DE SAN-LUIS À VILLA-RODRIGO
Les voyages au village, la chasse aux Pénélopes ou aux Ibis, et de longues conversations avec mon hôte, firent passer bien vite le temps que devaient durer l’aller et le retour de Celestino, dont l’absence se prolongea un peu plus que je ne l’avais calculé. Mon linguaraz (interprète) parut à la ferme le 9 juillet, avec la troupe de juments qui avait servi à l’expédition du capitaine Gardner, dont par parenthèse Celestino ne paraissait pas trop content; car il prétendait que les services qu’il avait rendus à son locataire avaient été si délicats, qu’ils méritaient d’être payés bien plus que la somme à laquelle lui* même les avait fixés. Je compris l’insinuation, et je lui promis qu’il n’aurait pas lieu d’être mécontent de moi. Je m’occupai ensuite de mes derniers préparatifs ; et, le 11 juillet, j’eus la satisfaction de me mettre en route, laissant mon hôte occupé plus activement que jamais à tailler les palettes de ses roues hydrauliques. Ma troupe ne consistait qu’en deux animaux de selle et une mule de charge. Celestino était à pied, et poussait devant lui son troupeau de juments qui se traînaient à peine, et qui retardèrent beaucoup notre marche pendant les premiers jours.