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du reste , ont l’habitude d’épier et de dévaliser les passants. Bien nous en prit, du reste, d’avoir détalé précipitamment; car, à peine avions-nous dépassé le défilé dangereux , que nous vîmes les paysans déboucher en courant sur la lisière d’un bois de sapins que nous venions de traverser. Mais nous avions trop d’avance pour qu’ils pussent nous atteindre, et nous approchions d’un poste de gendarmerie.
A partir de Condura, l’on parcourt un espace nu et rocailleux et l’on arrive au-dessus d’une vallée sans arbres , sans échos , fermée d’un côté par le Parnès et de l’autre par les premiers contre-forts du Cythéron. Au milieu, croit un arbre immense, le seul que l’œil puisse découvrir dans le pays; il abrite une ruine de chapelle et le khan de Pornari. Depuis quelques moments, le soleil s’était couché, un vent glacial soufflait des montagnes et m’engourdissait les membres. Je pressai mon cheval pour arriver plus tôt au khan, espérant m’y réchaufler. Mais à peine y étions-nous entrés qu’il fallut en partir, à cause d’une fumée si épaisse qu’elle nous empêchait de respirer. Nous reprîmes promptement la route directe de Kasa. On laisse à gauche, dans l’ombre de la montagne, le petit village de Kallidie et, après avoir dépassé une tour carrée du moyenâge, on rencontre quelques vestiges de marbre antique. Ils faisaient peut-être partie du temple de Bacchus, situé dans cette plaine comprise autrefois dans le territoire d’Eleuthèrc.