‹ Voyage dans le sud de la BolivieChapitre 72 sur 84 · LE RIO BER ME JO · texte numérisé non relu

LE RIO BER ME JO

et une escorte de ses gens (car il était cacique) nous suivit par terre jusque près de l’île de Nacurutù; là il prit congé de nous avec de nombreuses démonstrations d’amitié.

» Nous dormîmes sur l’ile; mais nous avançâmes peu, cette journée, à cause du vent qui nous tenait collés à la berge. Le jour suivant, 12 août, nous débouchâmes de grand matin dans le Paraguay, près de Nembucù, après cinquante-sept jours de voyage. »

A neuf heures, l’expédition découvrit, sur la rive orientale du grand fleuve, une habitation où il semblait se passer quelque chose d’extraordinaire. Soria s’en approcha avec une confiance tout à fait incompatible avec les circonstances.

Cette habitation était la maison de garde de Talli, et dépendait du dictateur Francia. Une voix qui en partit cria : « A terre, le patron de la barque ! » Soria ne se le ht pas répéter deux fois; mais aussitôt on mit l’embargo sur tous ses papiers, sur les armes et sur les munitions, et enfin sur le personnel même de l’expédition qui demeura, à ce qu’il paraît, prisonnière du dictateur pendant cinq ans. Ce ne fut qu’en 1831 que Soria recouvra la liberté, ainsi que son pilote Delcalzi , et qu’il put présenter au public l’histoire de son voyage. Mais il ne retrouva pas ses papiers.

.Pour ceux qui saventavec quelle tyrannie le gouvernement du Paraguay traitait tout étranger qui osait s’approcher de ses frontières, la conduite de Francia

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