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qu’avec des frais très considérables. Dans quelques parties des environs, et notamment du côté de Santa- Ana, à Test-sud-est de la ville, on trouve de ces fossiles à la surface même du sol ; mais la plupart se rencontrent à une distance plus ou moins grande audessous de sa surface, dans le sein de ces boues solides dont il a déjà été question. Ils sont souvent enveloppés dans une couche de cailloux roulés; et parfois quelques uns de ceux-ci sont unis à leur substance d’une manière presque indissoluble. Les ossements sont d’ailleurs presque toujours isolés, et il est extrêmement rare d’en rencontrer de parfaitement entiers. Il est évident d’après ces circonstances qu’ils ont été amenés dans la vallée de Tarija , d’une distance plus ou moins considérable, et que les animaux auxquels ils ont appartenu n’en étaient pas originaires; qu’en outre, les courants qui les ont amenés étaient mus avec une violence peu commune.
Lorsque j’entendis pour la première fois parler de ces fossiles , ce fut sous le nom de huesos de gigante (os de géants). On sait que quelques parties du squelette de grands animaux, et surtout des Éléphants et des Mastodontes, ont été plus d’une fois pris pour des os d’hommes d’une race particulière; il n’est donc pas surprenant que la même fable ait eu cours au sujet des fossiles de Tarija. Je savais que ceux-ci devaient être attribués à une espèce de Mastodon , et je ne pensais pas qu’on mît beaucoup d’hésitation à admettre la même opinion. Il n’en fut cepen-
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dant rien. Je trouvai même l’idée, que ces ossements avaient appartenu à des hommes , tellement enracinée chez les moines franciscains, qu’ils m’accusèrent de manquer de foi dans les Écritures saintes , parce que je me refusais à croire qu’il y eût eu des hommes de taille à avoir des fémurs de Mastodonte. Ils croyaient devoir en conclure que je niais l’existence de Goliath. Je me résignai alors à ne plus parler que de géants. Or, voici ce qui arriva : J’avais la réputation de posséder un merveilleux secret pour guérir les fièvres intermittentes (1), et un moine du couvent vint un jour me chercher pour guérir un de ses frères attaqué de cette maladie. J’avais fait transporter ie matin même chez moi une superbe défense de Mastodonte, que j’étais enfin parvenu à découvrir avec sa pointe entière. Cette défense, qui était presque droite, n’avait pas moins de 2 mètres de longueur, et elle était étendue en travers de la chambre ; de sorte que lorsque le moine entra chez moi, ce fut la première chose qu’il vit. « Qu’estce que vous avez donc là?» me dit-il. — «Mon père, » répondis-je, «c’est une dent de géant. »
Aucune des personnes que j’avais connues à Tarija n’avait vu une de ces défenses dans son intégrité ; et les morceaux que l’on déterrait de temps à
(1) Mon secret était tout simplement d’administrer le sulfate de quinine à doses convenables, et non à doses homœopathiques, comme le faisaient les médecins du pays.