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n’était encore venue troubler le règne presque absolu.
Le jeudi qui suit, celui, par conséquent, qui précède immédiatement le carnaval , porte le nom de Jeudi des Compères ( Jueves de Compadres) ; c’est une répétition de l’autre; on peut dire, de plus, qu’à Tarija il commence le carnaval , qui dure ainsi toute une semaine ; et c’est une bien singulière semaine , je vous assure, lecteur, que celle du carnaval à Tarija. — Quelle riche mine à exploiter pour un observateur de sang-froid ! — Mais ce n’était pas chose bien facile que d’être acteur (il fallait l’être pour observer), et de sang-froid ; car lascène entière se passait au milieu des vapeurs enivrantes de l’alcool. Que de fois ma tête vacilla à l’épreuve ! Souvent il me semblait que je rêvais, en voyant tourner autour de moi ces figures bouillantes d’animation ; mais j’étais bien éveillé, et tout cela tournait bien effectivement.
Dans les réunions qui ont lieu durant ces fêtes, à Tarija, toute cérémonie est bannie ; devant les jarres dechicha, la formalité et l’étiquette font place au plus intime des pêle-mêle ;le verre circule sans cesse ; refuser une coupe offerte, c’est presque faire une insulte. La jeune fille qui veut conserver sa présence d’esprit ne le peut pas, et la mère qui la surveille ne le peut pas davantage. — Bien des choses se disentet se font durant ces moments, dont on rougira peu après!
La coutume un peu barbare en vertu de laquelle on doit, bon gré malgré, accepter toutes les liqueurs qui vous sont présentées, porte le nom (Yobligo ; elle est en