‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 20 sur 84 · I)ES MISSIONS DE TÀRIJÀ · texte numérisé non relu

I)ES MISSIONS DE TÀRIJÀ

leur des Chiriguanos, qu’il se passa ensuite bien des années avant qu’on ne pensât à les subjuguer. La gloire d’y réussir était réservée aux Jésuites; mais ce ne fut pas par la force des armes qu’ils arrivèrent au but, ce fut par la parole. En 1633, le père Diaz Tano , qu’un long séjour dans les missions de La Guayra (1) avait familiarisé avec la langue guarani, dont se servaient les Chiriguanos , fit un premier essai pour les convertir; mais il fut obligé d’abandonner son dessein en présence du peu de disposition que montraient les Caciques à abandonner l’autorité qu’ils exerçaient sur leurs tribus. Les choses continuèrent dans le même état jusqu’à l’année 1690. Il éclata alors, entre les Indiens du rio Parabiti et ceux qui habitaient le Pilcomayo , quelques dissensions à la suite desquelles les derniers sollicitèrent l’appui des missionnaires de Tarija.

Seuls et sans défense, les pères Arce et Zea se jetèrent courageusement entre les partis contendants, et un incident dont ils surent habilement profiter, vint faciliter à tel point leur tâche, que leur triomphe fut bientôt assuré. Un des principaux caciques du Guapay, ou Rio-Grande, avait provoqué la sévérité du gouverneur de Santa-Cruz de la Sierra, et on ne voyait déjà aucun moyen de le soustraire à la

(1) La Guayra ou La Guair, était une des trois provinces dans lesquelles était divisé autrefois le Paraguay; on y comptait, en 1717, trente deux missions.

HISTOIRE

mort, lorsque, cédant aux larmes et aux supplications de la sœur de ce chef, les deux missionnaires s'engagèrent à le sauver. L’influence dont jouissaient alors les Jésuites pouvait seule arracher la victime des mains de la justice. Les pères Arce et Zea se rendirent eux-mêmes auprès du gouverneur dont ils obtinrent sans difficulté qu’il délivrât le prisonnier; et ils s’empressèrent de le rendre à sa tribu qui devint le noyau d’une mission que les pères fondèrent aussitôt, sous le nom de Présentation de Naesira Senora.

Les commencements de cet établissement, élevé sur l’emplacement où se trouve aujourd’hui Abapo, furent assez prospères ; mais ses progrès furent entravés par le caractère inconstant des Indiens, par diverses intrigues, et surtout par l'éloignement dans lequel la mission se trouvait du siège de la direction, qui était Tarija. Le père Arce s’occupait à remplir, jusqu’à un certain point cette lacune, en fondant, bien plus près de Tarija, dans la vallée de Tariquea, unenouvelle mission, lorsqu'un soulèvement général des naturels rétablit les choses dans l’éîat où elles se trouvaient auparavant, et où elles se maintinrent jusqu’à ce que le marquis de Castelfuerte, vice-roi du Pérou, eut fait faire, en 1731 et 1734, deux nouvelles tentatives qui n’eurent malheureusement pas un meilleur résultat que les précédentes. La première échoua par suite d’une insurrection, et la seconde par suite d’un tremblement

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