GUATEMALA
Généralités physiques sur les deux états du Mexique et de Guatemala. Etendue, population, accidens naturels, climat, productions, habitans et gouvernement de ces deux états.
Le commerce »nx cenU brat , explorant l' Amérique ,
Joint à l'or da Brésil les métaux du Mexique ;
Sa main par cent canaux qu^l tient sans cesse ouverts ,
Les verse dans l'Europe k trente états divers ,
£t les fait refluer, par un nouvel échange ,
Des bords européens vers les rives da Gange.
(Thomas.)
Le pays dont je vais vous esquisser la description , mon aimable collègue à la
Philotecbnie , et interprète harmonieux du chantre austëre de la nature des choses (i), comprennent ce qu'on appelait Nouvelle- Espagne, en y rattachant la capitainerie de Giiatemala , qui y ressortissait. Ce fut en i8'2i , après une lutte de douze années , que les indigènes , soulevés contre la métropole qui les tenait depuis trois siècles sous un joug de plomb , s'afïranchirent entièrement de la domination espagnole et se proclamèrent indépendans.
Ces pays , compris entre 8°-42° lat. N. et 85°- 126" long. O. , ont au sud l'isthme de Panama, où commence la Colombie 5 au nord, le territoire de Columbia, dépendant des Etats-Unis , qui forment également la limite nord-est jusqu'au golfe du Mexique , lequel continue la fi*ontière orientale avec la merdes Antilles, pendant que rOcéan pacifique forme la limite oe-
(1) Tous les amateurs de la belle poésie connaissent Télégante traduction du poème de Lucrèce , par M. de Ponger ville, auquel Ovide devra le môme service pour ses mélaraorphosrs.
cidentale. La Nouvelle-Espagne, ou bien le Mexique et le Guatemala réunis ont une superficie totale de 248,089 lieues carrées, sur laquelle est disséminée une population d'environ 9 millions d'habitans ,
Savoir :
liidiehs aborigènes 49760,000
Blancs; 1,760,000
Races mêlées ^ . a,54o,ooo
Nous indiquerons plus tard ce qui en revient à cÊiacun de ces^ états. Exposons, préalablement les généralités physiques communes â.tous les deux, en conmiençant par les montagnes.
De la frontière occidentale des États- Unis à celle de la Colombie^ la chaîne des montagnes du Mexique et du Guatemala , la même que celle qui , sous le nom des Andes , traverse l'Amérique méridionale , présente un développement de près de 1,300 lieues. Après avoir dépassé l'isthme V. 22
•i54 de Panama y elle prend le nom générique de Cordillière guatémalienne ^ en longeant d'assez près l'Océan pacifique pendant 33o lieues , jusqu'à son entrée sur le territoire du Mexique, lequel ayant plus de largeur lui permet de former un vaste plateau nonuné plateau du Mexique , et qui le traverse dans toute son étendue à une hauteur de 7,000 pieds au-dessus du uiveau de la mer, et en portant lui-même des montagnes qui ont au moins le double de cette élévation. Le Popocatepetl, comme on le verra, est à environ 17,7 16 pieds au-dessus de l'Océan. Le plateau mexicain , compris entre les 18" et 40" la t. N., parait, dans sa longueur extraordinaire de 55o lieues , s'incliner insensiblement vers le nord, du moins après avoir franchi le tropique du Cancer, et surtout à partir d'environ i5o lieues nord de Mexico , pour se relever ensuite brusquement, afin d'atteindre les monts Rocheux. Les Andes de l'Amérique méridionale sont partout déchirées et interrompues par des crevasses et des vallées; au contraire , le plateau mexicaiïi est telle-
ment uniforme y que le 8ol reste constamment élevé de 85o à i35o toises au-dessus du niveau de la mer, et les communications entre les diverses provinces sont extrêmement faciles dan^ l'intérieur. U est vrai qu'en approchant des côtes j u|ie fois que .Ton descend du grand plateau central y la pente est trës-rapide y surtout à l'orient. De Mexico à Yera-Cniz il y a 90 lieues , dont 56 en plaines dépendantes du grand plateau pu CordilMèré à'Anahuac} le reste n'est qu'une descente pénible et continuelle vers l'Atlantique. Dans le chemin d' Acapulco y sur le grand Ckéan , on arrive aux régions tempérées en moins de 17 lieues de distance , et l'on n'y fait ensuite que monter et descendre jusqu'à la mei\
Au nord du ao^ pai^allëlc , la Cordilliëre prend le nom de Sierra madre^ qu'elle conserve jusqu'au 28*, où naissent, du côté oriental , le rio Conchos , affluent du rio del Norte, et du côté occidental, le jrio del. Fuerte , qui se rend dans le golfe de Californie. La chdne , après avoir jeté plusieurs rameaux à l'est ot à l'ouest , en gar-
dont poui* la branche centrale le nom ô^ Andes mexicaines y continue à courir vers le nord sous le nom de Sierra de les mimhresy à l'ouest du rio grande del Norjte; de là elle traverse le nouveau Mexi<{ue , et se joint aux montagnes des Grues , ou Sierra de las Grulias y puis à la Sierra verde , massif énorme uni aux monts Rocheux. Depuis la limite du territoire de Colombia jusqu'au cap San-Lucar, une chaîne ou rameau secondaire £sdsant suite aux monts océaniques, suit parallèlement la cote à lo lieues de distance moyenne y sous le nom de Monts californiens y parcourant ainsi la péninsule' californienne dans toute son étendue. La Sierra verde jette également à l'est im rameau dit la Sierra ob saura ou Sierra sacrawento , qui, se dirigeant droit au sud , circonscrit à Test le bassin particulier du rio del Norte, et forme avec la Sierra de los mimbres une longue vallée profonde et étroite qu'ai*rose le rio del Norte.
Presque tous les sommets de ces cordillières offrent des volcans. Celui de Popo-
a57 eatepelly mot qui veut dire montagne fitmante , a une demi-lieue de circonférence^ mais est inaccessible. Sa hauteur est de 5,4oo mètres ou 2771 toises. UOrizahay qui fit une ^uption en i545 et continua de brûler pendant vingt années , a 5,300 miètres d'élévation^ il s'appelle aussi montagne étoilée^ à cause des exhalaisons liunineuses qui sortent de son cratère près des neiges étemelles. Le9 plaines de JoruUo , sur les bords dç l'Océan pacifique^ ont été ravagées en 1769 par le volcan de ce nom, qui s'éleva de 1)494 pieds et offrit plus de 12,000 bouches qui fument encore. Le Co- Uma y volcan le plus occidental du Mexique , ne jette plus guère que des cendres ou de la fumée. Dans la partie méridionale du Mexique il y a peu de- volcans; mais ils redeviennent nombreux dès que l'on entre sur le territoire guatémalien, où ils bordent les golfes de l'Océan pacifique } on en compte plus de vingt , tous alignés comme les priucipau'x 4u Mexique , suivant la direction générale de la Cordillière. Au reste, le repos des habitans est ici
moins ti*oublé par ces volcans ou par des tremblemens de terre que celui des habitans de la Colombie et du Pérou.
Le peu de largeur de la Nouvelle-Espa^ gne ne saurait donner lieu à des fleuves d'un long cours. La Gordilliëre mexicaine et guatémalienne y par cette raison ^ n'a également qu'un petit nombre de cours d'eau qui ne forment que trois bassins f ce-> lui du grand Océan , celai du golfe du Mexique et celui de la mer des Antilles, qui n'est que la continuation de ce dernier.
Les seules rivières un peu considérables qui s'écoulent vers le bassin de tOcéaii pacifi£fue sont le rio San-Sacramento , qu'on croit servir d'écoulement au lac Ta* mipanogos , dont l'existence est révoquée en doute ^ le rio San- Felipe , qui vient du versant occidental de la SieiTa verde ; le rio Colorado, surnommé de Occidente, formé de plusieurs branches qui sortent de la Sierra de las Grullas; il se perd dans le golfe de Californie, après un cours de 2S0 lieues , et après avoir reçu notamment le
a59 rio Giltty dont la direction ouest a une loDgucui* de 160 lieues, et dont les sources se rapprochent du rio del Norte. Le golfe de Californie reçoit encore le rio de laAscenciony le rio d'Arispe, le rio Sonora que les indigènes appellent Hiaquiy le rio del Fuerte j le rio Ci^filao et le rio de CuUacan, lia petite ririëre de Bayona, qui sépare. Fétat de Cinaloa de celui de Xalisco ; le rio grande de Santiago , qui sort du lac Ghapala, où se jette la riyiëre de Lerma; la petite rivière de CoUmay qui sépare les états de Xalisco et de Mechoacan 'y celle de Zacatula , qui de l'est à l'ouest arrose Fétat de Mexico^ le Zahual, qui parcourt Fétat de Puebla, et le rio Ferde, qui coule dans l'état d'Oaxaca , se jettent aussi dans l'Océan pacifique, QÙ«le Guatemala n'envoie que des torrens de quelques lieues de cours.
Vers le bassin du golfe du Mexique vous voyez se diriger par la province de Texas la Trinidad ou Arkokisao , le rio'Brasos de DioSy \erio Colorado de oriente yle rio Guadniupe, etler/o de las NueceSjCpX ont leurç
embouchures dans des lagunes au nord du rio Bravo delNortc ouWo del Nerto, Celuici vient de la Sierra verde , traverse du nord au sud la province du nouveau Mexique , coule il Test de celles de Chihualiua et du nouveau Léon, en entrant dans celle diX nouveau Santander^ pour joindre la mer, après un cours de 5oo lieues , pendant lequel il n'a pris que deuxaffluens un peu considérables , le rio Conchos , qui traverse l'état de Chihualiua, et le rro-Pwerco , qui coule parallèlement au fleuve. Après le rio dèl Norte viennent, en approchant de la baie de Gampéche , le rio del Tigre , commun aux états du nouveau Léon et de Santander^ le rio Santander, qui naît près de Zacatecas , dans la Sierra madré , traverser l'état de Potosi , et . débouche près de la ville de Santander ; le rio Tampico ou Tula , venant des lacs qui occupent la vallée de Mexico , traverse l'état de Queretaro , et sépare , sous le nom de rivière de Montezuma , ceux de Potosi et de Vera- Cruz; le rio Guazacualcos, commun aux étals de Vcra-Cruz et de Tabasco; le rio
Tabasco , le San-Paulo et le San-Pedro , communs aux états de Tabasco et de Ghiapa ; ce dernier arrosé par la. Samàsinte ^ qui sert de limite entre les états de Tabasco et d'Yucatan , et se perd dans le lac Terniïnos.
Les rivières qui s'écoulent dans les deux bassins que nous venons de citer, appartiennent toutes au territoire du Mexique : celles qui se dirigent dans le. bassin de la mer des Antilles arrosent le territoire de Guatemala , car la province d'Yucatan , dépendance du Mexique, est presque toutà-fai;t dépourvue d'eau, si on excepte la rivière de Honda , qui coule dans la partie sud-est. La Balise , qui , avec la Honda , débouche dans la baie d^Yucatan , est commune au Mexique et au Guatélama. Bon nombre de rivières se perdent dans le golfe de Honduras, comme la Gordo, la Dulcey qui sert d'écoulement au lac Izaval^ la Motagua , l' Ulua et la Xagua, Sur la côte des Mosquitos nous distinguons aussi le Blew'Fields (champs azurés), ou la Nue va Segovia , et un peu plus au sud la rivière
San- Juan j qui sert d'écoulement au lac Nicaragua.
Ce Uic Nicaragua y situé dans le Guatemala y et long de 5o lieues avec une largeur moyenne dei5ài8^à4o lieues de TAtiantique , et à 5 lieues de la mer Pacifique 9 va bientôt acquérir une nouvelle importance p^r. la jonction projetée des deux Océans ^ comme nous le dirons plus tard. Dans le territoire mexicain on cite y aprës les cinq lacs de la vallée de Mexico , celui de Chapala y dans l'état de Xalisco y et long de 3o lieues sur une largeur moyenne de lo lieues.
Après avoir indiqué les montagnes y les fleuves et les principaux lacs de la Nouvelle-Espagne, signalons-en le climat et puis les productions naturelles , pour ensuite examiner sépai^ément les deux états qui se sont partagé ce vaste territoire.
En l'embrassant d'un regard , on voit qu'une bonne partie en est placée dans la zone tempérée ? qui , dans le voisinage du tropique du Cancer, occupe les deux tiers de l'état mexicain ^ l'autre tiers et le
Guatélama sont renfermés dans la zone torride. Cette situation indique un climat chaud, modifié toutefois d'après Télévation du sol , élévation qui produit trois climats distincts : le climat chaud j le tempéré et le froid. Le climat chaud embrasse les parties basses voisines des cotes orientale et occidentale , et s'étend jusqu'à la hauteur de i5o toises ; il est généralement malsain , et dans les lieux où il règne , les étrangers nouvellement arrivés sont sujets à une fièvre jaune appelée vomito priçto ou vomissement noir : c'est ht région que les indigènes appellent tierras calientes. La température moyenne y est de 25 à ' 26° du thermomètre centigrade , c'est-àdire de 8 à 9" plus grande que la chaleur moyenne deKaples. Le port d'Acapulco, dans le Mexique , et la vallée de Papagayo j dans le Guatemala , appartiennent aux endroits de la terre où l'air est constamment le plus- chaud et le plus malsain. Sur les cotes orientales les vents du noi'd viennent par intervalles diminuer les grandes chaleurs et refroidir l'air. C'est ainsi
qu'à Vera-Cruz le thermomëtre , entre octobre et mars , descend quelquefois k i&* centigrades. Le climat tempéré rkgae dans les parties du pays élevées de i5o à 770 toises au-dessus de TOcéan. Les excès de la chaleur et du froid y sont également ignorés et Ton y jouit d'un printemps perpétuel y ou qui du moins ne varie que de 4 à 5° : c'est la région que les indigènes ap^ pellent tierras templadaSy dans laquelle la chaleur moyenne de tojuite l'année est de 18 à so*" centigrades; c'est le beau climat de Xalapa , de Tasco et de Ghilpanzingo , trois villes célèbres par leur extrême salubrité et par l'abondance des arbres fruitiers cultivés dans leurs environs; seulement elles sont souvent enveloppées de brouillards qui se soutiennent au-dessus des plaines voisines. Enfin le cUmut froid ^ dont la température mqyenne peut néanmoins se comparer à celle de la France méridionale , embrasse la zone élevée de plus de 770 toises au-dessus de l'Océan : c'est la région nommée tierras frias par les indigènes y et qui comprend le grand pla-
teau du Mexique ^ dont la température moyenne est de i «j" centigrades* Les autres plateaux , dont la hauteur absolue dépasse 1260 toises 7 onl; sous les tropiques un climat rude etdésagréable^ comme les plaines de Toluca et les hauteurs de Guchilaque y où pendant une gi^ande partie du jour l'air ne s'échaufFe pas au-delà de 6 à 8**. A Mexico y on a vu. le thermomètre centigrade descendre au-dessous de glace, mais ce phénomène est très-rare. Les -hivers, le plus souvent , y sont aussi doux qu'à Naples; dan3 la saison la plus froide la chaleur moyenne du jour est encore de i3 à 14** 9 et en été le thermomètre ne monte pas au-dessus de ^^°. Le terme moyen de la température des ticrras frias est de 11 à i3°5 c'est celle de la France et de la Lombardie, avec cette différence pourtant que la végétation y est moins vigoureuse , et que les plantes d'Europe n'y croissent pas avec la même rapidité que sur leur sol natal.
Dans la région équinoxialc et même jusqu'au 28" lat. N. , on ne connaît que
deux saisons : la saisoa des pluies qui commence aux mois de juin ou de juillet, et finit auxmois de 8ef)temi>re ou d'octobre ; et celle des chaleurs ou des sécheresses , qui dure huit mois, depuis octobre jusqu'à la fin de mai. Du 24® au 3o* parallèle elles sont plus rares et plus courtes, mais les neiges un peu plus abondantes. Cependant le manque d'eau courante se fait généralement sentir dans la Nouvelle-Espagne, d'où vient le défaut de végétation, principalement sur le plateau d'Anahuac , autrement appelé grand plateau mexicain.
Gela n'empêche nullement que les cdtes et les plaines arides de l'Amérique équatoriale ne doivent être regardées , en général , comme saines , malgré l'aspect d'un ciel brûlant. Il n'y a de proprement insalubres que les pays chauds et humides à la fois , ce qui arrive pour quelques parties basses du Mexique et du Guatemala.
En des pays aussi montueux et aussi étendus, la variété de la température , depuis l'extrême chaleur jusqu'à la neige perpétuelle, doit amener une variété ana-
logue de productions naturelles. Dans la région chaude croissent spontanément diverses sortes de palmiers et de bananiers ; on y cultive la canne à sucre , le cacaotier, l'indigotier, le cotonnier, qui ne dépassent guère le niveau de 3 à 400 toises« Ce* pendant la canne prospère dans les vallées abritées à un niveau de 1000 toises, et le bananier s'étend des bords de la mer jusqu'au niveau de 725 toises. Le meilleur indigo et le meilleur cacao nai3sent dans^ le Guatemala. Le maïs<, la patate et l'igname forment la principale nourriture des babitans. La région tempérée voit naître le froment et les autres céréales de l'Europe , à c6té. d'une quantité infinie d'arbres fruitiers indigènes et exotiques ; la canne à sucre est aussi cultivée. Le sapin et le cbéne s'élèvent dsuis 1^ région froide (i), où l'on cultive particulièrement
(1) Peu de cimes da haut plateau mexicain codservent des neiges éternelkis ; sous le parallèle de Mexico la limite des neiges est, en été, à aSoo toi-* ses , et ea fai?er à 1900.
la pomme de terre , originaire de l'Amérique méridionale. Un seul régime de bananes contient souvent de 1 60 à 180 fruits et pèse 60 à 80 livres. Un terrain de 100 mëtres carres de surface produit aisément 4,000 livres pesant de fruit. Le ma'is produit généralement i5o pour i ; le froment 25 à 3o pour i : cependant , malgré les abondans produits de ces plantes alimentaires , les sécheresses exposent le Mexique à des famines périodiques. Ces sécheresses n'ont lieu que dans les plaines les plus élevées , car la pente de la Gordil* lière est exposée à des venta humides et à des brumes fréquentes qui nourrissent la végétation. Le magney, variété de l'agave, produit la boisson nommée pulque, et dont les indigènes font une très -grande consommation. Le nopal^ sur lequel aime à se nourrir Tinsecte qui produit la cochenille y est particulièrement cultivé dans rOaxaca; comme aussi les plus belles forêts d'acajou et de bois de campéche couvrent l'Yucatan.
Voilà quelques-unes des producUons
végétales : ceUes du règne minéral ne sont pas moins abondantes. On sait - que les mines d'or et d'argent du Mexique donnent une valeur annuelle de plus de vingt-deux millions de piastres (i). Les filons d'argent les plus riches 9 à Guanaxuato, Zacatecas y Tasco et Real del Monte , au Mexique y'tae dépassent pas une hauteur moyenne de 1^700 à 2,000 mëti^es au-dessus de l'Océan ; ce qui en facilite encore l'exploitation , tandis qu'au Pérou les mines de Potosi y de Pasco et de Chota , se trouvant à d'immienses élévations , trèsprès des neiges perpétuelles y exigent des frais bien plus considérables. Des compagnies anglaises se aont formées pour exploiter les mines de la Nouvelle-Espagne. L'or mexicain est principalement extrait des terrains d'alluvion pair le moyen du lavage; on trouve. aussi de l'or mêlé à de l'argent dans un gi*and nombre de veines. En moins de douze années la mine de Ya-
(1) La piastre iraat 5 francs 4^ centimes.
lenciana , près de Guanaxuato , a fourni 4^000,000 de livres d'ai^ent.
Bans le règne animal des deux états de la Nouvelle-Espagne on distingue une sorte de porc-épic appelé coendou; l'apaxa ou cerf mexicain 5 plusieurs espèces d'écu^ reuils; des loups, des couguars ou tigres , des jaguars ou lions , et autres bétes féroces qui habitent les forêts; le bison y le bœuf musqué , l'élan et l'antilope, qui errent par ti*oupeaux vers le nord ; le techichi, sorte de chien muet qui servait d'aliment aux anciens Mexicains , et dont la race est presque détruite; les grands moutons sauvages de Californie , encore nombreux , ainsi que le cheval , le bœuf et le mulet, transportés d'Espagne au Mexique.
Un autre type commun au Mexique et au Guatemala gît dans leurs habitans que l'on peut ranger en quatre classes princi-. pales : 1® les Indiens aborigènes , qui forment plus de la moitié de la population totale , ut dont la masse principale est répandue dans les provinces du centre et du
midi ^ 2® les Espagnols originaires ou nés en Europe , créoles ou nés en Amérique f 3*^ les nègres importés ou descendans des nègreS; dont au surplus le nombre est trèsborné ^ 4^ les castes mixtes y composées de métis issus de blancs et d'Indiens , de mulâtres issus de blancs et de nègres y et de zarnbos issus de nègres et d'Indiens.
Les Indiens àe la Nouvelle-Espagne , comme ceux du Canada , de la Floride , du Pérou et du Brésil , ont les cheveux plats et lisses y peu de barbe , le corps trapu , l'œil alongé , les pommettes saillantes et les lèvres larges. Ils sont plus basanés que les habitans des pays les plus chauds de l'Amérique du sud, comme aussi les Mexicains proprement dits sont plus basanés que les Indiens de la Colombie. Les peuplades éparses au nord du rio Gila sont t
plus brunes que celles qui avoisinent le royaume de Guatemala.' Les Mexicains, surtout ceux de la race as^tèque et otomite , ont plus de bai*be que d'autres indigènes de l'Amérique méridionale. Aussi, presque tous les Indiens , aux environs de
a-jo Icnciana , près de Guanv s mouiU»:^' 4,000,000 de livres d'ar .laire le* ^'^ \ vi^.. Dans le règne anvw n'avoir prtsçi^- - \ ^ la Nouvelle-Espagne . .. , „u ne voit ça^^^ -'^ \ y de porc-épic appel . jj ^^ eitrèmemci'' '^cerf mexicain 5 j^ louches, des boi-.Ki reuils; des loup?^ jons atteignent gét«^'=" ^ des jaguars ou ^ très-avancé. Dan* »t îï^ roces qui.hat' ^ est grave, mélancoU<p
bœuf mnsqv .^ ^ime à mettre du mviàr:
fi
errent par ^^âons, et d'ordinaire aucuEi chichi I se,- ^ jç peint dans ses traits. 1û^" d'alimen /^^^ , il devient efinyant Ionla race /"^^^ eu fureur. L'énergie de son ci- "W>utr /' ^^ ^^jj^ ne connaît aucuue douce<ir. "^™' V^*^ habituellement en dureté. U es: ®^ ^^aiiti^wi et tient à ses usages. Lon- .^ .^<^-\ieut à un certain degré de cul- ^, li uioutre beaucoup d'intelligence.
.:^»nt juste, une logique naturelle, t **i S*^*^^' particulier pour la peinture. V.» î' »t de sculpter sur pierre et pour vx icurs. i.os Indiens chasseurs , tels qu^ ^ » 7; t %>,* , les Apaches , les Lipanis . plu? .•..:iuc» M»Uîi le nom iïUndios Bravos, nu-
non cent plus de mobilité d'esprit, plus de force de caractère que les Indiens cultivateurs. .
Les Espagnols originaires possèdent presque toutes les propriétés et les richesses du pays. Ceux qui sont nés en Europe se nomment Chape tons ou Gachupinos ; ceux qui sont nés en Amérique se nomment proprement Criollos ou Créoles. Le fils d'un blanc y né européen ou créole y et d'une indigène à teint cuivré ^ est proprement le Mestizo ou Métis ; sa couleur est presque d'un blanc parfait, sa peau d'une transparence particulière^ s'il s'allie à un blanc, la seconde génération qui en résulte ne diffère presque plus de la race européenne. Il est réputé d'un caractère plus doux que le mulattos ou mulâtre j fils d'un blanc et d'une négi'esse , lequel se distin-» gue par l'énergie de sa couleur, par la la violence de ses passions et la volubilité de son langage. Les descendans de nègres et d'indiennes, appelés Chinos à Mexico et à Lima, et Zambos dans la Nouvelle- Espagne et sur la cAte de Caracas, ont dçs
mœurs intermédiaires entre les Indiens et les nègres.
Un dernier trait de ressemblance entre les peuples du Mexique et de Guatemala, c'est la communauté des langues ainsi que de la religion. L'espagnol est l'idiome universel des deux états ^ outre la langue aztèque ou mexicaine y souche d'une vingtaine de dialectes. La religion domiinante est le catholicisme , avec l'entière exclusion des autres cultes , ce qui montre le faible degré de lumières auquel sont arrivés les Mexicains et les Guatémaliens.
Après' ces vues sommaires sur les deux états réunis du Mexiqueet du Guatemala,^ qui ont l'un et l'autre un gouvernement républicain , modelé sm* celui de Washington , exposons maintenant ce qui est propre à chacun d'eux.
a-jS