‹ Voyage dans le royaume de GrèceChapitre 6 sur 154 · KÉPHISSIA, MARATHON, LE PENTHÉLIQUE · texte numérisé non relu

KÉPHISSIA, MARATHON, LE PENTHÉLIQUE

La première exploration que je fis dans l’intérieur des terres, fut' celle de Marathon. Avant de se mettre en route, le soin le plus important que doit prendre le voyageur consiste à choisir un bon guide. A ce propos , qu’il me soit permis de rendre hommage aux talents et à la probité de celui qui m’accompagna dans mes diverses excursions; il connaît les routes les plus accessibles et les plus promptes, les gîtes les plus surs, les ombrages rares et précieux sous lesquels on peut se reposer en se détournant un peu de la route battue , et les sources ignorées où l’on peut se désaltérer sans crainte. Outre son répertoire de cicérone , il possède une foule d’histoires et d’anecdotes propres à faire passer la longueur du jour; Dimitri, c’est son nom,

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iigureru toujours parmi mes plus agréables souvenirs de voyage. Au moyen d’un prix fait d’avance, le guide se charge de vous fournir chevaux, bagages et provisions ; on part accompagné de lui, d’un agoïate propriétaire des chevaux, d’un

cuisinier, le plus souvent réfugié allemand ou italien , et d’un palefrenier , robuste montagnard descendu de la Thessalie ou de la Macédoine , qui suit à pied et excite les montures sans paraître savoir qu’il est de cette race glorieuse si souvent maîtresse de la Grèce et victorieuse des Barbares , et sans se douter qu’à sa vue l’étranger, dont il se fait l’esclave , respecte encore en lui le rejeton d’illustres ancêtres. Comme il arrive souvent que des brigands infestent les routes, il est prudent de n’emporter avec soi que peu d’argent et pas de montre; et l’on s’en va, réglant sa marche sur celle du soleil, et calculant les heures d’après les formes et l’allongement des ombres que les montagnes projettent dans les plaines.

Le chemin d’Athènes à Marathon longe le palais du roi, au sortir de la ville; et après avoir tourné le Lycobète, haut rocher aigu d’où les Athéniens extraient une pierre abondante qui sert à leurs constructions, il traverse Aiigélokypos ( xyyiKoxYyiros, jardin des Anges), joli petit village où croissent de hautes vignes, de grands platanes et quelques cyprès ; puis il passe à travers une longue plaine couverte d’arides bruyères, et s’enfonce dans un immense bois d’oliviers.

ATTIQUE

Quand j’y entrai, le soleil se levait derrière le Penthélique que j’avais en face de moi; une brise, pleine de parfums, soufflait doucement entre les arbres ; quelques bûcherons, cachés dans l’épaisseur du bois, jetaient la cognée dans des troncs séculaires en chantant une sauvage chanson , et des paysannes vêtues d’une longue tunique de laine blanche , et chargées de branches mortes , s’arrêtaient à notre passage pour nous souhaiter le bonjour. Au milieu de cet épais bosquet d’oliviers , se trouve le village de Maroussi ( Mapooaîj ). La chaleur commençant à se faire sentir, nous fîmes halte sur la place publique, pour laisser boire nos chevaux dans une fontaine turque ombragée d’un large frêne. Une espèce de taverne était près de là ; quelques paysans, demi-couchés sur un divan de bois qui entourait la salle , y fumaient nonchalamment leur longue pipe en buvant le café; au milieu d’eux, assis sur un coussin, siégeait un pappas, prêtre grec qui , lui aussi , fumait en silenec , et passait gravement sa main sur sa longue barbe qui tombait sur sa tunique noire. A ma vue, il sortit de sa muette rêverie, pour ni’ adresser les souhaits accoutumés de bon voyage; afin d’y répondre, je lui fis offrir un verre de raki ( pxxt ' ) , sorte d’eau de-vie composée de plantes balsamiques , seule boisson dont il soit prudent de se désaltérer dans l’intérieur de la Grèce.

Après une heure de marche, j’arrivai à Képhissia, pairie du poète Ménandre , petit hameau plein

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