ARCHIPEL DES CAROLINES
lies CarotineSy ainsi noniinéesparlss Es* pagnols,en l'honneur de Charles 11,^ un de»
leurs souverains, sont comprises entre iSS^-iSS» long.. E., par ^-^vof" bit. N. ; cl-
a87 les fei^ment un groupe long de 900 lieues de l'ouest à l'est; c'est le plus étendu de la Polyné^e ; on y compte une dizaine de groupes, ayant eux-mêmes i5, ^o, 3o ilôts ou beaucoup phis; cercle immense avec ou sans noyau de terre centrale. Les tles Pelew. que nous venons de passer pourraient être regardées comme le premier saineau de cette longue chaîne , dont les ^groiq>es de Ralich et Radack semblent être la terminaison orientale , tandis que les lies basses et découpées en étroites bandelettes des Mulgraves et des Gilbert et Marschall, en sont la déviation vers Té- •quateur et le lien de communication avec ies autres archipels polynésiens. La plus occidentale des Garolines , couvertes d'arbres et très-peu cultivées, est Yap j qui est la seconde en étendue; la plus grande est Ehgolen , à 5oo 1. £. de la première ; les Pescadores ou îles PVallùj terminent la chaîne à l'est.
Les Can>UnSy dont nous avons décrit le rameau , pages !i5 et suivantes , ne vivent que du produit de leur pêche , de noix de
<:oco et de quelques racines peu nourrissantes. Ils se lëvent dès le point du jour, et lancent leurs pros ou proas à la mer.
Lies femmes ne portent pour habillement qu'une petite pagne qui descend des reins à demi -cuisse^ quelques-unes même vont absolument nues , c|>mme les hommes, qui cachent à peine les parties sexuelles. Les maisons sont bâties sur pilotis et très-bas^ ses j avec plusieurs appartemens. Les enfans , dès qu'ils ont été sevrés , ne couchent plus dans l'appartement de leur père, et les filles sont toujours séparées des garçons. Le frère peut épouser la sœur. Le peuple est bon et doux^ il ne veut se nourrir ni de porcs ni de volailles. Il chante sur le même ton, c'est-à-dire sm* deux ou trois notes articulées plus ou moins fortement.
Sa religion se borne à reconnaître une puissance surnaturelle, maîtresse d'exaucer les vœux. On brûle les morts ) les hommes qui ont été bons et qui n'ont point battu leurs fenmies sont admis au-dessus des nuages, pour être éternellement heureux; tandis que les méchans sont changés en poissons
aSg voraces. Nul Carolin ne peut se marier avant d'avoir prouvé bod adresse k guider un pros sur les ondes. Ces insulaires entretiennent UD commerce d'échange avec les tles Mariannes qui sont au nord des CarOlines.
AUCHIPEL DES MARIANNES.
Les îhf Mariannes , que Magellan découvrit en iSîi , et qu'il appela îles des Larrons, à cause du penchant et de l'adresse des naturels pour le vol , mais qui M»«8 Philippe TV furent nommées îles de Marie Anne , en l'honneur de Marie Anne d'Autriche , sont également connues sous le nom d'archipel Magellan, par reconnaissance pour ce fameux navigateur, désignation qui toutefois est appHquée uniquement par quelques géographes au groupe le plus septentrional voisin des c6tes sud-est des Des japonaises. Les Mariannes, comprises entre la" — ao° lat. N.
et i4i' — ï43° long. E.> jouissent d'un climat assez tempéré et produisent l'arbre h
pain , des citrons , des melons j des noix de coco, du bétel, de l'indigo, des bananes et du rizj on y élève des chevaux , du bétail et des porcs. Les indigènes ont presque tous été exterminés par les Espagnols, qui y ont fait une station pour les galères de Manille 5 ils y entretiennent une petite garnison.
Ces lies sont au nombre de 1 5 ou 16, dont quatre seulement sont habitées, savoir : Guam Rota Saypan et Tinian. L'île de Guam ou Guhamy la principale des Mariannes , a 4o lieues de circuit 5 la partie sud est toute volcanique , le côté nord presque désert ; dans l'intérieur une grande quantité d'oiseaux riches de içille couleurs , voltigent parmi les bois ; les plus jolis sont la tourterelle à culotte purpurine et le martin-pécheur ^ mais tous ont un chant monotone et un cri désagréable. L'ile de Tinian, qui fut le séjour d'Anson , est stérile et déserte 5 sa côte est monotone; on n'y voit ni route ni abri; on y a seulement quelques pieds de cocotiers, des rimas pelés , des bœufs et cochons sau-
vages. Les naturels, appelés Chamarres, sont tous chrétiens , superstitieux y ignorans et ont des mœurs aussi faciles que les Taïtiens du temps de la reine Oberéa. Une belle Chamorre , pressée par un voyageur épris dfs ses charmes y était sur le point de sç rendre J dit M. Arago dans sa Promenade autour du mondes lorsque tout à coup un scrupule s'éleva dans son esprit :
« Étes-vous chrétien ? dit-elle à l'étranger. — Oui, répondit-il; mais vous-même, étesvous chrétienne? » Elle répliqua par un oui , et le pacte d'union passagère fut conclu par les deux amans.
La musique est un des plus doux passetemps des Mariannaîs} ils se réveillent en chantant, se reposent et s'endorment en chantant; leurs airs sont langoureux , harmonieux et à trois voix : leur chant est l'image de leur^vie.La danse n'est en usage que parmi les encans.
A l'est des Maiûannès est l'archipel d^Anson.
3g2 ARCHIPEL D' ANSOW.
Cet arctûpel de compose de quelques îles très-disséminées et fort peu importantes , sur lesquelles d'ailleurs les reiiseignemens nous manquent } ils abondent au contraire pour les Sandwich , dont le groupe se voit à l'est de celui-ci.