‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 31 sur 84 · T461JA · texte numérisé non relu

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Il y a vi p autre objet qui joue daqs ces fjHes lin rôle presque aussi capital que la cliicha et les liqueurs : c’est l’amidon, dont on fait des poudres de diverses couleurs, mais le plus souvent blanches, connues sous le nom de poudres du carnaval ( poivos de carnaval). L’usage que l’on fait de ces matières varie ; mais c’est aux yeux qu’elles sont spécialement destinées , et il faut être sans cesse sur ses gardes, si l’on veut conserver à ces organes leur humidité naturelle. Je dois dire que, pour mon compte, j’en ai beaucoup souffert. Après les yeux, c’est la chevelure qui sert de point de mire le plus ordinaire des poivos.

Lorsqu’un nouvel arrivant se présentait dans un des réceptacles de folie dont il a été question, le inode le plus technique de le recevoir était de lui cesser sur la tête deux ou trois œufs, dits huevos de carnaval (1), et d’essuyer l’eau qui s’en écoulait au moyen de quelques poignées d’amidon. La pâte qui se formait était ensuite étalée, et formait sur la tête une espèce de casque qui la protégeait très efficacement contre toute nouvelle atteinte. J’ai vu quelques pauvres femmes assez peu satisfaites de voir leurs beaux cheveux disparaître sous ce nouveau

(1) Ce sont des œufs dont on a vidé le contenu nature), pour le remplacer par une eau de senteur qui est ordinairement d’un vif carmin. Il y a beaucoup de maisons où les œufs ne se vident jamais que par de tout petits pertuis, afin que les coquilles puissent être utilisées de la sorte.

TARIJA.

genre de bonnet. On devine aisément , et sans qu'il soit nécessaire de l’indiquer , l’immense parti que l’on peut tirer des œufs, en s’en servant comme de projectiles.

Tant que durent les fêtes , la liberté d’action est portée à un tel point, qu’il est entendu que, sans aucune espèce d’invitation, on peut se présenter dans toutes les réunions qui ont lieu dans la ville, y demeurer tant que l’on veut, et y faire ce que bon il semble. Les journées se passent ainsi à voyager d’un bal à un autre ; et la nuit de même. En général, pendant toute la durée du carnaval, on n’a aucune heure, ni aucun lieu tlxe pour se reposer. On dort là où le sommeil prend, et souvent où le hasard conduit.

Ainsi qu’à Santa-Cruz de la Sierra, il y a à Tarija une très grande disproportion entre le nombre des hommes et celui des femmes, d’où il résultait souvent qu’il n’y avait pas assez d’hommes pour faire danser les fdles. C’est pour cela qu’on eut l’idée, dans quelques maisons, lorsque le nombre des danseurs se trouvait au complet, de fermer les portes à clef, en refusant absolument la sortie à qui que ce fût. Une fois, la patience des prisonniers s’étant lassée sans que pour cela l’inexorable maîtresse voulût se dessaisir de ses clefs, il fallut enfin, pour s’échapper, faire sauter les serrures.

Les danses en usage au carnaval de Tarija ne diffèrent de celles que l’on y pratique en temps ordinaire que par un entrain tout particulier. Les chants

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