hauteur, une espèce de construction bizarre était plaquée comme une gigantesque ruche au flanc du rocher, au pied duquel une trentaine de cyprès balançaient leurs longues et tristes formes. Çà et là, de larges cicatrices traversaient le sommet du rocher, laissant échapper, comme le fruit d’une sève intérieure, des lierres épais et sombres. Tel vous apparait de loin Mégaspiléon. Rien de plus étonnant, de plus fantastique, de plus impossible à s’imaginer; la plume se refuse à décrire l’étrange impression que celte vue inspire. Cette retraite où des moines prient et jeûnent ressemble plutôt à