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pratique dans tontes les villes de la Bolivie , mais nulle part elle n’est plus impitoyable qu’à Tarija. Je iqe souviens (l’avoir vu une fois un individu se placer devant une jeune fille, une bouteille de liqueur et deux verresàla main, et y rester jusqu’àcequ’il n v en eut plus une goutte; à chaque verre qu’il avalait il fallait que son obligacla en bût exactement la même proportion.
En ma qualité d’étranger, je me trouvai particulièrement en butte à ce genre d’attaques, de la part du beau sexe tarijenien; et, quoiqu’il ne me fût pas très difficile de tenir tête à un ou deux de ces adversaires, cela l’était, je l’avoue, dès qu’il s’agissait d’un copibat plus inégal. Je m’avisai alors d’un expédient : je conservais la liqueur dans la bouche, sans l’avaler, et je l’essuyais ensuite tout doucement avec mon mouchoir; ou bien, je l’expédiais, sans que cela parût, dans quelque coin. Mais ce stratagème ne me réussit pas toujours, et je fus obligé d’en employer d’autres que je ne détaillerai pas ici.
Quant à la cliicha, il fallut en prendre mon parti. Je dois dire, au reste, que cette boisson est d’une nature très bénigne, et qu’il est possible d’en boire des quantités vraiment prodigieuses sans en éprouver aucun mauvais effet (1). Elle est, sous ce rapport, bien préférable aux bières de l’Europe.
(1) Ces qualités de la cliicha dépendent Surtout , je crois, de ses propriétés diurétiques.