‹ Voyage dans les cinq parties du mondeChapitre 10 sur 21 · ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS

Dimeucyiotas et population. Climat, montagnes, lacSyTAewfes et autres accidens naturels, Productioiis des trois règnes. Habitans, races , langues , religicHQS , usages , commerce et gouvernement. Divisions territoriales, et topographie des 24 ^^^^^ ou républiques de rUnion.

A Monsieur Jay, homme de lettres.

Il est bien naturel, monsieur, qu'après toutes les bontés dont vous m'avez rendu l'objet, et qu'après les encouragemensdont vous avez environné mes premiers pas dans la carrière des lettres , le souvenir de ces

i5ti

marques d'intérêt me ramène vers vous^ lorsque je vais parler d'un pays où votre séjour 'fut marqué par d'importans travaux. II est déjà tout différent de ce que vous l'avez vu naguère, et il avance si rapidement eu civilisation , en industrie et en richesses, que ceux qui l'ont visité d'hier auraient de la peine aie reconnaître demain.

Ce qu'on nomme aujourd'hui les États- Unis de l'Amérique du nord ne consistait, il y a trois siècles, qu^en de vastes solitudes couvertes de forêts impénétrables. L'expédition de Jean Cabot, eu 1497 » n'avait abouti qu'à la découverte de Terre-Neuve et à la reconnaissance de la côte qui s'étend entre le golfe St-Laurent et le 38* degré de latitude. Quinze ans plus tard, Ponce de Léon explora la côte sud, qu'il nomm.a Floride parce qu'elle était fleurie loi'squ'il y aboixla. En 15^3, François P' fit reconnaître par Verazani la partie septentrionale de cette côte, entre 33° et 3ô® lat. ; Jean deRibault, envoyé par Charles IX, l'appela Caroline^ du nom de son souverain.

i53 La reine Elisabeth, qui se donnait l'épithète de vierge y ayant expédié Walter Raleigh, en i584, vers les mêmes parages, ce marin en nomma J^irginie la portion qui subsiste encore sous cette désignation. Un prince iildien qui avait régné au nord de la Virginie , sous le nom de MassachussettSy servitude patron au pays qui reçut des Anglais le premier établissement fixe^ et quelques années aprës, en i63i2, des dissensions religieuses, sous Marie de France, reine d'Angleterre, donnèrent lieu à la formation d'une nouvelle colonie , sur la baie de Chesapeak , sous le nom de MaryUmd ou terre de Marie. C'était environ 25 ans avant l'arrivée de Penriy ce célèbre philanthrope qui, devenu possessem* d'un immense territoire entièrement occupé par des forêts (sylva), lui affecta la dénomination caractéristique de Pensyhanie.

D'autres contrées furent visitées et obtinrent des noms analogues à leui*s ressemblances avec . d'autres lieux de l'Angleterre , ou rappelant les noms de eaux 'qui les avaient défrichées les prelniers , ou

i54 bien encore d'autres souvenirs historiques, comme la Louisiane et la Géorgie , qui tirent leur nom de Louis XIV et de Georges II.

Les colonies anglaises de rAmérique du nord existaient au nombre de i3 en 1750, loi^qu'une guerre éclata entre la Grande- Bretagne et la France qui, en 1763, perdit le Canada. Mais la lutte à laquelle avaient pris part ces colonies leur avait révélé le sentiment de leur force : indignées des nombreuses vexations que la métropole leur infligeait et notamment à l'occasion de la fameuse taxe du timbre, elles proclamèrent leur émancipation le 4 juillet 1776, en énumérant tous les grie6 de l'Angleterre et en posant comme base de leur manifeste les vérités suivantes :

tt Que tous les hommes sont créés égaux; qu'ils ont été doués par leiu* créateur de certains droits inaliénables; que parmi Ces droits sont la vie , la liberté et la recherche du bonheur; que, pour assurer ces droits, les'gouvernemens sont établis parmi les homJkies, et tiennent leur juste pouvoir du

consentement des gouvernés } que lorsqu'une forme de gouvernement devient contraire à ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir, et d'établir un nouveau gouvernement , suivant la forme qui lui paraît la plus convenable pour sa sûreté et son bonheur. »

La France , vous le savez^ monsieur, intervint dans cette lutte en faveur des Américains; celui, qui a mérité le titre de vétéran de la liberté des deux mondes et d'ai^ii de Washington, le vertueux général La Fayette, courut offrir aux insurgens son bras et sa fortune , et revint avec nos braves , comme . lui chargés d'une moisson de lauriers. C^ést alors que l'Angleterre humiliée fut contrainte àreconnaître, en 1 783, l'indépendance absolue des treize états de l'Union, qui, successivement augmentés en territoire et en population, fonnent actuellement vingt-quatre républiques unies entre elles par un nœud fédéral , comme il sera dit plus tard , quand nous aurons déduit les généralités physiques par lesquelles nous allons préluder.

Les Etats-Unis de tAmérùfue septentrionale occupeat toute la Isu^ur du coqtinent y depuis l'Océan atlantique qui baigne leurs côtes orientales dans un espace de 65o lîeucsy jusqu'au grand Océan qui baigne leurs côtes occidaatales sur une étendue de i6o lieues. Ils sont compris entre 69**- 127° long. O. et a5°-49'' 1*^- N- Ils sont bornés au nord par l'Amérique anglaise, ayant pour limites natu^i^es le cours du St-I^urcnt , avçc les lacs du Canada , la riviëre et le lac de la Pluie y celui des Bois, puis le 49' parallèle qui y franchissant les monts Rocheux, atteint Iç golfe de Géorgie, vers File ^outka, dans l'Océan pacifique. Une convention de 1806 arrêtait néanmoins la ligna du 49** ^ I^ rencontre du bras nord-est de la rivière d'Or^on ou de Columbia , et de ce point jusqu'à la mer suivait le milieu du cours d'eau; mais cette limite n'a pas été sanctionnée par le congrès , qui persiste à gai-der la première, avec la possession exclusive de l'embouchure de laColombia. I^a frontière méridionale est établir» par le golfe duMexique et par

le teiTÎtoirç même du Mexique en suivant une portion du cours de la rivière Rouge , puis le cours supérieur de celle d'Arkansas jusqu'aux monts Rocheux, d'oii la ligne suit pendant a8o lieues le 4^* parallèle jusqu'à l'Océan pacifique, et limite au sud le territoire de Columbia.

Ainsi bornés, les États-Unis embrassent de l'Atlantique au grand Océan une longueur moyenne de gSo lieues, et de l'extrémité sud de la Floride à l'embouchure de la rivière Saint-Jean, dans le golfe de Fundy, placé entre 4e Nouveau- Brunswick et la ïîouvelle-Écosse , une lar^ geur de 65o lieues, qui diminue à mesure qu'on avance de l'est à l'ouest. La surface • entière du territoire de l'Union , presque égale à celle de l'Europe, est évaluée à 3i6,ooo lieues carrées, et est occupée par une population qui dépasse 12^000,000 d'habitans , comme le prouve la répartition suivante , à côté de laquelle sera notée la superficie en milles carrés , classée d'après le rang d'importance des Etats de la fédération.

Etats Sarfare

et en milles carres

territoires. de i5 aa degré.

District fédéral lolombie (centre d

Etait.

Virginie. . . . ,

Missouri

Illinois. .....

Géorgie. ...

Alabama

Caroline septent Louisiane. ....

New- York. . . .

Mississipi. . . .

Pensylvanic. . .

Kentucky. . . .

Ténessée. . . .

Ohio

Indiana. ....

Caroline mérid.

Maine

Maryland. . . .

Vermont

Ncw-Hampshire.

FopnUtion.

iigoiiv.) 4

09,000 babit.

8a,ooo

i,6i6,Qoo

New-Jersey. .

Massachussejtts Gonnecticut • Delaware. . .

Rhode-Island.

Territoires, Missoarî. ....

Oregon oyOuest.

Nord-ouest. . . .

Arkansas. ) . . *

Floride

Micliigaii; ....

36,577 «391 aao

io,443>oo(> 297,000 56 1 ,000 395,000

43,091 15,896 6,i6g 5,698 2,715 2,543 113,791 i2,a58,ooo

200,000 laOjOOO

5o,ooo

Le premier phénomène qui frappe Tobservateur aux Etats-Unis , c'est le mouvevçkeoX rapide .de la population , bien plus encore que l'aecroissement du territoire.

En 1790, elle n'était que de.

En 1800 , elle était déjà de.

Bn 1810, de»

En 1820, de

En 1828 , elle dépasse. . . .

En i85o , on p^nsc qu'elle

dépassera

Et en 1900

3,929,326 âmes.

Ainsi ; chaque 25* année voit doubler la population des ÉtatS-Unis, en supposant que la progression ne soit point arrêtée. Le rapport entre les cultivateui^ et les fabricans est de '20 à 3. Ceux qui se livi'ent exclusivement au commerce ne forment que le 20* de cette population, dont le mouvement la pousse Vers Tii^érieilr et réloigne des côtes. Toutefois la grande majorité est concentrée dans les quinze états qui forment l'extrémité nord-est de la fédération. Si le territoire était peuplé jpartout dans la même proportion, il aurait douze fois plus d'habitans que le nombre actuel, et offrirait en ce moment pris de i5o,ooo,ooo d'individus. De tels effets montrent avec quelle singulière facilité une nation peut sortir de quelques familles, pourvu qu'elle ait assez d'espace pour s'étendre , et qu'elle soit intelligente , industrieuse et libre.

Les bonnes et les mauvaises qualités du sol varient , dans un espace aussi vaste , en raison du climat, lui-même très-variable, comme nous le verrons tout à l'heiù'e, et

de l'état de la végétation que la culture n'a encore que peu modifié. Au reste, le» deux grands traits du ten'itoire de l'Union, sont la majestueuse longuem' des fleuves et le peu d'élévation des montagnes en général; d'où résulte une surface presque unie qui présente des plaines avec des prairies ou savanes d'une étendue immense , surtout dans les contrées où coulent le Missouri et le Mississipi. La plupart de ce» plaines sont parsemées de forêts qu'entrecoupent des marais profonds ou des champs cultivés; les bois deviennent de plus en plus épais à mesure qu'on pénètre dans l'intérieur. Les endroits défrichés sont moins considérables à l'ouest .qu'à Test des montagnes dites des Alleghany, mais les forêts y ont de larges plaines, riches d'herbes et d'arbrisseaux.

La chaîne des monts Alle^any ou Alleghanys est plus remarquable par sa longueur et sa largeur que par sa hauteur; peut-être , dit M. Warden dans sa description des Etats-Unis y nG trouve-t-on pas

dans le monde entier un aussi grand espace occupé par des montagnes de si peu d'élévation y comme nous venons de le dire* a La hauteur moyenne des Allegliany, observe le même écrivain , n'est que de 2 à 3ooo pieds au-dessus du niveau de la mer. Du côté de l'Océan , le sol s'élève par une pente iiTégulière, quoique très -sensible, pendant un espace de 200 à 3oo milles. Du côté du Mississipi, la distance est égale, mais la pente est plus douce et plus agréable ^encore. Cette pente douce favorise beaucoup la navigation intérieure dont jouissent les États-Unis. D'ailleurs les lits des rivières sont généralement plus bas que le sol voisin de leurs rivages , et les sinuosités de leur cours affaiblissent la rapidité du couinant. Dans les parties septentrionales , les montagnes , par leur plus grande proximité de la mer, rendent la descente plus rapide ; la navigation est plus courte et rencontre plus d'obstacles. La largeur des Etats-Unis , de l'Atlantique au Mississipi , sous 40"^ lat. N. , est de plus de 800

i63 milles (i); dans cet espace il n'existe qu'une seule chaîne de montagnes, et les riviëres, avec une pente moitié moins forte et une course deux fois plus longue que celles d'Europe , n'ont que le quart de la rapidité de celles-ci. De même que le pays de plaine situé vers Test du Mississipi peut être regardé comme la prolongation des côtés ou de l'inclinaison des Alleghany, de même le pays situé à l'ouest de ce fleuve peut passer pour une prolongation des côtés des monts Hocheux. Du Mississipi à l'Océan pacifique, sous le 4o*^ lat. N. , il y a environ i45o milles, et les monts Ro* cheuXf qui couroj^nentgi^aduellement cette surface arrondie , ne s'élëvent qu'à la hauteur de gooo pieds. Cette élévation est trois fois aussi grande que celle des AUeghany }

(i) Le mille américain est la 69 ^ partie du degré» comme le mille anglais. Le mille carré contient 64o acres , Yacre^^fii^Q yards, le yard, 5 pieds américains, et le pied américain^ 11 ponces 5 lignes

'• de France.

et il est remarquable que le Mississipi, qui est le réservoir commun des riviëres descendant de tous deux, est environ trois fois plus éloigné de la chaîne la plus haute que de celle qui l'est le moins ; si bien que la pente des deux côtés de l'immense bassin est approchant la même. »

La chaîne des monts AUeghany, appelés aussi Apalaches (i), qui commence vers le Saint- Laurent , où se terminent les Landes height, au nord de Félat de New- York et de la Pensylvanie , longe l'Océan atlantique , sépai'e le bassin de TOhio , affluent du Mississipi , de celui de la Susquehannah, qui se ren^ directement à l'Atlantique ; elle traverse ensuite , et toujours du nord au sud, la Virginie, et prend une direction sud-ouest entre le Ténesséc

(i) Ces montagnes sont appelées Aiieghany par les Indiens du nord , et Apataches par les Indiena du sud. Le mot apalaches est dérivé de la nation indienne des Apalaches , qui habitait dans rorigiae sur les bords de la rivière d'Apalachlcola

et les deux Carolines , s'abais^^ tout k coupdans la partie septentrionale de la Géorgie, sous 34° lat. , puis tourne au sud, pour finir en collines légèrement ondulées au cap Tancha , extrémitéViéridionale de la Floride , qu'elle viqit de sillonner. Toute cette chaîne parallèle à la côte a une longueur moyenne de 200 lieues , entré 34 et ^^° lat. N. G'esl une suite de gradins qui de la mer conduisent à la lignie domihante. Elle ofxre plu8ieui*s chaînes transversales dont la pliiS' Remarquable est celle des montagnes Bleues ou Blue-ridge ou ligne bleue , qui se détache de TAlleghany aux confins de la Caroline du nord et^e la Virginie , traverse ce dernier état et ceux de Maryland, de Pensylvanie et deNew-lfork dans une direction nord-est, en donnant successivement passage à la James , à la Potomak, à la Susquehannah , à la Delaware et à THudson , puis se réunit au rameau principal , vers le lac Champlain. Là zone oblique de ces montagnes Bleues et des Alleghany présente environ 3oo lieues de longueur sur Sodé largeui* extremis. La

surface de cette zone ou l'espace compris, entre les Allegfiany et les Blue-ridge est parcourue par plusieurs autres chaînes parallèles et secondaires , dont Tune porte le nom de Northhnountains , dans le Maryland et la Virginie. Quant aux monts Cumberland ou fiaiiley ou grands Laurel j ils courent sur Tétat de Ténessée. Ce qu'on appelle montagnes Fiertés n'est qu'une direction nord dé la ligne des montagnes Bleues j à travers les états du Gonnecticut , deMassachussetts et de Vermonl, jusqu'aux limites du Canada.

"Lesjleuves ou rivières qui descendent des montagnes des États-Unis ont trois grands bassins, savoir : l'Atlantique propre, le golfe du Mexique et l'Océan pacifique.

Les principaux cours d'eau du bassin de t Atlantique sont d'abord lejleuve Saint" Laurent , qui a été décrit danS les généralités sur l'Amérique septentrionale 5 vienvcnt ensuite, 1° la rivière à'Hudson^qul , dans sa partie supérieure, communique par un canal avec le lac Ghamplain, et doilt l'embouchure est dans la baie de New-

York y près de la ville de ce nom , après un cours N.-S. de i35 lieues, durant lequel elle a reçu la Mohawk^ un de ses principaux affluens; a'* la Conncctîcut , qui sépare l'état de New-Hampshire de celui de Yermo^t dans toute leur longueur du .nord au sud , ti'averse «ensuite ceux de MassachussetXs et de Côniiecticut pour déboucher dans la baie de Long-Island , après un cours de 1 35 lieues ; S» la Delaware , qui , née par 4^° lat. N- , coule du noi'd au sud enti'e l'état de New-York et la Pensylvame , sépare ensuite ce dernier état de celui du New-Jersey, et celui-ci de celui qui porte son nom , traverse Philadelphie, et se jette dans la mer qui en est à 4o.lieues, après un cours de 7 5 lieues , durant lequel elle a reçu la Shuylkill- et la Leheigh ; 4° la Susqueliannah , 'qui , née par 43° làt. W. dans l'état de New- York, traverse la Pensylvanie et se porte à la baie de Chesapeak , dans le Maryland ; 5° la Potomak ou Potomac , arrivant des Alleghany pour se rendre dans une direction sud-est , au travers de la Virginie , à la baie de Ghesa-

i68 peak 9 en passant à Washington •; 6** la James y qui se rend à la même baie ; 7** la grande Pedée^ qui traverse les deux Carolines, èt^ navigable l'espace de 200 milles pour les petits bâtimens, rejoint la mer dans une direction sud-est^ 8° la TVateree^ qui reçoit la Sàniée et qui est particulière, ainsi que VEddisto , à la Caroline du sud ) 90 la Savannah , qui*, descendant des Apalaches , coule entre la Géorgie et la Caroline du sud pour arriver à la mer dans une direction sud-est; 10° VAlatamaiuTj qui traverse la Géorgie en courant vers la mer par une direction est; 1 1° enfin la fivière Saint-Jean , qui coule du sud au nord sur la partie nord-est de la péninsule de Floride , où elle traverse le lac Georges.

Les fleuves qui se déchargent dans le bassin du golfe du Mexique sont VApalachicola, qui , après un coui*s de 4oo milles , se rend h. la baie des Apalaches , à Touest des Florides; VAlabama, qui se rend dans la baie de Mobile , ainsi que la Mobile elle-même ; la Perle ^ qui , née par 33" N.^ liniite dans sa partie inférieure les ,

i69 états d'Alabama et de Mississipi y et tombe^ après un cours de 200 milles , dans le lac Borgogne , à Test du lac Pontchiirtrain ^ le Missîssipi y que nous avons décrit ailleurs, et la Sabine y qui joint la mer à l'ouest du Mississipi.

Parmi les afQuens du Missouri , principal bras du Mississipi, nommons la Yel/owstone ou rivière aux Rochés-jannes ou la Keeheetsa, née attx monts Rocheux par 43*^ lat. N. , grossie des eaux de Big-Horn (Grande Corne); la ChayennCy qui coule entre une rivière Blanche , et la Tongiie ou Langue ; la rivière Plate , dont les sources , aux monts Rocheux, sont voisines de celles du rio del Norte , fleuve mexicain ; la Kansas , formée ' de deux branches j le grand Osage, navigable toute l'année à 60 lieues de son confluent. Viennent ensuite, après la jonction du Missouri et du Mississipi , la rivière Blanche ou TVhite river , coulant dans une direction est; Vjérkansas , qui sort du voisinage des sources de la rivière Plate et du rio del Norte , et a un cours iiTégulier nord-est de 2; 178 milles; v. r5

enfin la ris^i^re Rouge y qui sort des montagnes du nouveau Mexique au nord de Santa-Fé , et joint le Mississipi à i^Z milles au-dessus de la Nouvelle-Orléans , après un cours de i45o milles , et aprës avoir servie comme la rivière Rouge , dans difFérentes parties de leur cours , à limiter le Mexique et les États-Unis. Quant aux affluens de la branche du Mississipi propre , citons r Ouisconsin qui vient du territoire de Michigan à l'ouest du lac; V Illinois j née au sud de ce lac. Après la jonction du Missouin avec le Mississipi , le fleuve reçoit encore VOhiOy qui , formé de VAUeghany et du Monongane la f réunis à Pittsburg dans la Pensylvanie , limite Fétat d'Ohio , puis ceux d'Indiana et d'Illinois , de Virginie et de Kentucky , reçoit lui-même à sa droite la JVahash , commune à Tlndiana et à Tlllinois , et à sa gauche le Cumberland et le Ténessée; affluens qui tous, ainsi que TOhio , riche lui-même de i5 tributaires et avec un cours de 1 188 milles, viennent du versant occidental des monts AUeghany.

Le bassin ou cours du Mississipi se trouvant tout entier sur le territoire des États de l'Union , mérite encore un moment d'attention. Son principal bras, dit le Missouri , a une largeur très-&inégale : 5oo ve^rges (0 au fort Mandan, par 47° N. ; 200 au continent de la rivière Muscle-Sbellj 1760 à quelques milles de l'emboucbure du pe^ tit Missouri ; 200 à cette embouchure y au-dessous du 48^ T^.^ 875 à sa jonction avec rOs^ge , lat. 38° Si'^ loft aux rochers d'Arrow-Cliff. Il contient un grand nombre d'îles^ il est trës-poissonneux , et est navigable , ainsi que ses affluens^ dans l'espace ci-après :

Le Missouri 3>096 millef.

La Gasconnade aoo

Le Grand Osage 6op

La Mioe. ^

Le Ghaiatun. 3o

La Grande Rivière , . . 6po

La Débert 5o

(1) La verge fait la pieds de France.

Report. . . if6a6

L'Eau Bleue 3o

L'Arkansas i»aoo

La Nodaifva. . • i5o

La Nemoa 5o

La Plate et set tributaires. . • . . . a,ooo

Le Petit Sioux 60

Le Floyd 4û

Le Big-Sioux aoo

Le Jacques 3oo

La Rivière Blanche 600

Le TetOD aoo

Le ou la Ghayenne 1,000.

Le Welarhoo 80

Le Gannon-ball. i5o

La Knife 5o

Le Petit Missouri aoo

La Tcire-Blanche 60

La Pierre- Jaune i,aoo

Ses tributaires i,5oo

Le Porc-épic 5o

Le Milk i5o

La Muscle-Shell 100

La Big-llorn 64

La Maria aoo

Ses tributaires 5oo

Tributaires de TOsage 600

Tributaires de l'Âkansas i^ooo

«73 Ces cours d'eau navigables sont énumércs dans Tordre où M. Warden les présente en remontant le Missouri. Voici ceux de l'autre bras du fleuve, ou du Mississipi propre :

Le Missbgipi .• • • • 1,600 milles.

Le Pike. lao

La rivière des Corbeaux 3oo

Le Saint-Pierre ■• 1,000

LaTurkey 80

La Sainte-Croix a4o

La Rivière Noire ^ . . 180

LaChippewa 180

La Haute-Iovva. 60

L'Ouisconsin Z60

La Basse-IoTva 70

La riVière de la Roche 5oo

Le De-moins. '....; Sou

La rivière Sait 70

Le Cuivre î5o

La rivière des Illinois et ses tributaires 3,000

De sa source à sa jonction avec le Mi»^ souri, le cours du Mississipi propre est de

2000 milles; salargeui* , en général , est de I à 2 milles , mais elle est plus resserrée eu q^ielques endroits } son courant est de 3 milles ^ à 4 milles pai* heui*e. L'Qhio , navigable dans toute son étendue y le ralentit en y débouchant presque à angle droit , au dessous de la jonction des d^ux bras. Le Mississîpi est navigable jusqu'aux chutes Saint- Antoine , par 44" 5o* la t. N. , dans un espace de 2,000 milles en allant jusqu'au golfe du Mexique. Le fleuve se replie en mille contours difFérens , son cours est très - inégal et embarrassé par nombre d'îles.

Nous n'avons pas besoin de nous arrêter au bassin de l'Océan pacifique , formé par la Columbia j puisque nous avons décrit ce fleuve et ses affluens pûncipaux dans notre lettre XXXVI'' sur l'Amérique en général.

Pour ce qui est des iacsde l'Union, parmi les principaux , après ceux qui servent de frontière entre elle et le Canada , bornonsnous à citer : i*" le lac Michigan , long de 100 lieues , large de 25 à 3o , sépquré du lac

Supérieur par une langue de terre de 3o lieues en longueur , et uni par un large canal au lac Jluron , dans une direction sud , trop profond pour être sondé , et navigable pour les bâtimens de 4^0 tonneaux; 12° le lac Champlain^ long de 60 lieues et large de 7 , sur la limite des états de New-York et de Vermont; 3° le Seneca, le Cayuga etyOnéicUiy qui communiquent entre eux par la Mobawk y affluent de THudson } le lac-Ponlchartraî/iy long de i4 lieues 9 large de 10 ^ dans la Louisiane y à Test du Mississipi, près du golfe' du Mexique avec lequd il communique.

tiCs États-Unis , traversés par des montagnes qui en beaucoup d'endroits s'élèvent de 4^000 pieds au-dessus du niveau de la mer; renfermant de grands lacs, sui^tout au nord ; baignés par de vastes cours d'eau dont la plupart se terminent en baies de quelques centaines de milles ; couverts dans l'intérieur par d'épaisses furets; et aux parties sud-ouest terminés par des plaines de sable d'une étendue prodi*

gieuse , doivent embrasser nécessairement presque toutes les vaiûétés de climat. Dans les parties septentrionales qptre 4^** ^^ 4^^ lat. y où se trouvent le Maine , le Yermont et le Wew-Hanipshire , l'hiver est trèsrude pendant 3 ou 4 mois. Dans les partiel méi*idionales du/New-York , de la Pensylvanie , du New- Jersey et du Maryland^ l'hiver est également froid , mais il est moins long; l'été y est chaud. Dans les états du midi y qui sont la Virginie y les deux Carolines et la Géorgie y le froid diminue encore; au sud de la Potomac il y a peu de neige 9 si, ce n'est le long de la chaîne des montagnes Bleues; en été ^ la chaleur est presque aussi grande qu'en Egypte. Dans la Louisiane et les Florides , les saisons ressemblent à celles des pays situés entre les ti'opiques. En remontant le Missouri , et en traversant les monts Rocheux pour redescendre vers l'Océan pacifique , l'hiver devient par degrés plus doux ; et le long de la côte> la température, due au passage du vent de nord- Quest sur l'Océan , est à peu près la même

que dans les parties occidentales de l'Europe. M. de Volney, dans son ouvi*age sur les États-Unis y a distingué quatre espèces de climats : i** le plus froid , qui renferme les états du nord-est depuis l'Océan jus^ qu'à la chaîne des collines où naissent la Delaware et la Susqùehannah; 2° le climat du milieu^ qui renferme les parties méridionales des états de New- York, de Pensylvanie et de Maryland , jusqu'à la Potomac; 3° le climat comprenant les états du sud , ou la contrée plate de la Virginie, des deux Carolines et de la Géorgie , jusqu'au :ig° lat. N. , où jamais il ne gèle ; 4"* ^^ climat de Ténessée, du Kentucky et de l'Ohio f à l'ouest des monts Alleghany. Le temtoire nord-ouest présente d'autres variétés de climat. Celui de la côte de l'Atlantique entre 41" et 45** , est plus froid en hiver et plus chaud en été , d'environ dix degrés , que les pays d'Europe situés sous les mêmes parallèles. Le climat est aussi sujet à des changemens plus soudains et plus violens 9 par suite de l'inconstance des vents ; mais ces changemens suhits. ne

nuisent point à la santé ni à la longévité; et s'il tombe un tiers moins d'eau en Europe , il n'y a pa» en Amérique un aussi grand nombre de jours de pluie. En somme y la température moyenne aux Etats-Unis est, à Rutland, dans le Vermont , de 44** Fahrenheit ( i) ; au Massachussetts, de 49®; à Philadelphie, dé 53o; en Virginie de 57» ; et à Gharlestown , en Caroline, de 63".

Un pays dont le sol et le climat sont si variés doit renfermer des productions également très- diverses. Le maïs réussit le mieux dans le» états du centre et de l'ouest , où croit aussi l'érable, d'ailleurs compiun à tous les états de l'Union , ainsi que le fi^oment; la culture du tabac , à

(i) 440 Fahrenheit = 5» -f ^^^"^^^^

Zéro de Réaumur égale 3a* de Fahrenheit.

Ï79 partir du Maryland , vers le 4o" lat. , s'étend ^ans la Virginie et dans tous les états du midi, et partiellement dans ceux de l'ouest 5 le coton cesse de paraître au Sg» lat. y mais il abonde dans la Caroline du sud et dans la Géorgie ; le riz , qui veut une grande chaleur et un sol marécageux , est cultivé dans les mêmes terres que le coton; la canne à sucre croit dans les lieux bas et tempéi'és jusqu'au SS** lat. , quoique le climat favorable à sa culture nje dépasse pas le 3i° N.; l'avoine, le seigle et l'orge viennent bien dans tous les états du nord: le chanvre de la meilleure espèce pousse -naturellement dans ceux de l'ouest ; la vigne peut être cultivée jusqu'en Pcnsyl • vanie , et elle croît naturellement' dans les états du midi et de l'ouest; le houblon pousse aussi dans ceux du centre et de l'ouest, où l'on voit de même le mûrier.

Sous le rapport des richesses minérales ^ le territoire de l'Union n'est pas moins bien partagé. Le fer, le charbon de terre, la chaux ^ le sel, objets de première néT cessité, s'y ti'ouvent en profusion ; chacun

des états a des mines de fer; (pielipies-uns en ont de cuivre, mais, en général, il an*ivc du Mexique ; dans le Missouri , le plomb semble être inépuisable; il y a du mercure dans le Kentucky; les mines de charbon s'étendent sur le côté ouest des montagnes , depuis le lac Ontario jusqu'à la rivière de Tombecbé , affluent de l'Alabama, distance de 8 à 900 milles; il en existe aussi à Test des Alleghany ; la pierre calcaire abonde dans les états de l'ouest , et forme en général la base principale du terrain situé entre les Alleghany et le Mississipi; le gypse est commun dans les états du centre et de l'ouest; le Kentucky , le Ténessée et la Virginie fournissent une plus grande quantité de nitre qu'il n'en " faut pour la consommation de tous les états ; à l'est des montagnes on importe le sel ou bien on le tire de la mer ; à l'ouest il provient des sources salées ; enfin les contrées occidentales sont plus riches en houille, chaux et sel qu'aucun pays du globe.

Pour ce qui est des animaux on dis-

tingue le bison ou bœuf d'Amérique , avec une éminence ou bosse sur le dos^ l'élan ^ répandu depuis les monts Kocheux et le golfe de Californie jusqu'au golfe Saint- Laurent; le cerf, d'une espèce-plus grande que celle d'Europe, et dont on voit de nombreux troupeaux paissant dans les savanes du Missoiu'i et du Mississîpi; l'omis noir, qui parcourt toutes les provinces 5 le catamount ou chat des montagnes, trèscraint dans le nord; le lynx, le matgay, l'once, le castor, avec leurs belles fourrures ; le chat musqué , imitateur du castor ; le renard gris , l'ourson ou jporc-épic , le manicou, le lièvre, six variétés d'écureuils; une infinité d'oiseaux, et plus de i5 millions de bêtes à laine.

De ce coup d'œil physique venons aux considérations morales , et entamons le chapitre des habitans, poiu* ensuite voir celui de leurs institutions civiles et religieuses , celui de leur industrie agricole , manufacturière ou commerciale , et celui de la chorographie.

Les habitans de l'Union , en général re- V. 16

marquables par des sourcils droits et tiisproéminens j au-dessous desquels -percent des yeux petits et brillans dont les régatds vife annoncent beaucoup d'intelligence et un certain talent d'observation , se ressentent de la diversité de leur origine. Lès états du nord-est sont peuplés de familles hollandaises, suédoises, allemandes et suisses; dans le sud il y a quelques Espagnols; les Français sont nombreux vers les facprds du Mississipi; néanmoins, dans l'ensetkible, la génération britannique domiiie.

Les indigènes OU Indiens en bonne partie sont retirés dans les forêts ou dans les lieUX nord-ouest non encore civilisés. La massé de la population sait lire , écrire et compter, mais il y a peu d'hommes qui cultivent les sciences et les arts , parce qu'on est ici , pour ainsi dire, exclusivement occupé à soigner sa fortime ou ses moyens d'existence. Cependant quelques génies supérieurs , comme Franklin et Fulton, revendiquent notre admiration . Les hommes possèdent tous, par les journaux, la connaissance, quoique légère , de ce qui se passe dans le

pays. Les préjugés de la naissance et du rang, qui enchaînent l'industrie , l^' existent pas en Amérique, ou la constitution défend de créer des nobles^ les hommes y changent de profession aussi souvent que leur intérêt le leur conseille, et aucune occupation honnête ne leur parait méprisable j ils sont libres , calmes, francs, braves , entreprenans , polis , hx>spitaliei^ , et ont rame élevée. Nulle part on ne trouve autant d'esprit public 'dans le corps du peuple. Exercé chaque jour à jug^ les mesures de l'autorité publique, accoutumé à se regarder* lui-mêmie comme membre de l'état , il se croit personnellement intéi^ssé à la fortune de sa patrie; il est fier de son gouvernement, parce que ce gouvem^nent , que nous examinerons tout à l'heure, est un témoigns^e vivant de sa supériorité sur les autres nations.. L'Américain, dans l'enfance, dans Tâge miùr, ni dans la vieillesse, ne sent jamais la main de l'oppression. La masse du peuple est plus agricole que coounérciale; eUe^est surtout pensante et discutante, mais sans

jamais en ve^ir aux injures^ et en cela les hommes sont efficacement secondés par les femmes, qui leur montrent l'exemple de la douceur, de la grâce et de Furbanité.

En général , les Américaines du nord sont belles, et joignent à la beauté des traits l'élégance des formes. Elles sont remarquables par une certaine délicatesse féminine dans la taille, dans le maintien et dans le son de la voix. Dans les états du nord, de Test et du centre, qui renferment plus de la moitié de la population du pays, les femmes sont blondes pour la plupart; cependant les brunes n'y sont pas trfes^rares. Il est difficile d'imaginer rien de plus séduisant qu'une jeune et jolie Américaine de i5 à i8 ans. Il y a dans l'éclat de son teint , dans sa taille légère et dans son expression d'innocence quelque chose d'angélique^ mais déjà elle est sur son déclin à 25 ans. Il est vrai que si les Américaines des États-Unis se fanent plus vite que les Européennes, c'est qu'elles se marient plus tôt et nourrissent presque toutes leurs en-

fans. D'un auti*e côté elles ne cachent point par du fard les rides de l'âge, comme le font dans les hautes classes de la société quelques Europiéennes , qui par cette raison encore paraissent garder plus longtemps leur fraîcheur. Quahd une. Américaine du nord se marie, elle n'a plus d'autre désir que celui de plaire à son mari , et trouve dans le bonheur conjugal une sécurité qui lui fait repousser les louanges des flatteurs. Au reste, le langage de la galanterie n'est pas reçu aux États-Unis j une femme mariée le considère comme une insulte, et il ferait rire la jeune fille. La femme qui l'écoute est près d'oublier sa vertu ^ la jeune fille, pour y croire, doit au moins trouver dans le flatteur l'apparence de la sincérité ; encore il risque d'être tourné en ridicule , à moins qu'il n'ap* puie ses louanges de l'offre de sa main. Les modes et les danses sont françaises, et les jeunes gens des deux sexes jouissent d'une liberté de fréquentation illimitée, sans qu'il en résulte rien de contraire à la décence et aux bonnes mœurs.

Le peuple de TUiiiou se pai'iaige au surplus en deux graudes divisions 9fm& le rapport du caractère et des kabitudes. La .première est ^itre les étata qui recoonaissen^t des esclaves et ceux qui a'^n reconnaissent pas. Tous les états au sud de la Potomac et le Maryland au nord, comme le remarque l'auteur de nouvelles Lettres sur les. J$tats-Unis y d'où nous extrayons ces réflexions , reconnaissent des esclavies et sont complètement agricoles. Baltimore est la seule ville à l'est ^ et la Nouv^Ue-Orléans la seule à Touest, qui s'occupent -davantage de manufactui'es. A Gharlestown et Sayaanah, les capitaux appartiennent à des marchands de New-Tork, et le commerce y est fait par leurs agens. C'est le cas de la Pensylvanie, à l'exception de Philadelphie. Le nord a plus de capitaux , mais moins de revenus^ s'il tentait d'afiranchir les noirs, il est probable, dit le tùème écrivain, que le sud se séparerait et que la confédération américaine serait détruite. La deuxième grande division se fait remarquer dans le caractère du peuple , entre les^

habitant du sud, du noi*d-e$t, -de roucait e^ du centre. Les six états de la Nouvelle-Ajigleterre (i) ont des intérêts^ des lois 9 un accent et jusqu'à des ridicules semidables. Us forment ce qu'on appelle les Yankees (2) y nom que les Anglais ont voulu étejidre à toute Ja nation. Ces étals fraternisent. Leur industrie et leurs capitaux sont immenses. Le caractère des liabitans' Y est porté vers les grandes entreprise^, sans que les petits détails les rebutent; ils sont insatiables de profits, et cependant leur esprit de calcul et d'avarice s'unit à merveille avec l'observation méticuleuse du dimantbe. Leur ville principale est Boston^ l'Athènes de l'Union, le berceau de la liberté. Partout on reconnaît unTan-

(1) Massacbussetts , Gonnecticut, New-Hampshire, Vermont , Maine etRhode-Island.

(1) Sobriquet donné par plaisanterie aux citoyens de la NoitTelle- Angle terre , dont les premiera «olons furent ainsi nommés par les Indiens, qui l'avaient tiré par corniption à'English ( Anglais ) , Yengleet, Yangies et finalement Yankee,

kée à la manière adroite dont il questionne sur ce qu'il sait y à la manière évasive dont il répond aux questions qui lui sont faites, sans affirmer jamais rien , et -surtout à l'adresse avec laquelle il s'éclipse dès qu'il faut payer. En politique, ces six états sont unis, et votent comme un seul homme ^ c'est là le siège de l'intérêt commercial. Le pays est très-peuplé et très-bien cultivé.

Les états du centre sont bien loin d'être aussi unis d'intérêt , d'avoir une physionomie aussi marquée. L'état de Wew-York forme à lui seul une nation de plus d'un million d'dnxes. Ici on ne parle que par millions de dollars (i), tout est grand, tout marche à pas de géant , mais à pas réguliers^ cet état centralise dans sa propre députation au congrès les intérêts de l'agriculture , du commerce et des manu&ctures. L'intérêt commercial y domine partout. La Pensylvanie, le New-Jersey et le

(i) Le dollar vaut 5 fr. 4^ cent.

i89 Delaware se ressemblent davantage j le peuple s'y distingue par sa bonhomie , sa tranquillité et son industrie. Excepté Philadelphie, l'intérêt y est généralement manufacturier et agricole. Ces états sont en grande partie peuplés de paisibles quakers et d'Allemands. Tout y marche sans bruit et sans secousse. Si Boston est le séjour des lettres, Philadelphie est celui des sciences; ce qui donne peut-être à la société de cette dernière ville un caractère de pédanterie. Le Maryland est aussi divisé d'intérêts que les autres états : pendant que Baltimore est une des villes les plus commerçantes de l'Union , le reste du pays est agricole et manufacturier. Simpljicité des quakers et orgueil des planteurs virginiens , voilà», continue l'écrivain que nous venons de citer, voilà le caractère du peuple de cet état, le seul où existe l'intolérance religieuse, par ancienne habitude; les juifs ne peuvent pas y voter. Dans la Virginie les intérêts sont entièrement agricoles et manufacturiers; le caractère du peuple est noble, généreux, hospitalier^ mais rude, vani-

igo

teux et hautain ^ c'est le pays où l'on trouve le plus d'avocats et de procès ; quoique les y irgîniens se vantent de démocratie, ils sont les seuU vrais aristocrates de l'Union, témoin le droit de suffrage dont, pom* nous servir du mot de notre auteur , la canaille est exclue. La principale culture de la Virginie et du Maryland est le tabac et le blé. C'est là qu'4)0ndei|t encore les nègres esclaves. La Caroline du. pord n'est proprement qu'une copie de la Virginie; elle a les mêmes intérêts et la même politique; mais c'est, malgré ses mines d'or, l'état le plus pauvre de l'Union.. La Caroline du sud , la Géorgie , l'Alabama , le Missîssipi et la Louisiane, constituent proprement ce qu'on appelle le sud. Leur intérêt est, sans mélange, agricole; le coton , le sucre , le riz et le maïs en sont les principales productions ; la bonté de la ten^e et le luxe du climat secondent à merveille les habitans , remarquables par la franchise , la générosité et l'hospitalité. Les autres états forment l'ouesjt , dont l'intérêt est moins agricole que manufactu-

rier. Le caractère du peuple y est marqué par un instinct de mâle liberté ^ une simplicité de moËurs et une rudesse de manières approchant quelquefois de la grossièreté et de l'indépendance cynique. Leur politique est encore âpre et ignorante.

Au surplus les vingt-quatre républiques indépendantes qui composent les États- Unis se meuvent dans un ordre parfait, sans jusqu'ici s'entre-choquer dans les ot-r bites qui leur sont tracées par le gouvernement fédéral , lequel va maintenant nous occuper.

Le gouvememeni des États-Unis se compose de vingt-quatre états , six territoires et un district. Chaque c'tat a son gouvernement propre, composé d'un sénat, d'une chambre des i^présentans et d'un gouverneur^ nommé par le chef du gouvernement central , et il se régit d'après les lois qu'il s'est données poiu* l'intérieur de son territoire , qui ne peut renfermer moins de 40,000 habitans libres. Ce qu'on appelle tenritoire n'est qu'un état en expectative, qui n'a point son gouvernement propre, parce

qu'il n'a pas encore atteint le quantum de population exigé pour être élevé au rang d'état et former une législature spéciale j il en est de même d'jui district, plus faible encore en étendue et en habitans que le territoire, et qui est régi comme lui par des magistrats au choix du gouvernement central.

Ces états, territoires et district forment ensemble une seule république fédérale , dont les intérêts sont confiés à trois pouuoirs : le pouvoir législatif ou congrès , formé d'un sénat et d'une chambre des représentans^ le pouvoir exécutif y remis entre les mains du président; et le pouvoir judiciaire ^ qui est dans les mains de la magistrature.

Le sénat est composé d e deux membres de chaque état, quelle que soit sa population : on compte en ce moment 48 sénateurs. Ils sont nommés pour six ans par la législature de l'état et reçoivent des instructions. Us sont divisés en trois séries , dont une est renouvelée tous les deux ans. Nul ne peut être sénateur s'il n'a atteint Fâge de trente

«93 ans, s'il n'a été citoyen des États-Unis pendant neuf ans , et s'il n'est habitant de l'état qui le choisit au moment de son élection. La présidence du sénat est dévolue au vice-président des Etats-p^nis , mais il n'a de voix que lorsque les suffrages sont égalemient partagés. Le sénat a seul le droit de juger les accusations de crime d'état, mais le jugement ne peut que déposséder de son emploi l'accusé , qui en cas d'accusation doit être poursuivi , jugé et condamné selon la loi.

La chambre des représentans se compose des membres choisis par le peuple des différens états, divisas en districts électionnaires d'une population de chacun 4o,ooo âmes. On compte aujourd'hui 187 représentans. Us ne sont sujets à recevoir de leurs commettans aucune instruction , et sont nommés pour deux ans. Nul ne peut être élu député s'il n'a atteint l'âge de 25 ans , s'il n'est citoyen des Etats-Unis depuis sept ans , et s'il n'est habitant de l'état par lequel il est choisi au moment de son élec* tion. La chambre choisit son président et ses V. 17

autres officiers , et a seul le droit de porter accusation de crime d'état.

Dans les deux chambres les votes sont individuels. Le concours de toutes deux est nécessaire pour passer une loi. Le congrès s'assemble au moins une fois tous les ans. Chaque chambre juge de la validité des élections , de leurs procès-verbaux et des qualités de ses membres; chaque chambre fait ses réglemens intérieurs , punit les membres qui s'en écartent, et peut méme^ avec le consentement des deux tiers de l'assemblée , en prononcer l'expulsion. Les sénateurs et les représentans reçoivent ^ pour leur seWice , une indemnité qui leur est payée par le trésor. Ils ne peuvent être arrêtés pendant la durée de la session des chambres ou pendant le temps qu'ils mettent à s'y rendre ou à en revenir, que pour trahison , félonie ou perturbation de Tordre public. Aucun sénateur ou représentant ne peut, pendant le terme pour lequel il est élu , être nommé à aucun emploi salarié, et tout citoyen ayant un emploi quelconque du gouvernement ^ ne

peut être élu membre d'aucune des chambres tant qu'il reste en fonctions. Tous les bills d'impôts doivent prendre naissance dans la chambre des représentans; mais le sénat peut proposer ou y faire des amendemens. Tout bill qui a passé dans les deux chambres doit être présenté au président avant d'avoir force de loi. S'il l'approuve , il le signe; dans le cas contraire, il le renvoie avec ses objections à la chambre où il a été proposé : si , après un second examen, le biU passe à la majorité des deux tiers des voix, il revient à l'auti^ chambre, et s'il est approuvé par les deux tiers des voix de cette chambre, il prend force de loi.

lie congrès a le pouvoii* de mettre et de percevoir , mais uniformément , toutes taxes , droits , impôts et accises , pour payer les dettes et pourvoir à la défense et au bien-être de l'Union; de régler le commerce avec les nations étrangles , de &ire des emiprunts, de battre monnaie^ d'encourager les sciences et les art$ utiles, d'établjr des cours inférieures , subordonnées

à la CDur suprême; de déclarer la guerre , de lever et maintenir des armées , une marine ; d'exercer exclusivement la législation générale , etc. Aucun état ne peut, sans le consentement du congres y mettre d'autres impots ou droits sur les importations ou les exportations, que ceux qui sont absolument nécessaires pour exécuter les lois d'inspection. Il est défendu au congi^ës de faire aucune loi concernant rétablissement d'une religion ou tendante à en prohiber le libre exercice , de mettre des entraves à la liberté de la parole et de la presse, ou au droit que le peuple a de s'assembler paisiblement pour demander au gouvernement la réforme des abus.

Le pouvoir exécutif réside dans le président des États-Unis, qui est élu pour quatre ans , et dans le sénat qui ratifie les traités, consent et arrête la paix et la guerre et les différentes nominations. Nous avons déjàdit qu'il y a en outre un vice-p résident , élu en même temps et pour le même nombre d'années , et qui préside le sénat. L'élection a lieu de la manière suivante : chaque

état nomme un nombre d'électeurs égal à celui des représentans et des sénateurs réunis que l'état a droit d'envoyer au congrès^ ces électeurs , autres que les représentans et les sénateurs y nomment au scrutin , pour la présidence ou la vice-présidence, deux pei^onnes, dont l'une au moins n'habite pas le même état qu'eux; chaque liste de nomination arrêtée est envoyée au siège du gouvernement central , à l'adresse du président , qui, en présence du sénat et de la chambre des représentans, dépouille les votes. Si le candidat réunit la majorité il est proclamé 3 si personne ne réunit cette majorité , on prend trois de ceux qui ont eu le plus de suffrages, et la chambre des représentans nomme au scrutin le président, qui doit être âgé de 3o ans, citoyen né et avoir résidé i4 années dans les États-Unis.

Avant d'entrer en fonctions, le président prête serment de maintenir la constitur tion. Il est commandant en chef de l'armée et de la marine des Etats-Unis; avec le concours du sénat , il fait les traités ^ nomme

les ambanadears, les Mitres nûaistree publics, les consols, les juges de ia oosur suprême et tous l«s o^cieiB. H poorvoît aiuL places qui YÎeniieatii vacjver dans tHntervalle des sessions^ nuMS ses coHunisBÎMM ezptrent au retour des sénaleonBi qaà idoivent ies 8anctionuet%

Le pouvoir judiciaire des États-Unis iest confié à une cour suprême et aux co«n inférieures de districts. Les juges restent en fonctions tant qu'ils s'en acquittent konorabiement , et sont rétribués. On procède dans toutes les afiaii^es criminelles y exoepté pour les crimes d'état, par la «oie du jury; l'accusé a:droit de faire appeler des témoins et de s'entourer d'un conseil. La cour suprême juge toutes les contesdationsentre les différons états, ou entre les citoyens d'un état et le gouvernement ou les citoyens d'un autre état, de même que celles qui peuvent s'élever entre des particuliers et le gouvernement central, ou entre les citoyens des États-Unis et des états , des citoyens ou des sujets étrangers. Enfin , sa juridiction embrasse toutes les

*99 CAïues ^i déiivent tie U consiitution fé- 4léraie^ tous les cas d'amiKOité iet^e légi»kticm maritime, jet itous ceux ^i .coDC€(r«neoft les ambassadettjrs , miaistres^ oonsuls «t autres lageos publics.

On vxnt d'aprbs cet exposé sur le gour Temement' des ÉUts-Uiûs» ^e tout citoyen y conconrc À. renepcice de troi» poU- ^oifB tûiat4*&it distincts , et est jrepréseitté 4bPois ibis t comme citoyen des Étaif rUnis émm ia >dbscadisté *àe ses seprésontans ; comme cflnpyeB de son éÉat dans sa légiaU- •iMuee; coinmejnembrede la oonfédération «i partie d'un état aouyerain dans lis sénat fédérd. (Le con|i;rès est des lors <iomposé de deux élémens, l'un répulsif, l'autre, ac- 4if. lie isénat représente les intérêts mdividu^ di» iÉtats isolés , la chambre des reprétentans les intérêts du peuple en géné- <nd, ou des citoyens de l'Union. Be cet :caik'Q<de choses naît un système de balance ^ de contre-poids admirable, et qui 'donne au gouvernement une ibrce incalculable^ il est- construit de manière k recevoir le moiudixê souljBe de l'opinion publique et

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à lui obéir , et se trouve complètement dépourvu de force pour lui résister. Il s'adresse toujours k l'intelligence , aux intérêts solides des peuples , jamais à leurs passions et à leurs préjugés; il encourage les sciences , la religion , rinstruction y sans aucune préférence } il met des armes entre les mains de tous les citoyens ^ et cependant commande l'obéissance avec une merveilleuse facilité; c'est un gouvernement à bon marché , plus puissant que les plus fastueux; son président reçoit à peine loOyOoo fr. de traitement annuel , et pourtant il exerce le pouvoir souverain. Ses ministres ne touchent que So^ooo fr. par année.

Jjesjbrces militaires dont il dispose consistent en 6,000 hommes de troupes régulières, et en milices provinciales formées de tous les citoyens en état de porter les armes. Le budget de la guerre est de cinq millions de dollars , à cause de l'entretien des forteresses cotières; celui du pouvoir exécutif et du corpd judiciaire est d'un million. Au 1" janvier iSa^, la dette pu-

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bliqtie était déjà réduite à 74?<)oo9ûoo de dollars , et si rien ne dérange l'ordre d'amortissement y la république n'aura plus de dette en i834* La population des États- Unis étant de 12 millions d'habitans, et les dépenses réelles du gouvernement, d'après le budget de 1827, n'étant que dç ii,3i5,568 dollars, cbaque individu ne paie pas un dollar ou 5 fr. pour être gouvenié; tandis qu'en France un budget d'un milliard , réparti entre 82 millions d^individus, donne par tète plus de 3i fr. ou de 6 dollars; d'où il résulte qu'en France on devrait être cinq fois mieux gouverné qu'aux États-Unis.

La marine des États-Unis consiste en 46 vaisseaux de toute grandeur, construits ou en/ construction , * sans y comprendre ceux qui flottent sur les rivières de l'intérieur; ce nombre est formé par 12 vaisseaux de ligne, i5 frégates, 19 sloops ou corvettes, et quelques petits bâtimens.

Sept vaisseaux réputés de 7 4 canons , parce que le congrès défend d'en construire de plus gros , mais qui peuvent recevoir jus^

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qu'à loo bouches à feu, ont été lancés à la mer en 1897 (1). Le vaisMau la Pensylvanie passe en Amérique pour jle plus grand vaisseau du monde ; c'est le seul à tit>is ponts qu'il y ait aux États-Unis^ il a nào pieds anglais sur le pont, ^00 pieds de quille, et 69 pieds au maitre-ban^ le port

(1) Le !•' juillet 18x7, la marine royale d* Angleterre consistait eo 6o5 vabieaax construits on en construction , y compris des pontons et des vaisseaax en construction. La marine anglaise parait être dix fois plus forte matériellement qve coile te États-Unis. Les Américains n'ont pas d'amiraux » l'Angleterre en a aij; les Américains n'ont qne ■ 35 capitaines , l' AngleteiTe en a 8i4 ou sS 'contre 1 ; ils n'ont que aj contre-maîtres , elle m a 860 ; ils n'ont que a 1 a lieutenans , elle en a 5,709 , avec ao chirurgiens en chef contre i . Cependant, coon me en peu d'années les Etats-Unis auront payé leur dette , il leur sera facile d'augmenter rapidement le personnel de leur marine, en créant des demi-soldes; ils possèdent tous les élémens d'une force navale , dont ils pourraient tirer parti lorsque les circons* tances l'exigeraient , ou lors qu'ils voudront sealement faire les frais nécessaines pour se la proeurar.

ao3 est de 3,000 tonneaux^ il est percé pour i4o pièces de canon , et les batteries basses sont du calibre de 44* ^ colosse égale en grandeur le vaisseau français le Commerce de Marseille , qui fut pris à Toulon par les Anglais. Le vaisseau anglais la Calédonie est plus court de i5 piedsL, plus étroit de 5, et ne peut être armé que de i3o canons. Quant aux vaisseaux à vapeur, on cite une expérience faite par VHudsonj dans laquelle uue vitesse de 16 milles ou près de 5 lieues ^ fut soutenue pendant 10 heures par la machine seule, sans le secours du vent. En Angleterre, les bateaux construits par les plus habiles ingénieurs ne font pas plus de 9 milles ou 3^ lieues par heure (i).

Le gouvernement des Etats-Unis se trou-

(1) La marée n'ayant pas assez de haatear vers la côte orieotale des États-Unis, on va constrnire , pour lancer les Taîsseaux , cinq bassins : un à Portsmonth, dans le New-Hampshire , un à Ghar- Icstown , dans te Massachusetts , pour le port de

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vaut idcntîBé , en quelque sorte , avec leoif habitaiis , nous avons pu ici parler de tous les deux eu méiuc temps : ce ne sera point passer à un chapitre difFérent que de che^ cher à caractériser les idées religieuses des Américains, avant de signaler le meuve mont ascendant de leur prodigieuse induitrie.

Il n'y a point , comme nous l'avons déji fait observer, de religion nationale âux États-Unis ; les frais du culte sont fournis par des contributions volontaires. U est ré* suite de cette sage mesure le triple Avantage de consacrer les véritables principes sociaux , d'économiser les dépenses éaasmes qu'entraîne l'entretien d'un ou de plu* sieurs cultes , et de peupler le pays d*ane foule d'hommes industrieux que la liberté et la tolérance y appellent , au lieu de ces 1 pieux fainéans qui , dans certaines cooU^

Boston ; un à Brooklyn , à portée du port de IVeir* York; un îi Washington , {nia de Philadelphie; m à Grosport , un à Norfolk , dans la Virginie; tiât un à Pensacola , dans la Floride occidentale.

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de l'ancien continent, dévorent les rcssoui*ces de leurs ouailles. Les devoirs moraux n'en sont pas moins bien remplis en Amérique, même dans les districts le plus mal fournis d'églises. Toutes les' sectes sont admises , parce que les Américains n^ regardent guère les opinions religieuses que comme des opinions philosophiques. Presque partout, une femme en se mariant embrasse la religion de son mari; quelques pères n'en donnent même aucune à leurs enfans , pour que ceux-ci puissent en choisir une à leur gi'é lorsqu'ils auront atteint l'âge de raison. Il y a près de soixante^ dix sectes , inais on en distingue deux principales , celle des quakers et celle des unitaires ; toutes vivent dans le plus parfait aècord , et la polémique de leurs journaux ou écrits périodiques , bien que souvent assez vive, ne trouble point cette harmonie (i). Les Américains ne rejettent

(i) Un , journal américain de 1837 donne ainsi le nombre des églises ou temples que les diFTérenletf v. 18

de leur sein que les athées , qu'ils regar* dent moins comme les ennemis de Dieu

sectes possè^dent dans chaque état dcFUmoB ; Cvn* nêctieut : presbytériens» 64 églises, l^âw-Jêrtfy : presbytériens» 64 églises ; Hollandais réformés , 33 ; épiscopaaz , a4 ; anabaptistes , a4 » total » lyS, Peti' sytvanU : épbcopauz, a6j anabaptistes, i5 ; catholiques romains , 1 1 ; Ecossais , 8 ; Moraves » 8 ; Ligueurs , 1 ; presbytériens , a6 ; calvinistes , 84 ; Jp* aériens, 84; qnakers, 54; quakers libre», i| iinj- ▼ersalisteSf i; méthodistes (nombre inconna}»* juifs a ; totale Sai. Dêtaware : presbytériens , a4 ; épîscopauz, i4; j^mis, 8; anabaptistes « 7; swadhistes, 1; méthodistes ( inconnu ) ; total , 54* Vermont : congrégation aKs tes , 89; anabaptistes, 'àS; presbytériens, a ; épiscopaaz , 2 ; universalistes 9 1 ; amis» i; total, 118. Hhode-Island : anabaptistes, Sj ; congrégationalistes , 67 ; quakers , a ; épiscopaux , a ; Moraves, i; juifs, 1; total, lao. Caroline du sud : presbytériens, 6; anabaptistes, i3o; indépendans, 7 ; méthodistes , aob ; Juifs , 1 ; divers ( nombre inconnu) ; total, 344. Mar^tand: beaucoup d'épiscopauz , de presbytériens , de teéthodistes, anabaptistes , catholiques , etc. Virginie : idem , et 3 14 églises. Ohio : anabaptistes , 67 églises. Indiana : 61 églises d'anabaptistes. Kentucky: 4a 1 églises d'anabaptistes et de méthodistes. Téneuêe : 169 égli-

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que comme ceux de la société^ ils pensent à cet égard que la vérité de chaque religion en particulier peut être bien ou mal contestée , mais que l'utilité de toutes est indispensable. Toutes les sectes néanmoins se rapprochent plus ou moins du protestantisme ^ qui est ici évidemment le culte universel.

Grâce à son amour sincère de la liberté et à son attachement aux lois du pays , le peuple américain est natiu*ellement rangé, paisible , industrieux ^ laborieux et propre à tout. Il n'a point de mendiaus^ tout le monde, jusqu'à la demiëre classe , est décemment vêtu y tout le monde y nous le répétons , sait lire , écrire et compter. Le nombre des universités dans toute l'Union est déjà de 4B (i)* En 1822 , on a

ses catholiques , protestantes et autres. Caroiine du Iford: a 19 églises d'anabaptistes et de siéthodistes. Géorgie : divers cultes.

(1) Dans le seul état de New-York, en i8a5 , on comptait 7,58a écoles. Il en a fut établi cette année

ao8

établi , à TVest^Point^ , sur THudson , un collège organisé comme notre école polytechnique. Le gouvernement des États- Unis, outre les encouragemens q[u'il accorde pour l»-propagation de r.instruclion élémentaire et l'établissement des écoles , fait des frais considérables pour faciliter la circulation des journaux ; il en est bien récompensé, car la science, dit Bacon, c'est la force , c'est la puissance. En l'jào , on -ne trouvait dans les provinces de ITFnion que 7 journaux; en 181 o, il y en avait 539 , y compris a5 journaux quotidiens; en 1823, on en comptait 588, et en

53 1. Daos la même année, 4oo^534 enfaos avaient reçu le bienfait de l'instruction. II y a en outre 36 académies fréquentées par a, 685 étudians. Il est vrai que de tous les états de la confédération , celui de New- York procure le plus largement les avantages de l'instruction élémentaire. Au Gonnecticut un cinquième de la population, en Angleterre 9. un quinzième, en Ecosse, un dixième, et dans Tétat de New- York un quart, ficquententaanuellemeDt tes écoles.

1 8:26 y plus de 640^ fournissant par année un total de 3o millions d'exemplaires. De nombreux littérateurs indigènes enrichissent ces feuilles du tribut de leurs veilles } d'autres , comme Barlow, Cooper et Washington Irving , en jetant par la publication de leurs propres ouvrages un nouvel éclat sur leur patrie , y entretiennent aussi le mouvement de la pensée , pendant que des savans hâtent les progrès de la mécanique et des arts libéraux.

Dans les Iles-Britanniques , peuplées de 0,1 millions d'habitans si éclairés^ on ne trouvait en 181221 qu'enwon 290 journaux y et les exemplaires tirés ne dépassaient guère a3 millions. En France , le nombre des feuilles distribuées annuellement par les jounnaux n'est que de 22 millions.

Presque tous les écrits périodiques ou autres des États-Unis sont imprimés en anglais y qui est la langue nationale y excepté dans la Louisiane , où l'idiome vulgaire est le français. Pour la distribution de ces journaux 9 ainsi que des lettres, il existait en 1826 déjà 6,5oo bui^eaux de poste ré-

partis 8ur 90,000 milles de routes , et àottnant ane recette de i ,!M>o,ooo dollars , sur quoi il faut prélever 800,000 dollars pour frais de transport des malles-postes.

Cette activité dans la manifestation de la pensée par lia presse , n'est pas moins remarquable en tout ce qui a trait k timr dustric et âu commerce. Presque toutes les exportations et importations de la seconde nation commerciale du f^cbe se font y depuis plusieurs années , sur des vaisseaux américakis. Le terme moven de Importation des cotons est de 38o,ooo dollars , et la consottimation intérieure est d'un tiers du produit total de la récolte. Le nombre des individus employés dans les seules manufactures de colon et de laine excède 2 millions , et le capital engagé dans ces manufactures est de 200 millions de dollars. Les chapeaux et bonnets de paille ou d'herbes , de manufacture américaine, occupent 25,ooo individus, la plupart du sexe féminin. On évalue à plus de 8 millions de dollars la consommation annuelle de la soie dans les États-Unia. Le

montant des capitaux placée dans les manufvctui^es de l'Union , en 1827 ^ étak de 1 56,000^000 de dofiars ^ seuleinent pour les articles cpii w fabriquent en fp:^ndè quantité, et ^e vendent 'en gros dans le comHiGrce. ija Atrine etie s^cne , exclus de ce total, ofir^frt un produit annuel de 200,000 dollars. En définitive , le ^lividende de chaque habitant « ^ur subveiiir à la phipartde ses-dépenses |)articulîèreB, est de a5 dell^^ La consomiuatioB des toiles de lin et de coton > 4aBâ ^ovle Tétmidue des États-Unis , est annueilement d'environ 45 millions de dollars^ enfin, le produit total annuel des nianufactures de l'Union , prio|)renaLent dites , approche de 3oo nûllioRS de dollars (i).

Ces prodigieux résultats de l'industrie humaine sont encore favorisés par l^mul* tiplicité des voies de circulation > cai* de belles routes et de nombreux canaux ont rendu plus actives et ^plus utiles le»

(1) Butt, des Se. gèegr, , Cér. 1837.

relations entre l'est et Fôuest de la république , et contribué -puissamment à faire sentir les avantages de l'union féd^^e.

Un canal doit joindre l'Océan atlantique à l'Ohio en traversant la Virginie; la De-. laware et la Chesapeak communiqueront aussi par un canal ) il en sera de même de la Schuyikill avec la Susquehannahj la Delaw-are communiquera en outre avec l'Hudson, et la Chesapeak avec rOhio, et une voie navigable qui part de New-York pour finir au golfe du Mexique , ^est sur le point d'être achevée , au moyen de l'Huason 9 du lac Érié, de l'Ohio et du Mis» sissipi y c'est-à-dire à travers un pays dont la population, les cultures et l'industrie augmentent avec une incroyable rapidité. Les revenus du canal ouvert sur i5o lieues de longueur , depuis le lac Érié jusqu'à la rivière d'Hudson, se sont élevés en 1825 à 600,000 dollars. Ils seront désormaisT d'un million de dollars y et avant dix années on aura remboursé le total des fonds avancés pour Texédution de ce bel ouvrage, qui a 8 mètres 4o centimètres de

largeur, i mètre aS centimètres de prO" foodcur d'eauji,'r et. pouvant recevoir des bateaux de loo tonneaux. On évalue à 1,600,000 tonneaux le poids des denrées et marchandises qui seront transportées annuellement sur ce canal.

Aucun territoire n'est , du reste , aussi bien disposé que celui des États-Unis , comme nous l'avons remarqué plus hau^ à Tàrtide des fleuves , pour établir un gi*and système de navigation intérieure; la Chine même ne l'égale point à cet égard. La chaîne des Alleghany, qui borne vers l'est le bassin du Mîssissipi , s'abaisse en approchant des lacs , et se confond avec le plateau qui contient ces immenses réservoirs. Il est donc facile, dès qu'on est arrivé à ce plateau , de descendre dans le bassin du grand fleuve , en creusant un canal jusqu'à ce que l'on atteigne l'un de ses affluens navigables. Vers l'Océan atlantique , le Saint Laurent , sortant du lac Ontario , offre une navigation qui n'exige point les travaux de l'ingénieur. On assure même que , dans quelques circonstances , 1«8 «aux

du lac Supérieur se répandent dans le busin du Mississipiy de manière que i'ooa vu y pendant une inondation y un canot s'abandonner à ces eaux vagabondes, et gagner ainsi le fleuve. En efiet , la partie supérieure de la rivière du Renard, qu coule dans le lac Michigan , est très-r^ prochée de TOuisconsin , affluent du Milsissipi ; et il serait £acile d'unir ces deai rivières par un canal. Lia navigatîoa , cb s'étendant du lac Éiié jusqu'à Veaûtoacliure du Mississipi y forme un trajet de plus de itioo milles ou 4oo lieues. Yen le nord-ouest, elle atteindra l'extrémité da lac Supérieur ; de ce grand lac à la nff arctique il n'y a qu'un petit nombre de portages, que sans doute des canaux travc^ seront un jour. Pour établir la communidr ti on avec l'Océan pacifique , il ne faudit que chercher un passage par les fliooti Rocheux, en coupant par un canal le petit espace qui sépare le JefiFerson , affluent da Missouri , de la rivière Lewis qui porte se» eaux à la Columbia : alors une route directe de l'Europe à la Chine sera ouverte

à travers le contiaent américaia , au moyen d'une immense navigation intérieure.

En ce qui touche  l'amélioration des routes y on remarque dans les États-Unis de superbes chaussées qui aboutissent à toutes les grandes villes. Dans la Pensylvanie ^ il n'y a pas moins de 2,000 milles ou 667 lieues d'exceUens chemina toujours bien entretenus. La Virginie a cré^y pour la confection et l'entretien des voies publiques , une administration spéciale et un coi^ d'ingénieurs. Un chemin de fer con* duira de Baltimore à TOhio les voyageurs et les marchandises. Par suite de la multiplication bien combinée des voies de communication y les exportations des Etats- Unis se sont élevées en iS^S à 66^944?74S dollars^ ou dôofiS^yi'jS francs pour les produits du sol et des fabriques du pays , et à 99,535,388 doUai^s, ou 546,ai5^4 francs , en y comprenant les marchandises étrangères. Dans le eouraùt de la même année, les importations de toute espèce ont été de 96,340,075 dollars.

ai6

Ainsi daas l'Union tout marche vers le perfectionnement. Il est^in point, cependant, à l'égard duquel elle demeure stationnaire : c'est l'esclavage des nègres, et nous avons indiqué les états de l'Union où il subsiste encore. Voilà la seule grande plaie de ce beau pays , et il paraît difficile d'y porter un remède , parce qu'elle a crû de concert avec le reste de la nation. Quelques états l'ont aboli y mais il existe dans les autres , et , selon toute apparence , ne pourra Ty extirper que quand le travail on des noirs y deviendra moins profitable que celui des cultivateurs libres.

Ces genéi'alités , que nous pourrions étendre si nous ne devions nous limiter, suffisent , nous le pensons , pour donner une idée assez nette de l'état physique , moral , politique et industriel .de l'Union américaine , dont la cliorographie réclame actuellement son tour.

En faisant connaître la superficie et la population des Etats-Unis , nous en avons déjà offert la division territoriale; il ne

nous reste plus qu'à jeter quelques regards sur chacune des fractions. Voyons d'abord le siège fédéral ou central.

District de Colombie.

Ce district, placé sous le gouvernement immédiat du congreg, s'étend des deux côtés de la Potomac; il est remarquable par la variété des sites; il a pour chef-lieu fVashington , capitale dès Etats-Unis , fondée en 1792 , et située au confluent de la Potomac et de la branche de l'est appelée Anakostia, par 38** 53' lat. N. et 78» 57* 3o" long. O., à quelque distance de l'Atlantique, d'où les plus grandes frégates peuvent remonter jusqu'à la ville, également éloignée des deux extrémités nord et sud des Etats-Unis. Le plan de cette capitale a été tracé par un Français , le major l'Enfant. Elle a 1 lieues de long et i de large. Les édifices publics occupent les positions plus élevées. Les rues , larges de 90 à iGo pieds, se coupent à angle droit; v. ly

mais il ii'*y a fuicque Qu'une porûon de renceiotequi soit bâtie. Xje cajûtole, où se tient le congrès j domine les autiies palais, parmi lesquels on distingue l'hôtel du président, l'hôtel-de-ville , l'arsenal , la bibliothèque nationale, l'institut colombien , la fbnderîe de canons et la banque. Washington est séparée de Geoorgetown par le Rock-Creek , ruisseau sur lequel on a construit deux ponts; :un autre pont sur la Potomac conduit de Georgetown^sur la route d'Alexandrie qui en est à a lieues , sur la Potomac , et ;un canal joint le Tibre , petite rivière qui traverse 'Washimgf ton , d'un côté avec -la Potomac , de J'^utne avec la branche orientale. Le jterrain en 3'élevant graduellement des bords .des rivières vers l'intérieur , forme une infinité de perspectives charmantes , et une pente suffisante pour l'écoulement des eaux pluviales. En y comprenant Georgetown, Washington renferme environ ao,ooo âmes.

Le président nomme chaque année le maire de Washington, où le flux et le reflux continuel d'étrangers qui s'y rendent de toutes

les parties du pays alimentent les assemblées du soir.

Tous les états de l'Union se trouvent sur le bassin de KOcéan atlantique ^ excepté le territoire de Columbia , situé sur le bassin de rOcéan pacifique. A Test des Alleghany, le long de l'Atkn tique , Washington a au nord, les étËits die Maryltaind, Dèlaware,, New-Jeracy, Pensylvanie,. N"ew- York , Conne<}ticut, RHodè-I^land , Massachussetts, Vermont, New-Hamp^ure et Maine ; au midi , ceux dé Virginie , Caroline-Nord, Carolin,e-Sud , Géorgie, et le territoire des Flbridbs. A l'ouest du Vslc Michigan et au sud du lac Supérieur s'étend le territoire de nord-ouest ^ à l'est du lac Mîchigan et au midi du lac Huron se ' trouve le territoire de M ichigan. A l'ouest des Alleghany du nord' au sud et sur le bassin propre du Mississipi , qui appartient à l'Atlantique par le golfe du Mexique , se développent les états d'Ohio ^Indiana, Illinois , Kentucky , Ténessée , Mississipi , Alabama et Louisiane. A l'est des' monts Rocheux^ du nord aw sud , 'et le* long du

cours de Missouri, sout les territoires du Missouri et d'Arkansas.

Etat de Maryland,

Cet état, qui s'éteud le long des deux rives de la baie de Chesapeak, est borné au nord pai* la Pensylvanie, au «ud et à l'ouest par la rivière de Potomac qui la sépare de la Virginie , et à Test par l'état de Delaware et T Atlantique. La Susquehannah le traverse. Son chef-lieu est Annapolisj petite ville de 2 à 3,ooo habitans; mais sa principale ville est Baltimore^ peuplée de 70,000 âmes, un des principaux ports de mer de l'Union et qui a éprouvé les accroisscmens les plus rapides. Ses rues sont larges et belles , ses habitans hospita- Jiers et fermes républicains.

Etat (le Delaware,

11 occupe la partie orientale d'une grande ])énin8ule qui se prolonge entre les baies Gicsapeak et Dclavrare. Son nom lui vient

de celui de lord Delawarc, avantageusement connu dans l'histoire de la Virginie. Son chef-lieu, Dover ^ n'a que i,ooo hahitans. Le Brandy-Wine , rivière qui vient de la Pensylvanie et sur les bords de laquelle se distingua le général La Fayette dans la guerre de l'indépendance , traveree la partie. nord du Delaware. Les mœurs des habitaîns sont principalement agiûcoles.

Éïat de New- Jersey,

Au nordrest du Delaware et sur la côte de l'Océan atlantique , une chaîne des Alleghany ou montagnes Bleues traverse la partie septentrionale de cet état entouré d'eau des autres côtés. On y trouve de l'argent natif et du cuivre. Son cidre est renommé. Son chef-lieu est Trenton , ville de 4^000 habitans , sur la gauche de la Delaware, a 1 3 lieues N.-E. de Philadelphie, et à 75 de Washington.

État de FemsyWanie.

Entre l'état de New-York , le lac Érié au nord -ouest 9 Tétat d'Ohio à l'ouest, ceux de Yir^nie , de Maryland et de Delaware au sud , et la riviëre Delaware qui le sépare du New-Jersey à Fest, l'état de Pensylyanie, traversé par les Alleghany, baigné par plusieurs rivières entre autres la Susquehannah , la Delaware, et la Shuylkill dont les bains sont célèbres y contient de belles forêts. La résidence des autorités civiles est à Harrisburgj sur la Susquehannah, à 35 lieues N. de Washington, avec 3,ooo habitans. Mais la plus grande ou plus belle ville de cet état et même de l'Union est Philadelphie ^ avec i3o,ooo âmes , siu* la droite de la Delaware et au-dessus du confluent de la Shuylkill, où les navires de guerre peuvent arriver de la mer. Toutes les rues se coupent à angle droit et sont plantées d'arbres; les principaux édifices sont les banques , les églises , le grand hôpital sur la façade duquel est éri-

géc en broDze la statue da William Penn ^ la bibliothèque y riche de 24,000 volumes ci fondée pav FFanklin , qui débuta dians cette ville eomme garçon imprimeur; le musée de Peel , etc. Cette ville contient plus de 20 cultes religieux dont le principal est la secte de$ amis ou des quakers; il y a une foule d'établissemens de bienfaisance, d'écoles élémentaires, des prisons parfaitement entretenues, plusieurs universités^ et des académies de tout genr.e. Hia banque de Pensylvanie est un superbe monument construit par l'architecte français Latrobe. La maison pénitentiaire occupe un immense carré, non loin de la Sbuylkill ; c'est là surtout que l'on renferme les condamnés k la réclusion solitaire, bien plus terrible moralement qae la peine de mort à laquelle on Fa substituée dans l'Union.

Eiai de No^-York.

Tout entier dans les tenues, à l'exception de sa pointe sud^est qui touche à la baie de

Long -Island .sur TAtlantique, l'état do^ New-York a à Test ceux" de Connecticut , de Massaclmssetts et deVewnont; au nord et au nord-ouest le bas Canada , dont le fleuve St-Laurent, le lac Ontario, la rivière Niagara et le lac Erié le séparent en partie; à l'ouest et au sud , la Pensylvanie avec le New- Jersey. Les montagnes sont couvertes de beaux bois de construction. Au-delà de TAlleghany le pays est uni et abonde eu forêts d'érables, dont les habitans tirent une grande quantité, de siicre et de mélasse. On recueille aussi de bons fruits , et il y a des mines de fer et d'argent dans ce pays, où l'on trouve également des eaux minérales dont les plus célèbres sont celles de Saratoga. Dans la parlie maritime de l'état vivent beaucoup d'habitans d'origine hollandaise; les débris des Indiens iroquois se sont réfugiés dans la partie septentrionale ; les Onéïdas , les Onondagas et les Senecas résident près des lacs dont ils portent les noms. Les principales villes sont Albany , chef-lieu , sur VUudson, à i45 1. N.-E. de Washington^

avec 169OO0 habitans; 2>ox, avec 8,000 âmes; Buffalo^ avec 3, 000 âmes, et iVeiv- Yorky à 5o 1. S. d'Albany , dans une île à l'embouchure de l'Hudson, avec 169,000 âmes. Cette dernière ville mérite quelques détails.

* New-York doit à sa position d'être la ville la plus commerçante des Etats-Unis. A l'entrée d'un fleuve navigable, entourée d'îles qui l'abritent , son port ne gèle jamais et peut par tous les vents admettre les plus grands vaisseaux; il ne peut être comparé qu'à ceux de Naples et de Constantinople. Le fleuve d'Hudson communique à présent avec la lac Champlain y qui lui-même se lie par un canal au fleuve St- JLiaurent. A 5o lieues de New- York, l'Hudr son recevant à sa droite la Mohawk dont la source est voisine de celles d'autres rivières qui rejoignent le lac Ontario , New- York est dès lors l'entrepôt naturel du commerce de toute cette partie de l'Amérique. La principale rue, la Broadway, longue de plus d'une lieue et parallèle au cours de l'Hudson offre quelques beaux

édifices f notamment Th^leli-âe-vitte ou Mdéral Hall. Les temples de la Trinké et à» St-Paul sont fort beaux , ainsi q>eie le bâti^ ment de Funiversité ; la salle de spectade' et le musécnn'. La baie de New*York «a 8^ milles de large, et est couverte d'îles où l'aspect des fortifications se marie à celui d'une riche culture. Les rues ont des trottoirs élevés 9 qui mettent le piéton ht l'abri des voitures et aplanissent les plus petites inégalités de terrain. LecHmat estrhumich»{ et la fièvre jaune y a fait souvent des* rava^ges. Il existe un grand luxe de paimFe et d'équipages, et c'est la yîUé la plue opulente de l'Union; tout le voisinage a. une' apparence de vie et de gaité , et cette fi>rét de mâts qui bordent les quais a quelque chose qui rappelle Londres; de quelque coté que vous tourniez vos pas vous remarquez les prodiges d'une active indus* trie. Tous les arbres qui entourent les mai-, sons ou qui bordent le rivage sont nés avec l'indépendance de l'Union, et on reaaenl plus de plaisir encore à goûter leuv ombrage.

Etat de Connecticut.

Au nord de New-York et avec un long golfe appelé le Sound ou la baie , il tire son nom dé la rivière de Connecticut qui arrive de la partie nord du New-Hampshire. Son chef-lieu est New-Haven , ville maritime de 7,00 âmes^ à environ joo I. N.-E. de Washington.

JÉjtgi dç Shode^Isiand^

A l'est de Connecticut, ce petit état gui fut appelé tle de Rhbde par ses premiers habitans en i638 , après qu'ils l'eurent acheté d'un chef indien pour une paire de lunettes, oflRpe un terrain généralement bas, qui manque de bois parce qu'il est très-cultivé. Le chef-lieu est Providence ^ ville de 16,000 âmes , sur la rivière du même nom , au fond d'un golfe étroit.

iiS

États de Massachussetts.

Au nord du Rhode-island et du Gonnecticut , et sur TAtlautique, son sol est généralement sablonneux, mais couvert de pins, de châtaigniers, de bouleaux et d'érables. Le cap Cod , près duquel se trouve rîle Nantuket, doit sa célébrité à l'immense quantité de morue qu'on y pèche.

Au fond de la baie est Boston, chef-lieu, patrie de Franklin , à i5 1. N. E. de. Washington , avec l^l^jQoo habitans , et un port sûr et assez spacieux pour contenir 5oo vaisseaux à Tancre. C'est le foyer du fédéralisme en politique, et du socinianisme en religion ) il renferme de nombreux établissemcns scientifiques et d'instruction élémentaire ; les femmes y sont charmantes , et se distinguent surtout par l'éclat de leurs teints , leurs grâces et leur esprit cultivé. Près de cette ville est la célèbre colline de Bunker's hill , où eut lieu , eu 1775, le premier combat entre les Anglais

elles Américains , et auquel Parny fait allusion dans ces vers :

Parlez donc, messieurs de Boston :

Se peut-il qu'au siècle où nous sommes,

Du monde troublant l'unisson ,

Vous vous donniez les airs d'être hommes?

On prétend que plus d'une fois

Vous avez refusé de lire

Les billets doux que George trois

A la bonté de vous écrire

Quel droit avez-vous plus que nous

A cette liberté chérie

Dont vous paraissez si jaloux ?

L'inexorable tyrannie

Parcourt le docile univers ;

Ce monstre , sous des noms divers ,

Écrase i^Europe asservie ;

Et vous , peuple in)U8te et mutin ,

Sans pape , sans rois et sans reines ,

Vous danseriez au bruit des chaînes

Qui pèsent sur le genre humain !

Et vous, d'un si bel équilibre '

Dérangeant le plan régulier,

Vous auriez le firont d'être libre ,

A la barbe du monde entier!

État de Vermonl.

Au nord du précédent , à l'est du lac Ghamplain , et au sud du bas Cianada, il est traversé du nord au sud par une chaîne de montagnes couvertes de forôts toujours vertes y d'où lui est venu son iiinai. Ces montagnes occupent presque toute la largeur de Tétat , mais elles sont partout sé^ parées par des vallées y au fond desquelles murmurent quantité de ruisseaux et de rivières , qui vont se décharger à Test dans la belle rivière de Connecticut, et à l'ouest dans le lac Ghamplain. Les hautes forêts de pins blancs , de cèdres et d'autres arbres verts qui ornent les sommités montagneuses , unissent parfois leur teinte som^ bre atec la verdure plus variée du chêne , de l'orme , du hêtre et de l'érable qui croissent dans les vallées , et ces ombrages éternels sont coupés en divers endroits par de beaux pâturages. Le siège du gouvernement de l'état est MonlpelUçr , qui

compCe à peine a^ooo hahitMis ; mais FPindsor en rénDÎt plus de 3,o€M>^ tou» sont laboureurs ou herbagers.

État de NeiV'Hantpshire,

Entre le précédent à Fouest, TAtlantique à l'est , le Massachussetts au sud et le bas Canada au nord^ il est traversé par les montagnes Bleues et les montagnes Blanches } il ne compte pas de célibataires audelà de 3o ans , car tout le monde s'y marie; le Merrimacl est une de ses rivières; le chef-lieu est à Concorda sur cette rivière , à 170 1. W. E. de Washington , et à i3 1. O. W. O. de Portsmouth ^ son meilleur port , sur l'Atlantique , avec 7,3oo individus.

État du Maine.

Baigné au sud par l'Océan , borné à l'est par leNouveau-Brunswick , dont la rivière Saint-John le sépare en partie , au nord paJ^

le bas Canada y dont il est séparé par les montagnes de Land's Height , et à l'ouest par le New-Hamsphire , il forme l'extrémité nord-est du temtoire de l'Union. II a pour chef-lieu Portlandy bon port sur la baie, de Casco , avec 9,000 habitans , à 2i5 1. N. E. de Washington, au sud de laquelle nous allons repasser.

Etat de Virginie.

Bornée au nord par le Maryland et la Pensylvanie , à l'ouest par l'Ohio et le fiLentucky, au sud par la Caroline du nord , et à l'est par la baie de Chesapeak , la Virginie est l'état le plus grand et presque le plus peuplé de l'Union. Il a pour cheflieu Richmond , sur la rivière de James , à 3o lieues de son embouchure , et à 38 1. S. de Washington , avec 12,000 habitans. Les miontagnes Bleues ou les Alleghany la partagent en deux parties; celle de l'ouest, riche en magnifiques points de vue , et qui ressemble à un vaste parc; celle de l'est,

où le tabac , le froment et le riz abondent» Dans la première on ne voit guère que des blancs , dans la seconde les esclaves noirs sont très-nombreux. Les régions hautes y sont fort saines., les régions maritimes fiévreuses. La Virginie, berceau de Washington et de JefFerson , est proprement le siège de l'esprit démocratique , malgré la présence des nègres qui y vivent esclaves^ c'est une démocratie à la grecque. PaiTni les cuiiosités naturelles on cite le passage de la Potomac à travers les crevasses des montagnes , et un pont de roche sur le Cédar-Creek, affluent de la James. Ce pont naturel, jeté en foime d'arche sur l'abîme qui sépare deux hautes montagnes dont la communication est ainsi établie sans aucun secours humain , a 80 pieds de long , 35 de laf ge , et une épaisseur de 45 ; sa hauteur perpendiculaire au-dessus du torrent que l'arche domine , est de 220 pieds j les voitures les plus lourdes y passent sans danger^ de chaque côté du ruisseau sont d'î^utres rochers qui projettent de 10 à ]5 pieds au-dessus de l'eau ^

uo*

a34 et qui ont depuis leur base de aoo à 3oo pieds d'élévation. L'eau du- torrent roulb ainsi à 3oo pieds de fond ,.et dané une largeur de 4o à 60* pieds y en s'élançant dé roche en roche avec fracas. Sous Parche croissent des arbres de 70 pieds de haut^ et que Ton. dirait d'humbles buissons; lesoiseaux qui s'y reposent ou qui voltigent autour ont l'air d'autant d'insectes. En je* tant une pierre dans legoufire , on compte' depuis I successivement jusqu^à 34 avant qu'elle y arrive; lorsqu.' une personne esti en bas et une autre en haut , quelque eflbrt' qu'elles fassent elles* ne peuvent parvenir à s'entendre^. Ce tableau est d^un effet' sublime.

luiat de la Caroline du nord.

Au sud de la Virginie, à l'est du Té^ nessée, dont elle est séparée par les AHeg-^ hany , la Caroline du nord est bordée dan» sa partie maritime de bancs de sable et demarais , et manque d'un bon port de com-

merce. Raleigh , son cbef-lie^ , n'a que SyOoo âmes; Fayetteville en compte à peu près autant.

Etat de la Caroline du sud.

Au midi de la précédente, et au nord de la Géorgie , ses côtes éprouvent de grandes chaleurs. L'érable y est en fleur dès le mois de févi'ier. Le chef-lieu , Columhia , au confluent de deux rivières , à 187 1. S. S. E. de Washington , ne réunit que 2 à 3,000 âmes; mais Charlestoyjtt ou Charleston , port de mer , en compte 37,000, quoique l'air y soit malsain à cause des eaux stagnantes qui l'environnent. Il y a beaucoup dé nègres dans les deux Carolines , et les letti*es y font peu de progrès.

Etat de Géorgie.

Pour le sol et le climat il ressemble à la Caroline du sud. On y récolte beaucoup

(le coton. Le chef-lieu, MUledgeville.^ au centre de Téut , à 200 1. S. O. de Washington, n'a que a, 000 âmes, tandis que Savannah , ville de commerce , en compte 8,000 à l'embouchure de la Savannah , et a de belles rues, mais sans pavé et sans trottoirs. L'air n'y est guère plus sain qu'à

Charles ton.

Territoire de Floride.

Au sud de la Géorgie , et incorporée à l'Union depuis 1820, la faiblesse de sa population n'a pu encore l'élever au rang d'état. C'est une péninsule longue de i5o lieues , et large de 3o à 5o que baignent au levant l'Atlantique et le nouveau canal de Bahama; au midi est le golfe de Floride, et à l'oiicst celui du Mexique. Pensacola , son chef-lieu , est un excellent port de mer sur la baie Perdido, avec 2,000 habitans, à 65 1. E. de la Nouvelle-Orléans, et 320 1. S. O. de Washington. Mais, comme cette ville n'est point centrale , le siège du gou-

veriuement vient d'être transporte vers la limite de la Géorgie , à Tallahassée , ville peuplée 7 dit-on , de 4^000 habitans.

Sur le bord de la mer et dans sa partie orientale , la Floride a de grands marais et des bois épais d'une verdure perpétuelle appelés hammocks , et qui se composent de magnoliers , chênes rouges j noirs , pins jaunes , bois de fer , gommiers et sassafras. La rivière Saint-Jean , la plus considérable du pays, coule en des lieux très-fertiles , 6t est bordée de bois considérables d'oranges amères; la rivière Saintç-Marie , navigable sur une étendue de 70 milles , va communiquer par un canal à une autre rivière qui se jette dans le golfe du Mexique. Les savanes de l'intérieur ne produisent que de l'herbe sans arbres et sans buissons 5 pendant la saison pluvieuse elles sont souvent inondées. La vigne prospère et donne des raisins délicieux. On cultive beaucoiip de palma christi. Les tigres des bois fourrés de la Floride sont gros et féroces; les serpens à sonnettes sont très- venimeux et ont 6 à 9 pieds de loa-»

gueur : toute Tannée a«i-âesM>Q8 de 2&^ lat« on est incommodé par les mousfiquet^, pendant qpe les alligators , ti*&s-nonabreiiaL dans les lacs et rivi^es , font retentir les airs de leurs hurlemens en VoyageaBA é*naA eatt à l'autre. Lea seminoles quî halw&eal la Floride ont été rédMitS' à 9 «n» S^ooo > ik chassent tandis que leur» fieBunesculilirent les champé } c'est un peuple aœialr, paî* sible et bien-fait..

Franchissons ks A^aïkbcke» ou AHeghaoy du sud^ et exploron» les étate situés ài l'ouest de ces mentaigiies , en ooraaiençant par le sud , pour rcnMivter jusi^à I»lînit(e nord.

Etat de Louisiane.

Cet état que la Finance- a cédé- a» peuple de l'Union , a au nord le territoire d'Arkansas , à l'est Fétat de Mississipl, duqud» il est séparé par le Mississipi et la PerJls;^ et il est baigné au sud par lié golfe du Mexir que. Toutes les bouches du Mississipi se trouvent comprises dans son tenntoire; et)

arrosent un espace appelé Delta , qui est d'une grande fertilité /et en certains en* droits, plus bas que le niveau du fleuve. La canne à sucre y réussit à merveille^ le coton , l'indi^ , la vigne, le chanvre et le lin viennent sur ies terres plus élevées et moins humides. La Nouvelle- Orléans ^ chef-lieu de la Louisiane , et peuplée de 40,000 iadividiifi , en partie d'origine française, repose sur le bras principal du Mississipi , i 35 lieues de son embouchure. Elle est d'une belle architecture, mais sur un sol plus bas que le niveau du fleuve, de sorte que dans les débordemens on voit les navires au-dessus de soi. Elle a de charmantes promenades et des environs très-pittoresques. Les principaux édifices publics sont la cathédrale^ l'évéché et l'hôtel-dé-ville. C'est dans les environs de cette cité , encore française par les mœui*8 et le langage, qu'aidé de ses courageux habitans , le général Jackson , avec des milices, en 181 5, mit en déroute une aimée anglaise de 10,000 hommes, dont près de la moitié resta sur le champ de bataille.

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État de Mississipù

Au noi*d du g;olfe du Mexique , à l'ouest de rAlabama , à l'est du fleuve du Mississipi , qui le sépare de la Louisiane et du territoire d'Arkansas, il présente une chaîne d'îles le long de la côte , qui est découpée par des baies et par des embouchures de rivières; dans l'intérieur, le sol est marécageux , sablonneux et sujet à être inondé; vers la frontière noixL» il est plus inégal et plus fertile. Le chef-lieu , qui a été d'abord Natchez, sur la gauche du Mississipi , à loo 1. N. de la Nouvelle-Orléans, puis Monticello j sur la gauche de la Perle, est maintenant Cohimbia ou Jackson , sur la même rivière, à a-j l. N. de la Nouvelle-Orléans , et 3a5 \\ S.-O. de Washington.

Etat d^Alabama.

A Test de l'état de Mississipi et sur le bassin du golfe du Mexique, il a au nord

leTénesséc , à Test la Géorgie, et au sud la Floride occidentale. Il offre un sol montagneux au nord , et des marécages au centre, principalement vers la jonction de l'Alabama et de la Tombecbé , rivières dont les bords sont très-fertiles , de même que ceux de la Mobile et de la Perdido. Les côtes de la mer sont couvertes de pins. Cahawba, chef-lieu fondé en 1818, au confinent de la rivière de ce nom et de l'Alabama, compte i ,200 habi tans, à 84 1* N.-E. de la Nouvelle-Orléans , et 254 !• S.-O. ùe Washington j Mobile y près de la baie du même nom, réunit environ 1,000 individus. Les Alabamas , les Criks et les Chactas sont des tribus indigènes de ce pays.

État de Ténessée,

Au nord du précédent et à l'ouest des Alleghany, dont ici un chaînon s'appelle montagnes de Cumberland , Iq Ténessée à l'est du fleuve Mississipi et au midi du Kentucky, est aiTosé par grand nombre de V. 21

rivières; les principales jsont le Téaessée et le Gumberland , qui gëlent rarement. Il a de belles forôts de noyers, de chênes, de pins et d'érables. Les Chérokés et les Chickasinvs sont les seules tribus indiennes qu'il possède. Murfreesboroughj son chef-lieu, compte déjà i ,200 âmes. Nasville est plus ancienne.

Etat de Kentucky.

Au nord du précédent et entre le Mississipi à l'ouest , et la Virginie à l'est , ou se prolonge vers le sud le chaînon des monts de Gumberland ou Laurel , le Kentucky, borné au nord par l'Ohio , l'Indiana et rillinois , offre un sol noirâtre , léger, mais singulièrement fécond; dans le sudouest sont des barrens ou plaines dépourvues d'arbres. Les habitans appartiennent presque tous à des sectes religieuses trèsexaltées. Francfort y chef-lieu sur la rivière de Kentucky, tributaire de l'Ohio , compte 5,000 habitans, à i85 1. O.-S.-O. de Washington.

État étOhio,

Enveloppé au sud-est et au sud par le fleuve dont il a reçu le nom et qui le sépare du Kentucky et de la Virginie , il a au nord le lac Ërié, qui lui est commun avec le haut Canada, et à Fouest l'Indiana. Le sol des terrains plat» et couverts de lx>is est d'une fertilité étonaante , et nul autre pays ne présente une force v^étalive de forêts aussi grandev. Cet éUit renferme dea monumens dont on ignore Tanlicpiité. Columhusy son chef-lieu, fondé en iSia, et peuplé déjà de 2,000 âmes, se trouve sigur le Scioto, affluent dé l'Ohio , à 120 L O.. de Washington. Cincinnati y autre ville de l'état, compte 12,000 habi tans.

Territoire de Michigan.

Quoique situé à l'ouest des Allegbauy , il appartient au hassin de l'Atlantique par le fleuve $t-LftUf ent où 8*^écoul<ettt les eaux

du lac Michigaii k l'est duquel il s'étend. C'est un très-beau pays, dont le chef-lieu, appelé. Détroit à cavise de sa situation sur la droite du détroit qui du lac St- Clair conduit au lac Erié, renferme i5oo individus.

Territoire du nordrouest.

Sur la partie nord-ouest de l'Union , et à l'ouest du lac Michigan , il a au nord-est le lac Supérieur, la rivière et le lac de la Pluie , qui lui. sont communs avec le haut Canada. A l'ouest il a le M ississipi , de sa source au 4'-^° î^o' N. ^ et au sud l'IUinois. Son chef-lieu est Greenhay-j peuplé de gSo habitans. Le territoire est peuplé en partie d'indiens Cliipeouays.

État d' Illinois.

Au sud du précédent territoire, et à Test du Mississipi , il a au sud-est l'Ohio et la Wabash qui le séparent de l'Indiaua et de l'Ohio. Son sol est Irès-uni, et en quelques

parties sujet à éti*e inondé, ce qui rend la terre même trop riche pour diverses espèces de culture. J^andalia, chef-lieu , sur la petite rivière de Kaskaskias , ne réunit encore que I9000 individus.

Etat d'Indiana.

A l'est du précédent , sa surface , depuis les chutes de l'Ohio jusqu'à la Wabash , est coupée et inégale y étant travei*sée par une chaîne de collines. Après cette chaîna le sol est plus uni^ il y a uub très-honne étendue de prairies. Chef-lieu^ //zt/^'o/iopolis , suMf la rivière Blanche, à 1^5 1. O. de Washington , avec 900 âmes.

Il faut traverser le grand fleuve du Mississipi poui aller trouver l'état de Missouri, le territoire du même nom et celui d'Arkansas.

Élati de Missouri,

Entre le terri toii*e d'Arkansas au midi et celui de Missourî au nord , il s'étend sur les

deux rives du Missouri jusqu'à son con-^ fluent avec le Mississipi. Il renfenne no-^ tamment le pays des Osages, et des terrains très-productife. Son chef-lieu, New^Mor flrid ou Jefferson , sur ki dvoite du Mississipi, 70 lieues au-dessous du confluent du Missouri , et à aga 1. 0.-S.-0. de Washington , compte 1,000 individus ; St" Louis, sur La droite du Messie, fleuve, pràs de la jonction du Missouri, a 5,ooo âmeSi.

Territoire d*Arkansiu.

Il a pour limites au nord L'état et le ter-ritoire de Missouri; à Touest, le Mexique^ au sud , ce même pays , dont il séparé par la rivière Rouge et l'état de Louisiane; à l'est coule le Mississipi qui le sépare des états de Mississipi et de Téncssée. Il présente une grande variété de collines, de vallées et de prairies; une petite chaîne de collines graveleuses sépare les eaux de VOsage de celles de la rivière Blanche; les rives de l'Arkansas sont hasses; il y a dans

ce territoire quantité de salines. Chef-lieu : Arkopolis ou Littlerock , sur TArkansas à 24 lieues de son confluent avec le Mississipi.,Les indiens Afkansas ne sont plus guère qu'au nombre de 600; des Osages^ au nombre de 2,000 , sont répandus dans la partie septentrionale.

Territoire de Missouri.

Il a au sud le territoire d'Arkansas et l*état de Missoiu^ij à l'buest l'es monts Rocheux , à Test les états de Missouri , d'Illinois et du nord-ouest^ et au nord la frontière de l'Amérique anglaise au 49* parallèle. Une infinité dé tribus diverses le parcourent, enti*e autres les Mandons ^ les Missouris , les Osages , les K anses et les Sioux, Chef - lieu : Councilhluff y avec 1,000 habitans. Au-delà des monts Rocheux est le territoire de Columbia , le dernier dont il nous reste à parler.

Territoire de Coîumbia ou d'Oregon,

Il est d'uD tiers plus grand que la France, et est borné au nord par la Nouvelle-Calédon ie, dépendance de l'Amérique anglaise^ à Touest par l'Océan pacifique, au sud par le Mexique) et à l'est par les monts Rocheux qui le séparent du territoire de Missouri. Il n'a encore de population blanche que dans les forts placés anx bouches du fleuve Coîumbia , et dont le principal est Astoria , avec 200 habitans. Les tribus indigènes sont nombreuses) on distingue les Têtes-Plates au nord, peuples ainsi nommés parce qu'ils aplatissent le crâne de leurs cnfans; et les Suakes, au midi, qui se livrent beaucoup à la chasse.

Ayant ainsi achevé notre revue du territoire de l'Union j^qu'il nous soit permis de nous résumer par forme de conclusion ,

en regrettant que l'espace ne nous permette . point d'examiner avec étendue quelques autres chapitres curieux, comme les tribus indiennes, les sectes religieuses, et le régime des prisons si admirable en ces contrées : les États-Unis possèdent le gouvernement le moins coûteux de tous les grands états policés^ on y jouit d'une liberté de culte , d'industrie ', de pensée, indéfinie; la marine se déploie d'une manière imposante et s'agrandit chaque jour; des manufactures s'y élèvent de toutes parts; la population s'y accroît d'une manière qui tient du prodige : s'il y a de la monotonie dans la société , d'où les jeux sont pour ainsi dire bannis , il y a plus de solidité dans la conversation ; s'il n'y a pas encore de diligences bien suspendues , les fleuves sont sillonnés par une foule de bateaux à vapeur; s'il n'y a pas encore partout de bons hôtels , on ne renconti'e point de pauvres , ni de moines; enfin si l'Union a peu de théâtres , elle compte partout de nombreux établissemens de bienfaisance :

le seul reproche sérieux qu'elle mérite , et

il C6t grave, c'est d'avoir, dans quelques états , conservé l'esclavage des noirs. Nous verrons si le Mexique les aura mieux

traités.

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