‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 34 sur 84 · TA.R1JA · texte numérisé non relu

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bouche à une personne inaccoutumée leur paraît souvent presque insipide.

Au Pérou, où, ainsi qu’en Bolivie , la monnaie de cuivre est inconnue : la plus petite pièce d’argent (le cuàrtilïo ) a encore, à peu de chose près, une valeur de quinze centimes ; mais ces menues pièces sont si rares, qu’on ne les voit guère qu’à Lima. A Arequipa et à Cusco, la plus petite valeur métallique est le medio, qui vaut trente centimes. Eh bien, dans ces villes, et même dans plusieurs autres, ce sont les gousses de piment rouge ( aji Colorado) qui tiennent lieu de nos monnaies de cuivre.

Veut-on aller au marché, on commence par troquer un medio contre des piments. On en a vingtquatre pour cette somme, et, avec chacun d’eux, on peut se procurer un objet différent. Le medio est donc considéré dans ces endroits comme une pièce de vingt -quatre piments. Mais pour que le piment serve de monnaie courante , il faut qu’il soit intact ; dès que la gousse commence à s’user , ou qu’elle perd sa queue, elle n’est plus bonne qu’à être mangée, et elle est refusée dans le commerce.

Sur l’aperçu rapide que j’ai donné du marché de Tarija, on peut se faire une idée assez exacte de son climat, qui se rapproche beaucoup de celui de quelques parties de la France. L’élévation du sol de la vallée est d’environ 1,770 mètres (1) au-dessus du

(1) Cette hauteur a été calculée sur le point d’ébullition de l’eau ;

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