‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 21 sur 84 · DES MISSIONS DE TAKIJA · texte numérisé non relu

DES MISSIONS DE TAKIJA

de terre qui fui attribué, par les Indiens, à une vengeance que leurs dieux voulaient tirer de lintroduction du christianisme chez eux. La seule des missions qui résista à ces crises fut celle del Rosàrio , dans la vallée de Salinas. Ce fut grâce à cette dernière, que les missionnaires purent maintenir des relations avec leurs néophytes, et qu’on réussit à relever, plus tard, les établissements abandonnés ou détruits.

J’ai dit quel était l’état de beaucoup des Missions de Tarija à l’époque de mon voyage en 1845. Voyons ce qu’il était à la fin du siècle passé, époque à laquelle ces établissements étaient sous la tutelle des pères Franciscains ; on aura ainsi une juste idée de la décadence de ces malheureux pays.

Les Réductions dépendantes du collège de Tarija étaient situées entré 1 8°, 40' et 23°, 15 , latiiude sud, et entre 3 14°, 45' et 31 6°, 9' de longitude. Quatorze d’entre elles étaient situées au nord du Parabili , à l’est de la cordillère qui sépare le Pérou du Chaco ; quatre avaient été établies dans la cordillère de Sauces, et deux sur la frontière de Tarija; enfin, il en existait une dans la plaine de Cenla, près de la ville d’Oran. Cette dernière était composée d’indiens Mataguayos et Vejoses-, deux d’entre elles étaient formées d’indiens Chaneses; les autres ne renfermaient que des Chiriguanos. Plusieurs des Missions du nord du Parabiti étaient très rapprochées de Santa-Cruz de la Sierra; elles confinaient, d'autre

HISTOIftti

part, avec les terres des sauvages infidèles des vallées de Ingré, de Àbatiré et de Guacaya; à l’est elles étaient limitrophes avec les peuplades sauvages de Izozoget avec la province dejChiquitos; enfin, elles touchaient, vers l’ouest, aux districts de Laguna et de Valle-Grande.

Les Indiens qui habitaient ces missions étaient robustes et bien faits ; leur caractère variait un peu d’un point de la contrée à un autre; mais on peut dire que tous généralement se faisaient remarquer par leur inconstance, leur amour de l’indépendance, une certaine vanité, et une propension remarquable au jeu, à l’ivrognerie et à l’oisiveté. Ils étaient gais, courtois et intelligents; mais, en même temps, menteurs, astucieux et méfiants, surtout avec les Espagnols, pour lesquels ils professaient une aversion qui paraissait être innée chez eux. Ils portaient la superstition à l’extrême, et ajoutaient bien plus de foi ai îx paroles de ceux qu’ils reconnaissaient pour leurs sorciers, qu’à tout ce que leur prêchaient les Pères. En un mot, ils préféraient la liberté brutale de la vie sauvage à la douce sujétion imposée par le christianisme.

En les étudiant du nord au sud, les Réductions dont il a été question étaient les suivantes :

1° Pira.y . — Cette Mission fut fondée, aune époque très reculée, par les Jésuites, sous le nom de Potrero. Les Indiens qui l’habitaient se soulevèrent au bout de peu de temps, et chassèrent les Pères ; ils

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