CHAPITRE X
TA1UJA.
À peine eus-je passé la partie déchiquetée de la vallée, qui occupe une petite élévation, que la ville de Tarija apparut. Sa physionomie était frappante. Chaque habitation semblait sortir d’un petit massif de verdure. De son centre s’élevaient les tours de briques de deux églises. Les toits des maisons étaient d’une construction singulière : ilsétaient presqueplats, comme des dos de punaises, et complètement recouverts de boue. Quelques-uns seulement étaient ornés sur leurs bords d’un mince liséré de tuiles. Les rues étaient bien alignées et assez bien pavées ; des réverbères y étaient suspendus à des distances régulières.
Parmi les lettres de recommandation dont je m’étais muni, il y en avait deux pour un général bolivien, du nom de O’Conor. On m’avait fait de son caractère un éloge si particulier , que je m’étais décidé en tout état de choses à lui faire ma première visite. Je n’eus pas de peine à trouver sa demeure; mais il était absent. Ce fut dona Francisca O’Conor, sa femme, oudonaPancha, comme on l’appelait plus ordinairement, qui me reçut en son absence , et la bienveillanee qu’elle me témoigna dès l’abord me consola un peu du contre-temps que