‹ Voyage dans le royaume de GrèceChapitre 57 sur 154 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de leur tète , et tous s’étendirent sous une seule et même couverture de laine , assez grande pour couvrir tous les membres de la famille.

A peine commençaient-ils à dormir qu’on frappa à la porte; c’était un pauvre vagabond qui cherchait un gîte pour la nuit. On lui cria d’entrer; la vieille mère le reçut avec le kalôs orisélé habituel , et jeta sur le feu une grosse branche sèche qu’elle prit dans un énorme fagot préparé d’avance à la portée de sa main. L’étranger , après avoir un instant séché ses vêtements détrempés par la pluie , se glissa doucement à côté des autres sous la couverture générale. Il ne lui fut demandé ni qui il était , ni d’où il arrivait, ni où il allait, ni s’il pourrait, avant de partir, payer la part qu’il avait prise dans le lit commun; il lui suffisait d’être pauvre, fatigué et sans abri, pour avoir un droit acquis à l’hospitalité de ces braves gens.

Quant à moi, je ne pus réussir à m’endormir complètement. J’écoutai la pluie tomber sur le toit et je mesurai la longueur du temps à voir l’aïeule qui , toujours éveillée , allongeait d’heure en heure son bras décharné pour remuer les cendres et jeter du bois sur le feu. Dans la fièvre pénible de mon demi-sommeil, je croyais voir une effrayante magicienne accomplissant ses mystérieuses opérations et évoquant des âmes sur la fumée de son foyer cabalistique.

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