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coup de fouilles dans le même but, et je fus assez heureux pour découvrir, durant les quatre ou cinq mois que dura mon séjour à Tarija, les restes de près de quinze Mammifères. Parmi eux, je dois citer en premier lieu, après 1 eMastoclon Humboldtii , plusieurs de ces monstrueux édentés dont M. Owen a fait connaître dans ces derniers temps quelques genres si remarquables, et dont le corps était généralement recouvert d’une cuirasse osseuse, comme celui des Tatous de notre époque. Une des reliques les plus curieuses que j’aie rapportées, de ces animaux singuliers, est une tête entière de Scelidotherium leptocephalum. Je rencontrai aussi quelques os et des dents du Mégathérium , bête dont la taille était supérieure à celle des plus grands Rhinocéros ; des fragments d’une cuirasse de Glÿptodon? ; enfin une portion de tête d’un petit Tatou, très voisin de l’un de ceux qui se rencontrent actuellement en Amérique.
Les Ruminants étaient abondamment représentés dans le dépôt. A côté de plusieurs grands Cerfs, je citerai ici le curieux Macrauchenia patachonica de Owen, que Darwin, l’intelligent naturaliste du Beagle, découvrit le premier, à l’autre extrémité de la république de la Plata. Cet animal avait la taille du Chameau.
En fait de Rongeurs, je ne trouvai qu’un Cabiai qui, à en juger par les fragments de sa mâchoire, seuls vestiges que j’en rencontrai, devait être assez voisin du Capivara de nos jours.
TA IUJ A.
Les Solipèdes avaient pour représentant une superbe espèce de Cheval, plus grande apparemment que la nôtre, et particulièrement remarquable par la longueur de sa mâchoire, et le grand intervalle qui existe entre ses dents incisives [et la première molaire. Peut-être cette espèce est-elle la même que celle dont Darwin a rapporté une dent, mais à laquelle M. Owen n’a pas cru devoir appliquer encore de nom spécifique. Comme personne, d’un autre côté, n’a songé à en donner un à la mienne, je proposerai, en me fondant sur le caractère que j’ai signalé, de l’appeler Eqims macrognathus .
Enfin, pour clore la liste de mes découvertes paléontologiques, je dirai que M. Laurillard a récemment reconnu, dans ma collection, des os tarsiens qu’il rapporte au genre Ours. Ce serait le seul Carnassier qui aurait existé au milieu de tant de phytovores.
Quel était l’aspect du pays qui nourrissait ces grands quadrupèdes, et où était-il situé? — Cela n’est pas facile à dire. — Cependant, je le répète, l’isolement presque constant (1) des fragments de squelettes que j’ai observés, l’état incomplet dans lequel la grande généralité des ossements se présente, leur distribution désordonnée au sein d’une
(1) Le Scolidotherium seul m’a présenté une exception à cette règle, puisque j’ai trouvé la colonne vertébrale presque intacte à côté du crâne. Il est assez curieux que cet animal soit aussi le seul dont M. Darwin ait rencontré le squelette entier.
T AUI JA.
niasse d’alluvions assez hétérogène, enfin les nombreux cailloux roulés au milieu desquels ils se trouvent, portent à croire que ces débris ont été charriés d’une certaine distance, et qu’ils ont été déposes par les eaux à leur passage dans la vallée, grâce, sans doute, à un ralentissement considérable de leur courant. Ce que j’ai dit de la configuration géologique du sud de la Bolivie pourrait peut-être aider à élargir davantage le champ de cette hypothèse. Mais, pour se prononcer sur un sujet aussi délicat, il faudrait d’abord étendre à d’autres parties de la région les recherches que j’ai faites à Tarija. 11 serait difficile de comprendre que des ossements d’un tel volume fussent venus de loin, sans qu’il en fût resté aussi des traces en chemin. Ce qui semble prouver que quelques uns au moins des animaux dont je parle ont vécu à une bien plus grande élévation que la vallée de Tarija, c’est que des restes analogues se rencontrent, près de Bogota, à une hauteur de 2,660 mètres au- ' dessus du niveau de la mer; et M. Pentland m’a assuré avoir vu, dans la collection de ïndaburu , à la Paz, des dents de Mastodonte trouvées dans une des îles du lac de Titicaca, c’est-à-dire, à une élévation de plus de 4,000 mètres.
Une autre question qui ne me paraît pas résolue, est celle de savoir si quelques uns des ossements des alluvions de Tarija et des Pampas n’étaient pas déjà plus ou moins fossiles avant d’y être apportés. Ce qui me porte à soulever cette hypothèse, c’est qu’il m’a