CHAPITRE XV
TA RI JA (suite).
Dans les premiers jours de mai, la nouvelle se répandit tout à coup que le président de la république, le général Ballivian, allait visiter Tarija. Il n’en fallut pas davantage pourvoir se dissiper la léthargie dans laquelle on commençait à tomber à la suite des émoi ions de Pâques. Son Excellence avait, d’après les premiers dires, quitté Chuquisaca vers la fin du carême; puis de nouveaux avis firent croire que le départ ne s’effectuerait que cinq, dix ou quinze jours plus tard, et Ton ne sut en définitive, la vérité, que lorsqu'il était sur le point d’entrer dans la provincemêmede Tarija. Toujoursest-ilque, dèsl’arrivée des premières nouvelles, la police se mit en campagne afin de disposer la ville à recevoir dignement l’illustre vainqueur d’ïngabi (1). La plupart des rues furent repavées, et tous les habitants reçurent l’ordre de blanchir sans délai leurs maisons ; de sorte qu’en
(1) La bataille d’Ingabi lui livrée dans les environs de la 'Paz, pendant l’espèce d’anarchie qui succéda à la retraite du président Velasco. L’armée bolivienne , composée de 3,800 hommes sous les ordres de Ballivian, y délit 6,000 Péruviens. Le président Gamarra qui les commandait y perdit la vie.